‹ Syphilis Tertiaire De La RateChapitre 34 sur 35 · RE CR · texte numérisé non relu

RE CR

note une grande amélioration de l’état général avee reprise des occupations normales (Queyrat), la disparition presque totale de l’anémie (Grenet et Peignaux), mais la rate ellemême ne régresse pas entièrement. C’est ainsi qu'elle conserve certaines dimensions [6 x 11 cm. (Jeanselme et Schulmann), 19 x 14 cm. (Queyrat)], variables suivant les-cas. La rate de notre malade (Obs. I) était encore facilement palpable alors que la formule sanguine était redevenue normale (Décembre 1923.)

Le traitement ne paraît pas non plus influencer la séroréaction ; dans les quelques cas où on l’a pratiquée après traitement et guérison au moins fonctionnelle (Queyrat, Grenet), elle est toujours restée positive. Nous nous bornons à enregistrer le fait, sans chercher à l'expliquer. La splénectomie ne paraît pas d’ailleurs influencer davantage le Wassermann (Weil, Obs. XI.)

Mais alors — et c’est là le 2e point à envisager — de ce que le traitement est inactif ou ne donne que des résultats incomplets, peut-on conclure qu'il ne s’agit pas de syphilis ?

Nullement. Les signes de certitude au sujet de l’étiologie syphilitique abondent dans l'observation de MM. Caussade et Lévi-Franckel par exemple, où le traitement cependant fut totalement inactif. Cela prouve simplement, comme le disait notre Maître M. Grenet à la Société médicale des Hôpitaux, que « l’on est intervenu trop tard ». Le traitement est impuissant en effet quand il s’agit d'infections anciennes ayant abouti à une irrémédiable sclérose. Ces scléroses spléniques ne seraient d’ailleurs pas les seules localisations syphilitiques rebelles au traitement, n’en est-il pas de même des lésions du tabes et de la paralysie générale? et parce qu'on | croyait jusqu’à présent ce fait réservé aux processus de syphilis nerveuse, il ne s'ensuit pas qu’on ne doive pas l’étendre.

Nombreux nous paraissent être au contraire, les cas où le traitement s'affirme impuissant. Pour n’en citer que quelques

eu,

autres, son action est très variable sur la simple anémie

syphilitique où, trop souvent, « la moelle osseuse épuisée est

devenue incapable de régénérer le sang » (Tixier). Les lésions scléro-athéromateuses des artères ne lui sont pas davantage

accessibles et il en est ainsi de bien des cas de syphilis hépa-

tique avec lésions scléreuses avancées qui ne réagissent nulle-

ment aux médications anti-syphilitiques.

Mais pourquoi dans les cas où le traitement amène une certaine régression, celle-ci n'est-elle pas complète ? Vraisemblablement, comme le dit M. Queyrat, dont l’avis nous semble rationnel, parce qu’il existe dans la rate ainsi hypertrophiée, à côté de lésions inflammatoires plus ou moins récentes, un état de sclérose résiduelle non modifiable par le traitement. Il en est de ces rates « comme de ces hyperostoses anciennes des syphilitiques avec poussée aiguë, où l’on fait disparaître facilement la poussée récente, mais où le traitement reste sans action sur le substratum anatomo-pathologique ancien. »

L’inefficacité du traitement ne prouve donc pas, à notre sens, que la syphilis n’est pas en cause, mais simplement que l’on arrive trop tard.

Il reste, d’ailleurs, d’autres ressources auxquelles on peut avoir recours : la radiothérapie et la splénectomie. Nous n'avons aucune opinion particulière sur la première ; la splénectomie donne parfois de beaux résultats et M. Weil qui y a eu recours chez deux de ses malades après échec du traitement spécifique n’a eu qu’à s’en féliciter. On pourra, en effet, procéder à l’ablation de la rate, mais seulement après un essai de traitement médical. Cette opération peut, d’après nombre d’auteurs, donner en certains cas des résultats brillants et durables.

Ici se pose la question du traitement du syndrome de Banti syphilitique. MM. Caussade et Lévi-Franckel assurent que « le traitement spécifique sera toujours inefficace dans ces cas, à moins que l’on n'’intervienne à temps, c’est-à-dire à

Be, PR

la phase purement splénique de l'affection. » On sera alors en droit d’escompter une amélioration et peut-être une guérison. Mais quand la syphilis splénique s'accompagne du syndrome de Banti complet, on ne doit pas espérer même une atténuation des symptômes. Faut-il recourir à la splénectomie ?.., question embarrassante, disent-ils.

Ce sera à discuter suivant les cas. Mais il faut se souvenir que dans n'importe quelle affection de la rate, la splénectomie est formellement contre-indiquée si à l'anémie splénique s'ajoute de la leucocythémie, si faible soit-elle. C’est une formule avec laquelle il ne faut jamais transiger sous peine de désastres.

C’est la conclusion de MM. Caussade et Lévi-Franckel à laquelle nous souscrivons entièrement.

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