‹ Syphilis. Poème en deux chantsChapitre 12 sur 37 · ANCIENNETÉ DE CETTE MALADIE · texte numérisé non relu

ANCIENNETÉ DE CETTE MALADIE

ment du seizième, savoir : le /Vouveau-/Monde , V'Imprimerie, la Poudre à canon, et la S'yphilis. Eh bien ! ces quatre ‘existences nouvelles naquirent enveloppées d’un tel mystère, que le doute et l'incertitude planent encore sur leur berceau. La découverte de l'Amérique est revendiquée par Vespuce et par Colomb, la poudre à canon et l'imprimerie sont attribuées à divers auteurs et divers pays, et la syphilis n’a pas même encore aujourd'hui une origine certaine. |

D'oùwvient cette affection ? Est-ce une maladie nouvelle en Europe ?... Non, dit le docteur Lagneau, c’est une dégénérescence de la lèpre qui couvrait tous les pays chrétiens, dans les douzième et treizième siècles, puisque sous ‘ Louis VIII, en 1225, il y avait, d’après Mathieu Paris, dix-neuf mille hôpitaux destinés aux lépreux. Si l’on admettait cette explication hypothétique, la sy— philis serait à la lèpre ce que le vaccin est à la petite-vérole , c’est à direson antidote, et loin de la maudire on devrait la regarder comme un présent du ciel. D’après les lettres des missionnaires sur la Chine, cette maladie était connue depuis un temps immémorial chez les Indiens, et dès la plus haute antiquité les brames savaient la manière de la guérir. Pourquoi n’aurait-elle pas pris naissance dans ces contrées fécondes où toutes les traditions s’accordent à placer le berceau de la nature humaine, et pourquoi n’aurait-elle pas été répandue comme la petite-vérole, la peste , la fièvre jaune, le choléra, sur le reste de la terre par les mêmes hommes chez lesquels nous trouvons d’une manière si évidente l’origine de notre culte et de nos lois.

S'il a franchi d’un bond les flots de l'Atlantique, S'il est de sang moderne ou d’origine antique.

L'opinion autrefois le plus généralement accréditée sur l’origine de la syphilis, est celle qui en attribuait l'importation en Europe à Christophe Colomb lors de son retour de l'Amérique, où les gens de son équipage l'avaient reçue, dit-on, des naturels du pays: ce qui fixerait à la’ fin du quinzième siècle l’époque où, pour la première fois, elle se serait manifestée sur le continent. Dans le siècle dernier, Astruc, après s'être livré à des re— cherches historiques fort étendues, publia sur la maladie syphilitique le meilleur traité qui eût paru jusqu'alors, et fit servir toute son Pen à soutenir l’origine américaine de la syphilis.

Cependant, cette opinion est loin d’être admise sans contestation : ê

sf

Lévitique , partie de la Bible qu’on attribue à Moïse , parle d’une maladie contagieuse dont les suites devaient avoir beaucoup de gravité, si on en juge par les précautions hygiéniques qui furent recommandées à ce sujet par le législateur hébreu, au chapitre xv du ZLévitique , ainsi qu’il suit:

€ Vir qui patitur fluxum seminis immundus erit.. qui tetigerit carnem ejus lavabit vestimenta sua : et ipse totus immundus erit usque ad vesperum.….

» Sisalivam hujuscemodi homo jecerit super eum qui mundus est lavabit vestimenta sua : et lotus aquæ immunduserit usque ad vesperum.….. »

« Omnis quem tetigerit, qui talis est, non lotis ante manibus, lavabit vestimenta sua : et lotus aquæ immundus erit usque ad vesperum... »

« Docebitis ergo filios Israël ut caveant immunditione, et non morianturin sordibus suis. » ,

Juvénal et Martial ont exposé aux traits de la satire lessymptômes qui succèdent à un commerce impur et qui sont désignés par les noms de : «Marisca, ficus, ulcus acre, pustulæ lucentes, sordidi lichenes.

» Cæduntur tumidæ medico ridente Mariscæ. (Juv.)

» Dicemus ficus, quos scimus in arbore nasci; » Dicemus ficos, cœciliane tuos. ( art. epig. 71.)

» Ficosa est uxor, ficosus et ipse maritus » Filia ficosa est, et genere atque nepos » Cum sint ficosi pariter juvenesque senesque » Res mira est. Ficos non habet unus ager. ( Æpig. 99.) »

Au temps de la plus grande dépravation des Romains, où la débauche in— tronisée se montrait sous la pourpre impériale, et où il était permis de dire, en parlant de la plupart des maîtres du monde, ce qu’on avait dit de César, qu'il étaitle mari de toutes les femmes et la femme de tous les maris, Juvénal s’exprimait ainsi : |

Ce eee ee + + « « -« ÿ Quis enim non vicus abundat »:Tristibus obscœnis ie: d'inertie HER NUE ». + + «+ .« hispo subit juvenes et morbo pallet utroque. »

Perse dit, en parlant des passions de l’homme :

&.., ....... Huncalea, decoquit, ille In venerem putret, . . . . . .»

Putret!.... Comment expliquer cette expression, sinon par les ravages physiques, par la putréfaction?

Page 1