‹ Syrie, Liban et Palestine, géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnéeChapitre 76 sur 190 · RÉCOLTE · texte numérisé non relu

RÉCOLTE

Graines obtenues 27 oqqe

Cocons 1.271.118 —

Soie 40.559 —

Actuellement, on n'achète, au Liban, qu'une très petite quantité de graines du Japon. Les sériciculteurs préfèrent se fournir de graines de vers à soie en Corse et dans le déparlement du Var. On a observé que depuis quelques années la production se relève considérablement et lend^ par un mouvement rapide, à reprendre et même à dépasser les chiffres des anciennes récoltes. Celte augmentation a lieu, assure-t-on, à raison d'environ 100.000 oqqe de plus chaque année. La culture du mûrier augmente aussi tous les ans en proportion.

On compte, au Liban, environ 150 filatures avec 8.500 tours ou bassines. La plus grande exportation de soie de la Montagne est à destination de la France, par Marseille, et principalement pour Lyon. Celte exportation a lieu par les ports de Beyrouth et de Tripoli et se confond avec le mouvement commercial de ces deux places, d'une part, et avec l'exportation de la Syrie, d'autre part. On en évalue dans le pays le chiffre annuel moyen à 2.800.000 oqqe de soie moulinée, mais on ne saurait douter, si ce chiffre est réellement approximatif, qu'il représente l'exportation totale des deux ports de Beyrouth et de Tripoli et non pas celle du Liban seul, puisque, d'ailleurs, il dépasse de beaucoup le chiffre de la production annuelle des cocons dans ce mu tésarriflik, d'après l'enregistrement officiel ci-dessus.

Après la culture du mûrier vient, par ordre d'importance, celle des céréales, qui aurait dû peut-être être citée en première ligne, car elle occupe un espace beaucoup plus vaste. Comme on le voit au tableau de la production agricole qui figure page 216, la culture du blé, de l'orge, du maïs, de l'avoine et autres grains, ne couvre pas moins, au Liban, de 112.738 deu-

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num, soit un peu plus de 10.360 hectares. La récolte moyenne totale est de 590.942 ktlê, soit environ 218.651 hectolitres, ce qui donne une moyenne de 21 hectolitres par hectare.

La culture de l'olivier, considérée dans le pays comme primant de beaucoup celle des céréales, à cause de son énorme rapport, couvre seulement 31.181 deunum, soil 2.865 hectares. Elle a doublé depuis quinze ans. Cette culture est extrêmement remarquable. Outre les bénéfices considérables qu'elle procure au pays, elle Tembellit et Tassainit. Plusieurs plantations d'oliviers, au Liban, pourraient passer pour de véritables forêts ou du moins de très grands bois. Celle qui se trouve au sud de Beyrouth, près de Chouétfât^ gros village du caza du Chouf, et que Ton nomme en arabe es^Sahra ou Sahrat èch-Chouéifât^ vue de loin, et nécessairement de haut, à cause de la configuration montagneuse du terrain, ressemble à un grand lac, tant les arbres, tous à peu près d'égale hauteur et âgés d'environ quarante ans, sont serrés et touffus. Celle plantation est du reste la plus grande, non seulement du Liban, mais de toute la Syrie. — On cite ensuite, dans le caza du Chouf, le bois d'oliviers de Moukhtdrahj qui s'étend du sud au nord jusqu'à Beutètèr, sur une longueur d'environ 1 6 kil., mais où les arbres ne se suivent pas avec autant de continuité et sont séparés par plusieurs clairières et quelques vides assez grands. Le plateau de Mdisra, dans le caza du Kourah, au sud de la ville de Tripoli, est entièrement planté d'oliviers dans toute son étendue, du nord au sud et de l'est à l'ouest, sur 5 kil. de longueur et 2 kil. de largeur.

La récolte moyenne du Liban est évaluée officiellement h 13.272.407 oççe (17.015.225 kilos) d'olives par an, et la fabrication de l'huile est estimée à 3.419.683 oqqe (4.384.033 kilos), soit un produit annuel moyen dépassant 5.938 kilos d'olives et 1193 kilos d'huile par hectare cultivé en oliviers.

