Théoph.jp
tants à ve1ev«r les ruines de Icun mai- S0D8; U déchargea de tout imp6t les propriétaires qui rebâtiraient leurs demeures ; il soulagea la communauté ea même temps que les individus. La ville obtint une remise de mille talents d'or. Léon ajouta à cette grâce Tenvoi de grandessommesd'or etd'argent. £d476, c'est une autre ville de Syrie, Gabala^ qui éprouve les effets des perturbations du sol. Le tjran Basiliscus^ imitant la générosité de ses prédécesseurs* accorda cinquante livres d'or pour reparer le dommage. Un nouveau tremblement de terre vint, à la fin du cinquième siècle « non plus frapper une seule ville » mais à la fois Hiérapolis, Antioche et Laodi* cée (494). La révolre se joint , dans la capitale, aux fléaux naturels* Le comte d'Orient, Galliopus, dut fuir devant la colère d'une faction du cirque qui en voulait à sa vie. Il fallut, celte fels, avant de réparer les désastres, songer à rétablir l'ordre. Anastase envoya Gonstantius de Tarse à Antioche, comme l'homme le plus capable, par sou courage calmct d'étouffer la sédition.
Pendant le cinquième siècle , la Syrie jouit d'une tranquillité rarement interrompue sur ses frorttières. En 460, les Arméniens, troublés par les Perses dans l'exercice de leur culte ^ invoquèrent le secours des Romaiiis, attachés comme eux à la foi chrétienne. Florentins, comte d'Orient,. et Syrien de naissance, fit échouer leurs demandes (*}. Dans le même temps, les Sarrasins, qui s'étaient jetés sar la Syrie, furent complètement défaiu par Artabure, près de Damas.
D^ amnassadeurs de la nation vaincue conclurent dans cette ville (453) la paix avec Tempire. Longtemps après ce traité, quelques tribus de Sarrasins scénites jetèrent répouvante dans la province Eu- {>hratésienne (498). Ils furent punis do eurs brigandages par Eugène, préposé à la garde de la province.
RBeni DS ZÉROif ; iirsuBSUCTfois su Sybib. — Le règne de Zenon est rempli d'événements remarquables en ee qui concerne la Syrie. Le mariage de risaurien Zenon avec la fille de Léon lui permit d'aspirer à l'em-
r) Lebeau, l. VI, p. 2S6. iVofc de Saint^Mar^ Un, cTaprèB ItiistorieQ arménien Lazara de PtiarbeB.
{)ire. Après avmr contracté cette alianee» Zenon vint résider (469) à Antioche ; il avait reçu de son beaupère le pouvoir des comtes d'Orient.
Quelques années plus tard , Léon mourut; Zénoft lui succéda, mais il ne sut pas s'élever au-dessus des misérables mtrigues du palais. N'ayant pu réussir à faire assassiner Illus, il lui donna le commandement de l'Orient et ki permission d'emmener avec lui toutes les personnes de Gonstantinople dont il voudrait s'entourer. Illus mit à profit l'imprudence de l'empereur, et se bâta d'arriver à Antioche, accompagné de son frère Trocondus, de Pamprepius, philosophe païen, savant dans l'art des pré* sages, dcMarsus et de Léonce, homme instruit et bon soldat. Léonce était né en Syrie, à Chalcis; Zenon compta le faire servir à ses desseins auprès de ses compatriotes. Mais te principal instrument d'une révolte dont Illus avait , sans aucun doute, conçu le plan à Gonstantinople * même, fut la veuve de Léon, rim|)ératrice verrine, que son beau-fils Zenon retenait prisonnière dans un château de Gilicie. Verrine fut conduite avec honneur à Tarse; là on lui fit signer une proclamation où, du plein gré de la vieille impératrice, Léonce était déclaré empereur, et Zenon déchu du pouvoir. Cet acte produisit une grande sensation dans les villes syriennes. Presque toutes désertèrent la cause de Zenon.
Léonce choisit naturellement Antioche pour capitale ; il y fit son entrée solennelle en juin 484, et organisa aussitôt les différentes parties du gouvernement.
