ROB
Extrait du Dictionnaire des Sciences médicales.
La réputation dont jouit ce remède dans presque toutes les parties du monde civilisé exige qu’on lui consacre ici un article spécial. La puissance du Rob contre les affections syphilitiques les plus graves et les plus alarmantes a été, depuis plus de cinquante ans, tant de fois constatée dans tant de lieux divers, qu’il n’est plus permis aujourd’hui de mettre en question si ce remède peut être considéré comme un des moyens les plus utiles que possède l’art de guérir. Peu de médecins ont autant manié ce médicament que l’auteur de cet article : une juste défiance de tout remède se-
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cret le fit longtemps hésiter d’en conseiller l’usage; mais plusieurs sujets éclatants, qu’il eut occasion de remarquer, vainquirent sa répugnance; et depuis près de vingt-cinq ans qu’il prescrit le Itob à ses malades, il ne l'a jamais vu échouer une seule fois sur plus d’une centaine de sujets.
Laffecteur annonce que son Rob guérit les «écrouelles, humeurs froides et tumeurs scrofuleuses, et toutes les maladies chroniques qui ont pour cause un vice vénérien occulte, héréditaire et dégénéré. » Cette proposition n’est vraie que pour ce qui est relatif aux diverses affections syphilitiques. Le Rob est impuissant contre les scrofules.
Depuis qu’il n’a plus été permis de douter de l’efficacité de ce remède, un grand nombre de médecins ont avancé que ce n’est qu’une composition mercurielle habilement déguisée. Si l’on en croit au contraire Laffecteur, le Rob ne contient aucune parcelle de mercure, ni même aucune substance minérale; et ce n’est qu’une combinaison de plusieurs végétaux, la plupart provenant des contrées équatoriales les plus éloignées de nous : le ton de franchise de son affirmation fait qu'on est tenté de le croire sur parole; et l’expérience semble confirmer son assertion, car ce remède, soumis à l’analyse chimique, ne laisse voir aucune portion mercurielle, et il ne présente, dans son usage, aucun des inconvénients du mercure; on peut l’administrer impunément, alors même que la syphilis se complique avec des maladies qui s’aggravent ordinairement par l’usage de ce minéral. C’est ainsi que l’on voit le scor-
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but, lorsqu’il accompagne les accidents vénériens, nonseulement ne point augmenter dans le traitement fait au moyen du Rob, mais disparaître, sous son influence, avec la maladie principale. Ce fait a souvent été constaté dans les hôpitaux de la marine, et l’auteur de cet article en a acquis la preuve chez plusieurs sujets attaqués de scorbut, auxquels il a administré le Rob avec un succès égal contre les deux maladies. Toutefois, on n’essayera point ici de démontrer l’absenee du mercure dans la composition du Rob antisyphilitique, dont la recette a été inconnue aux médecins. J’avoue, au surplus, que j'attache peu d’importance à la solution de cette question. Qu’importe, en effet, que le Rob contienne ou non du mercure, puisqu’il guérit constamment les maladies vénériennes les plus graves, celles môme contre lesquelles les préparations mercurielles les plus variées avaient échoué, celles surtout que l’usage des mercuriaux avait le plus exaspérées? C’est ce qu’attesteront tous les praticiens qui ont conseillé l’usage du remède de Laffecteur; c’estce qu'une longue expérience me permet d’affirmer. Je me bornerai, toutefois, à rapporter à l’appui de ces assertions un seul des cas observés dans ma pratique.
