GAZA DE SALT
Orientation; Limites. — Le caza de Sait, annexé au sandjaq de Ma'ân en mars 1894, comme il a déjà été dit plus haut, est l'un descazas les plus productifs du Haourân. Il est situé au nord du sandjaq de Ma'ân; ses limites sont, au nord, le sandjaq du Haourân ; à Test, le grand désert de Syrie [bâdiyètèch' Chdm) ; au sud, le mèrkèz-caza de Karak, et à Touest le mutésarriflik de Qouds-i Chérif (Jérusalem), et le vilayet de Beyrouth. Il est séparé du mèrkèz-caza de Karak par le OuddiModjib^ ancien Arnon.
Division administrative. — 11 n'a point de nahié; on y compte 8 villes ou villages qui sont : Salt^ Amman, Basbdn, Ouddi èS'Sir, Madaba, Zara, Qala'at el-Baloud et Qalà'at-Zèrqa.
Autorités. — L'autorité administrative est exercée par le cdimakam^ sous-gouverneur, assisté de son conseil réglementaire.
Population du caza. — La population totale du caza de Sait est de 29.700 habitants, comme suit :
Musulmans sunnites (Ottomans, Arabes,
Syriens, etc.) 24.500 hab.
Musulmans sunnites (Tcherkesses) . . . 1.000 —
Latins 2.000 —
Syriens orthodoxes 2.000 —
Protestants 200 —
Total. . . 29 700 hab.
Chef-lieu. — Salt, chef-lieu du caza de même nom et résidence du càimakam^ siège des tribunaux du chér'i et du bè-
dàièt^ ainsi que des services publics, station posiale et télégraphique du service intérieur, quartier d'un détachement de Tarmée active [nizam) composé d'un bataillon d'infanterie, d'un escadron de cavalerie et d*une batterie d'artillerie, est située à mi-côte (environ 835 m. d'altitude) du Djébèl Yécha, couronné à son sommet (1 .055 m.) par le tombeau du prophète Osée, but de pèlerinages musulmans, et par les ruines d'un vieux château fort, détruit en 1840, sur lesquelles on a construit une caserne occupée depuis 1874 par le détachement précité. L'état-major de ce détachement est logé en ville dans des maisons louées aux habitants durant toute la belle saison, tandis que les cavaliers et artilleurs campent plus bas, dans la plaine de ^lyoûn el-Hommar couverte de vastes et gras pâturages oii paissent leurs chevaux.
Population du chef-lieu. — La population de la ville de Sait (ès-Salt) comprise dans le chiffre de celle du caza est de 7.700 habitants, comme suit :
Musulmans sunnites 4.500 hab.
Syriens orthodoxes 1.500
Latins 1.500
Protestants 200
Total 7.700 hab.
Écoles. — Il y a dans le caza de Sait 43 écoles dont une secondaire et 42 primaires, fréquentées par 1 .460 élèves, dont 1 .140 garçons et 320 filles, dont le détail figure dans le Tableau général des écoles du sandjaq, page 494.
La contrée qui environne Sait a longtemps fait partie des dépendances de Naplouse sous le nom de Belkâ et n'a été détachée de ce caza pour être d'abord attribuée au Haourân que lors de la formation du vilayet de Beyrouth en 1888. Très importante du temps des Croisades, cette ville occupe un emplacement qui a paru correspondre assez bien à celui de la ville antique de Ra-
moth'Ga/aad sous laquelle les rois d'Israël Achab el Jorain furent ballus par les Syriens.
Il existe près de Sait, tout à fait au pied de la montagne du côté du sud, une grotte haute et profonde taillée dans le roc et que Ton croit à certains indices reconnaître pour une ancienne église. La source dite de Djèdour, renommée dans toute la contrée de Belka, sort de cette grotte ; après avoir arrosé les luxuriants jardins d'oliviers, de grenadiers et de figuiers qui environnent la ville, elle va se jeter dans la plaine, la parcourir au loin et la féconder. L'eau de cette source fournit la force motrice nécessaire aux huit moulins de Sait et alimente les maisons. Les femmes descendent le soir en groupes pour y puiser leur provision journalière, dans des jarres qu'elles portent sur leurs épaules comme au temps des patriarches.
On compte à Sait une mosquée à minarets et 8 chapelles musulmanes; deux églises, dont Tune, fort ancienne,, appartient aux Grecs orthodoxes et l'autre aux Latins. Les protestants, petite colonie anglaise, ont aussi un temple auquel est annexé une sorte de dispensaire où un médecin donne aux malades des consultations et des soins gratuits. Les maisons sont au nombre de 1.540, pour la plupart vieilles, mais solidement bâties; quelques-unes seulement, de style plus nouveau, ont été construites par des notables musulmans originaires de Naplouse, qui les entretiennent avec soin elles meublent avec un certain goût. Presque tous les autres habitants musulmans sont d'anciens nomades, des bédouins devenus tout à fait sédentaires; plusieurs d'entre eux se sont élabhs cordonniers ; ils fabriquent des chaussures à Tusage des tribus errantes, tandis que les femmes tissent de la toile grossière pour leurs tentes ; mais en majeure partie, de même que les Grecs orthodoxes, ils s'occupent de cultiver la vigne. On fait à Sait du raisin sec, du raisiné, etc., articles très estimés, objets principaux du commerce local.