Lilianus fut nommé préfet du prétoire , les légions se rassemblèrent ; elles formaient un effectif de soixante^dix mille hommes. Léonce et îllus, qui l'accompagnait toujours , marchèrent avec ces forces sur Chalcis; la ville fut prise; mais l'empereur syrien , apprenant que gîiongin, frère de Zenon, se dirigeait sur Antioche, revînt Sur ses pas pout défendre sa capitale. Une bataille fut livrée près de cette ville ; les troupes de Longin furent mises en déroute, et luimême tomba entre les mains de Léonce.
Illus et Léonce quittèrent la Syrie pour traverser l'Asie Mineure. Ils poursuivirent leur marche jusqu'en Isaurie. Une nouvelle armée, envoyée de Conatanti*
L'UNIVERS
nople , les battit près deSéieucie (% dans UD combat décisif^ et les força de s'enfermer précipitamment dans un château de Cilicie. Ils y soutinrent un siéjge de trois années. Enfin des traîtres livrèrent ]a place et ses défenseurs C*). Léonce et Illus furent décapités. Les Syriens oublièrent leur empereur à partir du moment où Léonce les quitta, et restèrent indifférents à ses succès comme à ses revers. Il n'y avait eu , en Syrie, ni complot ni révolte contre Zenon; les villes avaient subi aveuglément la nécessité. Il est vraisemblable que l'em- Sereur ne s'irrita point de la conduite es Syriens. En enet, les historiens ne marquent aucune de ces sanglantes exécutions si communes dans les révolutions précédentes. A peine cet orage s'est-il dissipé, que nous retrouvons les Antiochiens tout occupés des querelles du cirque, véritables guerres civiles, autorisées par le pouvoir , qui mettaient en danger toutes les classes de la société. Ce sont les Juifs qu'atteint, en 486, la colère de la faction verte. Us furent tous impitoyablement égorgés. Zenon , loin de venger ces malheureux , écouta froidement Te récit du massacre; lorsqu'il apprit que les cadavres avaient été livrés aux flammes du bûcher, il s'écria : Que ne les a-t-on brûlés vifs !
SÉDITION A Antioche; désobdab DANS LE ciBQUE. — Des malbcurs qu'aucune puissance ne pouvait ni prévenir ni comoattre marquent , en Orient , le commencement du sixième siècle. Une invasion de sauterelles, fléau particulier à l'Afrique, étend ses ravages depuis l'Euphrate jusqu'à la Méditerranée. Ces insectes détruisent toutes les moissons sur leur passage. Leurs ravages produisirent une disette générale. Les Syriens eurent vainement recours à l'empereur; ils n'obtinrent que des secours insuffisants. La famine favorisa les désordres. Les brigands se recrutèrent de malheureux sans ressource; mais ce n'était pas assez : une incursion de barbares vint se joindre a tant de maux. Les Sarrasins étendirent leurs pillages sur la rivedroitede l'Euphrate. Anastase traita
beau,
*) En Isaarie.
>♦) roy. Evagr., 111,27. — Candid.,«p. Phot, 78. — Assem. Bibl, Or, y t. T, p. 264. — Let,éd. St Martin, t. VII, p. 136 et suiv.
lâchement avec des ennemis dont les audacieuses tentatives auraient dû être réprimées et punies par les armes (502) (*).
