‹ Syrie ancienne et moderneChapitre 36 sur 63 · AM · texte numérisé non relu

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û^ûîcm^,^^,jiiaj^^jits,.^dfi Médine aient jçrjMpt i^^ .ifl9m/^nt^<|i^ l^ur kha- ^ife û^.iSt:<*B J^rM^iUeiï^ ^, «iége ,dç spn

(*) Voyez Théophane.

e^ipjre» Omar, o'ea quitta pas uioii^ ce^te ville et la Syrie , aptë's avoir div^^é s;^ àouyêlle conquête eu deux ^ouvçraementsV celui, du nôfdf'et cëliii du

{lu ' IMS

les Rivages ^ \à\ niée, ' Â boû-Obiïda qUiat "un de ces/tfouvérnemetîts, té^iid /jÇ^.d'Àbou-Sifiaii , obtint' fau-

sè^ Doriéf M' ATtép p Xëîîitî 'slil- Céiarée. ^,Qu;^t)i,'Qniari ^VrptoùWiànrén Arable avec qqélq^ujçs {fçiipes, n 'Représenta deya'^t, if petite v(lle do ^am|ali, dont le cpuYèrnpui;,, Aïf.enoh /|Ui puvrlt les .porlè^^jaç* essaj^ei: la nioindre i-ësist^nç^» llfj^zid |ië lui: ùis si heureux devant .Cesarée* Ée bori Vèhairtfétre ra- «ÇV^.'Tfix ^«* •;„;'^ „k«i;» i4*i débarquer

hfort. Or,

j ^^ ^ , , ,. i dernière qui,

çie inaiqtèp^'uT (Jern^ré'fes possessions' ajrabe^ iyé d^âilleiirs îîaplouse, Lydda, TÇ^iavé^ipnt de! ^fiivre l'èxe'hiplé de

èhtrecîlé;, et

S^iTifab ét^àe 'traîtei; avec'lês Miusul

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alla rejoindre avec se^ friéillëures ti'ou-

IjftS'' for6esë«8 AcatieS', eiM30f« une foisnéttiiiess meNrehèrteot sur Al«p^ «t s^étettihiteiitéiefrtit daas la ptoine m^ntoofwe ' i^i eotoÉre • (cette vilie* . Aiep était 'déjai rfobe< et.comiiiiei€ant&;. elle eâl tiien désiré noyeiinmitiâoance'A^épàTgtMi lesr'përteK, des réaetipns, ies pil^agns ^smirentë''oqëiaaireiUi>si«ge vitr«iMBts»iilinmJVfaiSi,.outire3es iiiHnbrMtt'imgaains dtiimatdhendisf»^, elle «•vtfiVAuan iMS porîcsdui ohâteauiort, sitaé'Sttr tinte>ihaqtaiir.^.el aussii redouuMe ^ne'lNen.fiiaoév «laifl, 4)Mtre ses nféffM»ants<f»tcinquBSvèll» avait douze milii9"liôiBme»i*de tiKiupes composées d'Avâbes' cbrétkfis lésolos et JiAtailiMiraVcnfinv elie* avadt été Je^teuaps gouvernée fiar mm desi^phis orguoittaux €4 un' des pfais puissaota courtisans d^fiéradios v<}»i aroit laissé à sa mort son gouvernement à ses deux fiJs. Ces

(•) Voyez AhouTféda.

L'ÛmVËRS.

(huk jeunes gens toréëetatiieht du re^e îe plus frappant oeis conttastes : l'un , âppdé Youkmnà, était d'un esprit martial , téxoce et sdperbe ; l'autre , appelé Jean, simple, doux et modeste, né s'adonnait qu'à la prière et à la lecture. Le danger commun divisa les deaX ^ères , loin de les unir. Cçluici voulait là paix, celui-là la gueire. Jean proposa de traiter avec les Arabes ; Toukinnâ , indigné , déclara qu'il n'y avait qu'un moine qui pût penser ainsi , et que , pour lui , bien loin de songer à se rendre, il voulait, au coMraire, se défendre avec la plus grande vigueur, domme toujours , eh pareilles circonstances , i'énergie l'emporta sur la prudence : Jean ne fut pas écouté,, tandis qu'on s'assembla en mas^e autour de Youkinna (*).

Dès que celui-ci se vitseol cbef d'une troupe nombreuse, U résolut,, avec l'imprévoyance de la jeunesse , doublée encore par la présomption romaine , de faire une sortie et d'aller attaquer les Musulmans. Son audace eut pourtant plus de succès qu'on n'aurait pu s'y attendre. Ayant appris qu^un détachement de mille hommes, sous les ordres deKaab, fils de Damar^b, avait été envoyé en avant par Abou-Obaïda, il tomba avec près oe dix mille. hommes sur cette petite troupe , et malgré le c<Mirage ordinaire des Arabes, quoiguMis se défendissent avec acbarnement, il ei^ tua plus .de deux. cents, bjessa la plupart des autres et ne s'ar* reta qu'à la iMiit. Alocs Youkinna^ espérant le lendemain avoir aussi bon maTcl>é d'une autre troupe de Musul-< mans, au lieu -de rentrer dans.Alep, campa à l'endroit même où ilise trouvait, afin d'être plus à même de poursuivre, l'avantage décisif qu'il croyait avoir, remporté.

