SITUATION DE LA SYBIE AU COMMEN- CEMENT DB LA DYNASTIE DES OM- HIADES
Au début des conquêtes il y a toujours despotisme des vainqueurs envers
(*) Voyez Abou'l-féda et Ockley, Histoire des Sarrasins,
L'UNIVERS
les vaincus, haine des vaincus contre les vainqueurs. Toutes les mauvaises passions , que la guerre a allumées, n'étant pas encore satisfaites, d'une part, l'avidité se gorge de rapines , la cruauté se baigne dans le sang, Porgueil se tait un piédestal des cadavres qu'elle a amoncelés; d'autre part, la vengeance se trame dans l'ombre, la perfidie dénonce et trompe, l'égoîsme se nicinifeste par des lâchetés et des trahisons. Plus tard, quaud le temps a passé sur toutes les animosités, quand l'habitude a fait accepter le nouveau joug, chacun se supporte plus facilement ; on se fait des concessions réciproques; on se rapproche peu à peu. Le despotisme n'étant plus le moyen unique et souverain de posséder et de jouir, la rigueur se relâche, et bientôt les calculs de l'intérêt Ï prennent la place des brutalités de la brce matérielle.
Il n'est pas dans l'esprit delà majorité des hommes de vivre longtemps en ennemis ; et, une fois les premières luttes termi nées, chacun tend à se grouper pour se porter aide. La différence des races, il est vrai , a été souvent un obstacle à ces fusions aussi utiles que naturelles : souvent aussi certaine antipathie instinctive a écarté violemment entre elles des populations qui tendaient a revenir l'une vers Tautre. Toutefois, ces exemples sont rares : ils ne se Font rencontrés en Orient qu'à de longs intervalles, et dans des cas exceptionnels. Les Romains, peuple d'Occident relativement aux populations d'l^.gypte et d'Asie, ont trouvé beaucoup plus de résistance à leur établissement militaire à Alexandrie et à Antioche, que les Arabes dans les premières années de l'hégire. Mais aussi, c'est que les Arabes avaient presque les mêmes goûts , les mêmes tendances, les mêmes habitudes que les Syriens, dont ils envahissaient le pays. Une fois qu'il n'y eut plus de chances dans la lutte, plus de contestation dans la conquête, les rapports entre les vainqueurs et les vaincus s'améliorèrent prompte ment; et par ce besoin même de fusion, dont le principe est une des lois de l'esprit humain, on eu vint, plus vite peut-être que partout ai.leurs, a un rapprochement complet et général. Voilà comment une des raisons de la guerre, là différence dç
religion , s'amortit ^e Jow.^Joôr, et comment tant de Syrienâ,%rri««virat« e\ si rapidement, à^emb^ser U^foi de leurs adversaires. Quand la . i^lifçioi] cesse d'être un lien sacré , elle devi en 1 un calcul intéressé , un moyen de cohé sion tout humaine, un prétexte de çyni pathie dont il peut résulter désavantages immédiats , que personne n'abandonne de propos délibéré. C'est à oe point de vue uu^on peut dire que Jes martyrs sont des guerriers; aussi, eji temps de paix, les martyrs sont-ils des exceptions.