Bientôt après une sédition éclata dans Aritioche (i>07). Un cocher , Calliopus , toujours vainqueur dans les courses de chars, s'était assuré la faveur de la multitude. L'admiration générale enorgueillit CaUiopus. Il fit l'essai de son influence pendant qu'on célébrait les jeux olympiques à Daphné ; charité de lauriers, entouré d'une foule en délire, il ordonna le massacre des Juifs. Aussitôt la foule court à la synagogue, et y plante une croix, après s'être livrée à a*odieux excès. Anastase , plus juste que Zenon , punit le comte d'Orient, Basile d'Êdesse, qui n'avait pas su pré venir ces désordres, et il lui donna Procope pour successeur. Menas , lieutenant du nouveau comte , poursuivit les criminels. Un certain Éleuthérius, le seul des coupables qui tomba entre les mains des magistrats, fut arraché à l'autel de l'église de Saint- Jean ; il fut décaj^ité et jeté dans TOronte. Cette exécution excita la colère des complices d'Éleuthérius ; ils sortirent de leur retraite , et portèrent son cadavre avec pompe et en proférant des menaces. Ils livrèrent un combat furieux à Menas, dans Tenceinte d'Antioche. Ils le firent prisonnier et le pendirent à une statue, au milieu de la ville. Ils enlevèrent son cadavre pour lui faire subir de nouveaux outrages. Procope, pendant le trouble, avait pris la fuite. Irénée, par l'ordre de l'empereur, vint le remplacer. Irénée punit les coupables , et ne trouva aucune résistance (**). C'était toujours du cirque que partaient les désordres. La faction bleue d'Antioche excitait dans cette ville les mêmes troubles qu'à Constantinople. De 518 à 520, la violence fut
Soussée aux derniers excès. Justin, oncle e Justinien, voulut enfin rétablira tout prix la tranquillité publique et garantir la sûreté des particuliers. Ephrem^ préfet à Antioche , interdit les s^ctacles pendant plusieurs mois; les jeux olympiques, célébrés depuis Commode a Daphné , furent défendus ; on abolit en même temps la charge des Alytarques
. (*) Assem aDl, BiU. Or., t. I, p. 272. (♦♦)MaIala, p.llielsuiV,
SYRIE ANaEMNË.
(ÀXvTUfXoO ; c'étaient les deux magistrats qui présidaient à ces jeux (*}. Ces mesures Décâs^aires rétablirent la paix dans Antioche^smais elles ne préservèrent pas d'un am^»H^a)heur fa capitale de la Syrie.
ÂNTIOCHE EUINÉE PAS UN TREM- BLEMENT DE teebe; la. Sybie envahis PAB LES Saeeasins. — En 526, l'empereur Justin venait d'envoyer aux Antiochiens 2,000 livres d'or, pour réparer les désastres d'un incendie.
Ua grand nombre d'ouvriers travaillaient à relever les ruines. La ville reprenait déjà une face nouvelle, lorsque, le 29 mai, un tremblement de terre renversa subitement plusieurs quartiers.
Le phénomène , au lieu de commencer par des secousses modérées , ne laissa, au bout d'une minute , que de vastes ruines. C'était l'heure où les habitants faisaient leur repas; partout la flamme brillait dans le foyer; les tisons roulant sur les meubles renversés , sur les poutres brisées , mirent le feu aux matières combustibles. L'incendie s'étendit bientôt , et gaena les bâtiments que le tremblement de terre n'avait pas renversés.
Le vent, qui soufflait avec violence, porta des charbons ardents dans presque toutes les parties d'Antioche. Les flammes , pendant deux jours, entourèrent l'église principale; mais elles ne puredt trouver prise sur cette masse de marbre et d'or élevée par la magnificence de Constantin. Enfin , minée en dessous par l'incendie, la basilique s'écroula.
Les richesses des particuliers qui échappèrent aux flammes attirèrent sur leurs possesseurs d'inévitables dangers.
La nouvelle du tremblement de terre tira des montagnes des troupes de coloQS romains et de barbares, habitués à vivre de pillages; ils formèrent un cordon autour d'Antioche , et se partagèrent tout ce que la flamme avait épargné. Dans la ville même , des habitants de toutes les classes, assurés de l'impunité , assassinaient ceux de leurs concitoyens qui cherchaient à mettre leurs biens en lieu de sûreté. Un officier du palais, Thomas, avait formé, avec ses affranchis et ses esclaves, une troupe de brigands , qui lui rapportaient
(*) SaiDi-MarUn, mtes sur Le^eau, t. YIII, ^S4.
leur butin dans une maison à trois milles d'Antioche ; mais il fut frappé d'apoplexie ; il y avait quatre jours que sa bande parcourait la ville. Le peuple d'Antioche s'empara des richesses qu'elle avait amassées , et pilla la demeure de Thomas.
