‹ Syphilis secondaire tardiveChapitre 16 sur 55 · A ÉCIIÉA^•CES TARDIVES OU MÊME ULTRA-TARDIVES · texte numérisé non relu

A ÉCIIÉA^•CES TARDIVES OU MÊME ULTRA-TARDIVES

si ce n’est même plus tard encore, comme dans quelques cas où, d’une façon bien authentique, je crois, on l’a vue se produire trente et ua^ trente-trois q\. quarante-deux ans au delà du chancre (1) ?

En vérité, de tels chiffres, je répète le mot, sont stupéfiants', c’est à n’y pas croire. Aussi bien j’attends l’objection ou, pour mieux dire, les objections que sans doute on ne manquera pas de m’opposer. On me dira : Mais n’y a-t-il pas eu là, relativement à ces échéances si étonnamment tardives, soit erreur de fond sur la nature même des accidents, soit tout au moins erreur d’interprétation sur leur qualité secondaire ou tertiaire?

Eh bien, non, répondrai-je. Une telle fin de non-recevoir serait inacceptable, et je vais le démontrer.

D’abord, en ce qui concerne la qualité secondaire ou tertiaire des accidents, je déclare n’avoir admis dans ma statistique que des cas offrant d’une façon bien nette les caractères de l’objectivité pour laquelle il serait difficile de me

refuser une certaine expérience. Puisque c’était là précisément ce qui m’intéressait, à savoir le contraste entre l’objectivité secondaire et l’échéance tertiaire, je n’aurais pas manqué à la première et essentielle condition de mon programme en donnant asile dans ladite statistique à des cas pouvant être suspectés de tertiarisme. Très soigneusement, je le répète, j’en ai exclu toutes les syphilides tertiaires (et elles ne sont pas très rares) des régions palmaire et plantaire.

D’ailleurs, le psoriasis tertiaire de ces régions (laissez-moi continuer à l’appeler de ce nom mauvais, mais abréviatif et commode) a une physionomie très spéciale et se dilférencie aisément du psoriasis secondaire. 11 s’en différencie notamment par un degré d’infiltration dermique beaucoup plus accentué, d’où dérivent, comme conséquences, un état coriace et dur de la peau, devenue rénitente comme du parchemin, voire, pour

(1) Dans une nouweZZe enquête que j’ai instituée pour servir de contrôle à la précédente, je ne trouve pas moins de 9 cas de syphilide palmaire ou plantaire de modalité secondaire ayant fait invasion au delà de la vingtième année après le chancre. A savoir :

Dans la 21* année.. .. 1 cas

Total. ... 9 cas.

SYPIIILIDES PALMAIRES ET PLANTAIRES

certains cas, comme du cuir; — vltvq desquamation lamelleuse^ presque écailleuse parfois; — des fissures profondes au niveau des plis de flexion palmaires ou digitaux, tissures susceptibles de dégénérer en rhagades ulcéreuses creusées en V ; — quelquefois un bourrelet de nettement tuberculeux, faisant

saillie au niveau du poignet notamment et servant là, pour ainsi dire, d’ourlet à la lésion. — Ajoutez encore que le psoriasis tertiaire affecte presque exclusivement la modalité éruptive en nappe, en placard, à l’exclusion de la modalité en disques lenticulaires disséminés, indépendants, laquelle est une forme bien plutôt secondaire, etc.

En second lieu, quanta l’objection portant sur la spécificité meme des accidents, elle n’est guère plus admissible que la précédente.

Qu’il ait pu se glisser un certain nombre d’erreurs diagnostiques dans la masse des faits que j’ai observés, je ne le conteste pas, car nul, à commencer par moi, n’est infaillible. Mais qu’importeraient quelques unités d’erreurs dans un total de plusieurs centaines de cas (346, exactement)? D’ailleurs, la spécificité des cas en question ressort d’un ensemble de témoignages non équivoques, tels que les suivants :

1° Fréquence môme de ces syphilides psoriasiformes^«?’fl?z^;e5, qui se produisent toujours dans des conditions identiques, à savoir sur des sujets à antécédents de syphilis bien avérés;

2" Coïncidence assez fréquente de ces syphilides avec d’autres accidents de syphilis, soit avec cette variété de glossite dite glossite dépapillante dont nous parlerons bientôt, soit avec divers symptômes tertiaires, tels que syphilide tuberculeuse sèche, syphilide tuberculo-ulcéreuse, gommes, sarcocèle, tabes, syphilis cérébrale, paralysie générale, etc.;

S"* Caractères d’objectivité souvent très nets, comme dans les cas où la lésion se présente avec la modalité circinée, soit annulaire, soit, bien plus souvent, arciforme;

4“ Critérium thérapeutique : réaction exercée sur ces éruptions par le traitement spécifique ou, pour mieux préciser encore, par le mercure. Ces éruptions, en effet, ont un remède et elles n’en ont qu’un, le mercure. Le fait est notoire et ne saurait trouver de contradicteurs ;

5° Mieux encore, et témoignage décisif par excellence : On a vu plus d’une fois ces éruptions récidiver avec insistance, alors qu’elles n’étaient plus contenues par le mercure. Vient-on

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