‹ Syphilis secondaire tardiveChapitre 33 sur 55 · Syphilides génitales chez la femme · texte numérisé non relu

Syphilides génitales chez la femme

Pourquoi le chapitre précédent, quiconcerne l’homme, n’at-il pas son pendant chez la femme ?Comment peut-il se faire qu’après avoir recueilli, chez l’homme, 102 cas de syphilides génitales secondaires attardées dans le stade tertiaire, je n’aie

En 1899, éruption scrotale, « indéniablement syphilitique ». Très étonné de ce retour d’accidents, après plus de vingt ans d’accalmie absolue, notre confrère vient me montrer ladite éruption qui consiste ^exactement en sept papules lenticulaires éparses sur le scrotum. Ces papules ont absolument la physionomie syphilitique. Elles sont bien distinctes; — orbiculaires ; — larges comme de grandes lentilles ; — rougeâtres ; — squamelleuses de surface pour la plupart ; — superficielles et sans rénitence vraie de base ; — indolentes, non prurigineuses, etc. — Sur le corps, rien. — Aucun antécédent de psoriasis, lichen ou autre atîection cutanée.

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Très intéressé par ce cas extraordinaire, j’adressai le malade à l’un de nos amis communs, dermatologiste distingué, qui me répondit textuellement ceci : « Vous avez cent fois raison. Ce sont là d’admirables papules secojidaires sur un vieux terrain tertiaire. »

(1) Traité de médecine et de thérapeutique, publié sous la direction du P'^Brouardel, t. II, p. 477.

SYPHILÏDES GÉiNlTALES CHEZ LA FEMME.

à mettre en parallèle avec un tel chiffre que 5 cas de même ordre observés chez la femme ? C’est à n’y rien comprendre, en vérité. Un si étrange contraste ne serait-il pas le résultat d’une erreur de fait, d’une « chance de série », que rectifiera une enquête ultérieure? Oubien les accidents en question resteraient-ils méconnus chez la femme en raison de leur bénignité même, en raison de la répugnance qu’ont toutes les femmes à se faire examiner, ou pour tout autre motif? De tout cela je ne puis rien dire, et me bornerai donc à enregistrer ce résultat sans l’interpréter.

Comme exemple, voici trois des cas qu’il m’a été donné d’observer :

1° Sur une femme à la cinquième année de la syphilis, syphilide vulvaire érosive de forme circinée, décrivant les deux tiers d’une circonférence, et tout à fait indéniable de par cette configuration spéciale.

2° Sur une femme infectée de syphilis depuis sept ans, syphilide papulo-érosive de la vulve, en même temps que syphilide érosive de la langue.

30 y[uie x... vingt-sept ans. — U y a neuf ans, syphilide diagnostiquée par M. Ricord et traitée par lui pendant deux ans. — (Chancre vulvaire ; roséole, érosions buccales, adénopathies cervicales, alopécie.) — Depuis lors, nul traitement. — De temps à autre, quebjues « boutons » (?) sur le corps.

Au cours de la neuvième année, j’observe sur M™® X... divers accidents incontestables de syphilis secondaire, à savoir : syphilide papulo-croûtelleuse à l’oreille gauche ; — quelques papules squamelleuses éparses sur le corps (cuisse, tronc, coude), d’aspect nettement spécifique ; — syphilide papuleuse sèche desgrandeslèvres; sur deux points, ces papules sont devenues humides et suintantes. — Vaginite.

Soit dit à l’avance, c’est, très sûrement, par ces papules vulvaires que fut contagionné à cette époque un jeune homme qui avait rapport avec X... depuis cinq mois, et cela « sans lui avoir fait la naoindre infidélité ». Je le vis affecté d’un chancre induré typique de la rainure, chancre qui fut suivi d’accidents classiques de syphilis constitutionnelle. — Nous reviendrons bientôt sur cette observation.

De même, M. le D’’ Sarda a recueilli dans le service de M. le D*” Audry une intéressante observation relative à une femme qui, dans \-à septième année de sa syphilis, fut prised’une Syphilis secondaire. 9

poussée secondaire assez intense, caractérisée par les divers accidents que voici: syphilidepolymorpbe(roséolique etpsoriasiforme), plaques muqueuses tout à fait typiques de la gorge, larges 'plaques muqueuses hypertrophiques des grandes lèv!res[\) .

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