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CHAPITRE IV, HisTOifiB DE l'Église de sybiè

DEPUIS LÀ MOBT DE MÉLÈCE (381)

jusQC'4 l'invasion des ABABES.

TBIOMPHE DES ENNEMIS DE PAU- LIN ; FLAYIEN SUCCÈDE A MÉLÈCE NON- OBSTANT l'opposition de GEÉGOIBE DE NAziANZE. — Cette nsort devait réconcilier les deux partis rivaux , et mettre fin au long schisme de TÉglise d'Antioche. Paulin semblait donc assuré de jouir en paix de sa dignité , lorsqu'il apprit tout à coup que de si justes prétentions venaient d*échouer contre la haine invétérée des Orientaux , et que le concile de Constantinople avait désigné Flavien pour succéder à Mélèce. Voici comment la chose s'était passée : à la mort de ce patriarche , vénéré dans tout l'Orient,

fondent sar nn accord, selon eux réellement concla entre Mélèoe et Panlin , immédiatement après les troubles auxqaels avait donné lien le retour de celai*ci à Antioche, la séparation des Ivci/ériens, qui prétendirent que l'on ne pouvait en consdenoe ni communiquer ni traiter en aucune manière avec Mélèce , quoique consub- BlanUaliste , pour cela seul qn*il avait été élu et ordonné par les ariens, qui étaient les lapses de Tépoque.

« Cependant le nouvel arrancement avait été confirmé par l'Eglise entière d^Antioche , tant mélétiennequepanlinienne, et on avait des deux parts solennellement Juré d'attendre la mort des deux évéques consubstantialistes avant d'en élire un qui les remplacerait Tun et l'autre. Mais ce serment , personnellement prêté par Flavien et par cinq antres prêtres antiochiens que l'on croyait les plus dignes de monter après Mélèce et .Paulin sur le siège d'Antioche, fut une trop faible digne contre l'ambition sacerdotale. A la mort de Mélèce, dont saint Grégoire

de N^zianze fait dériver le nom de doux, miel'' IX, Flavien, élu évéque. accepta sans difficulté

leux.

et sans scrupule, malgré les plaintes et les réclamations de Damase, évéque de Rome : celuici était tellement attaché à Paulin , aveolequei seul il avait continué à communiquer, qu'il crut devoir se séparer de l'Église de Nectaire, évéque de Constantinople, et de celle de Diodore de Tarse, qui s'étaient déclarés pour l'Église antiochienne des Mélétiens, qùoiaue l'empereur Thtiodose eût décrété que c'était ae l'union avec ces deux pasteurs orientaux qu'aurait désormais dépendu l'orthodoxie des évéques de son empire. Ce qu'il ^ a de remarquable , ce n'est pas que tous les évéques obéirent à ses ordres, mais bien que saint Grégoire de Nazianze, l'an-

SOUS le nom du dMn Mélèce, les jeunes évéques de son parti crurent quMI serait déshonorant de céder si facilement la victoire à Paulin , et ils résolurent dTe mettre en délibération publique Te choL d*un autre successeur, çlus digne de représenter l'Éfflise d'Asie. En vain , les plus sages évéques et le plus vénérable de tous, Grégoire de Nazianze(*), s'opposèrent à cette détermination , qu'ils jugeaient fatale aux intérêts généraux de l'Église. En vain , le saint prélat fit entendre en faveur de Paulin cette voix tant aimée des peuples et si habile à la persuasion : « Pourquoi donc, disait-il,

S rendre plaisir à perpétuer les divisions es chrétiens ? Vous ne considérez qu'une seule ville , au lieu de regarder l'Église universelle. Quand ce seraient deux an- ^es qui contesteraient , il ne serait pas luste que le monde entier fût troublé par leur querelle. Laissons Paulin dans le siège qu'il occupe; il est vieux, et sa mort terminera bientôt cette affaire : il est boiî quelquefois de se laisser vaincre. « Maïs cet avis si saj;e et si modéré ne put rien contre l'obstination des jeunes évéques

cien partisan de Mélèce, se signala par son opposition opiniâtre à ce gui paraissait être si bien d'accord avec^ses sentiments intimes.

< Saint Grégoire se plaignait amèrement à cette occasion du schisme gae les troubles de rfiglise d'Anttocbe avaient fait naître et avaient fomenté entre les Orientaux et les Occidentaux, schisme dont lui , Grégoire, ftit personnellement la victime.

<t A ce même propos . saint Basile , scandalisé des querelles continuelles et des haines qui se renouvelaient sans cesse entre les deux l^lises, témoigna aussi tout son chagrin d'avoir été déçu dans respoir qu'il avait conçu de remettre la paix dans l'Église, au moyen du secours qu'il attendait à cet effet des catholiques occidentaux, et nommément des Romains. Il fut bientôt , nous avoue-t-il, désillusionné de ses préventions favorables à l'Église de Rome, qui n'était animée que par t'esprit^de hauteur, de mépris et de dureté avec lequel elle traitait toutes les autres Eglises et surtout celles d'Orient. Cependant, dR-il, les Occidentaux ne connaissent rien de DOS affaires ; ils ne savent ni ne veulent pas savoir la vérité, comme ils l'ont si bien prouvé dans l'affaire du sabelllen Marcellus, que l'Église de Rome a soutenu contre ceux qui voulaient s'opposer à son hérésie; elle a, de cette manière, continue-t-il, fondé elle-même une doctrine hérétique. Saint Basile se plaint fortement de la superbe des évéques de Rome, de cette superbe qui rend les nommes ennemis de Dieu ; ils prennent, ajoule-t-il , ce vice pour de la dignité, et l'appellent vertu. — Saint Basil, epist. 339 (alias 10) ad Euseb. n. 2, t. III, p. 368. > {De Potier, ilU P- «^«"O

(*) Éleury^ t IV, passim.

LlINIVERa

qui faisaient de cette malheureuse rivalité une question de prééminence entre les deux Églises , celle d'Orient et celle d'Occident. Leur meilleure raison pour donner un successeur à Mélèce et un rival à Paulin , était « que TOrient devait l'emporter, puisque Jésus-Christ avait voulu paraître en Orient. » A de tels ar guments on n'avait rien à répondre, et FÉglise d'Antioche ayant été consultée, le choix presque unanime des évéques désigna Flavien, disciple et ami de Mélèce. Cette élection , qui menaçait d'un nouveau schisme la capitale de TOrient, mécontenta vivement le saint vieillard Grégoire , et le conGrma plus que jamais dans la résolution de quitter le siégede Constantinople : aussi refusa-t-il d'imposer les mains à l'évéque élu; et Flavien fut obligé d'aller se faire ordonner à Antioche, par les évêgues qui étaient de son parti ; après quoi , il

Îmt possession de son siège. Les cathoiques de la communion de Mélèce le reçurent avec grande ioie dans cette nouvelle dignité ; car ils le connaissaient depuis longtemps pour un prêtre fidèle et dévoué ; et au temps de la persécution de Valens il avait gouverné le petit troupeau de Mélèce exilé, avec une sagesse et une modération qui lut avaient gagné tousles cœurs.

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