Les malheureux qui restaient enfermés sous les ruines de leurs maisons trouvèrent seuls un abri contre la cupidité des assassins. On retira , presque un mois après ces événements, des personnes qui s^étaient nourries de provisions placées par hasard auprès d'elles ; des enfants nouveau-nés , encore vivants , dont les mères avaient succombé; mais près de deux cent cinquante mille personnes, s'il faut en croire les contemporain*; , avaient péri. Le même tremblement de.
terre détruisit Séleucie et Daphné; il agita le sol , aux environs d'Antioche , pendant dix-huit mois. Justin déplora sincèrement les malheurs de la Syne. 11 aimait Antioche comme une patrie. Le vieil empereur se rappelait que , simple soldat, il avait, dans cette ville, commencé sa carrière. Carinus, envoyé par lui, alla porter les premiers secours à Antioche et a la Syrie (*).
Le tremblement de terre de 526 fut le cinquième de ceux qui désolèrent Antioche ; un sixième fitde nouvelles ruines deux années plus tard. La catastrophe de 528 détruisit les édifices que celle de 536 avait épargnés. (]omme en 526, un incendie précéda le tremblement de terre.
Il éclata le 15 novembre. Le 29 novembre, les secousses du sol tuèrent quatre mille huit cent soixante-dix personnes; Séleucie et Laodicée comptèrent sept mille cinq cents victimes. Pour conjurer, à l'avenir, le retour de ces révolutions souterraines., on donna, d'après le conseil d'un soliuire de Syrie, le nom de Théopolis (ville du Seigneur) à Antioche.
Justinien régnait alors. Ce prince suivit les idées de ses prédécesseurs. Il crut , comme eux, que la sûreté de l'empire dépendait des fortifications établies autour des villes. Chalcis, Cyrrhus, Sura, Europus, Hiérajpolis, Zeugma, Néocésarée, reçurent de nouveaux ou-
(*) Evag., IV, B, s, — Pfoooo-s Per*., Ill, M. — Tbéoph., p. 147, 148. — Gedren., t. f,p. 365, 366. — Malala, part i, p. 140 - 146 — Lebeao, éd. Saint'Marttn, t. VIII, p. 76 et suiv.
L'UJRl/vÉaS.
vrages de défense (*) : ces trt^aax, cependant, n'arrêtaient pas kt courses des Arabes. Les tribus errmtea, poussées plutôt par l'amour du pil*' lage que par le désir des conquêtes , tombaient a riroproviste sur les lieux ouverts et sur les bourgades sans défense* En 631 , le cbef arabe Al-Mondar ravagea les faubourgs de Cbalois, menaça Antioohe , et se retira au delà deFËuphrate, emportant avec lui un butin considérable, et traînant à sa suite de nombreux prisonniers. Al-Mondar , de retour en Arabie , fit trancher la tête à plusieurs de ses captifs, et menaça tous les autres du même sort, si, dans un délai de soixante jours, on ne venait payer leur rançon. Les prisonniers s'adfressèrent à leurs compatriotes de Syrie. On lut leurs lettres dans la grande église d'Antioche : elles attendrirent les citoyens de cette ville. Les dons volontaires s'élevèrent à l'instant même à la somme exigée ; on l'envoya en toute hâte au chef Al-Mondar, qui rendit la liberté à ses prisonniers (^). La même année, Al-Mondar ou Mondhir, suivi des Perses, fit une invasion plus sérieuse en Syrie. Bélisaire (***) lui livra bataille à Callinicns. Après un combat sanglant et glorieux pour les deux armées , les ennemis se retirèrent au delà de l'Ëuphrate. Al-Mondar menaça encore la Syrie en 537. L'empire acheta la paix par de riches présents.
Chosbobs; il souhst et bavagi:
LA SVBIB. -*- Chosroès essaya, en 640, avec des forces imposantes , la conquête de la Syrie. La première ville dont les Perses «'emparèrent fut Sura, sur l'Ëuphrate; quelques auteurs disent qu'ils s'en rendirent maîtres par la ruse ; d'autres prétendent qu'ils l'enlevèrent d'assaut {****), Chosroès abandonna Sura au pillage. Une femme, entraînée par les soldats, attira ses regards. Il fut irappé de sa beauté pleine de noblesse, et l'épousa aussitôt. Chosroès, à l'occasion de son mariage, crut faire un acte de générosité , en offrant à Candi-
.(*) Malala, part, 2, p. Ï59. — Procop.» 4e jedif,, liv. U, passim, et liv. III, c 2.
