‹ Syrie, Liban et Palestine, géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnéeChapitre 126 sur 190 · MERKEZ-CAZA DE HAMA · texte numérisé non relu

MERKEZ-CAZA DE HAMA

Orientation; Limites. — Le mèrkèz-caza de llamâ est situé au nord du sandjaq de même nom et du vilayet de Souriyè. Il est limité : au nord, par le vilayet d'Alèp ; à Test, par le mutésarriflik de Zôr ; au sud, parles cazas de Homs et de Hamidiyèh, et, àTouest, par ce dernier elle vilayet de Beyrouth sandjaq de Lataqiyèh.

Division administrative. — Il n'a point de nahié; on y compte 140 villes, bourgs, villages et hameaux.

Autorités. — Il est administré par un mutésarrif assisté de son conseil réglementaire.

Population du caza. — Sa population totale est de 127.848 hab., comme suit :

Musulmans sunnites 95.000 hab.

Syriens unis 1.243

Syriens orthodoxes 17.000

Protestants 2.000

Syriens jacobites 2.000

Druzes 9.000

Total. . . 127.848 hab.

Chef-lieu. — Hama — chef-lieu du sandjaq el du mèrkèzcaza de même nom, résidence du muiésarri/' [gouxerneuv); du //ra, général de brigade commandant les troupes du sandjaq; du mira/ai (colonel commandant de place) el des autres autorités supérieures, civiles et militaires; siège des deux évoques d'Épiphania, Tun grec orthodoxe et l'autre syrien jacobite ; des tribunaux du chéri el du béddièt^ des divers services publics, des consuls de France el de Russie, etc., etc. ; station postale et télégraphique de service intérieur (correspondance turque et arabe) — est située à 340 m. d'altitude du niveau de la Méditerranée, à 135 kil. sud-est du port de Lataqiyèh (vilayet de Beyrouth), à 50 kil. nord d'Homs [Émhé) et à 156 kil. nord-est du port de Tripoli (vilayet de Beyrouth), places auxquelles il est relié au moven de deux routes se raccordant, toutes deux carrossables et exploitées par des Compagnies indigènes.

Sa population, comprise dans le chiffre précité du mèrkèzcaza, est de 45.000 hab., comme suit :

Musulmans sunnites. . . 35.000 hab.

Syriens orthodoxes 8.000

Syriens jacobites 2.000

Ecoles. — Les écoles de la ville et du mèrkèz-caza de Hamd sont au nombre de 315, dont 30 supérieures, 2 secondaires et 283 primaires ou élémentaires, fréquentées par 5.720 élèves, dont 5.245 garçons el 475 filles. Ces établissements scolaires sont compris dans le tableau général des écoles du sandjaq dé Hamâ, page 439.

IIamâ, l'antique Emath ou Hamalli^ déjà connue du temps de David (H lieg,, vin, 9), a conservé durant une longue suite de siècles une grande importance politique, commerciale et manufacturière, tant sous le nom à'Epiphania que lui donnèrent les Séleucides que sous celui de Hama qui lui fut rendu par les khalifes arabes et gardé par les Ottomans depuis la conquête de Sélim 1 , en 1517. Quoique bien diminuée de son ancien

rang, c'est encore une ville considérable par son commerce el sa fabrication d'élofTes de soie, de coton et de laine; c'est aussi l'un des plus charmants séjours qui soient au monde. Bâtie sur les rives de ïOronte ou nahr èl-Asi qui la parcourt du sud-est au nord-ouest en traçant de nombreux méandres au milieu de ses jardins, de ses kiosques aux cent colonnettes gracieuses qui s'avancent vers le fleuve et se mirent dans ses eaux, sans cesse élevées par des nonas, les plus grandes connues, et jaillissant de toutes parts en jets élancés pour retomber en cascades dans des bassins de marbre aux vasques superposées, la ville moderne est bien véritablement un type de ces cités merveilleuses décrites dans les contes arabes. Des toiles peintes ombragent ses rues tortueuses inégalement pavées, bordées de maisons à stores de soie ; ses places de terre battue sont encadrées entre deux rangs de palmiers; partout le jasmin, la glycine courent au-dessus des portes, des fenêtres et des murs. Hamâ^ en effet, est la retraite choisie, le lieu de prédilection des riches négociants musulmans retirés des affaires; et, si l'extérieur, un peu négligé au point de vue municipal, n'offre que des beautés naturelles^ tout ce qui peut plaire au goût, entretenir une douce rêverie, flatter des sens délicats, est réuni à l'intérieur où, dans des appartements tout entourés de jardins embaumés, d'eaux murmurantes, règne le luxe le plus confortable et le plus éblouissant.

On compte, à Hamâ, 20 belles mosquées à minarets, 10 m^dressé^ une église grecque orthodoxe, une chapelle du même rite et une autre chapelle du rite syrien jacobite ; 10 bains publics ou hammariy 8 hans ou hôtelleries, 2 casernes, un hôpital militaire, une pharmacie militaire, 2 drogueries, 15 cafés arabes, 15 n07ias ou roues hydrauliques qui arrosent les jardins et ali. mentent d'eau les maisons, les bains, les mosquées, etc., de sorte qu'il n'est aucun besoin de fontaine publique et qu'il n'en existe point ; 30 fabriques de soieries et de cotonnades, 5 fabriques de lainages, 10 moulins, 9.000 maisons, 8 cimetières musulmans, 2 cimetières grecs orthodoxes, un cimetière syrien jacobite, etc., etc.

Production agricole. — La production agricole du mèrkèz-caza de Hamâ consiste surtout en blé, orge et maïs blanc et jaune; pois, lentilles, fèves, vesce, ricin, anis, cumin, soie> coton, tabacs, pastèques et melons, etc. Les jardins delà ville de Hamâ donnent chaque année une récolte de fruits, légumes, oignons, etc. , d'une valeur moyenne estimée à 1.200.000 fr. On cultive la vigne pour raisins de table frais et secs dans ces mêmes jardins qui donnent une récolte, de ce chef, évaluée à 600.000 fr., en année moyenne. La valeur totale de la production agricole du mèrkèz-caza de Hamâ est, en moyenne, de 18.1 50.900 fr.

Industrie. — Les 35 fabriques de tissus de soie, colon, laine, or et argent, de la ville de Hamâ précitées, possèdent on tout 700 métier» et occupent 4.900 ouvriers. On estime leur production totale à 1 .787.550 fr. par an.

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