Telles sont les causes générales de la prompte pacification de la Syrie; telle est la rason du succès prodigieux de Moawiah , le grand administrateur. Les prévoyances de cet homme de génie se réalisèrent même à tel point, que Tincapacité de son fils et 1 audace des rivaux qui vinrent à Yézid du foud de l'Arabie , ne purent détacher les populations syriennes de sa personne. Fatiguées des horreurs de la guerre, passionnées pour le repos qu'elles avaient conquis par tant de sacrifices, redoutant avant tout un changement dedomination, quel qu'il fût, elles demeurèrent fidèles à la famille d'Ommeyyah , et reconnurent pour khalife le fi.s d'Yézid avec autant d'entraînement que d'unanimité. Malheureusement leur tranquillité fut encore compromise par la pusillanimité de Moawiah II, fils d'Yézid. Ce prince, sans caractère , dévot plutôt que religieux, couard plutôt que modeste, faible plutôt que bon , ne put supporter que quelques mois la pesanteur du pouvoir suprême. L'existence politique de la Syrie allait donc être de nouveau mise en question, lorsqu'un homme aussi adroit que Fésolu , d'une conduite qui fut toujours habile, sinon toujours loyale, ambitieux depuis sou adolescence, ayant sans cesse rêvé la puissance souveraine, devint l'objet des supplications des Syriens, qui lui offrirent le khalifat comme descendant de la famille régnante. Cet homme, c'était l'astucieux Merwan, l'ancien secrétaire d'Othman, comme Moawiah l'avait été de Mahomet. Le succès de toutes ses démarches lui arriva bien un peu tard ; le vœu de toute sa vie ne s'accomplissait , comme par une dérision céleste, qu'au moment ou
STRIE MODËftKE.
il atlaît qofUêr la terre; mais un reste dejeunesseaidant, et surtout les encoulagemeatt «f^ret 'prières de son fils»
AbdHïMeNk.tayaiU vafnba s(^ derniers serupole^v' il iiecepta la souveraiûeté
qu'on in* affrtfîfOi '
A pein^ftoi^létrdne du khalifat , une peBsee"de>^f6t/rberîe et d'usurpation s^mj^ra é^Hùù «<iprif , et te domina à tei poiQt,-^ull'«bhgëa pfus à la mettre àexécuUoitVJU'àf repousser les rivaux qui s'agitaiei^t autoér dé Ixil Mcrwan fut conséqueM a v^tiii-métne jusqu'au bout de sa carrière; il était né pour tromper, et il tît^Wipa jusqu'à son dernier soBpfr. LésCdeux conditions de son élé- ^ationatikhaFîfatavaietit été la promesse depremifè pour stfccesseùr un des descendanlà- Aredts de Moawiah plutôt quesonplropr^1!ls> etd^épouser la veuve d'Yézid. I-à derniei;e de ces conditions futimraédiaifment remplie parMerwan, malgré son âge avancé; mais il ne satisfit en cela'le vdeu des partisans de Moawiah, qu^âfiu d'être plus à portée d'éviter Vexécùtion delà seconde condition, qu'il avait pourtant 'solennellement acceptée.
En épousant la veuve d'Yézid , il n'avait pas à craindre âou opposition , qui eât pu devenir ti;èi-puissante , -et en mêmetenfipsil se trouvait naturellement le tuteur du dernier petit-fils de Moawiah , KKàledben-Yézid , et pouvait facilement l'écarter du trône au lieu de l'y placer. Dès Fors toutes les pensées et tous leiâ efforts de cet homme, aussi rempli d'dstuce que d'ambition , furent tournés vers ce but déloyal. Loin d'épuiser ses forces à écraser immédiatement des rivaux qui ne lui semblaient pas fort redoutables sans doute , Abd- Allahben-Zpbair, le chef de i^ Mekke, et un certain Mokhtar, qui s^était mis à la tête du parti des Alides, il chercha au contraire à gagner du temps avec eux, au risque de les renforcer, et ne pensa d'abord qu'à s*attaoher les habi; taots de Damas par ses largesses et les Syriens par ses concessions. Pour lui , pour ainsi dire^ il s'agissait en première ligne de conquérir moralement la Syrie, avant de revendiquer ses droits sur Hrak et i'Hedjaz.
Toutefois, il ne fut pas assez long à
I 0 Voyez Aboa'1-féda, Ann, Moslem.
I 9« Livramn, (syjus modkarb.}^
s'assurer de la Syrie pour compromettre son pouvoir au delà de cette province.