(**) Malala, p. II, p. 198.
{***) Foif^ pour \n détails de cette bataille , M. No6( des Vergers, Ara^e, p. 83 et S4 {Univen piltoretque).
(♦♦**) Woeop., 4e ^dif., n, 0.
dus, évéqoe de Serglopolîs (ancienne Resapba ou Risapha ), de lui remettre douze mille prisonnierssyriens en échange de deax cents livres d*or. Gandidus ne put trouver cette somme ; mais il promit de compléter, dans Tannée, ce qui manquait. Le roi se contenta de la parole de l*évéqoe ; il renvoya les prisonniers ; mais ceux dont on venait de briser les chaînes étaient presque tous réduits à la plus affreuse misère ; la plupart , couverts de blessures , expirèrent avant de rentrer dans leur pays.
Cependant, le roi de Perse s*avançait ▼ers Hiéranolis. Près de cette ville, il rencontra l'évéque Mégas, chargé , par les villes syriennes, de lui proposer la paix. Le roi regarda cette négociation comme une insulte. Il ordonna à Mégas • de le suivre. Les Perses arrivèrent devant Hiérapolis. L'aspect de la ville, que protégeaient des fortifications tracées avec art, fit hésiter Chosroès. Il oârit aux habitants de continuer sa marche sans les attaquer, s'ils voulaient acheter la paix au pnx de deux mille livres pesant d'argent. Le marché fut conclu. Mégas profita des dispositions du roi pour l'engager à traiter avec les autres villes delà Syrie. Cette fois, Chosroès écouta ses conseils; il consentit à se retirer de la provinoe , à condition ^u'on lui donnerait mille livres d'or.
Mégas quitta immédiatement le camp de l'ennemi pour fan*e part aux Antiochiens des conditions du roi de Perse.
L'évéque marchait à pied. L^armée perse le suivait à petites journées. Elle parut devant les murs de Chaloîs avant le retour de Mégas. Comme la convention n'était pas encore ratifiée, le roi demanda aux habitants un tribut assez lourd. La ville était trop faible pour se défendre, et trop pauvre pour payer la somme demandée; elle offrit deux mille livres d'argent ( Chosroès les refusa.
Réduits au désespoir, les habitants attendirent la nuit. Lorsau'elie fut venue, ils se réfugièrent sans bruit dans la citadelle , emportant leurs richesses avec eux. Le lendemain matin. Fermée perse, rangée en bataille, s'approcha de fa ville; les portes étaient fermées; mais aucun soldat ne paraissait sur la muraille. Les ennemis reconnurent bientôt que Cliaicis était déserte; ils la livrèrent aux flam-
STRIE ANCIENNE
ioa
mokSoÊ Msaotr^itei, M^tj^nvint 11 n'apportait pas l'argent qu'il était allé chercher, et il vit avec douleur les rui^ nés de Cbalcia. Il s^ rendit à la cita* délie; il y trouva les réfugiés réduits à périr de soif : la aourœ, qui suffisait aux besoins de la garnison I ^'était 4^» sécbée. Mégas courut à Çhoaroès* et obtiat par ses prières, pour I09 h^^ bitaots 4^ Ghaleis , la liberté de se retirer. Les soldats roumains, mal payéa de Temperevr, vinrent dans le camp des Perses et s'attachèrent 4 leur service.
Ghosroès, avec ce reu(ort| marcha suc Antioche,
L'incertitude et tapeur régoaientdaps cette ville. Germain, neveu de Justin ^ au premier bruit 4e l'invasion, était ar« rivéà Antiocbe, avec trois cents hommes, 11 voulait attendre, dans cette ville, l'armée que Fempereuf devait envoyer contre les Perses. I^e jeune prince mit la place en état de défense. Antioebe était naerveilleusemonl 9ituée pour soi^ tenir un siéf;e. L'Oronte, d^un o6té, des rochers a pic de l'autre, rendaient les abords de la ville inaccessibles* 11 n'y avait qu'un seul point faible : un rocher, appelé Orooasias, était placé à quelques pieds saulementde l'enceinte.
