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L'raiVERS.
Mais, profitant du répit que les Romains accordaient à sa douleur, il écouta les conseiJs de Mi nias, son confident. Minias croyait son maître invincible.
Il fut chargé de répondre à Villius et à Sulpicius. Son discours fut violent et hautain. « Vous parlez , disaitil , de rendre la liberté aux villes grecques ; mais vos actions contredisent vos paroles. Pourquoi traiteriez-vous mieux les cités d'Asie que celles d'Italie et de Sicile, qui sont aussi d'origine grecque, et où chaque année vous envoyez le préteur, avec la hache et les faisceaux ? » SulpiciusrepartitpourRomeavec ses collègues. La guerre était imminente. Antiochus, aveuglé (>ar les flatteries d'Alexandre d'Acaraanieetde tous ses courtisans, méditait une attaque contre la Grèce.
Annibalfpar les artiticieuses menées des ambassadeurs, avait perdu la confiance du roi; il fut cependant admis au conseil , et reconquit toute son influence, en conseillant Li guerre. Les Étoliens montraient la même ardeur. (Is envoyèrent des ambassadeurs en Asie, et s'eiforcèrent de rallier tous les peuples de la Grèce sous le commandement d'An* tiochus.
GUEBBE d'ANTIOGHUS GONTBB BOMB ; GOUBIlT des THEBllOPYtËS; BATAILLE DE MAGNÉSIB. — Rome
déclara solennellement la guerre à Aatiochus et aux Étoliens en 191. Le roi de Syrie venait de prendre possession de FËubée; i4 alla àDémétriade avec toute sa cour, et tint conseil dans cette ville. Annibal voulait qu'on attaquât les Romains dans leur propre pays , et qu'on forçât la Macédoine à se déclarer ou vertement dans la querelle. On adopta d'a« bord cet avis^ mais les généraux grecs ou syriens, les uns par timidité, les autres par jalousie et amour- propre, s^effrayèrent d'un dessein aussi audacieux.
Aussi l'armée asiatique , au lieu de se montrer sur les frontières de l'Italie , fut ameoée par Polyxénidas dans la Grèce centrale. Les troupes du roi s'amusèrent au siège de Larissa ; elles furent repoussées par Bébius; enOn le vieil An tiochus épousa la tille de Cléoptolème, à Chalcis; les fêtes de son mariage l'occupèrent pendant tout l'hiver (*). Cependant, le danger de*
"{*) Tanquam in média pacenupUa* célébrât*
venait imminent. Le consul Aeiliiu s'approchait à grandes journées : Antiocnus alla camper aux Tbermopyles pour Tarréter. Ses alliés, les Ëtoliens, occupaient, en petit nombre, les hau»
teurs de Callidrome, de Rhodante et de Tichiante (*); le roi de Syrie, avec environ dix mille hommes, se tenait en arrière. Caton, l'un des lieutenants d*Acilius, enleva le Callidrome , et rejeta les ÉloHens dans la vallée, surrarmé^d'Antiochus; blessé à la tête, au comineacement de la mêlée, le roi s'éloigna du champ de bataille, et sa retraite lui le si* gnal d'une déroute générale. Dix mille hommes périrent dans les précipices ou sous les coups des Romains. Antiochus vaincu se retira àËplièse; vainenaentil voulut tenter les chances d'un combat sur mer. Polyxénidas, que les veats contraii* res avaient empêche d'aborder en Grèce avant le combat des Tbermopyles, reçut l'ordre d'attaquer La flotte romaine.
Il la rencontra près de Corycus, eo looie; mais il fut battu parC. Livius, et perdit vingt-trois vaisseaux. Cet échec réveilla l'activité du roi : il envoya Annibal en Syrie et en Phénicie pour équiper une flotte. Mais tous ses efforts turent inutiles. L. Cornélius Scipioa, le aou* veau consul, prit terre dans le port de Pergame. Les Rhodiens, surpris par Polyxénidas, avaient perdu vingt-oeuf vaisseaux. Pour réparer cet éc£ec, ils bloquèrent Annibal à Mégiste, en Pamphylie. Dans le même temps, i£inilius attaqua Polyxénidas sur les côtes de rionie, près de Myonnèse; il prit ou coula à tond quarante-deux vaisseaux.