Comme le plus grand nombre des musulmans du sandjaq de iMa^àn et beaucoup de ceux du Ilaouràn, les habitants du caza de Sait appartenant à cette communauté sont également d'anciens bédouins, formant aujourd'hui le fond de la population fixe.
510 VILAYET DE SVRI?:
Mais, tout sédentaires qu'ils soiiMil aujourd'hui, sorlaul peu de la circonscriplion qu'ils onl adoph'^o, payanl régulièrement la dîme des céréales, la taxe des bestiaux, la contribution foncière, etc., ils n'ont pu s'accoutumer encore à demeurer dans des maisons; la tenl(^ <'s( iii-lispensable à leur bien-être. C'est Ifi une des principales c:iiis''s do la rareté des centres bàlis dans ces parages, autrefois si riches en grandes cités.
Outre ces bédouins, il y a aussi dans le sandjaq de Ma^ân comme dans toute la Syrie, des tribus nomades qui possèdent des terres dans certains cazas et viennent y l'aire en temps voulu les semailles et la moisson. Ces tribus vont aussi payer leurs contributions à époques fixes, mais non pas toujours au même endroit; elles paient au lieu de perception le plus proche de leur campement, tantôt ici, tantôt là, au gré de leur caprice. C'est encore là une des principales causes du profond silence gardé par la statistique sur une population insaisissable qui, au même endroit, se chiffre aujourd'hui par centaines de mille âmes et demain par zéro.
Production agricole. — La production du sol du caza de Sait est celle des plus riches cantons du Haourân. Les principales cultures, qui donnent chaque année des récoltes très abondantes, sont celles des céréales, des graines légumineuses et oléagineuses, du coton, du tabac, de la vigne et de tous les arbres fruitiers, du mûrier, du sumac qui s'exporte pour la tannerie, etc., etc.
BétaiL — L'élevage est pratiqué partout avec beaucoup d'activité et un très grand succès. On nVstime pas à moins de 150.000 têtes le produit annuel moyen de cette branche de lagriculture, sans compter les bœufs, chameaux, chèvres et moutons des Adoudn et des Béni Saklièr qu'on ne saurait évaluer.
Agriculture. — L'éducation des abeilles est l'objot de soins zélés et intelligents dans tout ce ^av.a.
Industrie. — On fabrique à Sali des souliers el autres chaussures et des tentes de toile grossière pour les nomades, ainsi que des chapelets de bois dur, objets d'un commerce très actif. Les moulins sont nombreux dans le caza, malgré la rareté des centres de population.
Dîmes et impôts. — Les revenus moyens du fisc dans le caza de Sali sont évalués à la somme totale de 12.000 livres turques par an, soit environ 276.000 francs.
Localités remarquables. — Amman, village situé à 25 kilomètres sud-est de Sali, au bord du Otiddi Zèrqa^ ancien Yabok, à 840 mèlres d'altitude, sur l'emplacement de Rabbath'Ammôn^ capitale des Ammonites^ ancienne Philadelphia des Grecs et des Romains, est depuis sept à huit ans, habité par 400 émigrés /c^èrA'è^ qui y ont été installés par les soins du gouvernement. Il y a dans ce hameau une mosquée à minaret, une école primaire, un moulin à eau sur le Yabo/c, et tout autour des cultures bien soignées, comme dans toutes les colonies circassiennes en Turquie d'Asie. Il est alimenté par d'excellentes eaux de sources, el le climat en est très sain.
Sur les deux rives du Oundi Zerqa s'étendent les vastes et magnifiques ruines de la ville gréco-romaine. On y remarque de nombreux monuments ; parmi ceux qui attirent le plus l'attenlion, il faut citer un édifice carré, ancien tombeau; une basilique, un palais des thermes, un théâtre romain, le mieux conservé que Ton connaisse; la citadelle, etc., et enfin un grand et splendide palais presque intact.
Madaba, village situé à 8 kilomètres environ au sud du Nébo, du haut duquel Moïse put voir de loin toute la Terre Promise avant de mourir, est habité par une petite population chrétienne ; les communautés latine et grecque orthodoxe y ont chacune un couvent el une école. C'est une des plus anciennes villes du pays d'Ammon. On y voit, parmi des ruines considérables, une énorme digue barrant la vallée et formant
uii réservoir carré qui mesure 110 mèlres de côté et 6",50de haut ; de larges escaliers placés aux quatre angles peroietleol d'atteindre au niveau de l'eau.