Les Perses, en s'emparant de cette position , pouvaient dominer un côté de la ville et écraser ceais qui voudraient dé^ fendre la muraille, Germain imagina de faire servir ce roc à la défense d Antioche. Quelaues ouvrages a<?cessoires auraient suffi pour attacher l'Orocasîas au système général des fortifications. Les bras n'auraient pas manqué à ce travail; maia les lâches calculs des ingénieurs firent rejeter les plans de Germain. hcB officiers soutinrent que le temps manquait pour achever les ouvrages avant l'arrivée des Perses. Germain, gagné par la crainte, quitta Anlioche, et $a retira en Cilicie.
Bflé^as, l'évéque de Beroé, arriva après le départ de Germain. Les Antioehiens , abandonnés , étaient tombés dans l'abattement. Ils applaudirent aufc moyens proposés par Mégas pour racheter leur vie et leurs richesses. Déjà ils s'occupaient de payer la contribution à Chosroès, lorsque deux ambassadeurs de Jii$tinlen changèrent la face des choses. Jean, fils de Rufin, et Julien , secré-
taire du conseil, traversèrent Antioebe pour se rendre au camp des Perses. Ils apprirent les dispositions des habitants. Aussitôt ils protestèrent contre tout accommodement avec l'ennemi. Sauver moyennant rançon la seconde ville de l'empire, c'était à leurs yeux une lâche trahison. Le$ Antiochiens cédèrent à la volonté des ambassadeurs, et Mégas revint, sans les sommes promises, au camp de Chosroès* Les habitants ne songèrent plus alors qu'à quitter leurs demeures, Déjà un certain nombre d*entre eux avaient pris ce parti quand l'arrivée d^un corps de six mille hommes , commandé par les chefs préposés à la garde du Liban , rendit aux Antiochiens tout leur courage. Chosroès envoya un interprète pour traiter aux conditions déjà proposées. Cette démarche pacifiaue lut repoussée. Les habitants accanlèrent d'outrages le messager ennemi; comme il s'obstinait à entamer des négociations, ils lui lancèrent une grêle de pierres , et le forcèrent à se retirer. Chosroès se décida à commencer le siège. U comprit bientôt le parti qu'on pouvait tirer de l'Orocasias; par ses ordres un corps de Perses s'empara de ce rocher.
De leur côté, les assiégés, afin de placer un plus grand nombre de combattants en face qe l'Orocasias, établirent sur la muraille un plancher suspendu audessus du précipice 4 et se pressèrent eu masse sur ce point. Les ennemis demeurèrent immobiles dans leur position.
Cependant le nombre des assiégés grossissait à chaque instant sur la fragile saillie du mur. Cet échafaudage» élevé à la hâte, rompit sous le poids ; tous ceux qu'il soutenait, précipités d'une grande hauteur, périrent dans la chute; les plus heureux désertèrent leur poste et répandirent dans la ville une terreur panique, en criant qu'une brèche était faite à la muraille. Les Antiochiens crurent déjà voir les Perses dans leurs murs. Ils pri-
Îent la fuite vers la porte de Daphné , a seule qui ne fût pas bloquée par les assiégeants. Pendant ce tumulte, les Perses escaladaient sans obstacle les remparts. Arrivés au sommet , ils s^arrétèrent, contemplant avec surprise ce
3ui se passait dans les rues. Les fuyards, ans leur précipitation, s'écrasaient; les morts jonchaient le terrain comme
L'DMVERS.
