XIV SECONDE LETTRE
d’une morale aussi sévère que l’était Gribeauval, ait été réduit à employer la ruse pour rendre à la France le grand service qu’il lui a rendu? Ce que je viens de raconter m'a été dit, et à beaucoup d’autres sans doute, par un très-grand nombre d’anciens officiers d’artillerie qui se trouvaient au camp de Frascati.
Mais la guerre éclate enfin : les bricoles sont aussitôt répudiées dans les magasins du matériel, par la raison que la seule force motrice de l’artillerie , en campagne, est exclusivement la force des chevaux. « Ces avantages » bien reconnus ( dit donc le comité ) consistent en plus » de simplicité dans les constructions , en un roulage » plus facile, en plus de tournant , plus de qÿiérité dans > les manœuvres, et plus jle facilité h franchir tous les » obstacles. » Toutes ces assertions sont en opposition . avec les principes les plus élémentaires de la mécanique, et par conséquent fausses : donc les expériences n’ont pas été faites avec soin. Je ren^pic encore sur ce sujet mon lecteur à l’ouvrage que je publie , et dans lequel j’ai traité de cette matière long-temps avant que je connusse les assertions du comité ; on y verra que j’y soutiens , par des motifs très-solides , précisément tout le contraire de ce qu’affirme le comité.
Au surplus , le comité avoue positivement qu’il avait fait faire des épreuves comparatives entre son système et le système Gfikeauval. J’avoue ne pas avoir une foi bien grande dans de pareilles épreuves , faites sous la direction des auteurs de l’un des denx systèmes , et en l’absence de l’auteur de l’autre système; car j’ai assez vécu pour ne point ignorer qu’avec un peu d’art on ne manque presque*jamais de faire voir, ou de faire dire , ou de faire croire à bien des gens tout le contraire de ce