Heureusement servi par les circonstances et par Tesprit calme et sensé des Syriens, il put eu qui Iques mois s'attacher tous les partiSiins du khalifat ^ de Damas, et vaincre par la ruse, ulu« ' tôt que par la force, l'arutee envanissanted'Abd-Allah bfn-Zobuïr. Une fois donc les Damasquins rangés dans soa parti , une foi^ I armée de ^n plus sérieux rival dispersée, grâce à un stratagème déloyal , qui avait consisté en fausses propositions de traité rt en une attaque contre des troupes débandées, le vieux kliiiiife songea à l'Egypte et à l*Arabie. Il eut promptemeut raisoa des Égyptens. Oux-ci, as^ez indifférents au maîirequi les devait dominer, ne soutinrent que faiblement les efforts d'Abd-errahman , leur gouverneur |)0ur Abd-AllahbenZobaîr, le kha>ife de la Mekke et de Medine. Abd-ei-Aziz, second fils de Mei wan, suffit pourchasser Abd-errahman , que, selon rh.ibitude orientale de se tourner toujours du côté des victorieux, les Arabes d'Egypte abandonnèrent à sa preiuière bataille perdue (*).
Après ces deux revers de Syrie et d'Egypte, Abd-Allah-ben-Zobuir, au lieu de redoubler d'efforts contre celui qu'il appelait l'usurpateur de Damas, s'endornut dans sa défaite , et laissa Merwan consolider sou pouvoir sur les plus belles provinces musulmanes; et grâce à ses triomphes rapides et repétés, grâce à la rt putation que le sort heureux de ses armes lui acquit en Syrie, arriver aux fins qu'il désirait, c'est-à dire à transmettre a son fils Abd-ei-Melik le trône dont aurait dû légitimement hériter Khaled, petit-fils de Moawiah. Ainsi Merwan put voir toutes ses ru>es réussir, et son pouvoir, en moins d'une année, parveuir à son apogée. Singulier homme que ce Merwan, dévoré, durant toute sa j<>.unesse, par une am^ bitiou impuissante ; immédiatement dépassé , du vivant de Moawiah , en hardiesse, sinon peut-être en habileté; malheureux dans son premier gouvernement de Médine, où il fut obligé de fuir devant le soulèvement de la
{*) Voyez M. ËUenne Quatiemère, loc. Umd^
ISO
LUNIVERS.
population, et où son erédit dliomaie lin et intelligent fat ruiné par la Tolooté d'un soldat sans baate capacité et sans instruction réelle; singulier homme, en vérité, qui ne se décourage jamais : patient contre les événements, plus fort que sa destinée, pour ainsi dire , et qui , ne pouvant satisfaire ses propres tendances , ses propres vœux , sa propre ambition; qui, ne pouvant jouir de la longue et tranquille domination qu'il avait si longtemps rêvée, la prépare pour son fils par tous les mojrens licites et illicites, et meurt , le dixième mois de son règne disputé, en laissante Abd-el-Mélik un trône consolidé à Damas, une grande province reconquise, ritgypte, et un rival presque abattu, Abd-AI-lah-ben-Zobaîrl
Certes si Foccasion favorable s'était plus vite offerte à Merwan , il l'aurait saisie avec tout autant d'à-propos et de résolution que Moawiah , et il n'aurait sans doute pas trompé pour parvenir, il n'aurait pas rusé pour vaincre, il n'aurait pas employé des moyens déloyaux qui ont suffi à certains historiens pour le décrier et pour attaquer sa mémoire. Quant à nous, ennemi de l'exagération dans le panégyrique comme dans la critique, tout en désavouant, au nom de la morale éternelle, les fourberies de Merwan, sa conduite si blâmable, comme secrétaire du vieux Otbman, lorsqu'au profit de ses intérêts secrets il lui faisait signer des ordres cruels et contradictoires; tout en condamnant son manquedefoi à l'égarddii petit-fils de Bloawian , nous n'en louons pas moins sa persévérance comme homme, et comme prince, son esprit d'ordre et de prévoyance. Il sut, en effet, achever l'œuvre du premier des Ommludes, tout en privant de la couronne le descendant le plus direct de la famille adoptée en Syrie.
