‹ Syrie, Liban et Palestine, géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnéeChapitre 23 sur 190 · CHRÉTIENS CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

CHRÉTIENS CATHOLIQUES

Latins. — On comprend^ dans le vilayet de Beyrouth, aussi bien que dans ceux d'Alep, de Syrie et autres divisions administratives de cette partie de la Turquie d'Asie, sous le nom collectif de La/m^, tous les groupes religieux soumis à l'autorité spirituelle du pape, et qui sont, en ce qui concerne spéciale-

i6 VÎLAYET DE BEYROUTH

ment le vilayetde Beyrouth : T les Latins proprements dits ; 2<> les Marofiltes; S"" les Grecs unis ; 4** les Syriens unis^ et 5** les Arméniens catholiques.

Les Lazaristes, les Franciscains, les Carmes, les Jésuites sont les principaux ordres religieux qui dirigent avec la plus grande activité le mouvement civilisateur de ces conlrées où, comme il sera dit plus loin, ils répandent les lumières de l'instruction et les progrès de la science moderne. Parmi ces zélés propagateurs d'œuvres éminemment utiles au bien public, les religieux français se trouvent partout au premier rang. Le gouvernementotlomanse plaîtà favoriser leurs travaux, car il apprécie à sa juste valeur le concours de la communauté latine dans les œuvres de charité dont l'État prend l'initiative en Turquie.

Maronites. — La communauté maronite forme un corps distinct de population qui occupe à lui seul presque toute la contrée comprise entre X^Nahr el-Kèlb « rivière du chien » et le Nahr el-Barèd a rivière froide », à partir du sommet des montagnes, à l'orient, jusqu'au rivage de la Méditerranée, à l'occident. De ce centre principal, situé en partie dans le mutessariflik du Liban ou Djébèl-Libnân^ et en partie dans le sandjak de Beyrouth, des fractions moins importantes de la communauté maronite rayonnent dans les sandjaks voisins, où elles se trouvent disséminées et comme perdues au milieu d'autres populations beaucoup plus denses, telles que les Ansariyè des sandjaks de Lataqiyèh et de Tripoli, parmi lesquels les maronites ne figurent que dans la faible proportion de 1 pour 85.

Cette communauté, dont les membres ne dépassent pas actuellement le nombre total de 300.000, n'a commencé d'exister que vers la fin du vu' siècle, époque où l'abbé Jean Maron fit appel aux catholiques indigènes, qu'il réunit autour de lui au fond des gorges et sur les hauts plateaux du Liban, dans des sites très difficilement accessibles. De cette façon, les Maronites, ainsi appelés du nom de leur premier chef, ont pu se maintenir à peu près indépendants durant douze siècles environ, malgré leurs fréquents démêlés avec les Druzes, leurs voi-

sins. Dans ces derniers temps toutefois, le gouvernement ottoman est parvenu à faire cesser complètement ces sanglantes rivalités et à établir solidement son autorité dans ces contrées montagneuses. Aujourd'hui, beaucoup de villages mixtes, créés au cours de ce siècle, sont peuplés en nombre égal de Druzes et de Maronites qui, après une courte période de pillages et d'incendies réciproques, ont fini par s'entendre et par vivre en paix. Les Maronites pratiquent Thospitalité comme tous les Syriens, mais avec moins de largesse, de générosité, et moins d'ostentation que ceux de race arabe. Ils considèrent encore la vengeance comme un devoir de famille, malgré l'apaisement graduel des haines de race. Autrefois, les femmes maronites vivaient cachées et ne sortaient que voilées; sur ce point, les mœurs se sont modifiées, la coutume a changé, et elles jouissent actuellement d'une entière liberté.

Grecs unis. — Les Grecs unis reconnaissent la suprématie du Saint-Siège tout en suivant le rite orthodoxe.

Syriens unis. — Il a été parlé au chapitre spécial du vilayet d'Alep (t. II, p. 129) des Syriens unis et des Syriens non unis.

Arméniens unis. — Les Arméniens unis, peu nombreux dans le vilayet de Beyrouth, n'ont rien dans leurs mœurs et usages qui diffère de ceux des membres de cette même communauté habitant d'autres contrées, en Turquie.

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