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Ces 4,363 établissements scolaires et les 74.770 éUîves qui les fréquentent seront répartis par communautés dans chaque sandjaq, caza« ville principale et ensemble de villages ou de campements fixes, et seront indiqués plus loin dans les chapitres respectifs de ces divisions et localités.
Les écoles musulmanes du vilayet de Syrie sont absolument dans les mêmes conditions d'établissement, d'entretien, de fonctionnement, etc., que celles de tous les autres vilayets, c'est-àdire que les mèdrèsé ou écoles supérieures (théologie et droit musulmans) et les écoles primaires, la plupart simples annexes de mosquées, qui sont des fondations pieuses, ressortissenl du ministère du culte (chéïkh nl-islama) qui pourvoit à tout ce qui leur est nécessaire au moyen des revenus de ces mêmes fondations, tandis que les écoles secondaires (lycées) et les écoles spéciales ressor tissent, soit pour les lycées et les écoles normales au ministère de l'instruction publique, soit pour les écoles spéciales (arts et métiers, agriculture, génie militaire ou civil, etc, etc.) à chaque ministère compétent, qui y pourvoit au moyen des fonds alloués à cet effet sur son budget annuel.
Les écoles des communautés catholiques sont à peu près toutes fondées, subventionnées et dirigées par les ordres religieux latins, sous le patronage des patriarches, des archevêques et évêques des diverses communautés orientales soumises à l'autorité spirituelle du souverain pontife. La plupart reçoivent, en outre, des subventions et des aumônes des catholiques de France, d'Italie, d'Allemagne, etc. C'est ainsi, par exemple, que l'évêque grec uni de Césarée de Philippe (Baniâs, caza de Qonéïtra, sandjaq du Haourân) a créé, depuis 1886, 14 paroisses, 10 missions, 20 écoles avec plusieurs classes pour l'enseignement de la langue française, un orphelinat agricole qui fonctionne depuis trois ans, et a fait bâtir une cathédrale, une modeste résidence épiscopale, 3 presbytères, achever ou restaurer 4 églises, dont une avait été commencée par le patriarche grec uni, le tout au moyen de dons parmi lesquels figurent 40.000 fr. envoyés par le pape et 80.000 fr. d'aumônes recueillies en France. Les écoles de l'évêque grec uni de Césarée (Baniâs) sont dirigées par des
religieux basiliens qui desservent aussi les paroisses; l'école apostolique des Pères Blancs, à Jérusalem, forme des prêtres du rite grec pour les besoins futurs de ces bonnes œuvres. Afiu de pourvoir à leur extension, des offrandes sont reçues à Paris, soit direclement-parrévêque de Césarée qui y réside soit à rOEuvredes écoles d'Orient, ou enfin chez les Pères Assomptionnistes.
Quant aux écoles des communautés grecque ou syrienne orthodoxe, arménienne et jacobite, elles sont fondées et entretenues par ces communautés elles-mêmes, au moyen de coli sations, d'aumônes spéciales et de dons, de dotations, de subventions de riches particuliers. En Syrie, comme partout, la communauté grecque orthodoxe se fait remarquer par sa sollicitude pour ses écoles et leur bonne tenue.
Les écoles protestantes font peu de progrès chez les populations syriennes, quoique ne provoquant de la part de ces dernières aucun débours, les frais de toute nature restant à la charge des sociétés anglaises, américaines, etc., fondatrices de ces établissements, pour lesquels elles n'épargnent rien.
Stimulée par l'intérêt que lui témoigne l'œuvre de 1' « Alliance Israélite universelle » et par les grands avantages que lui offrent ses belles et utiles fondations scolaires, la communauté israélite de Syrie apprécie mieux qu'autrefois les bienfaits d'une instruction solide et étendue. Mais, tout en envoyant ses enfants et ses jeunes gens aux écoles de 1' << Alliance », cette communauté n'a fait jusqu'à présent aucun effort pour améliorer celles des synagogues, où l'instruction donnée aux enfants se borne toujours aux principes les plus élémentaires de lecture, d'écriture et de calcul.
On peul, en ce qui concerne le nombre des édifices scolaires, diminuer des trois quarts le chiffre porté au tableau de la page 31 8 pour la communauté druze. En effet, ce chiffre résulte, non pas du nombre de ces édifices eux-mêmes, les khalouè, mais de celui des quatre enseignements qui y sont successivement donnés aux hommes, aux femmes et filles nubiles et aux enfants des deux sexes séparément.