Mais tandis gue l'impétueux jeune, homme se flattait del^ victoire, les habitants d'Alep, qui tenaient beaucoup plus à leur tranquillité qu'à leur foi politique, à leurs richesses qu'à leur Iiûoneur, détachèrent cette nuit-là même trente d'entre eux qui furent chargés d'aller traiter avec Abou- Obaïda. €e dernier était alors à Kines-

C*) Voyez Ockley, hist des Sarr.

rin , et les députés d'Alep fiirâfit trteétonnés^ en pénétrait dans cette vilte, d'y voir régner le cairtae le p^ mafait : les Mustdmaofà étàîébt , en erfet , en prière on en causeries entire eiUc , et lès indigènes 8*abandôhh:^eàt sans crainte à leurs occupations faabitaelles. A cette vue, les députés d'Aléfj^ j^'imaginèrent, d\ine part, que le prtitendu^ccès de Toukinna était, au çoini^re , une défaite, et, d'autre part.cpié le joug musulman n'avait rien en fui^^e qui

Ïiût les effrayer et lés iilétotoroer de eur projet. Aussi se mb'AtTèirent-ils plus soui^is encore qu'ils. n'eQ< avaient d'abord l'intention. Ils âtecet)tèréht le taux du tribut qu'on voulût leuf Imposer ; ils s'engagèrent^ en outr^, àjBôli^nir des rivres aux Musulmans, à \ék prévenir de tout ce qui pourVail tenir être utile de savoir, tant q^e durerait la guerre; mais ils déclarèrent qii'ils ne pourraient remplir la dernière condition qu'on exigeait d'eux, celle d^mpécher Youkinna de rentrer dans sa forteresse. Il leur paraissait irtipossible de lutter, contre un homme qui s'était acquis la confiance de tous ses soldats par sa bravoure et ses largesses.

A peine ftirent-îls de retour à Alep , que le bruit de la capitulation ayant été répandu, ils virent revenîr Youkinna furieux , les appelant lâches et traîtres, et ordonnant qu'on lui livrât tous ceux qui avaient traité avec l'ennemi. Au refus qu'on fit de satisfaire à ses injonctions, il déclara la guerre à la cité elle-même. En conséquence, il descendit de sa citadene avec ses soldats, les rangea sur la place principale de la ville , et menaça ae tout mettre à feu et à sang si l'on n'en passait sur-lechamp par tes volontés. Son frère parut alors , et 45'efforça de le calmer, et de lui expliquei: la resolution de la ville. Mais le tyran ne voulût rien entendre, et ordonna que les habftants le suivissent sur l'heure qontr^ les Musulmans.

Son frère lui fit observer que rompre •ainsi un traité qu'on avait sollicité , c'était se rendre coupable de parhïre , et attirer sur la cité les plus terribles représailles. Youkinna, poussé à l)Out, imposa SHence à Jean. Jean continua; le soldat , dans le délire du despotisme, tira son sabre du fourreau en signe de

iBMmrft Le iboifie insista toujours ; et TiBkiBoa, aussi féroce tyran qu*il était Mçv AénàtDlré , abattit ta tête Ae Jeào ^mt te faire taire, te plus Idche de ces dsédlIftiiâDed en cette circonstanee ti*étaftoéft^înement pdà le moine.

A M suite de cet acte odieax, un gnaii tkoàbîe eut lieu dans la ville. La panâàpU se 'précipita sur les citoyens; ei étaofr^ , pour se défendre, ne trouitmil pàa d'autre moyen ^ue de s'aénmÈt sÉBtx ^abes. Khaled, prévenu, silma d'aecourîr; mais, après avoir iQlÉsaeré quelques étrés înoffensift, Toakinna était rentré dans s$ fortensse. Khà^ed, avec son impétuosité ordioaire. resôlut de l'y assiéger sans retant Dès lors commença une lutte aosst longue que cruelle. Les deux hommes qiii y présidaient étaient dignes de disputer a la fois de courage et de férocfâ : lutte inutile, du reste, de la part de Toukinna, puisque la ville était au pouvoir des Arabes ; lutte infirme , poisqu'ea en considérant la ffn^ ^\\e ne pouvait avoir d'autre but que de'répan^ dre le sang. Toujours est-il que le fratricide gouverneur combattit cinq mois avec uue bravoure qui ne se lassa jamais. Dans son aire inaccessible, ce vautour humain semblait se moquejr d'une armée tout entière; et, la nuit venue, il descendait de son rocher pour aller enlever les corps dont il nourrissait sa rage.

Ainsi , on le vit choisir les ténèbres les plus épaisses pour fondre sur un quartier du camp musulman dont là garde avait été négligée. Là, il massacra une soixantaine d'Arabes endormis ;, et il en emmena un pareil nombre avec lui. Le lendemain, par un rafGnemeat de cruauté exécrable, il attendit que le soleil fût levé, que les Musulmans, ayant terminé leur prière , se fussent rangés en bataille , pour faire conduire sur le rempart les prisonniers qu'il ava jt faits la veille et les décapiter un par un à la vue de leurs frères. Cette atroce provocation amena son fruit sanglant.

A quelque temps de là, Youkinua étant sorti contre des Arabes qui fourrageaient , il eut d'abord l'avantage , en tua cent trente , et fit couper les jarrets à tous leurs chevaux ; mais avant été surpris dans sa retraite par Khaled , il

perdit un grand nombre de ses soldats , et on lui fit trois cents prisonniers.

Ces mailieureux payèrent pour leur chef. ILhaled, qui ne le cédait â quiconque en cruauté , leur fit à tous trancher la tête aux yeux au gouverneur, quj , sans doute , n'en fut que médiocrement ému (*).