sur un champ de bataille. Gbosroès craignait de se laisser attirer par une ruse de guerre dans des rues étroites et sinueuses (*). 0 regarda tranquillement la retraite des Antiocbiens. Enfin il s'avança au centre de la ville, et rencontra quelque résistance. Là s'étaient réunis, sur une ligne serrée, les jeunes gens oui avaient entretenu et conservé dans les querelles du cirque queloue courage. Ils engagèrent avec les Barbares une lutte glorieuse mais inutile. Cette brave jeunesse périt accablée sous le nombre. Le roi de Perse, témoin de leur valeur, eut un moment la pensée de les sauver ; mais il en fut détourné par un de ses officiers. Lorsqu'il n'^ eut plus de vaincus à mettre en fuite ou à massacrer, les vainqueurs songèrent au pillage; après avoir réuni un immense butin, ils mirent le feu à la ville. La principale église, dépouillée par Chosroèsde tous ses ornements et de ses marbres précieux, et le quartier d'Antioche appelé le Ceratœum (**), échappèrent, soit d'après l'ordre du roi, soit par hasard, à l'incendie. A l'aspect des cen- ' dres encore fumantes, les ambassadeurs Jean et Julien, qui avaient si mal inspiré les habitants de la ville détruite , obtinrent audience du roi. Ils conclurent un traité de paix avec les Perses. On convint que l'empereur payerait, non à titre de tribut, mais sous le nom de pension, une somme annuelle au roi de Perse.
Quoique la paix fût signée, Chosroès promena son armée dans toute la Svrie.
Il visita Séleucie et offrit, sur le bord de la mer, des sacrifices au Soleil. Il traversa ensuite Daphné; un de ses cavaliers fut tué dans ce bourg par un boucher qu'il poursuivait. Chosroès fit mettre le feu a l'église; puis il continua son voyage par Apamée. Les habitants tremblèrent lorsqu'ils virent approcher les ennemis. Déjà, avant d'entrer dans la ville, le roi avait demandé une somme de mille livres d'argent. Il promettait, à ce prix , de prendre la route la plus courte pour retourner en Mésopotamie. Le peuple se soumit à cette contribution ; mais Chosroès, entré dans Apamée, dé:
pouilla l'église de toutes ses richesses^
Il voulut profiter desonséiour dans cette ville pour voir les jeux du cirque. Les deux factions, la verte et la bleue, se préparèrent aussitôt à lutter en présence du roi. Chosroès connaissait la préférence accordée par Justinien à la livrée bleue ; un cocher de cette livrée était sur le point de sagnerle prix. Chosroès lui cria de s'arrêter, et lui défendit de dépasser dans sa course les chars conduits par les verts. Un citoyen d'Apamée vint se plaindre d'un soldat perse qui avait outragé sa fille; le coupable fut immédiatement condamné à mort. On le conduisît aulieu de l'exécution, où une foule nombreuse demanda sa grâce ; le condamné fut ramené au palais , et pendu ensuite secrètement. La volonté arbitrairedn roi maintenait ainsi la discipline dans l'armée; on en eut la preuve lorsque les Perses reirassèrent l'Ëuphrate. Chosroès avait fait jeter un pont sur le fleuve à Obbanès (*) ; il fit proclamer que les soldats pourraient traverser le pont pendant trois jours; au bout de ce terme, il le fit couper : beaucoup de corps retardataires regagnèrent l'armée, comme ils purent, par d'autres^routes, plus longues et plus pénibles, non pas toutefois sans piller les cantons syriens.
Cependant le roi en quittant Apamée, voulut encore une fois rançonner Chalcis; il demanda aux habitants de livrer la garnison s'ils ne voulaient voir leur ville saccagée. Ces menaces n'intimidèrent pas les Syriens : ils cachèrent la garnison dans des caveaux , et assurèrent par serment qu'il n'y avait pas un seul soldat dans leurs mors. Chosroès, ne pouvant avoir des esclaves, voulut de l'argent; il parvint à obtenir, non sans peine, deux cents livres d'or. Enfin il quitta la Syrie, -avec un grand nombre ae prisonniers ; il en peupla une ville nouvelle , qui porta le nom à*AnHoche de Chosroès,
On voit avec peine l'indifférence que les ambassadeurs de Justinien montrèrent pour ces malheureux , arrachés à leur pays. Mais l'empereur n'avait de trésors que pour la construction de nouveaux éaifices. Il vint cependant en aide
(*) Un historien dit mâmeqae les Perses faisaient signe à leurs ennemis de s*éloiguer.
(♦•) Tô >eY6|i£vov Kepaxaîov.
\*) Appelé Baies ^t les Arabes, Foy. une wAb de Saint-Martin , dans VWsU au Bat-Bmp* de Lebeau , t. IX, p. 26.
STRIE ANQENIŒ.