‹ Syphilis Tertiaire De La RateChapitre 31 sur 35 · OBSERVATION B · texte numérisé non relu

OBSERVATION B

B... Amélie, 50 ans, admise à l’hôpital Laënnec, salle Ernest Dupré, le 19 décembre 1923, pour des douleurs rhumatoïdes, existant et procédant par poussées d'intensité variable, depuis juillet 1923. A ce moment-là, ces douleurs articulaïres ont été accompagnées de malaise général, fatigue accentuée et vomissements, et depuis la malade est restée pâle et asthéniée.

En effet, c'est une femme d’une pâleur cireuse,aux muqueuses décolorées. L'examen montre des articulations normales, mais, d'emblée, on est frappé par le constat :

1° d’une grosse rate, distendant l’hypocondre gauche, mesurant 12 c/m de hauteur sur la ligne mamelonnaire et dont le grand axe atteint 23 c/m ; la palpation la montre mobile, dure, lisse et régulière.

20 d’adénopathies multiples, cervicales, sous et angulomaxillaires, sus-claviculaires, inguinales ; les ganglions sont peu hypertrophiés, mobiles, sans périadénite. Il est à noter qu’une adénite cervicale a été déjà constatée il y a sept ou huit ans, et une adénite inguinale en 1921.

Par ailleurs, il reste à signaler un foie hypertrophié, mais

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* légèrement, n atteignant que 13 à 14 c/m sur Ja ligne mamelon-

naire, et les Bases Pulmonaires encombrées de râles humides. Un examen de sang confirme ces signes cliniques de leucé-

mie lymphatique, puisqu ’il donne la formule suivante le 23 décembre 1923 :

Globules rouges. . . . 750.000

Globules blancs. : . . 120.000 see Hémoglobine. , . . . 25% : 3

Formule leucocytaire :

Lymphocytes et mononucléaires : 99 : Polynucléaires CAS EME MES | De plus, le Wassermann est franchement positif, bien qu'il n'existe aucun signe de syphilis, réflexes normaux, pas d’Argyll-Robertson, ni de stigmates cutanés ou muqueux, et que les antécédents n’apportent à ce sujet aucune présomption. Un traitement ioduré, arsenical (sulfarsénol) et bismuthique (benzo- -bismuth) est commencé immédiatement. Il va occasionner des poussées ganglionnaires réactionnelles avec fièvre et, lé 28 janvier 1924, un érythème vraisemblablement toxique avec .desquamation successive, ce qui oblige à l'interrompre.

Mais on notait déjà le 14 janvier une certaine amélioration

sanguine :

Globules rouges. . . . 900.000 « Globules blancs. . . . 60.000 Hémoglobine . . . . 40 % cependant que le Wassermann restait positif et que la rate conservait ses dimensions.

Et le 28 janvier :

Globules rouges. . . 1.080.000 Globules blancs. . . 80.000 Hémoglobine. . . . 55 % Mais l'examen hématologique du 4 février donne — le traitement spécifique étant interrompu depuis huit jours : Globules rouges. . . . 950.000

Globules blancs. . . . 85.000 Hémoglobine. . . . . 45 % La Radiothérapie est mise en œuvre le 20 février. Dès le lendemain, la rate est nettement diminuée — trop diminuée

peut-être pour qu’une séance unique de Rayons X explique ce résultat ; elle ne tombe plus sous la paroi et se laisse déprimer lorsqu'on veut l’accrocher.

Néanmoins l’anémié progresse, constatée par des examens” de sang répétés ; le taux des globules blancs remonte à 105.000. L'état général paraît S 'aggrayer; aussi abandonne-t-on la radio-

thérapie.

On essaie alors le on mais les résultats ne sont pas assez nets jusqu’à ce jour pour que nous puissions en parler. Le

19 mars, la rate ne mesure plus que 15 c/m de hauteur sur 10 de large, les adénopathies ont considérablement régressé ; l’état

général est stationnaire. Le Wassermann est toujours positif dans le sang.

Au total, on se trouve donc en présence d’une leucémie lymphoïde évoluant chez une malade présentant une réaction de Wassermann positive.

Encore que les antécédents restent muets au point de vue de la syphilis et qu’on n’en trouve aucun stigmate, on ne peut manquer d’être impressionné par ce fait que seul le traitement spécifique a amélioré — si peu que ce soit — la formule sanguine ; c'est à lui, sans doute, qu’il faut aussi attribuer la régres-

; sion de la splénomégalie, du moins à son début.

11 ést regrettable que des accidents toxiques imputables à l’arsenic en aient fait suspendre l’usage ; le Bismuth et le Mercure seront employés derechef, car en présence des résultats on est obligé de compter avec l'emploi du traitement anti-syphilitique chez cette malade.

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