Quoi qu'il en soit, ce siège d'une forteresse inutile employait une partie de l'armée musulmane, et Tarretait dans ses conquêtes. Abou-Obaîda songea donc à laisser de cdté cet obstacle insignifiant. Il en écrivit au khalife; mais celui-ci insista pour qu*on s^emparât de cette citadelle; et comme il lui venait die tons les côtés de nouvelles tribus mahométa nés demandant à combattre contre les Chrétiens , il envoya ces renforts à Abou-Obaïda, avec 1 injonction d'enlever cor!|te que coûte, le château d'Alep. On recommença donc le siège ^^ mais la force comme l'adresse étaient toulours impuissantes contre des murailles à pic qu'on ne pouvait franchir, contre des ennemis méfiants, qui ne sortaient plus de leur place inexpugnable.

La forteresse ne pouvait clone céder qtt'àla ûimioe, et Abou-Obaida comnienoait à désespérer, Khaled à se lasser, lorsqu'un d^ derniers venus 4'Arabic se vanta de prendre le château si on voulait bien lui confier trente comptipions. Cet audacieux se nommait Damés; il était aussi remarquable par sa force physique , par sa taille gigantesque que par sa résolution et son courage. L'offre de Dames fut acceptée par Abou-Obaïda , et on le laissa libre d'agir .comme il l'entendrait (*).

Damés commença par recommander À son général de lever momentanément 4e siège , de s'écarter au moins de quelques milles, et de ne laisser derrière lui qu'une troupe déterminée qui se cacherait aux yeux des assiégés. Puis , grâce aux renseignements que lui avait donnés un Grec prisonnier, Damés sut sur >qaeï point on pouvait tenter une escalade, et ilr^lut, le soir même, de mettre son projet à exécution. Voici comme «1 s'y prit : il se revêtit d'un habit fait en peau de chèvre, et , à l'aide de ses mains et de ses pieds, il grimpa de roche en ro-

(*) Voyez Ockley.

(**) Voyez Kemal-EddiD, HUtoire dPAUp.

UUNIVERS.

che jusqu^à un endroit où la muraille de là forteresse, appuyée à une pente rapide, Q*avait qu*uAe dizaine de pieds de hauteur. Il avait donné ordre a ses compagnons de venir le rejoindre à la nuit tombante, par un détour qu-il leur avait indiqué. Une fois réuni à tous les siens , s'étant assuré que la partie des fortifications auprès de laquelle il était, ne présentant aucun danger probable , n'était pas bien gardée, il fit accroupir ses soldats les uns sur les autres et d'épaule en épaule il atteignit les créneaux. Là , après avoir égorgé l'unique sentinelle du bastion , il jeta une corde à ses soldats, qui montèrent Tun après l'autre.

Ce n'était encore rien : il fallait maintenant, à force de ruse et d'adresse, s'emparer d'une porte, l'ouvrir, et faire un signal convenu à Khaled et à sa troupe. Ces difficultés presque insurmontables n^arrétèrent pas Damés. Il alla seul à la découverte, rampant plutôt qu'il ne marchait, et s'assura par lui-même que, comme on le lui avaitdit, les Grecs , se croyant délivrés de leurs ennemis , s*étatent«abandonnés à la débauche , et étaient presque tous ivres ou endormis. Malheureusement Toukinna , avec la plupart de ses officiers , festoyait encore, et Damés fut contraint d'attendre. Enfin , au petit jour, Il fallut se résoudre à brusquer l'entreprise. Damés, quoiou'il eut été enfin aperçu, s'empara (Tune porte, fit à Khaled le signal attendu , et se retourna avec ses compagnons vers les Grecs, qui se précipitaient en masse contre la poignée de Musulmans. Ces derniers combattirent ainsi avec tant de bravoure et de persévérance qu'enfin Khaled arriva , afflua avec tout son monde par la porte toujours ouverte, et, malgré les efforts de Youkinna , put vaincre facilement les Grecs , terrifiés par l'audace des Arabes et affaiblis par une nuit d'orgie. Youkinna, se voyant vaincu , demanda lui-même à se faire mahométan , apostasiant sans scrupule comme il avait assassiné sans remordsC).

{*•) Voyez Elmacin , qui rapporte les mémefl détails.

PAISE d'ANTIOCUB.

Les Musulmans n'eurent pas beso de demander à Youkinna despreuv d'attachement à sa nouvelle relî^^ior bien sûr que ses crimes l'avaient fai t d tester de ses compatriotes, il leur voi lui-même une hame implacable, et, s' tudia à les tromper comme il s*éta efforcé de les dominer. Ce fut lui , pj exemple, qui conseilla tout d*aborcl Abou-Obaîda, avant de marcher si Antioche, ainsi qu'il en avait Tinter tion, de s'emoarer d'une forteresse a| pelée Azaz, oont les troupes auraier

f)u sans cesse harceler l'armée de Vis am. AboU'Obaïda se rangea à Tavi du renégat, oui, d'ailleurs, connaissai parfaitement le pays, qu'il avait gouver né. Azaz étant une place aussi fort que bien munie, Youkinna proposa d s'en emparer par ruse. Il demanda cen hommes, qui, déguisés en Grecs , le su i vraient dans son expédition, entreraie n avec lui dans le château, et, acconipa gnés à distance de mille cavaliers , s< chargeraient de leur ménager une issue Malgré l'opposition de Khaled, qu; voyait à la lois dans l'ancien gouverneu i d'Alep un rival inquiétant et un Musul J man douteux, Abou-Obaîda accorda è Youkinna ce qu'il demandait. Mais iiiî apostat obscur trahît le plan de l'apostat célèbre. Théodore , gouverneur d'Azaz , une fois prévenu des intentions de You^ kinna, alla au-devant de ce dernier, comme pour le recevoir avec honneur!

mais en réalité pour envelopper ave<^ des troupes nombreuses lui et sa bande^ l'entraîner dans la place et le faire prin sonnier (*). j

Malheureusement les Grecs n'eurenj pas à se féliciter longtemps d'avoir dm joué le complot qui les menaçait. Théo dore avait demandé des secours à Lu cas, gouverneur de Ravendon, petits ville située à huit ou dix lieues d'Azaa Celui-ci lui envoya cinq cents chevau^c qui eurent la déplorable chance de tom ber précisément sur les raille cavalieni arabes qui s'apprêtaient à entrer à Azai Ayant tué presque tous ses adversaire!

ou les ayant faits prisonniers , le chd de la troupe musulmane, qui avait ap»

(*) Voyez Wakédy« Conquête de la Syrie.

