‹ Syphilis. Poème en deux chantsChapitre 10 sur 37 · BIOGRAPHIE DE FRACASTOR · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIE DE FRACASTOR

» à fait, enveloppé dans les ténèbres d’une nuit profonde, et puis, après une >» longue série de siècles, il renaîtra de nouveau pour empoisonner encore et » le ciel et les airs, et pour jeter l’épouvante dans les générations futures.

Fracastor énumère une longue liste de plantes et de fumigations diverses qui guérissaient sans mercure, ou qu'on employait quand celui-ci avait échoué ou que les malades ne pouvaient pas le supporter.

L'auteur nous peint les guérisons miraculeuses opérées par le gaïac qu’il surnomme une plante divine ; et s’il eût connu la squine, le sassafras et la salsepareille, il en eût également célébré les effets incontestés. Quant au régime, il est traité minutieusement ; il conseille de fuir les femmes, de ne manger d'aucun poisson ; il recommande une diète sévère, la chasse, le labourage, les exercices violents, et, par ces moyens, on voit souvent, dit-il, la syphilis guérir sans médicament.

Vidi ego sæpè malum qui jam sudoribus omne Finisset, sylvisque luem liquisset in altis.

Plus tard on révoqua en doute ces guérisons par la seule force médicatrice de la nature, mais encore, sur ce point, les faits bien observés ont donné raison au poète qui était médecin aussi profond qu'écrivain distingué.

Outre ce poème, Fracastor a publié un grand nombre d'ouvrages parmi lesquels nous citerons les suivants :

De sympathiä et antipathià rerum , liber unus.

De contagionibus, mor disque contagiosis el eorum curatione, libri tres. De causis dierum criticorum , libellus.

DNaugerius ; sive de poelicà, dialogus.

Turrius: sive de intellectione , dialogus.

Fracastorius , sive de animé, dialogus,

De vini temperaturä. Sententia.

Homocentricorum , sive de stellis , liber unus.

Joseph, libri duo emendati , poema inchoatum,

Alcon, sive de curâ canum venaticorum , ecloga.

Carminum variorum , Viber unus,

Quelques critiques lui ont reproché, peut-être avec raison , ses théories d’astrologie judiciaire ; mais il faut penser que c’est par complaisance pour son siècle, connaissant bien le cœur de l’homme et sachant qu’il est dans certains temps des préjugés auxquels il est difficile de ne pas sacrifier. Cette science, toute vaine et futile qu’elle est, lui procura une occasion éclatante de faire sa cour au pape.

En effet, plusieurs écrivains font mention que le pape Paul IV, n'étant pas en bonne intelligence avec l’empereur Charles V, crut qu’il lui serait avan tageux de faire transférer, s’il était possible , dans une ville d'Italie, sujette au Saint-Siège , le concile qui se trouvait à Trente, en Allemagne. Il eut recours à Fracastor qui consulla les astres, et ne manqua pas d'y trouver les présages d’une maladie contagieuse et prochaine, précisément pour la ville de Trente. Les Pères, effrayés par cet augure funeste, vinrent s’assembler à Bologne, suivant le désir de sa Sainteté. Cette anecdote est peut-être une fable accommodée aux circonstances ; car l’on sait que des auteurs aiment souvent à donner un air de roman à l’histoire, le mensonge ayant des charmes plus piquants que la simple vérité. Quoi qu’il en soit, il est sûr qu’on tint à Bologne la 1x° session du concile le 21 avril de l’an 1547, et la x° au mois de juin suivant.

Fracastor fut l'ami de Sannazaar qui mettait son poème bien au dessus de celui qu’il avait publié vingt ans auparavant et qui avait pour titre : De partu virginis. Sur la fin de ses jours il se retira dans sa maison de campagne à Cafñ, près du mont Baldo, et y mourut en 1553, âgé de 71 ans.

Le célèbre Jean-Baptiste Rhamusius , son admirateur et son ami, lui fit ériger une statue d’airain ; et la ville de Vérone, sa patrie, consacra aussi, en 1559, la mémoire de cet illustré citoyen par une belle statue de marbre avec une inscription. Plusieurs pôètes l’ont célébré dans leurs ouvrages ; Jules César Scaliger fit en son honneur divers éloges funèbres sous le titre : ÆAræ Fracastoreæ, et voici l'inscription qui fut gravée sur le monument qu’on lui éleva :

Longè vir unus omnium doctissimus Verona per quem non Marones Mantuæ Nec nostra priscis invident jam saecula Virtute summam , consecutus gloriam

Jam grandis ævo hic conditur Fracastorius.

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