L'enseignement supérieur donné aux hommes et aux femmes et fîlles nubiles est une initiation à la doctrine mystique des druzes, qui a de nombreuses affinités avec les divers rites maçonniques. Cette initiation comprend neuf principaux degrés qui commencent aux grades de réfiq (compagnon), dâi (maître) et 'tfyyrf/ (savants). Ces derniers et les femmes ou filles du même grade ou ^aqqdlè sitt-i dirigent respectivement les écoles primaires de garçons et de filles, où ils enseignent à leurs élèves la langue et la littérature arabes, l'arithmétique, leur donnent quelques connaissances utiles relatives àla culture des champs, des jardins, etc., et au commerce, et les préparent à l'initiation. Ces quatre enseignements séparés sont donnés dans le même khalouè^ mais ils semblent bien constituer 4 écoles différentes et non 4 classes d'une même école, car ils n'ont entre eux aucune relation.
Les khalouè sont considérés à tort comme des maisons de prière; les Druzes ne prient pas, à moins qu'ils ne jugent utile à leurs intérêts de prier ostensiblement dans une église chrétienne ou dans un djâmi'' musulman, ce quMls font alors en se conformant scrupuleusement aux usages. Ils ne font pas non plus l'aumône qu'ils considèrent comme dégradante pour qui la reçoit et en quelque sorte insultante de la part de qui la donne. Toutefois ils sont aussi hospitaliers que tous les autres Syriens, mais ils croient que leur hospitalité leur sera rendue dans leurs incarnations futures.
Climat. — Le climat du vilayet de Syrie est généralement sain, surtout dans le mèrkèz-sandjaq de Châm (Damas) qui passe à bon droit pour un véritable paradis terrestre. Mais la température varie beaucoup suivant les localités, et dans plusieurs, notamment dans la vallée du Jourdain, la chaleur est excessive. Celte vallée [èl-Ghor), d'environ 400 kil. de longueur sur une largeur moyenne d'environ 20 kil., resserrée dans les plus grandes parties de son étendue entre des chaînes de montagnes ou de collines relativement fort élevées, est située beaucoup au-dessous du niveau de la Méditerranée. A la mer
Morte : — 400 m. au-dessous ; au lac de Tibériade : — 208 m. audessous; aux sources du Jourdain : + 660 m. au-dessus. Aussi la température s'élève-l-elle souvent, même aux altitudes moyennes. A Houlèh par exemple ( — 2°, 15 au-dessous), où des observations thermométriques ont été faites par M. Deshays, chef des cultures de la colonie israélite, Ton a constaté récemment jusqu'à + 55° centigrades. A Damas, la température ne varie que de + 2** à — 3° centigrades en janvier, le mois le plus froid de Tannée, et elle n'est que de + 38** en juillet et août, les deux mois les plus chauds. Dans le Haourân, la température varie de -H 8" à — 8° centigrades en janvier, et atteint + 40° centigrades en juillet et août.
Production agricole. — Les principaux produits agricoles du vilayet de Syrie consistent en céréales (blé, orge, maïs, etc.); olives, huile d'olive; soie, colon, raisins frais et secs, vins, raqi (eaux-de-vie diverses), lentilles, fèves, pois chiches, vesce, fruits divers frais, secs et confits; miel, cire, chênevis et chanvre en filasse ; anis, sumac, sésame et huile de sésame ; roses et confitures, essence et eau de rose ; pommes de terre, ail éloignons, légumes, tabac, fourrages, laines, cuirs, volailles et œufs, bois de peuplier et autres ; pâtes d'abricots et d'autres fruits; bétail sur pied, chevaux de races arabe et autres; ânes, bœufs, chameaux, chèvres, moutons, etc., etc. Les meilleurs blés sont produits dans le sandjaq du Haourân qui en fait de très importantes exportations et dont la production annuelle moyenne en céréales est estimée à 4 millions d'hectolitres.
Le sandjaq de Ma^ân, où les acacias sont très nombreux, produit de la gomme arabique et en exporte des quantités assez importantes. On y cultive aussi le dattier, le bananier, le caféier et la canne à sucre, maison ne tire aucun profit de celle-ci.
On évalue en moyenne la production agricole annuelle du vilayet de Syrie comme suit :
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