SYRIE 4lôi)ËRNK.

pris rinsuceès de Youktuùa, fit revêtir a ses «ojdatjî les (jf^9iu|(<^ jj,

■MM,. ^!^^i^^^y^^ Ï^5

faisant pawer Ppur ftîi rjenfortsWoa' atteada^;%rP'rdteVlç;'crtm'p encore ea ^Mié, 9u:|p, Ma^ulràahs. ' . ; ?, Théodore,, 3yiiit.,4èâx filé.» tue éV Léon, digôps 'tôiw dê(i'^ 'dVpJiart^iiil' ï, la un>ilIej(j|B Yoajfianà., Ces aeux Jeunes gens aiinâtiéitjaçj^jJi^iippigtèrx^p^'m de rancipn.gpfiyernèat d'Alçp; mâîs celw-cj. l^^^r. ay^t toujours retjiséô.' ; Unefois pri&oi^iuer. ilQt préxenirtëôu*," et lui promir^WjJr^^rft délfVraft. ^1!

se faisaitiji]^siijli^an»'et'f»l livrait ' lli*

place. Ce téppî^, àlis^i ittfânrje Wùè pôr-' fide, accepia.(je]^te (jtfre^'et,' aïn d'eri; assurer. l^^i^Ùtibn, i) et^t l*axrocîté de songer au jio|cawi '^^î*^'' paiiicîde , ' il s^adietofflà Ta, pùrt i^^rs' la .cptichè de soi» pçre ^ mais 1/ le trouva toô'rt et ' courerj de S^g ; son/rèré Xm Savait précédé, ,fiv|iît iàSâsiibé Ijiéodore et délivré fô^iftb^âC'wànd lé? cii)q cent^. Arabes' deèu&^s ce orfeettljèrçiit abx^ portes^/dèja ptacé, îls '^'eurent ffoncJ" pas besoip dé «tmqgétnîe pbur j ëi^trei», et n*arriyë!:^fiit ',duë .poulr^ hâtei* Te %^'\ sacre de la^gàrols^ti. lOjuélques' historiens préteiûdéTit c(ué LI19 'et .léôûj^sè firent Mahpniétaos ," ejt'^ pbtîhrent ,dës commailidégiènts dans ràrméé arabe :

cette cissértiôn înaàque de Vraisemblatît;e ' car c*ést\ p^g^r de telles ifépWtei qii^cdi déshonoré ^t(^ii^on (n:)ni^rornei à JaniaSà' une caMS^; et if lïoiis/jjafaft e)ctra.or-', dinaire que lé loyaret 'doux Aboii-Obaïda ait pu commettre upe faute aussi gifairp , un acte îaussi' hônteuyi ' ' , / ' '

Lei^ Arabes Savaient' "rilûs (}u*uhe conquête' à faille pour po^sed^i^ toute ^ Syrie,, cèffe d*AntîQch'e, rdpulêrite capitale, d>ntibbhe qui résumi/ît toute Tactivité, tQÛtes les ricbesses, mais aussi toute la pusillaniriifté, tous leis vices de la contrée. Antioche une fois prise, lé. littoral perdait son centre ; et les villes non encore soumises, cmipées, tournées, étreintes, n^avàiettt plus qu*à passer sous le ioug de leur nouveau maître. Aussi , lorsque Antioche fut sérieu- Benaent menacée, il y eut de la part des Grecs, de ceux qui perdaient le plus au

Gm« Uvritison, (syaib modernb.)

de$b0im^j9li>4*afigef)tl^v4e#$gpfe, ua decqieirmpiiv^mf pt^mopisux i^omma unôArév^lt^ 4'«WW»^ujjl vo^d^aient^iiuver.li»w trfrOf*tiiMLtwùe?i paç^ft.,,^ p^ C4wréejuifl)i*i Up^ic^,ides^QMpe«se|^iiqèr^nl;.,na4iea|ai4itAt cjU^ua chrf,ppwr iif^rphfi^^ga ?^^nt.,]teS/f^ohe,s fouxQi^l#itti^ feuf iP|c;i.4w. pft^l^^^CQurniwimit Jws, bi;î|ft.,,,^t^ç^i^, «epjtait noot^euM^lt sa^iv^^^p^piTQPVS^^iA enc^eriSAs» mcmpe^^ifm mi^\}f^mf »t, pomi^ji^^^fr^UQ^ \^ IftrtMn^y^^ose plus pr«içiwseffflu^.|a;vi^.fibfi;ç,/;^^^ pefjffes^jd^^epç^.jCft.jj^'émt p^»h.

soulèvement glorieux d une nationalité quj.r<wep^i|ie,se^4com« fî'^taitla cpaliti(m'v>>;WR ipoi|^,^rej|9uti?ij^|e parfaîsi, d'iiM i3ânflii^,qm d^/fiQd.^a» paisse^ A ceue i^aqifeiitpriofi epjdwt^;, ô .c^ effoft»sHpr4i^,rHéra((?uypf|it forcé 4'acccirderrvqe}aUehtfQo,s|4qe|*se. lï cherch^.ioagtq^^lA tu;t ,<;bç;f <lfHii, fe .talent pÂl^i app«9jrt^r auelgM^. chances .^e victoins ^91^ p^pi^Ia^joAS , ^yriepues* Fflu te d!bKHm^e «ai^tbl^i.n^/ftén^al MUe,

pour prpuv^rjiî\iU?Wî.qï»'H,*reponaaîswt I!ip9pprti^wîe,.4ii , «joûviçnaent qui . .s'q.. péyrail, i^emoy^ «<W.l?ifr Constantin se mettr,eimJaiét«ide«^^(^(f^^ct.ip;idu déseftpoir.j,» -,.,.? m. ... ."h.,.. -^ .

