LES SECTES GNOSTIQUES ; SATOBNIN ET BA.SILIDE; LE ONOSTICISHE EN SY
BiB ; LES millWaibes, etc. — Le christianisme, dans Forigine, eut à combattre un ennemi redoutable : ce fut le gnosticisme. Pour caractériser, en un mot, la doctrine des gnostiques, nous dirons que c'était un mélange des idées païennes et des idées chrétiennes. Il y a mille nuances dans le gnosticisme que les auteurs modernes ont essayé de saisir et d'apprécier. A nos yeux, cette doctrine varia suivant les contrées où elle s'introduisit : c'est ainsi , par exemple , qu'en certains endroits elle porta olus particulièrement l'empreinte de la philosophie grecque, et qu'ailleurs elle se compléta surtout à l'aide des systèmes religieux de l'Orient,
Nous ne parlerons pas des premiers gnostiques, que d'ailleurs onconnatt peu. 11 nous suffit d'avoir nommé Simon, Cérinthe, Ménandre, et mentionné les nicolaïtes. Nous allons nous transporter maintenant à une époque où nous trouvons, sur les hommes et les doctrines, un assez grand nombre de renseignements.
Parmi les disciples de Ménandre, sur lequel nous ne reviendrons pas , sp trouva Saturnin d'Antioche, qui, suivant certains auteurs, ne fit que répéter son maître, et que nous nous contenterions de nommer dans ce court résumé, s'il n'avait puissamment contribué à propager deux erreurs qui jouèrent un rôle important dans les hérésies des siècles suivants.
Il prétendit que les hommes étaient bons ou méchants en naissant. Car, selon lui, les anges avaient , dans l'origine, formé deux hommes, l'un bon, l'autre méchant, dont tous les autres étaient ensuite descendus , divisés en ces deux catégories. L^ dualisme dont nous parlons n'était pas vague comme celui des ébionites ; c était un système précis et arrêté.
9 Stmmtk fut le pr^mi^r^ selon Théodorel, qm enseigna qne le mariage et la génération des enfants viennent de satan. CHi voit qu'il devança la secte des origénistes,
Bastlide d'AteKaPudrie ,. eootemporain et, suivant ^uelqu^a-onSf disciple de Satumiftj» avait :inveirté un système dans lequel il ftisait entrv et leDieu des Juifs et les anges ae rAncjen testament , et les abnraelionsdes phUosophes néopla* tonieiena« Le dieu suprême, le Père, était étemel; de lui était sorti Hoûç, c'est-àrdire TintelHgence, qpi avait produit le Verbe; Ao^oc, leouel était le frère de «pemit, e'esviedire la prudence, d'o& deseondaient à leur tour 2«i|pia et A6vc(* ftiç, la sagesse et la puissance , etc. Le Dieu des Joifo n*était que ie chef des anges du troisième ordre, qui avait voulu soumettre toutes les nations, etcontre lequel la Père avait envoyé Now, son piemierné. Ce Noue était le Christ,qui n'avait sou£fert et n'était mort, selon Basilide, ou'ea appareoee; opinion déjà soutenue dès les premiers temps de TÉglise, et réfutée, eonuoie nous 1 avons vu, par saint Jean dans ses Épttres. Il niait, en ou«tre, la résurrection de la chair. Sa morale, s'il faut en croire certains écrivains, était très-relftcbée. II. est avéré que parmi Jes basilidiens plusieurs se livrèrent aux excès qui furent reprochés plus tard à toute la seete. Le dérèglement ehez eux dérivait de Tovgueil. Ils se ro> gardaient comme des élus, et se croyaient sûrs d'arriver à la félicité éternelle. C'est pourau<H ils se livraient sans crainte aux plus grands désordres.
C'est à peu près au même temps que se rapporte l'origine d'une erreur qui devint très-commune dans les premiers siècles de l'Église, et qui se répandit en Syrie, mais qui ne constitua jamais une hérésie; noas voulons parler de l'opinion des milleilaires. Les miilev naires prenaient à la lettre plusieurs passades de l'Apocalvpse, ou il est question de la nouvelle Jérusalem^ où les justes seront rassemblés après la résurrection/ Ils 4;royaient que la capitale de la Judée serait rebâtie dans toute son ancienne splendeur, et que les saints y régneraient un jour pendant mille ans. Delà le nom qu'on leur donnav Ces mille premières années de la résur-
9*" Livraison, (sybie ancienne.)
rection devaient se passer dans des festins continuels et toutes sortes de délices èbarnelles. Chose singulière , ce fut un saint qui introduisit le premier cette erreur, et elle fut promptement adoptée e^ soutenue par beaucoup d'autres. Il est difficile dé croire toutefois qu'elle n'ait
i)as été aggravée par les hérétiaues , qui 'embrassèrent en foule. Vers la fin du cinquième siècle on vit disparaître les millénaires.
Nous ne dirons rien des adamites , qui avaient la prétention d'imiter l'innocence.primitive en priant nus dans leurs églises. Les ophites supposaient quête serpent qui poussa les premiers hommes à violer les commaudements du Créateur était une émanation de Dieu. D'autres supposaient que le Christ lui-même avait pris, dans le paradis, la forme du serpent. C'est pourquoi, disaient-ils, Moïse éleva dans le désert un serpent d'airain. Tous ces sectaires rendaient une sorte de culte au serpent, d'où leur vint la dénomination d'ophites. Ils avaient avec les séthiens et les ealnites des traits nombreux de ressemblance.
Quant aux carpocratiens, qui tiraient leur nom de Carpocrates d'Alexandrie^ Ils n'avaient conservé qu'un petit nombre d'éléments chrétiens dans leur syncrétisme. Suivant eux, tout était sorti du Père suprême et universel* et devait rentrer un jour dans son sein. Le monde que nous habitons et que nous voyons avaitétéformé par des esprits orgueilleux et méchants. Qb sont eux qui le gouvernent : mais leurs lois étant contraires à celles du Père, on doit les méconnaître et les violer pour arriver à la vérité. D'où il suit que les carpocratiens, n'hésitant point à se soustraire aux lois qui régis-
Sent ce monde , durent tomber dans les onteux désordres dont les contemporains ont parlé. Nous nous abstiendrons de citer ici d'autres gnostiques, oui avaient des doctrines morales analogues à celle des carpocratiens.