SON ORIGINE CONTESTÉE
A toutes les époques et en tous lieux on a observé les accidents contagieux que peut occasionner la débauche : Paul d’Ægine, Lanfranc , Guy de Chauliac, Becket, ont décrit, avant le quinzième siècle, la plupart des symptômes de cette maladie, en les désignant positivement comme les effets des plaisirs recherchés dans les bras d’une femme impure. « Propter decubitum muliere fœdä. »
Un témoignage non moins irrécusable de l’existence de la maladie syphilitique à des époques bien antérieures à la découverte du Nouveau-Monde, résulte-principalement des ordonnances concernant les mauvais lieux.
Il existe en Angleterre des statuts qui, dès le onzième siècle, condamnaient à une forte amende « tout concierge qui tiendrait chez lui des femmes qui auraient la maladie de la brûlure. »
Une autre ordonnance rendue en 1347 par la reine Jeanne I°*,;concernant les lieux publics d'Avignon, s'exprime ainsi: « La reine veut que, tous les samedis, la baïllive, et un chirurgien préposé par les consuls, visitent chaque courtisane , et, s’il s’en trouve quelqu’une qui ait contracté du mal provenant de paillardise, qu’elle soit séparée des autres afin qu’elle ne puisse pas s’a— bandonner et qu’on évite le mal que la jeunesse pourrait prendre. »
Sans juger au hasard , sur des bruits incertains S'il est fils des Français ou des Napolitains.
Jadis les villes de la Grèce se disputèrent la naissance d’Homère, et aucune ne put l’établir par des preuves irrécusables. Il en est de même, mais en sens inverse, pour la syphilis; quand on consulte avec impartialité les divers auteurs, on voit que c’est à tort que les peuples se sont accusés mu— tuellement d’avoir hérité les uns des autres de cette horrible maladie, car elle a suivi la même marche que tous les fléaux qui sont venus décimer le monde ; et si un peintre, sous une figure allégorique, la représentait, on pourrait mettre au bas ces vers de Scaliger :
India me novit, jucunda Neapolis ornat,, Bœtica concelebrat, Gallia mundus alit.
Vos Itali, Hispani, Galli, vos orbis alumni Deprecor; ergo mihi dicite quæ patria.
NÔTE 6).
Nulle digue qui puisse arrêter ce torrent :
I saisit à la fois le docte et l’ignorant.
Pintor dit qu’il a guéri de lue venered le cardinal de Ségovie, le chanoine Ceutez et le pape Alexandre VI. Dans le seizième siècle, François Ie’, disent Bayle et Mézeray, prit cette maladie de la femme d’un marchand de fer, et en mourut après avoir longtemps souffert, Quelques historiens ayant écrit que Louis XV mourut de la petite vérole, Fontenelle répondit qu’ils étaient bien modestes.
Charles IX, de trop célèbre mémoire, eut une excroïissance dans l’urètre dont il fut guéri par Ambroise Paré, son médecin, qui, pour récompense, échappa quoique protestant aux massacres de la Saint-Barthelemy. Comme le roi trouvait que la cure était bien lente, Ambroise Paré lui fit cette réponse si connue : « Je,te soygne, et Dieu seul te guaryra.» ,
Cette maladie s’est assise sur beaucoup de trônes : Henri IE, revenant de Pologne en France, après la mort de son frère Charles IX, gagna cette maladie avec une courtisane de Venise ; Charles de Lorraine, duc de Mayenne, chef des ligueurs contre Henri IV, en fut atteint; pareil accident arriva à Charles-Quint qui s’en guérit par le suc des plantes, disent ses médecins André Vézale et Gabriel Fallope.
De là vient cette race infirme , abâtardie ; Ce peuple d’avortons qu’attend l’orthopédie.
Jamais la dégénération de l’espèce humaine ne s'était montrée sous des formes aussi hideuses que de nos jours; c’est un, crétinisme universel, .et c’est en vain que la législature espère y remédier en faisant une loi sur le travail des enfants dans les manufactures. Les jeunes gens que Sous l’em— pire l’on enrôlait à dix-huit ans étaient déjà forts et vigoureux ; maintenant on ne les prend que deux ans plus tard, et c’est à peine si l'on peut trouver . des hommes ayant la taillé éxigée pour les corps spéciaux; et, quand une