4iKaqt A«^[)9rrti]^,,^«ua^|)^meie équipa unAQpt^-pi^i^^tef dpAj;]^rQpd«Z'Vous, à.SélwWi «i*^ ^m^^ flu'ii^avait appelés d*Ejgj>pt9„ et>;s6 prép^^ra, de toutes les maJ^r^Sià pfod^ire.i^,gr;aBi4 effeLe<i,arriv.aat4 Ap;^o^|3*0è qu'il avait prévM.^ ^éalis^* yti spjq ffebairqMament à^lwçie,.àVarn«(ée^ Aç >fis npmhreux V;9ifiseaMx 1, . a- ss| marclje vers Antioche aveq.|ia<(sai:<k.tPjiit^i).rUtote d'or, avec desiilMtaiKoDS.cpttvcu'il.s deier, avec ses iDOomhrabl0^. ii^jtrarft^f^t?' pxilifaîres , 8Q$ troNspéttes e|;.|se;s ^tead^^rdSh^ avec les légioas rpmaine«r oui. fivâient encore l'aspect, siuqn U valeur» des légions de Pompée^l^Si^rie se, crut sauvée. La présomptipn revipt aiix Grecs, «et avec elte la folie,. Des troupes levées au hasard, sans disK^ipUne et sans conupandement, qui formaient des masses plutôt que des armées, se ruèrent contre les Musulmans. Quelques petites villes, entre autres Kinesrin et Cnaîk, massacrèrent leur garnison mahométane; et les Arabes e la tribu de Ténoukh, toujours prêts

L'UNIVEKS.

à se tourner vers le oarti du plus fort , se déélarèrent pour les Grecs. Ces partisans de toute espèce remontèrent le cours de FOronte, et vinrent provo- [uer Abou-Obaida jusquTËinèse, dont avait fait le rentre de ses opérations (*). D'un autrecôté,Khaled, qui s'était emparé de la petite ville de Bir, située sur TEuphrate, se vit tout à coup entouré par trente mille hommes accourus de ta Mésopotamie. Ce chef si hardi n*eut, en cette circonstance, que le temps de se replier au plus vite et d'aller rejoindre Abou-Obaïda à Émèse. Une fois réuni à son chef, Khaled retrouva toute son audace, et fîit d'avis de marcher à la rencontre des Grecs et de leur livrer bataille. Mais Abou-Obalda, plus prudent, ne songea avec raison au'à se retrancher fortement jusqu'à rarrivée des secours qu'il avait demandés en Arabie. Pour la seconde fois , les Musulmans, comme avant les journées d'Yarmouk, se trouvèrent dans une position critique , et dont un ennemi sensé aurait su profiter. Mais les Grecs, au lieu d'essayer un grand coup , ne Grent que de vaines démonstrations. Aucune de leurs escarmouches ne put devenir importante; ils Î verdirent un temps précieux, et ils Bissèrent arriver de Médine les ordres du khalife oui devaient tirer d'embarras ses coreligionnaires.

Omar avait alors deux armées d'opération, celle d' Abou-Obaïda, en Syrie, contre les Romains , et celle de Saad , filsd'Abou- Wakkas, dans l'Irak, contre les Perses. En apprenant le danger de son armée de Syrie, le khalife ordonna à Saad de revenir brusquement sur ses pas, d'essayer une diversion contre la Mésopotamie, et de détacher (Quarante mille hommes pour les envoyer a Abou- Obaïda. La lenteur des Grecs à attaauer les Musulmans en bataille rangée , rindécision de Constantin, qui était resté à Antioche , loin de se diriger sur Émèse, servirent au succès du plan du khalife. Quarante mille hommes sous les ordres de Kaakaa, fils d'Amrou, arrivèrent au lieu où Abou-Obaïda avait amassé ses troupes. Dès lors tout changea de face. Les Grecs, effrayés, reculèrent de toutes parts; Chaïk et Kines-

('') Voyez Ocktey ci ]

rin rouvrirent leurs portes aux Musulmans, et toute la Syrie septentrionale retomba en leur pouvoir. Ceux-ci, encouragés par la désertion romaine, s'avancèrent alors vers Antioche avec cette résolution qui leur avait toujours réussi, et qui allait décider encore une fois, et pour la dernière, du sort de la Syrie.

Tandis que Parmée musulmane était en marche , Youkinna , dont Tâme ténébreuse ne savait forger que perfidie sur perfidie , songea à s'emparer d'Ai)tioche , au moyen de la plus infâme des ruses. Il demanda deux cents renégats pour tenter son infernale aventure. Comme toujours, les Arabes, peu scrupuleux, lui accordèrent sa demande.

II partit donc avec la lie des soldats, mais, en même temps, avec des hommes adroits et audacieux , comme sont presque tous les fripons. A rapproche de la ville, il distribua ainsi les rôles entre ses complices : quatre des plus fourbes devaient l'accompagner ; et le reste de la bande avait ordre de se diriger vers Antioche, par la grande route, en faisant semblant aétre poursuivis, la lance dans les reins , par les Arabes. Ce

Î[ui avait été décidé , fut fait. Les faux uyards furent admis dans la ville avec d'autant plus de facilité, qu'on él^it accoutumé, chez les Grecs, à de pareilles déroutes. Quant à Youkinna, il se donna aux avant-postes romains pour l'ancien gouverneur d'Alep. Comme tout le monde ne connaissait pas sa trahison, on le reçut avec empressement, et on le mena*, ainsi qu'il le de* mandait, auprès de Constantin (*).