M. V. faisait, depuis plus de dix ans, usage de diverses préparations mercurielles, et spécialement du sublimé corrosif: il avait pris une quantité prodigieuse de ce dernier médicament, et ses maux s’étaient incessamment aggravés. Lorsque je le vis, il avait le gland envahi par un chancre dévorant; il avait sur le tibia des exostoses considérables et très-douloureuses ;
\UTRS.
le voile du palais était rongé; son nez faisait place à un ulcère dégoûtant; il avait perdu toutes les dents de la mâchoire supérieure; il s’exhalait de tout son corps, et particulièrement de sa bouche, une odeur d’une telle fétidité, qu’elle infectait son appartement, à tel point que ceux qui le visitaient se trouvaient promptement incommodés en respirant dans l’atmosphère qui l’environnait. Ce malade, dévoré par une fièvre hectique, était tombé dans le dernier degré du marasme. Les médecins l’avaient abandonné, et il attendait à chaque instant, pour le délivrer de ses horribles souffrances, une mort que depuis longtemps il accusait d’arriver trop lentement. J’avais proposé, plusieurs mois auparavant, l’administration du Rob antisypliilitique, que mes confrères avaient impitoyablement refusé; maintenant, le malade demandait à essayer de ce remède, que j’hésitais de prescrire, craignant qu’il ne fût inutile à cette dernière extrémité; toutefois, je cédai aux pressantes prières de l’infortuné patient. Dès les premiers jours, on remarqua une amélioration sensible chez le malade; à la sixième bouteille, c’est-à-dire au bout de vingt-quatre ou vingtcinq jours, la fièvre qui le consumait avait entièrement cessé, et tous les accidents disparurent lorsqu’il en eut pris douze. Il recouvra bientôt son ancienne vigueur. On remédia à la chute des dents et à la perforation du voile du palais par l’application d’un râtelier artificiel et d’un obturateur.
Laffecleur rapporte une multitude d’observations analogues, recueillies depuis une quarantaine d’an-
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nées, el communiquées par les praticiens les plus distingués et les plus recommandables de la capitale et des grandes villes du royaume. Il emploie son Itob avec succès, contre toutes les affections syphilitiques; mais, en général, les médecins n’y ont recours que dans les occasions où la syphibs, rebelle aux préparations mercurielles, s’est exaspérée : le succès de ce remède est alors infaillible, et il agit avec une rapidité qui étonne le praticien et console le malade. Ce remède est peut-être le plus puissant de tous contre les affections syphilitiques constitutionnelles, si variées et redoutables.
Il convient de tracer ici, en peu de mots, l’histoire d’un médicament si remarquable.
Le propriétaire du Itob, après en avoir fait d’heureuses épreuves, se croyant assuré du succès dans tous les cas de syphilis, songea à remplir les formalités propres à faire jouir le public d’un moyen favorable à sa santé, et qui devait aussi conduire celui qui en possédait le secret à une fortune rapide. En conséquence, Boyveau, ou plutôt Laffecteur (car c'est sous ce dernier nom qu’il se lit connaître), se présenta en M~G à l’intendant de Paris pour lui demander des commissaires, afin de constater, par des expériences, la propriété aulisyphi lilique de son médicament. L’épreuve se lit aux casernes de Saint-Denis, sous la direction de feu Poisson nier-Desperrières el de ftl. Lebreton, chirurgien très-distingué de la capitale; on prit toutes les précautions propres à écarter l’idée de la Iraude de la part de Laffecteur : ainsi, les malades ha-
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bitaient une chambre qui ne s’ouvrait qu’au moyen de trois clefs; chaque commissaire en avait une, et Laffecteur gardait la troisième. On posa en outre un factionnaire à la porte extérieure, et l’on plaça un surveillant dans l’appartement. Ces précautions, indiquées par Laffecteur lui-même, suffisaient pour l’empêcher de communiquer avec ses malades; mais il en fallait prendre d’autres qui pussent garantir qu’il ne serait fait aucune addition au remède : on imagina de l’enfermer dans une armoire à trois clefs et qui ne pouvait s’ouvrir que de concert avec les commissaires déjà nommés et l’auteur du spécifique. Laffecteur s’abstint de prendre aucune part à la préparation de la tisane et des aliments destinés aux trois malades. Ceux-ci, qui avaient été choisis parmi les plus dangereusement atteints, furent parfaitement guéris à l’époque fixée d'avance par l'auteur du remède.
