‹ Syrie ancienne et moderneChapitre 12 sur 63 · IM · texte numérisé non relu

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aux Syriens, eteontribua généreaflement à rderer Aatîocbe. Au moyen des dons faits par Justinien, Antiocheeutde non* reaox palais , des thermes magnifiques , deox églises nourelies, monuments somptueux dédiés à la Vierge et à saint Michel. Les travaux furent exécutés avec intelligence; on donna une nouvelle direction au oours du fleuve; FOronte roula ses eaux dans un lit plus large , et mieux disposé pour la dMense de la îilie. Les rues furent bien pavées ; on aplanit celles dont une pente trop rade rendait Taceès difficile; les eaux nécessaires aux besoins des habitants fareat, par des ouvrages d*art , habile* meotdistribuées dans les différents quartiers. La ville haute, bâtie sur des rochers, eut des puits en nombre suffisant. Enfin les in^aieursprévinrent les débordementsqui inondaient, (pendant l'hiver, la partie d^Aotioche voisine de l'Orocasias. Les eaux qui descendaient par torrents des hauteurs s'arrêtaient, dans ia saison des pluies, entre ce rocher et one autre montagne appelée Stauris.

Retenues en cet endroit, elles s'amassaient jusqu'au sommet des remparts et se précipitaient ensuite sur la ville, où elles causaient souvent de grands dégâts. Une digue du côté des murailles, de l'au* tre côte des trouées faites dans le roc, laeilitèrent l'écoulement des eaux. Mais <ie tous ces travaux celui qui fait le plus d'honneur à Justinien, c'est assurément ia construction de trois hôpitaux ; il y en avait un pour les hommes , un pour les femmes ; le troisième était spécialenieat destiqé aux voyageurs malades. Il paraît toutefois qu'on ne se pressa point d'achever ces édifices. Les malades n'entrèrent en possession des trois hôpitaux qu'en 552.

Chosroès se prà>arait, en 542, à faire une nouvelle expédition. Bélisaire vint en Orient pour combattre les Perses.

^rmi les autres généraux envoyés en Syrie on comptait un neveu de Justinien, et Buzès, qui commandait les forces de la province lorsque, deux années auparavant, Chosroès était venu la dévaster. Buzès, pendant toute la du- ^ de cette invasion , se cacha avec l'élite de ses troupes. Il voulait cette fois contraindreBélisaire à attendre l'ennemi nerrière les muraillesdes villes. Bélisaire

repoussa ces lâches conseils, et il montra, malgré le découragement des troupes, une contenance si nère, que le roi demanda à traiter. Une suite continuelle de trêves et d'hostilités dont ta Mésopotamie fut le théâtre laissa, pendant vingt années, la Syrie dans une complète tranquillité. Rien ne présageait que cet état de paix dût cesser bientôt. Les Romains assiégeaient Nisibe; et déjà ils espéraient se rendre maîtres de cette ville importante; msus Chos* roès leva une armée pour la dégager , et il envoya une partie de ses troupes vers la Syrie pour opérer une diversion.

Adaarmanes, avec six mille hommes, passa l'Euphrate, et parut brusquement devant Antioche r); sur son passage il n'avait trouvé que des tribus arabes, toujours prêtes au pillage. Le comte Magnus prit la fuite avec ses soldats; dans sa précipitation, il faillit tomber aux mains de l'ennemi. Ainsi Antioche, sans défenseurs , désertée par une partie de ses. habitants, allait devenir encore une fois la proie des barbares ; l'inexpérience d'Auaarroanès la sauva. Les Perses craignirent de trouver une résistance désespérée; ils s'éloignèrent d' Antioche, et se rejetèrent sur Héraclée, bourgade qui touchait à Daphné , et la brûlèrent. Adaarmanes n'avança pas plus loin; Apamée, menacée au retour de l'armée perse, voulut se racheter du pillage. Adaarmanes accepta l'argent que les Apaméens lui présentèrent, et calma leurs inquiétudes; lorsqu'il les vit, comptant sur la foi de ses promesses, plongés dans la plus complète sécurité, il entra dans la ville, mit le feu aux maisons, et emmena les habitants, chargés de chaînes, au delà de l'Euphrate (573). La Syrie ne devait pas avoir de trêve à ses maux : soixante mille personnes périrent par le tremblement de terre de l'année 589 (**).

Nouveau TRBMBLBMBNT DE TBRRE ; LES BMPEBEUES PHOCAS ET HÉB4- CLIUS; CONQUÊTE DE LA. SYBIB PAB

LES Ababes. —Le dernier jour du mois Hy perbérétœus (septembre), trois heures après le coucher du soleil , on sentit les

(*) Théophane écrit Ardamanès et jÊrtabanès; — Ifiofob. CalUst, Ouardaarmanèê; — Théo- Dhyl. Simocatta , Adormaanèi.

n**)Evagre , *î, 7. -lïlcéph., XVm, 13.

L'UWVERS*

premières geeovusses; ^el^pies instants

après, les plus beaux édifices de la ville n'étaient plus que des fnonceaux de ruines. La grande église 6it presque entièrement détruite; le dôme seul demeura intact; eette lourde masse dç charpente et de métal, détacbée de sa base, tpmba sur des murs solidement construits et resta dans un parfait équilibre, commâ si la main des nommes Veut ç^^pepdue.

On ne vit point se renouveler les dé*fiordres qui avaient çuivi le trembla^ ment de terre en ô26; néanmoins c'ea éuit fait de la Syrie : chaque jour le^ Perses s'approcaaient de TEuphratef envahissaient V^s\e Mineure, et isolaient la province d'Aqtiocbe.

Au milieu de tous ces dangers , Tu* surpateur Phocas s'efforçait d'obtenir la protection du cid ; il menaçait les Juifs des plus rigoureux tourments s'ils n'abandonnaient laloi de Moïse. Ceux d^Antioche, exaspérés, traînèrent l'évêqu^ Anastase sur un bûcber, et le brûlèrent vif. Le massacre des Juifs d'Antioche punit cette barbare exécution. Au lieu de Bourreaux, Phoças envoya toute une armée commandée par Bonoseet Cotton, maîtres de la milice (filO),

Phocas la même année fut renversé du trône par Héraclius. U Syriç gagna à oç changement de maître. Héraclius se fît r^ douter des Perses ; il vint, en 632, à Damas pour défendre la province contre une ajrmée de Chosroès. Mais le danger n'était pas du côté de la Perse; les enne» mis vraiment redoutables venaient déjà de l'Arabie. Réunis en corps de nation depuis quelques années , les tribus du désert, par 1 ordre de Mahomet, avaient essayé leurs forces contre les Romains.

Une petite troupe d'Arabes s'était avancée jusque sous \e^ murs de Moutah, bourg situé, sur la frontière de la PaleS" tine, de la Syrie et du désert arabique. Arrêtés par les B«omains, bien supérieurs en nombre, les Arabes , probablement vainci^s mais non découragés, se jifetirèrent.

Cette tentative avait tourné leurs re-

fards du côté de la Syrie; après la mort u prophète ils commencèrent leurs incursions. En 633 , tandis que l'empereur Héraelius observait toujours lee Perses à Damas, Abou-Bekr, successeur de Mahomet, donna la conduite de rartltêe

des croyants à trois ehefs : léxid, fiUd' Abou-Sophian, Abou-Obaïda, fils de Djarrih, et SchoUrah, fils de Hasaanâh. Ils marchèrent en droite ligne sur Pâmas.

Leurs exploits et la conquête du pays, rapidement soumis au croissant t a'apprtiennent plus à Tbi^tQire anqiepude de la Syrie.

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