Les olives du Liban sont moins grosses et moins longues que celles des environs de Damas, mais elles donnent une huile de qualité tout à fait supérieure.

La vigne réussit parfaitement bien au Liban ; elle y donne en abondance de délicieux raisins, dont on fait des vins exquis.

On sait quelle est la haute réputation des vins du caza de Kèsrouan, connu partout sous le nom de vin d'or du Liban à cause de sa riche couleur. Les autres vins du pays, généralement blancs ou jaunes, ont tous un excellent goût, mais qui, au lieu de s'améliorer avec les années, finit par se perdre ; c'est, du reste, un défaut commun à tous les vins imparfaitement fabriqués. Les vins rouges, autrefois fort rares, sont devenus plus communs depuis que les Européens fixés dans la montagne se sont mis à cuttiver quelques petits vignobles et à fabriquer, pour leur usage» des vins qui ont été fort goûtés. Aujourd'hui quelques vignerons libanais, suivant l'exemple de leurs proches voisins du vilayet de Syrie, fabriquent aussi, à l'instar des étrangers, de bons vins de table rouges qui se vendent assez avantageusement à Beyrouth. Toutefois, en général, les habitants du Liban cultivent peu les cépages rouges et ne se servent guère de leurs raisins que pour donner à leur vin une agréable teinte rosée. La majeure partie du produit de la vigne est consommée en nature, soit dans la montagne, soit à Beyrouth ou en Syrie. Le reste est transformé en araq ou raqi ( eau-de-vie), en vin, en raisin sec, et enfin en dibs (raisiné).

Les vignobles les plus renommés sont ceux assez étendus des coteaux de Zahlèh. Les cépages qui y sont cultivés sont presque tous blancs ; on en compte plus de dix espèces différentes, préférées surtout pour la fabrication des vins aux meilleurs raisins de Syrie, qui sont ceux des environs de Damas. Après les vignobles de Zahlèh, on peut encore citer ceux de Bhamdoûn et de Baroûkh^ dans le caza du Chouf; ceux de DJébdilet de Méïrouba, dans le Kèsrouân ; de Choudir^ dans le caza du Mètn, et ceux diObé'idiyèh.

Selonrenregistrementoffîciel,la culture de la vigne, au Liban, couvre 21.517 deunum, soit environ 1977 hectares. La récolte moyenne est estimée à 2.858.310 oççe (3.664.353 kilos) de raisins par an, et la fabrication du vin à 158.106 oqqe (202.691 kilos), ce qui donne, par hectare, une production moyenne d'un peu moins de 1500 kilos de raisin.

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Tabac. — On cultive le tabac dans le Liban tout entier, mais la production des cazas de Batroûn et de Djézzin est plus abondante et plus particulièrement estimée que celle des autres parties de la montagne. Cette culture s'étend en tout sur 2.545 deunum (234 hectares environ). La récolte moyenne enregistrée est de 130.817 oqqe [\^1 .101 kilos) par an, ce qui donne, par chaque hectare cultivé en tabac, un chiffre de production de 7 16''. 696 gr.

Elève du bétail. — Le produit annuel de Télevage, dans le Liban, s'élève en moyenne à 156.055 têtes de bétail de toute espèce, comme suit :

TÈTES DE BÉTAIL

NOMBRBS PARTIBL8 NOMBRE TOTAL

Buffles de trait 40

Buffles mâles 20 » ^

— femelles 50 ^ ^^

Buffletins 10

Bœufs de trait 12.563

Taureaux dits qara-seugheur 6.707 . oo oock

Vaches id 10.499 C »8.»8»

Veaux id 9.170

Chevaux 6.866

Anes 7.107

Mulets 2.078

Chameaux 554

Moutons, béliers, brebis et agueaux 8.164

Chèvres, boucs, chevreaux 97.412

Porcs 850

Total général 156.055

pRonurrs accbbsoirbs oqqb kilos

Laine 2.830 8.580

Poil de chèvre 12.467 15.994

id. chauneaux 20 25

Apiculture. — La situation de Tapiculture au Liban se résume, en année moyenne, comme suit :

OQQB KILOS

n^.^u^ S Miel 7.075 9.076

Kecoite . . .j Qj.^ g^5 g^g

Quantité de miel par ruche : 2^631 gr.