Après cette épreuve, on crut devoir en tenter une nouvelle sur un plus grand nombre de sujets, et l’on choisit à Bicêtre douze malades qui se trouvaient dans un état déplorable, et sur lesquels lous les remèdes connus avaient été vainement essayés. Les commissaires chargés de surveiller l’expérience étaient des hommes qui offraient les garanties les plus satisfaisantes, tant sous le rapport du savoir que sous celui d’une probité sans tache; ce furent MM. Borie, Geoffroy, Poissonnier-Desperrières, Paulet, Darcet, Vicq-d’Azyr, Charles Leroy, Andry, Bucquet, Mauduyt et Vernier. Les douze malades ayant été radicalement guéris, le rapport des commissaires fut unanime en faveur de la
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bouté du remède. Mais il ne suffisait pas de constater que le Rob avait la propriété de guérir la syphilis, il fallait encore prouver qu’il ne contient pas de mercure. Afin d’en obtenir la preuve, les commissaires invitèrent deux des plus célèbres chimistes de la capitale à soumettre le nouveau remède à l’analyse chimique : Leur choix tomba sur Darcet et Bucquet; ils lirent leurs expériences séparément et sans s’être communiqué leur procédé; les résultats qu’ils obtinrent furent les mêmes, et ni l’un ni l’autre ne découvrit aucune trace de mercure dans le Rob. Cependant leur déclaration à ce sujet portait que, bien qu’ils n’y eussent pas trouvé de mercure, ils n’osaient attester qu’il n’y en existât pas. Cette sage réticence fournit, pendant un assez long temps, des armes aux détracteurs de Laffecteur ; mais celui-ci, convaincu de l’efficacité comme de l’innocuité de sou remède, n’hésita point de communiquer la recette au premier médecin du roi. De Lassone composa le médicament lui-même, et, l’ayant administré à plusieurs de ses malades, il eu obtint le succès le plus satisfaisant. De Lassone chargea la Société royale de médecine de Paris des expériences convenables, et de rédiger, à leur suite, un rapport où seraient relatés les faits remarqués par eux. En effet, cette compagnie désigna sept commissaires dont voici les noms : de Lassone, Macquer, Geoffroy, Lorry, Bucquet, Poultier de la Salle, Montigny et le duc de la Rochefoucauld. Cette fois, les commissaires se chargèrent de préparer eux-mêmes le remède : Macquer, le plus habile chimiste de cette époque, se
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procura toutes les substances qui entrent dans sa composition. Douze malades, choisis parmi ceux qui offraient le moins d’espérance dans les hôpitaux de la capitale, furent traités par les commissaires de la Société royale de médecine, qui n’employèrent que le Rob composé par Macquer; et les malades guérirent tous. Un succès aussi éclatant fut suivi du rapport dont voici les conclusions : « La Société pense, 1° que le Rob du sieur Latfecteur, tel qu’il a été préparé, ne contient point de mercure ; 2° que le remède et la méthode de Laffecteur peuvent guérir les maladies vénériennes confirmées et désespérées; 3° que cette méthode n’exclut pas les traitements particuliers accessoires, les précautions et les modifications relatives aux circonstances qu’il est impossible de désigner, et qui doivent être laissées à la prudence du médecin; 4° que ce remède, ne contenant point de mercure, peut devenir utile, surtout dans les cas où l’on aurait quelque inconvénient à craindre de l’usage, soit intérieur, soit extérieur, des préparations mercurielles, tels que serait, par exemple , une complication des virus vérolique et scorbutique, etc. » Dès lors les succès du Rob antisyphilitique s’accrurent rapidement. Laffecteur, en 1781, fut chargé de fournir son remède pour le service des hôpitaux de la marine et des vaisseaux de l’État. Les praticiens n’hésitèrent plus à l’administrer dans les cas les plus désespérés, et le succès a constamment justifié leur confiance.
