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Edifices publics et constructions diverses, édifiés sous le gouvernement de Wassa pacha (i 883-91)
Palais de Ba'abda, résidence d'hiver du mutésarrif {gonyerneur), Qonaq de Zahlèh, résidence du caïmakam (sous-gouTerneur).
— Djèzztn, — — —
— Djount — — —
— Batroûn — — —
Qonaq du Kourah — — — ,au village de Bèch-mèzio.
Palais de Béït ed*Din. Toute l'aile gauche de ce palais, résidence d*été du gouverneur.
Hôpital militaire à Bé!t ed-Dtn.
Six fontaines publiques.
Conduite d'eau à Ba^aqlin, (4.500 m. de long.)
Conduite d'eau à Mahallèqat ed-Damoûr, (7.000 m. de long.)
Les routes exécutées au Liban depuis 1861 y c'est-à-dire celles énumérées ci-contre, sont des chaussées macadamisées, construites suivant les règles de Fart et bien entretenues. Le matériel d'exécution est généralement acheté sur la place de Beyrouth qui le reçoit de divers pays européens (France, Angleterre, etc.) ; une partie est confectionnée dans cette même ville avec des matières premières de même provenance. 11 y a lieu de citer les cylindres compresseurs, seuls employés dans la construction des routes du Liban. Vides, ils pèsent 2 tonnes, et env. 5 tonnes à pleine charge; 4 mules suffisent pour la traction d'un de ces cylindres.
A l'exception de la chaux hydraulique employée pour les grands ponts et du ciment, qui viennent de France, les matériaux de construction pour les ponts et les chaussées, dans le Liban, sont, suivant leur nature, ou fabriqués sur place ou extraits des chantiers à proximité. Les pierres et la terre, les cailloux, etc., sont généralement pris à côté des routes, et il est très rare qu'on ait besoin d'en transporter de plus de 100 m. de distance. Pour l'empierrement des routes, on emploie le quartz et le silex qui abondent partout. Les murs de soutènement et autres sont bâtis en pierres calcaires, en grès durs, en meulière, etc. La chaux grasse, qui est celle qu'on emploie le plus au Liban, est fabriquée dans la montagne. Cette fabrication suffit largement à la consommation locale et satisfait aux besoins de tout le pays environnant.
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Les éludes préliminaires sont faites, les plans et profils dressés, les devis et cahiers des charges rédigés, par les soins de l'ingénieur en chef qui les soumet au gouverneur. Dès qu'il les a revêtus de son approbation, celui-ci les transmet à son conseil administratif, et Ton procède à la mise en adjudication des travaux sur ces formes. Un contrat conforme, conclu avec Tadjudicataire, reçoit la sanction du mutésarrif (gouverneur), et l'ingénieur en chef est chargé d'en surveiller la bonne exécution. Depuis la mise en application de ce système, également employé pour les travaux d'entretien, de réparation, rechargements généraux de routes, etc., faits en temps et lieu avec beaucoup de régularité, le trafic de la Montagne, qui peut ainsi disposer en toute sécurité d'un réseau de voies de communication se complétant de jour en jour, a pris une grande activité. On estime que son mouvement n'est pas au-dessous de 50 à 60 milliers de tonnes par an. L'exportation aussi bien que l'importation ont plus que quintuplé; la propriété voisine des routes a doublé de valeur; les bourgs d'il y a dix ans seulement sont aujourd'hui des villes, et les villages sont devenus de gros bourgs. Seules, les plantations de mûriers traversées par des routes ont à souffrir de la poussière soulevée par les voitures et les troupeaux, mais l'énorme plus-value de la propriété compense bien au delà quelque déchet dans la production et la qualité des feuilles.
Outre les troupeaux de bœufs, de moutons, de chèvres, les buffles, mulets, ânes et chameaux, les porcs, les cuirs et peaux, la volaille, les œufs, le poisson, le lait, le fromage, le beurre, le miel, etc., la nature du trafic sur les chaussées du Liban comprend l'huile et l'olive, la laine, le coton, la soie, bruts et ouvrés ; les céréales, la paille, le tabac ; les raisins frais et secs ; le raisiné; la figue, Torange douce et l'orange amère; le citron et le limon; la caroube, les pignons de pin, la pomme de terre, la colocasia esculenta (gouêt comestible ou chou caraïbe) ; la truffe, la canne à sucre en exportation, la banane, le melon et la pastèque; l'abricot, la pêche, la prune, le coing, la pomme et la poire; les légumes frais et secs; les bois de chauffage et
^e charpente, le charbon de bois ; le vin et Teau-de-vie ; le savon, la chaux grasse en exportation dans les vilayets voisins et la chaux hydraulique en importation, la houille, le pétrole, le fer, le verre, etc., etc.
Tels sont les principaux éléments actuels d'un traâc assez important et varié, qui, dix ans avant la création des routes carrossables, n^en comptait guère d'autres que les cocons, la soie grège, Thuile, les olives et le savon.