IIasban^ l'ancienne Hesbon, ville royale des Amorrhéens, échue en partage, ainsi que Médaba, à la tribu de Huben, est un hameau de réfugiés circassiens oix se voient des ruines qui paraissent remonter à une très haute antiquité et qui occupent un emplacement très considérable.
OuADi Ès-SiR, autre hameau circassien, situé entre Amman et Hasbân, possède également des ruines dignes d'intérêt, auxquelles on a assigné pour date Tépoque des Macchabées. Les eaux courantes abondent en cette localité; les habitants en ont profité pour établir plusieurs moulins, utiles fondations qui les enrichiront peut-être par la suite.
uu réservoir carré qui mesure 110 mètres de côlé el 6",50de haut ; de larges escaliers placés aux quatre angles permeKeol d'atteindre au niveau de l'eau.
Hâsban^ l'ancienne Hesbon, ville royale des Amorrhéens, échue en partage, ainsi que Médaba, à la tribu de Kuben, est un hameau de réfugiés circassiens où se voient des ruines qui paraissent remonter à une très haute antiquité et qui occupent un emplacement très considérable.
OuADi Ès-SiR, autre hameau circassien, situé entre Amman el Hasbân, possède également des ruines dignes d'intérêt, auxquelles on a assigné pour date l'époque des iMacchabées. Les eaux courantes abondent en cette localité; les habitants en ont profité pour établir plusieurs moulins, utiles fondations qui les enrichiront peut-être par la suite.
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MUTÉSARRIFLIK
DE QOUDS-I CHÉRIF
(JÉRUSALEM
Création. — Jusqu'en 1873, la Palestine fit partie du gouvernement général de Syrie, qui avait été constitué en vilayet à l'époque même de la substitution de ce nouveau système de division administrative à l'ancien système des èyalets^ vers 1867.
En 1873, le système des vilayets, devenu général dans tout TEmpire, fut à son tour légèrement modifié dans le mémo esprit qui avait présidé dès le principe à son institution, c'est-à-dire que l'étendue de plusieurs gouvernements généraux fut de nouveau diminuée par la création de quelques autres vilayets formés d'une partie du territoire de ceux déjà existants, et par l'augmentation du nombre de miitésarrifliks détachés de la juridiction des valis (gouverneurs généraux) pour être placés dans le ressort direct du ministère de l'Intérieur.
Le sandjaq de Jérusalem (Qouds-i Chérif), qui comprenait, comme aujourd'hui, la majeure partie de la Palestine, devint alors Tun de ces mutésarr'ifliks privilégiés qui ne dépendent point des valis. Cette disposition n'était pas moins justifiée par la grande étendue du territoire de ce sandjaq, qu'en raison des intérêts majeurs et tout exceptionnels qui font de Jérusalem, de Bethléem et autres Lieux saints, des cités de la plus haute importance à divers titres, aussi bien pour les chrétiens de tous les
51i MUTÉSARRIFLIK DE QOUDS-I CHÉRIF
rites, pour les israélites de tous les pays, que pour les musulmans eux-mêmes.
Orientation; Limites. — Le mutésarriflik de Qouds-i Chérif (Jérusalem) est situé par 31° 30' à 33M3' de longitude et 29^30' à 32ol0' de latitude. Il est limité au nord par le vilayet de Beyrouth; à Test par le sandjaq de Ma*ân et la mer Morte ; au sud-ouest par une ligne idéale tracée lors de la délimitation officielle de rÉgypte à partir du fort Qala'at èl-Arich, sur la mer Méditerranée, jusqu'au fort Qala'at èl-Akaba, situé au fond du golfe Akaba (ancien sinus Aelam ticus); et à l'ouest, enfin, par la mer Méditerranée.
Superficie. — Autant qu'on peut évaluer la superficie de ce sandjaq, en tenant compte des lignes de démarcation idéales de Test et du sud-ouest, cette dernière traversant la presqu'île du Sinaï, comme il vient d'être dit, de l'une à l'autre des deux forteresses èl' Akaba et èl-Arich^ tandis que la première part de l'extrémité sud-est du vilayet de Beyrouth, passe du nord au sud par le milieu de la vallée du Jourdain et de la mer Morte, puis de l'ouest de Ouadi èl-Araba pour venir aboutir à Qala'at èl- Akaba^ cette superficie est en totalité d'environ 22.000 kilom. carrés, comme suit :
Mérkèz livâ (cassaba de Jérusalem,
nahié deBélhléemetautresdépen-
dances 2.200 kil. c. .
Gaza de Jaffa avec son nahié de Ham-
lèh 1.600 —
Gaza de Ghazèh (Gaza) 12.400 —
— de Khalil èr-Rahman (Hébron) . 5.800 —
Total... 22.000 kil. c.
Division administrative. — Le mutésarriflik de Qouds-i Chérif est divisé administrativement en 1 mèrkèz-Jivâ^
STA.nS I IgUK J)KSCUlP'JiVi':
3 cazas el 2 nahiés. On y compte en tolalilé 328 villes, bourgs, villages et hameaux, comme suit :
MERKEZ-LIVA