A son aspect, le prince, qui, lui»

n'ignorait point la conduite d'Youkinn;^ au lieu de lui faire de sanglants reproches, s'attendrit et laissa couler des la^ mes. Loin de faire honte au renégat, l ne pensait qu'à pleurer la capitaindi Alors, Youkinna, prenant son tonil^ plus flatteur et sa voix la plus mielleuse^ s'excusa de toutes les façons, et -accu-. nui la les protestations de dévouement». U prétendit que c'était pour mieux tront> per les Arabes qu'il avait feint de prept. dre leur religion; gu'il s'agissait d'ailt, leurs de sauver sa vie, qui pouvait eaeom être utile à r£mpire. Il «jouta en£o \

(*) Yoyes KAmal-Eddin.

« Qu^ayanttroQTé roccasion d'échapper « crAzaz , il Tavait saisie avec joie, pour « rentrer dans le sein de la vraie religion; « enfin ^ que la vigoureuse défense d'A- « lep prouvait assez sa fidélité. » Il fît tant, qu'il parvint à tromper complètement le candide jeune homme. Ce dernier, en effet, lui rendit toutes ses bonnes grâces, et alla même jusqu'à lui donner le commandement des deux cents renégats qu'on avait incorporés à la garnison.

Une fois dans I^ place, tout servit à Youkinna. Un jour, des Arabes chrétiens , qui couraient la campagne , tombèrent en grand nombre sur un gros de Musulmans, en tuèrent quelques-uns et .firent les autres prisonniers. Cétaient des recrues pour Youkinna, au moment où il faudrait agir contre les Grecs.

Ainsi, tout tournait è la fois contre les Syriens. L'impéritiedes populations, qui avaient su se sonJever, mais qui ne savaient pas combattre, l'incapacité des chefs fidèles à l'Empire, la trahison des chefs habiles, et surtout, l'inexpérience de Constantin et la lâche insouciance d'Héraclius faisaient présager d'avance la perte prochaine d'une des plus belles provinces que les Romains eussent jamais conquises. On pouvait bien reculer la catastrophe; mais il était déjà impossible de Tempécher.

A dater du commencement de l'année 638, les dernières défaites des Romains en Syrie se succédèrent avec une effrayante rapidité. Yézid , qui , comme nous l'aYons dit «commandait à la Syrie méridionale, et qui avait renoncé à prendre Césarée de vive force , venait de faire sa jonction avec AI)Ou-Obaïda.

Les deux armées réunies s'emparèrent facilement d'un pont sur l'Oronte, défendu par deux tours qui renfermaient trois cents hommes. Quelques historiens

Ï prétendent que ces tours furent même ivrées sans combat. La garnison aurait été sévèrement réprimandée quelque^ jours auparavant pour la négligence de sa garde, et, indignée contre les procédés de Constantin, elle se serait rendue aux Musulmans à leur apparition. Qu'elle fût le fait de la trahison ou de la lâcheté , cette reddition irrita tellement le jeune prince qu'il voulut se venger sur ses prisonniers , et ordonna qu'on les mit à

mort. Mais Youkinna fit de si vives instances auprès de Constantin qu'il

Êarvint à lui faire révoquer son ordre arbare, et garder les Arabj^s pour opérer des échanges. Ce n'était pas, du reste , l'humanité , c'était le calcul $eu! Cjui faisait agirainsi l'ancien gouverneur d'Alep : nous avons vu plus haut auel cas il faisait de la vje des hommes cnrétiens ou musulmans.

La dernière barrière qui séparait les Arabes d'Antioche, l'Oronte était franchi. Constantin perdit la tête. Au lieu de lutter avec noblesse et courage, il ne recula pas devant le crime pour combattre ses adversaires. Tandis qpe son armée, campée devant Antioche, avait ordre de gagner du temps en ne livrant que de petites escarmouches , il soudoya un Arabe renégat qui devait aller à Médine assassiner Omar. Ce criminel appartenait à l'ancienne tribu de Ghassan , et se nommait Watek, fils de Maisafer. S'il eût réussi, Constantin espérait que rémotion des Musulmans, iiue la perte de leur khalife, que leur mquiétude sur le sort de l'Aranie, leur feraient lever le siège. Il s'afissait donc pour lui d'éviter une af^ire décisive, et, faute de l'épée, de se sauver par le poignard. Ce honteux projet ne réussit point. A l'aspect du kalire, l'Arabe se prosterna au lieu de frapper C).

Quelques auteurs arabes , qui accept^nt volontiers le fabuleux, quand il est poétique , racontent ainsi cette scène : Watek aurait appris à Médine que chaque jour, après sa prière du matin, Omar allait se promener seul dans la campagne , en un lieu éqarté. Wate^ serait alors allé l'attendre, et, pour dissimuler sa présence , se serait caché entre les branches d'un arbre touffu. D'après la chronique arabe , après quei(]ues tours de promenade, le khalife vint s'étendre précisément sous l'arbre d'où le guettait son assassin , et s'y endormit. Watek avait l'occasion belle, et il s'apprêtait déjà à descendre, lorsque déboucha tout à coup d'un entier voisin un lion colossal. Watek, effrayé, grimpe plus haut que jamais. Le lion s'^^pproche du khalife, le flaire, lui lèche lespieds, et tourne gravement autour de Un comm^

(*) Voyez Théophaoe et GedKDoa.