Le chemin de fer de Beyrouth-Damas et de Damas-Haourân
fera prendre un nouvel essor à ce trafic et nécessitera la création
d'un complément de routes carrossables pour achever le réseau
des voies de communication du Liban, dont l'aperçu qui précède
fait voir la réelle importance. On est d'autant plus en droit de
compter sur de semblables améliorations que personne ne
parait être mieux disposé à cet effet que le mutésarrif actuel,
S. E. Na'oum pacha. Comme son prédécesseur Wassa pacha, et
avec plus de sollicitude encore^ s'il est possible, il s'occupe
c^onstamment de tous les moyens de multiplier les relations, en
f*endant les communications plus sûres, plus faciles et plus
promptes. La reconnaissance publique en a déjà plus d'une fois
rendu témoignage.
Tout récemment, eu 1891, une ligne de tramways de Saïda à
Seyrouth et Tripoli a été concédée à un indigène, M. Khadra.
<Jr, comme on le sait, la ville de Beyrouth est enclavée dans le
mutésarriflik du Liban. En conséquence, la ligne en cours de
construction doit traverser d'un bout à l'autre le littoral libanais,
^'abord de Saïda à Beyrouth (env. 45 kil.), puis de Beyrouth à
Tripoli (env. 70 kil.), soit une longueur totale d'env. 115 kil.
de parcours en transit.
Au mois de novembre 1894, les journaux locaux informaient le public de la construction nouvelle d'une mosquée à Béït ed-Dln, résidence d'été du gouverneur du Liban, et ajoutaient que S. E. Na'oum pacha et les fonctionnaires libanais avaient offert d'importantes sommes pour contribuer aux frais de cet édifice, devenu nécessaire, en cette localité, depuis la création de Déir el-Qamar ^n mud'myèh exclusivement habité par des mu-
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sulmans. Les fonctionnaires musulmans, en efifet, se sont trouvés dès lors privés de Tunique mosquée existante à proximité du centre administratif de la xMontagne, dans le palais des anciens émirs druzes, où Fakhr ed-Dîn l'avait fait bâtir à côté d'un khalonè et d'une église.
Montagnes. — Le relief du Liban, considéré dans son ensemble, se présente comme une longue suite de montagnes et de vallées se succédant les unes aux autres presque régulièrement. Vue de la mer, cette chaîne offre un des plus beaux panoramas qui soient au monde. Ses principaux chaînons, en prenant la direction du nord au sud, sont le Djèbèl Tamaroûn^ le DjèbèlFoumm el-Mizâb, le D/èbé/ Makhmal {3.063 m. d'altitude), le col de Dakr el-Khodib, le Djèbêl Djèdj et le Djébél Munéitra qui forme la limite orientale des terrains A^èl-Fetouh. Un peu plus au sud se trouve le Djébél Sannin (2.610 m. d'altitude), le Djébél Kéniséh dont le plus haut point atteint 2.030 m. d'altitude ; à l'ouest de celui-ci, Ton rencontre le massif du Djébél el'Gharb (altitude moyenne : 1000 m.), tandis qu'au sud se relève vers l'est du Liban la longue chaîne de Djébél el'Baroûkh (altitude moyenne : 1600 m.); encore plus au sud enfin, à l'extrémité de celte dernière chaîne, se dressent les deux pics jumeaux de Toûmàt-Niha^ à 1850 m. d'altitude.
Industrie. — Toute l'industrie du Liban est, à peu de chose près, essentiellement agricole. Elle se compose surtout de fabrication de soie, d'huile et de vin, énumérée plus haut, à l'article : «Agriculture » (page 21 8).
11 a déjà été question (page 229) de la fabrication assez importante de la chaux grasse.
Commerce. — On trouve également dans ce dernier chapitre une énumération assez complète des objets dont se compose le trafic annuel des routes carrossables du Liban, et qui forment les principaux articles d'un commerce d'exportation en Turquie et à l'étranger. Ce commerce ne manque pas d'importance; mais sa valeur réelle ne peut pas facilement se dis-
tinguer de ce qui appartient au commerce des vilayets de Syrie et de Beyrouth.
On trouvera consigné plus loin le mouvement maritime du petit port de Djount (p. 254), ainsi que la courte liste des quelques articles importés dans cette ville et celles de Djébâil (p. 259 et de Batroûn (p. 262).
Dîmes et impôts. — En vertu de Tart. 16 du règlement organique du 9 juin 1861 (p. 288), reproduit et complété par l'art. 14 de celui du 6 sept. 1864 (p. 294), la Sublime-Porte s'est réservé le droit le lever, par Tinlermédiaire du gouverneur du Liban, les 3.500 bourses (393.750 fr.) qui constituaient à ces deux dates Timpôt de la iMontagne, impôt qui pourrait être augmenté jusqu'à la somme de 7.000 bourses (787.500 fr.), lorsque les circonstances le permettraient ; il a été bien entendu que le produit de ces impôts serait affecté, avant tout, aux frais d'administration de la Montagne et à ses dépenses d'utilité publique; le surplus seulement, s'il y a lieu, entrerait dans les caisses de l'État.
Si les frais généraux, strictement nécessaires à la marche régulière de l'administration, dépassent le produit des impôts, c'est au Trésor impérial à pourvoir à l'excédent des dépenses.
Les béhâlik ou revenus des domaines impériaux, étant indépendants de l'impôt, seront versés dans la caisse du Liban, au crédit de la comptabilité de cette caisse avec le Trésor impérial.
Mais il est entendu que pour les travaux publics ou autres dépenses extraordinaires, la Sublime-Porte n'en serait responsable qu'aulant qu'elle les aurait préalablement approuvés.