J’ai cru devoir entrer dans tous les détails qui précèdent, afin de mettre le lecteur à portée de juger, par
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lui-même, du degré de confiance qu’il peut accordera un remède qui mérite, à juste litre, d’être considéré comme un puissant antisyphilitique, et surtout comme le plus sûr réparateur des ravages que le mercure détermine dans l’organisme, lorsque cette substance, n’ayant point rempli l’objet du médecin, a été administrée trop abondamment. En rendant cet hommage à l’excellence du Rob anlisyphi-iilique, je me trouve heureux de pouvoir venger la mémoire de son auteur, outragé de son vivant dans ce Dictionnaire, à l’article Bézoar végétal, par feu mon ami le docteur Chaumeton, qui jugea trop légèrement Laffecteur, et le confondit avec les plus vils charlatans. Si, comme moi, il eût connu l’excellent Boyveau, il en aurait eu une opinion bien différente. En effet, Boyveau était rempli de loyauté eide franchise; il était humain et généreux. L’indigent ne réclama jamais en vain son secours. Il n’eut rien de commun avec les charlatans; il n’en avait ni le ton ni l’ignorance. 11 fit un secret de son remède, il est vrai, pour s’enrichir; mais si cette conduite, autorisée d’ailleurs par l’usage, lèse en quelque chose les intérêts généraux de la société, ne dépendil pas du gouvernement d’y mettre bon ordre, en rendant public un secret qu’il a toujours le droit d’acquérir, moyennant une indemnisation suffisante pour récompenser le propriétaire du noble fruit de ses veilles ?
{Extrait du grand Dictionnaire des Sciences médicales de Pankoueke, tome 49, article Bob antisyphilitique .)
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(Note 12.)
Il triomphe : Fourcroy, Darcet et Vicq-d’Azir Ont cherché le mercure ils n'ont pu le saisir.
Indépendamment de ces premières épreuves, la Société royale de médecine de Paris a nommé huit commissaires, qui se sont eux-mêmes procuré les drogues nécessaires pour la préparation du Rob du sieur I.affecteur; et, avec ce remède ainsi composé, de nouveaux commissaires ont traité plusieurs malades gravement atteints du virus vénérien ; et la Société royale de médecine s’exprime sur celte double expérience en ces termes :
Extrait des registres de la Société royale de médecine de Paris.
La Société royale de médecine ayant entendu, dans sa séance tenue le 10 septembre 1779, le rapport des commissaires (ils étaient au nombre de huit : c’étaient MM de Lassone , Geoffroy, Lorry, Bucquet, Macquer, Poultier de la Salle, Montigny et le duc de Larochefoucauld, tous chimistes célèbres et membres de la ci-devant Académie des sciences) qu’elle avait nommés pour préparer le Rob de Laffecteur, suivant la recette qu’il avait communiquée, avec les drogues qu’ils se sont eux-mêmes procurées.
Duquel rapport il résulte que ce remède ne contient pas de mercure.
NOTES
Ayant entendu depuis, dans sa séance tenue le 7 avril 1780, le rapport des commissaires qu’elle avait nommés pour administrer le Rob du sieur LaHecteur, ainsi préparé, à des malades attaqués de maladies vénériennes,
Duquel rapport il résulte :
1° Que, sur six malades, un a été rejeté, parce qu’il s’est manifesté, dès le commencement du traitement, des symptômes produits par le mercure que ce malade avait pris à Bicêlre peu de jours auparavant;
2° Que deux autres ont été jugés complètement guéris parla disparition totale des symptômes très-graves, dont aucun n’est revenu depuis trois mois que le traitement est fini ;
5° Que deux autres malades ayant été traités parla même méthode, leur sauté a été bien rétablie, et tous les symptômes vénériens ont également disparu, excepté quelques excroissances qu’il est indispensable d’enlever dans toutes les méthodes, et à l’extirpation desquelles les malades se sont constamment refusés;
4° Que le dernier est également bien rétabli ; qu’une excroissance très-considérable, placée auprès de l’anus, ayant été extirpée dans l'époque convenable du traitement, la plaie s’est bien cicatrisée, et qu’aucune trace de cette excroissance n'a reparu; que des excroissances moins considérables, situées dans l’intestin, ont disparu sans opération; qu’il en est seulement resté quelques-unes très-petites et dures, que la pre* inière cachait, et à l’extirpation desquelles le malade n’a jamais voulu consentir; ce qui fait présumer que
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la première excroissance, qui était très-volumineuse, n’ayant point pullulé longtemps après son extirpation, il en aurait été de même des autres tumeurs très-petites, si elles eussent été enlevées.
