‹ Syphilis secondaire tardiveChapitre 5 sur 55 · SA FRÉQUENCE · texte numérisé non relu

SA FRÉQUENCE

nombre qui ne sauraient entrer en ligne de compte pour la question actuelle : toutes celles, par exemple, relatives à des malades qui ne sont venus me consulter qu’une ou quelques fois et que je n’ai plus revus ; — de môme pour toutes celles qui concernent des malades s’étant présentés pour de vieilles syphilis en pleine période tertiaire; — et de môme pour tant et tant d’autres d’ordres divers.

D’autre part, je dois noter expressément que ce chiffre de 1,096 cas ne constitue bien sûrement en l’espèce qu’un minimum^ un strict minimum. Car, avec une rigueur absolue, j’ai exclu de ma statistique tous les cas qui pouvaient laisser place à la moindre incertitude sur le caractère spécifique des accidents. Or, on sait par expérience, — et c’est là un point, sur lequel j’aurai maintes fois à revenir dans ce qui va suivre — combien il est difficile, voire impossible en nombre de circonstances, d’assigner un caractère positif de spécificité à certains accidents de syphilis secondaire tardive, notamment, pour n’en citer qu’un exemple, à ces petites érosions qui se produisent si fréquemment à la bouche ou sur la langue et qui n’oifrent souvent aucun signe propre à les différencier d’érosions vulgaires, leucoplasiques, aphteuses, inflammatoires, nicotiques ou autres.

Donc, je le répète, le chiffre précité n’est certainement qu’un minimum.

Eh bien, oe chiffre minimum n’en est pas moins suffisant pour attester la très haute fréquence de la syphilis secondaire tardive. 11 témoigne par lui seul et témoigne sans conteste que (tout au moins dans certaines conditions données que nous essaierons de déterminer plus tard] la syphilis a une tendance marquée à se traduire au delà de la troisième année par des manifestations de forme secondaire.

Quel démenti infligé à l'opinion courante qui fait de toute syphilis âgée de plus de trois ans une syphilis tertiaire, syphilis destinée à ne plus s’accuser que par des accidents de modalité tertiaire !

II. — Un second enseignement ressort encore en pleine évidence du tableau graphique que vous avez sous les yeux : c est que la syphilis secondaire tardive décroît de fréquence d’une façon progressivement continue avec les années.

Voyez, en effet, le trajet affecté par la ligne de fréquence des accidents. Ce trajet, à cela près de quelques légers ressauts vraisemblablement dus à ce qu’on appelle, en langage de statistique, des « hasards de série », ne fait que s’abaisser depuis la première colonne jusqu’à la dernière.

Numériquement, cette descente, invariablement continue, correspond aux chiffres que voici :

De 266 (chiffre de fréquence pour la 4® année), la proportion descend à :

pour la 5%

et ainsi de suite.

11 suit de là que la syphilis secondaire tardive est d’autant plus fréquente qu’on se rapproche davantage de la quatrième année, et d’autant plus rare qu’on s’en éloigne davantage.

Quelques détails ne seront pas sans présenter un certain intérêt.

Si nous continuons à étudier notre graphique au point de vue de la signification qu’il comporte, nous y trouvons encore à relever trois remarques, à savoir :

1“ Que la ligne de fréquence commence tout d’abord par descendre en pente raide, avec une inclinaison ne s’écartant qu’à angle aigu de la verticale, depuis la quatrième jusqu’à la onzième année ; ce qui veut dire que la chute de fréquence est rapide de la quatrième à la onzième année (266 à 36) ;

2° Qu’au delà, au contraire, de la onzième à la vingtième ou vingt-deuxième année, cette ligne de fréquence ne s’abaisse plus qu’en pente douce, avec une inclinaison plus oblique ; ce qui veut dire que la chute de fréquence devient d’année en année moins considérable ;

3“ Et, enfin, qu’au delà encore la maladie ne se traduit plus que par quelques chiffres infimes, quelques unités disséminées sur les années extrêmes.

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