STATISTIQUE DESGRIPllVE 223

Fleuves; Rivières, etc. — La plupart des cours d'eau du mont Liban, bien qu'ayant porté dans l'antiquité des noms aussi fameux que poétiques, n'ont aujourd'hui que fort peu d'importance. D'ailleurs ils sont presque tous torrentiels et, par conséquent, à sec durant la plus grande partie de l'année.

Quoi qu'il en soit, les principaux sont, à partir du nord, en se dirigeant vers le sud :

V — Le nahr el-Qadicha ou « fleuve saint », qui prend sa source dans le Djébél Makhmal près de Bcharrêh^ nahié du caza de Batroûn, dirige son cours du sud-est au nord-ouest, passe près d'Éhdèn et de Zghorta, entre dans le sandjak de Tripoli (vilayet de Beyrouth), arrose Tripoli et se jette dans la Méditerranée après un parcours d'environ 38 kil. à travers les cazas de Batroûn, du Kourah et le sandjak de Tripoli.

2* — Le nahr el-Djôz (fleuve des noix), qui sort du Djèbèl Tannourln (nahié de Tannourîn et caza de Batroûn), prend sa direction du sud-est au nord-ouest et, après avoir parcouru environ 37 kil. dans les cazas de Batroûn et du Kourah, va se jeter dans la Méditerranée au nord du cap Rets èch-Chaqqah.

3° — Le nahr Ibrahim^ — célèbre autrefois sous le nom d'Arfonw(*), — prend sa source près du village d'Afqa, ancienne AjoAeca , au fond d'une vaste grotte ouverte à pic sur le flanc de la montagne. C'est dans cette grotte que les filles de Byblos et d'Apheca^ à l'imitation de la déesse tyrienne Salambô, allaient, à l'époque des mystères, pleurer la mort d'Adonis. Ce fleuve dirige son cours de l'est à l'est-ouest à travers le caza du Kèsrouân et vient se jeter dans la Méditerranée entre Djébàïl, ancienne Bt/blos^ et Djounl {Palae-Byblos).

4* — Le nahr el-Kélb (fleuve du chien) est l'ancien fleuve Lycus. Il prend sa source dans la grotte de Djaïta, à 26 kil. environ au nord-est de Beyrouth et alimente cette ville par une dérivation. Il a son embouchure dans la Méditerranée, entre Beyrouth et Ghazlr, à peu près à égale distance (23 kiL

(*) Les fêtes à' Adonis, dieu phénicien, époux de Vénus Astarté, se célébraient sur les bords de ce fleuve, où fleurit Tanémone teinte du sang du jeune dieu.

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de chacune de ces deux villes. Sa longueur totale est d'environ 30 kil. parcourus dans le cazâ du Mèln.

5° — Le nahr Beyrouth (ancien fleuve Magoras) côtoie les limites des cazas du Mètn et du Chouf. Sa source est près des montagnes qui avoisinent Zahlèh, et son embouchure à Test de la ville de Beyrouth, qui n'en profile guère pour son alimentation, car il est à sec presque toute Tannée.

6<» — Le nahr ed-D amour (ancien Tamyras) coule au nord de Déïr el-Qamar, sous un pont au-dessus duquel passe la route carrossable qui relie cette ville, ainsi que le palais d'été du mutésarrif du Liban, à la ville de Beyrouth et à son palais d'hiver de Ba^abda. Le nahr ed-Damoûr se jette dans la Méditerranée à Mahallèqat ed-Damoûr, après un parcours total de 25 kil. dans le caza du Chouf, à partir de sa source au nord-est de ce même caza.

7° — Le nahr el-Aouèlèh (ancien Bostrenus) prend sa source dans le caza du Chouf, à proximité de Béit ed-Din, résidence d'été du mutésarrif^ traverse du nord-est au sud-ouest les cazas du Chouf et de Djèzzîn, et se jette dans la Méditerranée au nord de Saïda (Sidon), après un parcours total d'environ 45 kil., dont 28 dans le Liban.