La lecture de ces deux rapports ayant été entendue, la compagnie a pensé :
1' Que le Rob du sieur Laffecteur, tel qu'il a élé préparé, ne contient point de mercure ;
2 Que le remède et la méthode du sieur Laffecteur peuvent guérir les maladies vénériennes confirmées;
3* Que cette méthode n’exclut point les traitements particuliers accessoires, les précautions et les modifications relatives aux circonstances qu’il est impossible de designer, et qui doivent être laissées à la prudence du médecin ;
4° Que ce remède, ne contenant pas de mercure, peut devenir surtout utile dans le cas où l’on aurait quelque inconvénient à craindre de l’usage, soit intérieur, soit extérieur, des préparations mercurielles, tel que serait, par exemple, une complication des virus véroli pu et scorbutique.
Je certifie que le présent extrait est conforme à l’original contenu dans les registres de la • Société royale de médecine, le 30 avril 1780. — Signé •' Vicqd’\zir, secrétaire perpétuel.
Note 13.}
Et marcher librement, en face du soleil ;
Ses vœux sont accomplis : un arrêt du Conseil...
Le docteur Boyveau ne voulut pas que son nom figurât dans l’arrêt du conseil; il y fit substituer celui de Laffecteur , son prête-nom : c’est ce (pie démontre la pièce officielle suivante :
Nous soussigné, Pierre Boyveau et Denis Laffecteur, ancien inspecteur des vivres, sommes convenus de ce qui suit, savoir :
Que moi Pierre-Boyveau, en vertu de l’agrément et consentement exprèsduditsieur Denis Laffecteur, ayant fait présenterai! roi une requête au nom duditsieur Laffecteur, pour obtenir le privilège delà vente et distribution d’un remède antivénérien connu et annoncé sous le nom de Rob antisyphilitique, ledit sieur Laffecteur trouve bon que l’arrêt du Conseil et les lettres patentes qui interviendront sur ladite requête soient obtenus en son nom; comme aussi tous les marchés ou traités qui pourront être faits relativement à l’exploitation dudit remède, dont, par ladite requête, ledit sieur Laffecteur paraît possesseur et propriétaire, quoique dans le vrai il n’ait fait que rendre audit sieur Boyveau le bon office de lui prêter son nom ; bien entendu que ledit Boyveau ne pourra, en aucune manière, contracter des
engagements qui grèvent ledit sieur Laffecteur, ne lu prêtant son nom que pour les affaires relatives à l’ex ploitation du susdit remède.
Et moi Denis Laffecteur je déclare par ces présentes à mondit sieur Boy veau que je n'ai aucune espèce de propriété sur le susdit remède, que j’y renonce môme autant qu’il est besoin, ainsi que sur les produits qui pourront résulter de la vente d’icelui, de quelque manière qu’elle soit faite, soit dans les hôpitaux militaires du royaume et autres, ou autrement, me contentant d’une gratification annuelle et fixe, pour toute rétribution, de quinze cents livres chaque année, qui me sera payée par mondit sieur Boyveau, sur mes simples quittances, et ce pendant tout le temps que ledit sieur Boyveau jouira de la permission de vendre et distribuer sous mon nom ledit remède antivénérien, laquelle gratification annuelle de quinze cents livres» moi Boyveau j’accorde à mondit sieur Laffecteur, aux mômes clauses et conditions stipulées ci-dessus, laquelle gratification de quinze cents livres ne commencera à courir que du jour de la publication de l’arrêt du conseil portant le privilège que sollicite ledit sieur Boyveau, pour ladite gratification être payée de trois mois en trois mois, sur les quittances dudit sieur Laffecteur. Fait double à Paris, le 1er juillet 1 778. Approuvé un mot rayé nul.