Merwan, à soixante- trois ans, époque oïj il fut appelé au khalifat de Damas, avait l'expérience la plus sûre et la plus complète. Il connaissait, pour les avoir longtemps pratiqués, les rudes habitants de i'Hedjaz ; et, se méfiant avec raison de leur violence religieuse et de leur farouche entêtement , il avait compris , lui au>si , que l'avenir de Tlslam n'appartenait pas à ces peuplades guer- .rières mais indisciplinées , dont le joug
était dur, parce ^e leur orgueil était indomptable; dont le caractère dominateur et sévère pouvait peut-être être excellent pour la conquête, mais ne valait rien pour l'origan isation d'un vaste empire et pour l'amalgamement de provinces nombreuses etdi\ erses. Aussi avait-il tourné toutes ses vues vers les Syriens, et, sous le pâle règne d'Yézid, s était-il efforcé, en place du khilife incapable, d'encourager cet esprit décohésion et de sagesse oui caractérisait déjà les Damasquins. Grâce h lui, il fc forma donc en Syrie un parti de Musulmans modérés, tolérants, instruits, qui fut dès lors le parti le plus civilisé de Fislam , dignes élèves de Moawiah , habiles et sérieux partisans de Merwan. Fallait il laisser son œuvre incomplète, fallait-il la compromettre en cédant le trône au jeune khalife? Ne serait ce pas pour éviter cette faute, que Merwan préféra à un enfant sans génie son ûls aîné Abdel-Mélik, qui avait d'ailleurs donné des preuves répétées de courage et de talent? Alors l'acte de Merwan.
au lieu d'être traité de basse perfidie. devrait s'appeler un bon calcul.
ÀCCBOISSEMENT DE LA PUISSÀNCI MOBALS DES KHALIFES DE DAMAS.
Quoi qu'il en soit de la conduite de Merwan , toujours est-il que les Syriens adoptèrent avec chaleur AbdrelMélik pour nouveau khalife : an avait oodiiance dans sa vaillance comme généniL dans son habileté comme administrateur, et dans son intelligence élevée, distinguée et amoureuse des choses de l'imagination. Déjà les Syriens, qui avaieuî le sentiment de leur supériorité intellectuelle sur les Arabes de I'Hedjaz.
préféraient un prince éclairé, et qui avait des préoccupations civilisatrices, à i^n de ces rudes et grossiers jouteurs dont la force ne réside que dans le bras, et dont Tesprit superstitieux et intolérant ne sait qu'interpréter avec rigueur les lois divines et faire exécuter avec dureté les loishumaines. Ahd-el-Mélikét it d'ailleurs un homme mûr : à la mort de son père, l'a nf^ de l'hégire, 685 de notre ère, il n'avait pas inoins de quarante-^ix ans , et les nombreux succès militaires qu'il avait obtenus, la prudence qu>i
lit
Fait montrée dans la victoire, I«conlissance parfaite des hommes et ta fereté de son caractère étaient autant de irants de son bon gouvernement. Il it, d'ailleurs, presque aussitôt à don- T des preuves de ses talents, et malgré rinines circonslances graves et muir'tantes, il ne s'abandonna jamais à n découragement funeste, et sut, au )i.traire, profiter avec promptitude de fatalité des événements. A son avénent au trône de Damas, son rival de Mekke était parvenu à la plus grande lissancequMt eût jamais acquise. Grâce la destruction du parti des Aiides , 'ice surtout au courage heureux de frère Mi>sab, Abd-Allah-benZobaîr, Ilivrédu farouche mais hardi Mokhtar, it étendu sa domination sur llrak t entière , et de là semblait menacer couronne contestée des Omui iodes.
