‹ Syphilis secondaire tardiveChapitre 13 sur 55 · SYPHILIDES CUTANÉES A ÉCHÉANCES TARDIVES · texte numérisé non relu

SYPHILIDES CUTANÉES A ÉCHÉANCES TARDIVES

malade, fort inquiet, a consultés à ce propos. Cet accident siège audessous de la lèvre inférieure. Il consiste en un ruban papuleux, rouge, mesurant deux millimètres de largeur et dessinant d’une façon très exacte un fer à cheval, avec un diamètre quelque peu supérieur à celui d’une pièce de cinquante centimes. C’est un type absolu de syphilide papulo-circinée de modalité secondaire.

Or, sachez et retenez bien ceci, messieurs : Des cas de ce genre sont de véritables pièges pour le diagnostic. Tout le monde y est pris et se laisse aller à méconnaître la syphilis. Ainsi que le disait un de nos confrères, qui avait été victime d’une erreur de cet ordre faite sur lui-même par lui-même et par quelques confrères : « Comment songer à la syphilis de pareilles misères ? Comment croire qu’elle peut se traduire par quelques papules, voire par une papule à la peau en pleine période tertiaire, alors que normalement elle devrait y produire des entamures, des gommes et des ulcères ? » Aussi bien, de telles méprises sont-elles communes en l’espèce, courantes même, devrais-je dire. — C’est donc à les prévenir que pourra contribuer, je l’espère, l’exposé qui précède.

- A quelles échéances dans le stade tertiaire se produisent les syphilides dont nous venons de parler (1)?

Voici ce que répondent mes notes, d’après un certain nombre de cas où les dates d’invasion de ces accidents ont pu être déterminées d’une façon exacte :

Au cours de la 4® année

35 cas.

91 cas.

(1) Ne sont pas compris dans la statistique qui va suivre deux ordres de syphilides (syphilides palmaire et plantaire, roséole et érythème tertiaire) dont il sera question plus loin.

Il ressort de ces chiffres :

1° Que les syphilides secondaires qui prennent place sur la scène du tertiarisme y sont d’autant plus fréquentes que la maladie est plus rapprochée de son origine ;

2” Qu’elles constituent surtout des manifestations des premières années du tertiarisme, de la quatrième à la sixième, puisque à elles seules ces trois années comportent les 5/6 des cas environ ;

3“ Qu’elles figurent encore pour un certain nombre graduellement décroissant dans les quatre années suivantes, jusqu’à la dixième ;

4° Mais qu’au delà elles ne constituent plus que des raretés, des exceptions, puisque, sur 91, nous en trouvons seulement 4 (ou 5) postérieures à cette dixième année contre 86 antérieures.

Ces exceptions, toutefois, sont réalisables. Ainsi, je tiens pour certain d’avoir observé deux fois des syphilides de modalité irrécusahlement secondaire à la seizième année de la maladie. Voici, sommairement, ces deux cas, qui méritent bien d’être cités.

Le premier est relatif à un malade qui, affecté en 1876 d’une syphilis dont les diverses manifestations furent constatées et traitées par M. le Simonet (ancien médecin de l’hôpital du Midi), se présenta à moi bien plus tard, en 1891, avec les trois accidents suivants : symptômes multiples d’un tabes semblant remonter à quelques années; — glossite syphilonicotique, avec îlots de dépapillation; — et syphilide papulocircinée siégeant sur une joue, en dehors de la commissure buccale. Cette syphilide formait un anneau incomplet, d’un diamètre quelque peu supérieur à celui d’une pièce de cinq francs, anneau constitué par une série de papules (et non de tubercules) groupées à la file les unes des autres à la façon des perles d’un collier. Je répète et précise bien que les éléments de cette éruption étaient des papules, des papules plates, de physionomie absolument secondaire ^ et non pas des tubercules.

Le second cas est non moins probant. Je l’ai observé sur un de mes plus vieux camarades, dont j’ai suivi la syphilis depuis 1859 jusqu’à ce jour. En 1875, c’est-à-dire dans la seizième année de l’infection, il fut affecté d’un sarcocèle spécifique, dont l’iodure le débarrassa assez facilement, puis, quelques mois plus tard, d’un type de syphilide secondaire

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