1er juillet 1778.
Signé Laffecteur.
Approuvé l’écriture et un mot rayé comme nul.
Signé Boyveau.
NOTES
Je soussigné Denis LaiTecteur déclare et reconnais qu’en outre des causes énoncées en l’acte sous seing privé des autres parts, pour lesquelles M. Boyveau m’avait accordé une gratification annuelle de quinze cents livres, je devais servir de commis audit sieur Boyveau et l’aider de mes services en cette qualité, sans aucune autre rétribution ; mais que d’autres occupations et les circonstances ne m’ont pas permis de remplir cette condition; qu’en conséquence, j’ai demandé audit sieur Boyveau de me payer à titre de forfait une somme de trois mille livres, pour raison du prêt que je lui ai fait de mon nom, tant pour le passé que pour l’avenir, n’entendant aucunement déroger à cet égard aux clauses et engagements par moi contractés et énoncés en l’acte ci-devant du 1er juillet 1778, laquelle somme de trois mille livres M. Boyveau m’a effectivement payée à litre et sous les conditions sus-exprimées en espèces d’or et d’argent ayant cours, dont quittance et de toutes choses au sujet de ce que dessus. A Paris, le 18 février 1787.
18 février 1787.
Signé Laffecteür.
« Par-devant Mu Laisné et son collègue, notaires impériaux à Paris, soussignés, 18 fructidor an xm, septembre 1808, fut présent sieur Denis Laffecteür, employé, demeurant à Paris, rue du Long-Pont, division de la Fidélité, n. 4; lequel a par ces présentes déclaré qu’il n’a jamais été propriétaire ni inventeur du Rob antisyphilitique végétal connu sous son nom, qu’il n’a
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jamais été que |>rêlo-nom de MM. Pierre Boyvcau, docteur en médecine, et de Joseph-François Raffard Marcilly, pour et au prolil desquels a été obtenu, sous le nom dudit sieur comparant, un arrêt du Conseil du roi du 12 septembre 1778, ainsi que tous les autres actes émanés des autorités avant ou depuis ledit arrêt du Conseil. En conséquence, ledit Denis Laffecteur renonce à tous droits personnels à la propriété et à la distribution dudit remède, et consent en tant que de besoin qu’il soit usé comme par le passé à cet égard.
« Ces déclarations et consentement sont ainsi faits et donnés moyennant la somme de 1 ,1S5 fr. ou 1,200 livres tournois, que ledit sieur LatTecleur reconnaît avoir reçue desdits sieurs Boyveau et Marcilly dès le mois d’avril 1789.
« Dont quittance. Sont intervenus lesdits sieurs Boyveau et M.-F.-L.-A. Hoffmann, lesquels, sous la réserve de leurs droits respectifs, ont accepté les déclarations et consentement ci-dessus.
« Enregistré à Paris, le 22 fructidor an sur. Reçu 27 fr. 50 c.
« Signé Pierret. »
Extrait du registre des actes de décès de l’an 1821, 9 maii'ie :
« Du 23 septembre 1821, à neuf heures du matin.
« Acte de décès de Denis Laffecteur, décédé hier, à « quatre heures du soir, ancien employé, âgé de quatre- « vingt-trois ans deux mois, né à Rouen, département
NOTES
« de la Seine-Inférieure; demeurant à Paris, rue Mar- « trois, n. 8, quartier de l’Hôtel- de- Ville. »