Abd-el-Mélik ne perdit point un instant : assuré de la Syrie, il commença par envoyer des émissaires >ecrets pour se rendre un compte exact de Tétat dn pays et de la situation de Kouffa, sa capit.iie. Les premiers rapports qu'on fît au khalife furent complètement favorables à ses projets : les habitants deflrak se plaignaient tous de Pavidité de leur gouverneur mekkois. Mosab, luxueux et débauché, distribuait aux femmes tout l'or qu'il dérobait a ses nouveaux sujets. Ses dépenses étalent excessives, et pou» obtenir de quoi y satisfaire il n'v avait sorte d'avanies quil ne se permît envers les hommes les plus tranquilles et les plus estimés. Bientôt sa conduite de plus en plus coiipabe, sa domination de plus en plus tyrannique, détachèrent de son parti le^i cœurs les plus patients. Aussi , lorsque les émissaires d'Abd-el-Mélik flrent entendre que te khalife de Damas , grand justicier et grand redresseur de torts, avait 'intention de réprimer les désordres auxquels l'Irak était en proie, ils trouvèrent luprès des habitants les plus considérables de celle province des encouragements et des promesses d'appui qu'ils se hâtèrent d'aller rapporter à celui qui 'es avait envoyés. L'heure était sonnée pour Abd-el-Mélik : il sc mit en personne â la tête de l'armée nombreuse qu'il Jjait levée, et marcha tout droit vers Mosab pour le combattre au cœur même
de son gonvemement. Pourtant ee dernier ne se laissa point surprendre, et, à la première nouvelle de la marelie de son ennemi, il partit lui-même de Kouffa avec toutes ses troupes disponibles, el s*avança jusqu'aux bords du DodjatU dans la vaste plaine de Maskou (*).
Dès que les deux armées furent en
f présence, Abd-el-Meiik, Odèle à la poittque prudente et astucieuse des Ommiades , se garda b en d'engager immé* diatement le combat, et de jouer la partie sans en avoir longuement calculé . les coups. Bien au contraire, il amusa assez longtemps Mosab en vaines et lé- : gères esrarmouches, tandis qu'il faisait sonder les intentions de certains chefii . de son parti. Le khalife trouva plusieurs . consciences larges ; et ce que le mécon- > tentement avait commencé, l'argent' Facheva. Puis, lorsqu'il fut sa r qu'au moment décisif ses nouveaux alliés sauraient vigoureusement l'appuyer, il li- '. vra enfin cette bataille générale si désirée par Mosab. Elle fut acharnée, sanglante, pleine de péripéties Tout d'abord la cavalerie impétueusedu Kouffîen Ibrahim jeta le trouble dans les ran£;s de Tavant-garde syrienne, eommandée pourtant par le orave Hadjadj* ben-Yousouf, qui devait prochainement s'illustrer devant la Mekke. La cavalerie d'Abd-el-Mélik , sous les ordres du brillnnt Mohammed-ben-Merwan, propre frère du khalife, n'aurait même pas suffi peut-être pour rétablir les chances du combat si la trahison d'un certain Attab-ben-Warka n'était encore venue au secours des Syriens. Cet Arabe, avide et dissimulé , gai; né par les promesses du khalife, fit donner le signal de la retraite sur l'aile gauche des Kouffiens, permit ainsi aux sollats d'Abd-el-iHélik d'écraser la cavalerie qui les menaçait , et décida par sa défection du succès de la journée.
Le lendemain, la scène la plus déses* pérante pour i^losab se passait dans son camp. Toutes ses troupes indisi-iplinées, mal attachées à son parti, d'intérêt et de pays différents, présentèrent l'image dû plus pitoyable chaos : les
(*) Voyes le Mémoire sar Abd-Allah-ben- Zobalr par M. Qualremère, daiu le JourruU Aùaliqttie,