CONTAGIONS TARDIVES. — SEPTIÈME ET HUITIÈME ANNÉES
Autre cas. — Un jeune mari, syphilitique depuis six ans, a la coupable imprudence d’avoir rapport avec sa femme en dépit d’une érosion du gland qu’il considère (de son chef et sans avis médical) comme une simple «écorchure ». Quelques semaines plus tard, sa femme est affectée d’un « gros bouton » à la vulve, bouton que je reconnais pour un chancre et auquel succèdent bientôt divers symptômes de syphilis secondaire.
Autre cas, encore, dont je ne vous donnerai que le sommaire, car tous ces faits se ressemblent, — c’est forcé, — et les relater en détail serait vraiment fastidieux :
Jeune homme affecté de syphilis depuis six ans. — Mariage quatre ans après le début de la maladie. — Naissance de deux enfants sains. — Après la naissance du second enfant, le mari (fumeur) est repris de syphilides buccales, par lesquelles il contagionne sa femme, chez laquelle évolue une syphilis classique. — Une grossesse, l’année suivante, se termine par avortement.
(Ici, messieurs, accordez-moi une courte digression pour vous faire remarquer, dans la dernière observation que je viens de vous présenter, ce fait éminemment curieux de la naissance de deux enfants sains préludant à un réveil de la syphilis sur le mari. D’autant que la naissance d’un enfant sain est généralement considérée comme un certificat de guérison, comme une garantie d’avenir, au moins en ce qui concerne la contagion, etdemême comme unesécurité pourlesgrossessessubséquentes.
Quel démenti inlligé ici par la clinique à cette croyance, è ce préjugé ! — Mais tout cela ne nous regarde pas pour l’instant. Passons.)
Enfin, je citerai encore un cas du D" Tchistiakoff, relatif à
garants mutuels. Si bien que leur faisceau démontre ee que chacun d’eux, de par lui seul, serait insuffisant à démontrer.
« Puis, ajouterai-je, ne voyez-vous pas que vous invoquez en l’espèce les deux détestables arguments qui servirent jadis et si longtemps à combattre la contagiosité secondaire ? Les adversaires de cette contagiosité ne disaient pas autre chose que vous, et réciproquement. Ils disaient, d’une part : « Vous prétendez « que tel sujet a été contagionné par tel autre affecté d’un accident secondaires mais comment savez- vous s’il ne tient pas la contagion d’un autre sujet affecté « d’un chancre ?» ; — et, d’autre part, ils opposaient à la doctrine de la contagion un grand nombre, un très grand nombre de cas négatifs, dans lesquels des sujets (adultes ou enfants, n’importe), affectés d’accidents secondaires, n’avaient en rien contagionné leur femme, leur maîtresse ou leur nourrice.
« Or, ai-je à vous dire quel a été le succès final de ces deux arguments? »
SYPHILIS SECOINDAIRE TARDIVE.
un malade qui, au cours de la sixième année de la syphilis, infecta sa femme de par des syphilides buccales.
IV- — A la septième et à la huitième année, les cas sont encore loin de faire défaut.
Rappelez-vous d’abord celui du D'’ Barthélemy que je vous ai relaté précédemment et qui est relatif à la contamination d’une jeune femme (chancre vulvaire) par son mari affecté d’une tissure linguale à la septième année de sa syphilis.
Puis, voici encore quelques autres cas pour la huitième année :
I. — Cas du D'’ Besnier : « J’ai vu un cas de contamination conjugale directe, huit ans après le début de la syphilis, de par des plaques dépapillantes de la langue. »
II. — Cas du [)’■ Feulard : Médecin affecté de syphilis depuis huit ans et contaminant alors sa femme (chancre de la grande lèvre) de par une « petite écorchure » du gland.
III. — Cas du !)'■ Barthélemy: Homme syphilitique depuis huit ans; — alfecté depuis longtemps de syphilides érythématosquameuses du fourreau « qui vont et viennent » et qu’il s’obstine à laisser sans traitement, les jugeant de « nature eczémateuse ». — Marié depuis deux ans, il était resté inoffensif pour sa femme, lorsque la lésion du fourreau envahit le prépuce, puis se propagea à la muqueuse du gland et du frein. A ce moment, complication in situ de crevasses, de fissures, d’érosions suintantes. — Deux mois plus tard, femme présentant un chancre vulvaire nettement induré, et suivi, à échéance normale, d’accidents d’infection généralisée.
IV. — Cas personnel : Malade affecté de syphilis depuis huit ans (chancre induré, roséole, plaques muqueuses buccales à diverses reprises), et venant à présenter à la verge « un bouton érosif»qui n’a duré que quelques jours. A ce moment, en dépit des avertissements nombreux que jelui avais donnés, rapports avec sa femme. — Six semaines après, je constate sur cette femme les restes d’un chancre vulvaire, flanqué d’un bubon inguinal très caractéristique; puis, plus tard, roséole, adénopathies cervicales, alopécie, céphalée, syphilide palmaire, etc.
V. — Autre cas personnel, calqué sur le précédent et se résumant en ceci : Jeune homme syphilitique depuis sept ans et demi, traité au début de sonaffection pendantdeuxans, indemne de toute manifestation depuis sept ans, marié depuis quatre ans,