S"" —Lenahrel'Bardâni.enRn, descend du Djébèl Sannîn à 10 kil. en amont et au nord de Zahlèh; il traverse Zahlèh et vient se jeter dans le nahr el-Liidni [ancien tteuve Liia), dans le caza de Djènîn (vilayet de Syrie), après un parcours total d'environ 24 kil. du nord au sud.

Lacs ; Marais. — Il n'y a ni lac ni marais dans le Liban.

Routes; Chemins. — Jusqu'ici, depuis la création du mutésarriflik du Liban en 1861, il y a eu 5 gouverneurs (voir page 207). Les trois premiers se sont peu préoccupés de la voie publique et n'ont pas jugé nécessaire de former un service spécial chargé de la construction et do l'entretien des routes, tel qu'il en existe un centralisé au ministère des travaux publics pour tous les vilayets de l'empire ottoman. Pourtant ce

service, organisé à Tinslar de ceux du corps des ponts et chaussées de France, fonctionnait déjà assez régulièrement dans chacun des vilayets, dès Tannée 1867, sous le 1*' muiésarrif du Liban, Daoud pacha, qui avait été déjà précédemment chargé à Constantinople du ministère des travaux publics, mines et forêts, postes et télégraphes.

Lorsque Wassa pacha, 4« mutésarrif du Liban, succéda en 1883 à Rustèm pacha à l'expiration des pouvoirs de celui-ci, il n'y avait eu en tout, comme on le verra page 227 au tableau général des routes de ce mutésarriflik, que 76 kil. de routes, construites dans Tespace de vingt-deux ans. Sous Daoud pacha, il en avait été construit 8^.500 en sept ans, pour la somme totale de 170.000 piastres (env. 39.100 fr.). Franco pacha avait fait construire en cinq ans 17^750 de routes et n'avait dépensé en tout que 62.000 piastres (env. 14.260 fr.); mais cette somme ne représente que le prix de 3 kil.; les 14''. 750 restants ayant été exécutés en corvées, système aboli depuis longtemps en Turquie. Sous Rustèm pacha, enfin, 50^500 de routes avaient été exécutés en dix ans, et la dépense totale effectuée de ce chef s'était élevée à 989.500 piastres (env. 227.585 fr.).

Le prix moyen d'un kilomètre de route avait donc été :

Sous Daoud pacha, de 20.000 piastres = 4.600 fr.

— Franco pacha 21.000 — = 4.830 »

— Rustèm pacha 19.594 — =4.506»

Le système qui fonctionne actuellement au Liban pour la construction des routes est celui des prestations en nature, dont les prestataires peuvent se libérer en payant en argent la part de travail qui leur incombe. 11 y a été introduit par Wassa pacha, dès son arrivée au pouvoir, en même temps qu'il établissait dans son administration le service des ponts et chaussées sur le même pied que dans tous les vilayets de l'empire. Par suite du manque de ce service sous les trois précédents mutésarrif^ il a été nécessaire de refaire, tout d'abord, 30 kil. de routes sur les 76 déjà construits par leurs ordres, tant pour cause de vices

226 MUTÉSARRIFLIK DU LIBAN

de construction qu'en raison du défaut de bonnes éludes préliminaires, défaut dont le moindre résultat fâcheux avait été un grand nombre de pentes et rampes difficiles à franchir, et qui rendaient presque impossible la circulation sur ces routes. De 1883 à 1891-92, année de sa mort, c'est-à-dire en huit à neuf ans, Wassa pacha a livré à la circulation 131 kil. de bonnes routes carrossables, coûtant en tout 2.284.500 piastres, ce qui fait ressortir le kilomètre de voie carrossable au prix moyen d'environ 17.438 piastres ( = 4000 fr.).

En résumé, il existait au Liban, en 1891-92, env. 208 kil. de chaussées entièrement terminées et livrées à la circulation. Ce chiffre de 208 kil. se répartit, comme suit, quant à l'époque de la construction des diverses routes, leurs points de départ et d'arrivée, leur longueur respective et la dépense faite pour la construction de chaque route ou tronçon de route :

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