VVffWLVà.

gour le défendre de toute attaque. Eq- Q, le khalife se réveille, le lion disparaît , et Watek , persuadé que Mahomet lal-méme protégeait les jours de son successeor» va se jeter aux pieds d'Omar, lui dénonce 1 odieux forfait qu'on l'avait chargé d'exécuter , lui demande grâce, et l'obtient. Quels que soient du reste les détails de la scène qui se passa entre Omar et Watek, toujours est-il que le khalife se montra aussi généreux que le fils de l'empereur grec s'était montré perfide.

Est-ce la honte de son crime ou l'effroi de la guerre qui poussa Constantin à prendre le déshonorant parti d'abandonner Antioche? Craignait-il que les prisonniers arabes ne lui reprochassent sa lâche et ignoble politique ? Redoutaitil autant le blâme tacite de ses soldats que le mépris de ses ennemis ? Quoi qu'il en soit, sans prévenir les autorités de la ville et de l'armée , il s'enfuit , une uuit, presque seul, suivi à peine de quelques esclaves, et alla s'embarquer sur un vaisseau, dans l'intention sans doute de s'échapper jusqu'à Constantinople. Mais, une fois en mer^ le remords^ ou plutôt la crainte d'être traité dans la capitale de l'Empire comme il l'avait été dans la ca|)!tale de la Syrie , fit que tout à coup il rebroussa chemin , rentra dans le port de Séleucie, et ordonna à sa flotte de le suivre à Césarée.

Ce départ de toutes les galères romaines, cette fuite clandestine du prince qui devait les protéger, achevèrent de jeter le découragement dans l'esprit des habitants d'Antioche. Pourtant il se trouva parmi eux quelques hommes énergiques qui arrêtèrent la migration des timorés , et conseillèrent à leurs concitoyens d'employer l'armée qui campait'devant les portes, de s'y joindre en grand nombre et de tenter les chances d'une grande bataille. Malheureusement des traîtres se mêlèrent encore une fois aux hommes de cœur en cette circonstance solennelle. Parmi ceux qui poussaient le plus à la défense on remarquait YouKinna, qui » grâce à la faveur que Constantin lui avait rendue , passait alors parmi les Grecs pour sincèrement converti à la religion chrétienne et à la politique impériale. Youkinna, qui avait son projet, que nous le verrons incessam-

ment exécuter, fit donc pencher la balance pour la bataille , poussa tous les hommes valides à se diriger vers le camp des Grecs; et, afin de mieux détourner les soupçons, s'engagea à rester dans la ville et à la défendre jusqu'à l'extrémité, si la fortuneétait contraire aux Romains. Cependant , l'armée chrétienne était demeurée plusieurs semaines en face de l'armée musulmane , évitant toute rencontre décisive et employant le temps en provocations et en luttes particulières. Entre ceux qui se distinguaient le f»lus dans ces combats singuliers , brilait au premier rang le général des troupes grecques , que les historiens arabes appellent Nestorius. L'ardeur et l'énergie de ce chef lui tenaient lieu de talent militaire, et il était véritablement excellent pour exécuter le plan qu'on avait arrêté. Connaissant la bravoure personnelle des Arabes^ comptant avec raison sur leur orgueil , dès que les bataillons musulmans se mettaient en mouvement, au lever du soleil , il sortait des lignes de son armée, brandissant sa lance , lançant son cheval au galop et appelant au combat les plus braves d'entre ses ennemis. C'était alors parmi les Arabes à qui jouterait contre cet audacieux adversaire, et Nestorius,

{)rofitant de cette ardeur, prolongeait a lutte avec habileté, occupait les deux armées comme à un spectacle , gagnait du temps et savait toujours se retirer vainqueur.

Nestorius avait, du reste, parfaite* ment calculé ses chances : il savait qu'Abou-ObaTda était plutôt un administrateur qu'un guerrier; il savait aussi que Khaled , fatigué déjà par six années de campagnes consécutives, ne voulait plus risquer dans un combat sans importance une vie si utile à ses compatriotes dans les batailles rangées ou dans les sièges difficiles; il savait en outre qu'on laissait généralement aux jeunes gens ces occasions de déployer leur vaiTlance et d'acquérir une illustration si recherchée parmi les Arabes.

(*) Noas appelons indistinctemeot les sujeU du Bas-Empire, les Grecs ^ les Romains; ils étaient en effet Grecs oar le fait de Porigine et Romains par le fait de la cooqaéte. Les Ara* bes les nommaient et les nomment encort Roumi ( Romains ) ; de là Roumili , TAsie Mi* neuro ( le pays des Romains).

SYKIE MODERNE.

n n'y avait doue pas de jour que If estonus ne trouvât 'de nouveaux adversaires, et jttsqu*al<Nrs il lesavait tous faits pnsoaiiiers , après une lutte plus ou moins longue. Enfin, Daines, eet esclave qui, grâce au courage qu'il avait déployé à la prise du château d'Alep, était deveoa capitaine. Damés, ce géant aussi brave aue vigoureux , réclama de son général l^onneur d^aller combattre Nestorîus. L'assaut fut terrible; les coups que se portaient ces deux adversaires , si dignes Tun de Tautre , laissaient eDire eux denx la victoire ludéclse; el déjà ils s'étaient reprisa plusieurs fois sans pouvoir se vaincre, lorsoue le cheval de Damés s^élant abattu, le général grec profita de cet accident avec tant ée prestesse qu'il désarma le géant musalman , et eut la gloire de remmener prisonnier dans son camp.

