‹ Syphilis secondaire tardiveChapitre 37 sur 55 · DURÉE DE LA CONTAGIOSITÉ SYPHILITIQUE · texte numérisé non relu

DURÉE DE LA CONTAGIOSITÉ SYPHILITIQUE

maximum du terme au delà duquel la syphilis cesse d’être contagieuse ». 11 cite quatre observations personnelles où des syphilides buccales de forme tout à fait secondaire se sont produites au cours de la quatrième^ de la sixième^ de la dixième^ et même de la douzième année de la maladie.

4° De même le D*' Bourges, dans son Hygiène du syphilitique (1897), et le D’* Audry, son Précis élémentaire des maladies vénériennes (1901), expriment l’opinion que, si la durée de la contagiosité syphilitique ne dépasse pas, pour l’immense majorité des cas, la troisième ou la quatrième année, elle peut exceptionnellement s’étendre bien au delà, sans qu’on puisse établir de limite absolue. « Des syphilitiques, dit M. Audry, ont été contagieux huit et ans après leur chancre sans doute par l’intermédiaire d’accidents identiques à des efflorescences précoces, secondaires... En pratique vulgaire, la période dangereuse n’excède pas deux ou trois années ; mais il existe à cela des exceptions assez nombreuses. »

Inversement, le D*" Fourcade, ancien externe des hôpitaux de Lyon, élève de M. Augagneur, vient d’attaquer vivement dans sa thèse inaugurale (1) la doctrine des contagions tardives. Après avoir institué la critiijue d’un certain nombre d’observations qui s’y rapportent, il affirme « qu’il n’en subsiste rien » et que toutes ces observations sont autant d’erreurs « puériles, enfantines », seulement explicables par la méconnaissance des réinfections syphilitiques, ou par une crédulité « sentimentale » dans la vertu des femmes. Ouant à lui, tout au contraire, de 59 observations personnelles il conclut en toute assui’aiice que, môme chez des prostituées alcooliques et mal soignées, la durée des manifestations secondaires contagieuses ne dépasse pas deux ans (!). — Puis, il me prendà partie, me reproche de croireà une « durée illimitée » (!) de la contagiosité syphilitique, et m’accuse môme d’avoir fait cette découverte « non sans une certaine joie » (p. 19), bien qu’il daigne m’accorder — ce qui fait contraste — « une conscience parfaitement honnête » (p. 18), etc. — N’insistons pas.

Et voilà, messieurs, quel est l’état actuel des esprits sur la question.

Somme toute, comme opinion prédominante, vaguement on

(1) Durée de la contagiosité syphilitique. Thèse de Lyon, 1903.

établit une sorte d’équation entre la durée de la contagiosité syphilitique et la durée des accidents secondaires. Mais quelle est la durée des accidents secondaires possiblement contagieux! Vaguement encore on la fixe entre deux, trois et quatre ans, tout en concédant qu’on l’a vue dépasser ce terme.

Mais, enfin, si elle peut dépasser ce terme, est-ce d’une façon exceptionnelle^ ou seulement rare^ ou seulement peu commune ? Cela, on l’ignore, on n’en dit rien.

Voyons maintenant si des observations récemment acquises il est possible de tirer un peu plus de précision.

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