‹ Syphilis secondaire tardiveChapitre 9 sur 55 · ÉTIOLOGIE. INFLUENCE DU TRAITEMENT · texte numérisé non relu

ÉTIOLOGIE. INFLUENCE DU TRAITEMENT

Peut-être bien, messieurs, à première audition des résultats que je viens d’énoncer, allez-vous être tentés de dire : u Mais alors, s’il en est ainsi, si l’on reste d’autant plus exposé à des manifestations secondaires tardives qu’on s’est plus sérieusement traité, mieux vaudrait se traiter jnal que se bien traiter. — Patience ! vous répondrai-je; attendez la fin. Car il est à ce qui précède une contre-partie, à savoir : que les syphilis mal traitées ont une tout autre façon de se traduire à long terme que par d’inoffensifs accidents de forme secondaire, et que cette façon n’est rien autre que la kyrielle polymorphe du redoutable tertiarisme. » — De cela, d’ailleurs, je vais tout aussitôt vous administrer la preuve par une seconde statistique qu’il me reste à vous présenter. — Ne vous impatientez pas trop, messieurs, contre ces questions de chiffres, car elles sont nécessaires en l’espèce à la démonstration que je poursuis.

II. — Je viens d’établir par les chiffres qui précèdent la fréquence relative des syphilis à manifestations secondaires tardives suivant la durée et l’importance du traitement originel qui leur est opposé. Gomme contre-partie, il était plus que curieux, pour la question qui nous occupe, de rechercher parallèlement quelle est la fréquence des syphilis à manifestations tertiaires suivant la même condition, c’est-à-dire suivant le traitement originel qui leur a été opposé. Or, la chose m’était facile, et voici comment j’ai procédé.

Prenant dans mes notes un nombre d’observations de syphilis tertiaires équivalent à celui qui composait ma premièrestatistique (à savoir 581), et les prenant sans sélection, au hasard de l’ inscription alphabétique, j’ai recherché quel avait été, dans ces 581 cas, le traitement opposé à la sypliilis lors de ses premières années. Or, voici ce à quoi j’ai abouti :

Sur 581 malades qui, à divers termes, ont été affectés d’accidents tertiaires (et, inutile de le dire, d’accidents tertiaires de tout ordre), j’ai trouvé ceci, que ;

46 n’avaient subi aucun traitement;

307 ne s’étaient traités que pendant quelques mois (moins de 6 mois);

109 ne s’étaient traités que de 6 mois à 1 an ;

62 ne s’étaient traités que de 1 à 2 ans;

57, enfin, avaient subi un traitement d’une durée supérieure à 2 ans.

Total : 581

Eli bien! voyez quelle signification comportent ces chiffres. Ils témoignent en toute évidence d’une progression méthodiquement croissante des risques de tertiarisme au fur et à mesure que le traitement originel diminue comme durée. Littéralement ils disent ceci :

Si vous ne vous traitez pas de la syphilis ou si vous vous en traitez mal, à savoir d’une façon insuffisante comme durée

de répression thérapeutique, vous encourez de très nombreux risques de tertiarisme.

Et, réciproquement:

mieux vous vous traitez, c’est-à-dire plus longtemps vous insistez sur la dépuration de la syphilis, moins fréquents deviennent les risques de tertiarisme.

Voilà la signification positive de cette deuxième statistique.

Or, cela posé, rapprochons maintenant les résultats fournis par les deux statistiques que j e viens de produire et voyons ce que nous apprendra ce curieux parallèle.

Sous forme graphique, les résultats de ces deux statistiques se traduisent par deux lignes se dirigeant en sens inverse suivant l’intensité

du traitement originel, à savoir :

1° Une ligne descendante (en trait plein sur le graphique ci-joint) nous montrant que le tertiarisme diminue de fréquence à mesure que le traitement devient plus long et, conséquemment, plus actif. (De 307 , en effet, cette ligne descend à o7.) 2“ Une ligne ascendante (en pointillé sur le graphique) nous

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