A cette nouvelle , Antiochus donna Tordre aux garnisons de Lysimachia et des villes voisines de se retirer vers le midi : c'était ouvrir l'Orient aux envahisseurs. Les Romains trouvèrent sur leur passage des vilies abondamment pourvues d'armes et de vivres. l\s traversèrent sans obstacle la Phrygie. Voyant t'eanemi au centre de ses Etats, Antiochus ne comptait plus ^uesur les succès d'une n^oeiation; mais Scipion exigeait que le roi se remit sans condition au pouvoir des Romains. Il fallut eourir les chances d'un
TU. LiT., XXXV, II; et plm loio (16) : lithil se ex Ortecia, prater amcena Chaldde hi» berna tn/ametiwpiiag^wetifie,^ (•) Tit Liv., ibid., 10.
le
combat. Uarmée syrienne, campée à Magnésie, était forte de quatre-vingt-deux mille hommes. Scipion n'avait que deux légions, qui formaient, avec les Grecs et les alliés , un corps de trente mille solaats. Mais Tarmée romaine était rassemblée sur un espace assez étroit; le général mouvait , d'un coup d'œil , embrasser les mouvements de toutes ses divisions. Un brouillard épais couvrait la plaine. L'humidité de Tuir détendit les cordes des arcs ; comme les archers formaient une grande partie des troupes asiatiques, cette circonstance contribua encore à la défaite d*Antiochus- On aurait remédiée ce désavantage en faisant combfittrelessotdatsjrmés de pii{^uesetde lances. Au contraire, ils se formèrent en phalange épaisse. Les hommes des premiers rangs purent seuls prendre part à l'action. Àntiochus perdit plus de cinquante mille hommes àMaguésie (190) Jl prit la fuite, et ne s'arrêta qu'en Syrie (*). Il envoya à Scipion son neveu Antipater et Zeuxis comme ambassadeurs. La paix fut conclue aux conditions suivantes : le roi de Syrie abandonnera toutes ses possessions d'Europe et d'Asie au delà du Taurus; il payera tous les frais de la guerre, c'est-à-dire quinze raille talentg euboîques ; il en donnera cinq cents comptant , deux mille cinq cents après la ratification du traité par le sénat et le peuple romain, et le reste en douze ans. £q outre, il acquittera les anciennes dettes contractées envers Eumène , ou envers son père; il donnera vingt otages choisis par les Romains ; il livrera Annibal , Thoas l'Étolien , l'Acarnanien Mnasimaque et les Chalcidiens Philonet Kubulide (**). Annibal avait déjà pris la fuite. Les ambassadeurs d' Antiochus partirent pour l'Italie (189).
Antiochus le Grand ne survécut pas longtemps à ces revers. Suivant Aurélius Victor, il avait b^ttu, dans l'ivresse, quelques-uns de ses officiers, qui le tuèrent par vengeance. Une autre version , plus accréditée , raconte différent*
(*) Ad ^linquaginta milfia peditum casa «0 aie dicuntur, equitum tria millia; mille {tquadringenti captL et quindecimcumnctori" ^vselepfianti. TiLLiv., XX^VII, 44.
(**) Le roi de Cappadoce, qui avait donné des «esours à Antiocbus, fut coodamoé à payer BU cents taleatft aux Romains.
ment sa mort O. Presse par le besoin d'argent, il alla dans l'Élymaîde, et pilla le temple d'une divinité de ce pays. I^ peuple, poussé par le ressentiment de cette injure, se jeta sur le prince et io massacra.