Le lendemain , les Arabes, humiliés , envoyèrent contre Nestorius un de leurs plus intréjMdtfs et de leurs plus habiles cavaliers. Nouvelle lutte pleine de péripéties. Mais, cette fois, les différents ehocs des deux adversaires furent à la fois si adroits et si éner^ques, leurs coups portés avec une si égale supériorité , que la victoire ne se déclara ni pour Tun ni pour Tautre , et que les deux champions, tout couverts de poussière, de sueur et de sang, hors d'haleine tous les deux, tous les deux épuisés, convinrent réciproquement, après plusieurs heures de combat, de se retirer chacun de son côté. Or, cette joute si prolongée avait tellement excité la curiosité de l'armée grecque, que tous les soldats tour à tour voulurent en suivre les chances diverses. Il y eut donc, parmi les Romains, une sorte de tumulte durant lequel on renversa la tente de jVestorius, où Damés, les mains liées, était gardé à vue par trois esclaves du

§énéral. Ces trois hommes, incapables e relever à eux seuls la tente de leur maître, proposèrent à Damés, dont ils connaissaient la force musculaire, de les aider dans leur travail. Cette imprudence leur coûta cher : à peine Damés eut-il les mains déliées qu'au lieu d'employer sa force prodigieuse à venir en aide aux trois esclaves, il la tourna contre eux, les terrassa runaprèsl'autre, l'çmpara d'un des habits de Nestorius,

monta l'un des chevaux du général des Romains, et, grâce à son déguisement, parvint à s'entuir, à travers les Grecs, jusqu'au camp des Arabes, oi!k son retour mattendu fut salué de mille acclamations de joie r). ^

Telles étaient les vaines et mutiles luttes dont les Grecs se montraient seulement capables : luttes funestes, car elles habituaient la plus grande partie de l'armée romaine à ne rien faire

Su'assister, les bras croisés , à des sortes e tournois; tandis que les Arabes, Elus actifs, et accoutumés à ces comats d'homme à homme , accroissaient de jour en jour leur butin par des courses armées autour d'Antloche, entretenaient ainsi leur ardeur, et se créaient des partisans par la force des armes, ou par l'appât des promesses.

Aussi , quand le moment de combattre en masse fut arrivé , quand tout retard devint désormais impossible, et qu'il fallut jouer la destinée de tous dans un seul jour et en une seule bataille, l'armée romaine se trouva diminuée et appauvrie de toutes les façons. La désertion s'était mise parmi les soldats; la trahison gagnait les officiers. Toukinna, pour qui tous les moyens étaient bons , avait,a force d'insistance,d'adresse, d'or pour quelques-uns, entraîné un grand nombre d esprits douteux, de cœurs chancelants, de consciences larges, et avait même laissé à tous ces renégats futurs la double chance de demeurer au service de Tempereur, si la fortune était favorable à ses armes , ou de se faire mahométans, si ceux-ci obtenaient l'avantage.

Ce fut donc un spectacle réellement déplorable que celui de l'armée romaine se rangeant en bataille pour la dernière fois sur le sol de la Syrie. Des liions à l'effectif considérablement diminué, des chefs à l'esprit inquiet, les plus braves soldats à l'air découragé, durent produire un bien triste effet sur leur général qui les passait en revue. Pourtant le premier choc fut rempli de vigueur et de puissance, et les Arabes, comme à l'ordinaire, se replièrent d'abord devant ces tronçons, redoutables encore, de l'armée romaine.

(*) Voyez Odey.

L'UNIVERS

Mais bientôt ces derniers reprirent courage, tandis qu*au contraire les Grecs commençaient à se fatiguer. Nestorius eut beau déployer toute sa vaillance personnelle, il eut beau encourager les uns par son exemple, les autres par ses paroles, ses troupes fléchirent peu à peu, et se débandèrent sur les deux ailes.

AU moment critique de la bataille , loiikinna, qui avait été instruit delà position des Grecs, mit eh œuvre toute son astuce et toute sa perfidie : sous prétexte d^aller porter secours à Parmée compromise, il sortit de la ville avec ses renégats et les prisonniers arabes quil avait secrètement délivrés. Ces quelques centaines de chevaux vinrent fondre par derrière sur Tarmée défaillante, et la placèrent entre deux attaques. Iféstorius se sentit alors com-

{)létement perdu, et eut encore la doueur de voir une grande partie de ses ofûciers passer du côté de Tennemi , et se précipiter avec furie sur lui et ses soldats. Las Chrétiens Gdèles furent, malgré leur défense vigoureuse, enfoncés de toutes parts , et bientôt la boucherie la plus sanglante succéda au combat. Les anhalistes du temps ne disent point quel fut le sort deNestorius; ils nous apprennent seulement que là plaine où se donna cette funeste bataille resta longtemps toute couverte de cadavres, et plus tard toute blanche d'ossements (*). Â la nouvelle de cette terrible défaite. An tioche se désola, gémit , accusa Tempereur, maudit son fils, mais ne songea pas à se défendre. Elle se racheta du pillage, moyennant trois cent mille pièces d'or, formant plus de quatre millions de notre monnaie; et tandis qu'Abou-Obaïda entrait par une des portes monumentales de la malheureuse cité , une foule de ses habitants sortait par les autres, emportant, ceux-ci les reliques de leurs samts, ceux-là leurs trésors accutHulés. Ces émigrants de toutes sortes s'en allaient vers la mer pour passer en Occident ; mats la plupart de ces malheureux retombèrent, à quelque temps de là , entre les mains de leurs ennemis , qui les traitèrent avec d'autant plus de rigueur qu'ils se croyaient

(*) Voyez Héthoam , bifttoriwi arméoien da quatorzième siècle.

frustrés de toutes les richesses quel Ton avait emportées d'Antioche.

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