‹ Systéme de chimie (volume 2)Chapitre 14 sur 79 · DE L'ELECTRICITE · texte numérisé non relu

DE L'ELECTRICITE

Le professeur Bohenberger donne dans la Biblio- tt^^eMMc. thèqùe universelle, novembre iSao, la description et Tusage d'un électromètre très-sensible » qui indique l'espèce d'électricité dont il accuse la présence.

Cet électromètre , construit par M. Butzengeiger» mécanicien de l'université de Tubingen*, consiste dans un vase cylindrique , d'environ 68 millimètres de diamètre sur 95 de hauteur , portant un couvercle de laiton. D^ ce couvercle, descendent dans le vase deux colonnes électriques sèches , vissées à ce couvercle , de manière que le pôle positif de l'une et le pôle négatif de l'autre y forment au-dessus une légère saillie. Chaque colonne électrique est composée de 4oo disques d'environ 7 millimètres de diamètre de papier d'or et d'argent collés ensemble , remplissant deux tubes de verre verni. Chacun de ces tubes est terminé , à sa partie inférieure , par un anneau de laiton un peu saillant et arrondi, qui est en communication électrique avec les disques. Le couver- |

de étant en place, les colonnes descendent verticalement , ayant leur anneau inférieur distant d'environ 6 millim. du fond du verre. Les axes des colonnes sont éloignés d'environ 4^ millimètres l'un^ de l'autre; mais on peut les rapprocher. Du centre du couvercle s'élève un tube, de verre , verni en dedans et en dehors. Dans l'intérieur de ce tube est un fil de laiton, maintenu dans l'axe par^ un bouchon de liège et ne touchant ce tube nulle part. A l'extrémité inférieure de ce fil de laiton est suspendue une lame d'or battu , longue d'environ 68 millimètres , et larse de 7 millimètres , se trouvant exactement placée au milieu de l'intervalle entre les deux colonnes, et parai* lèlement à leur axe , si elles sont bien verticales. L'extrémité supérieure du fil de laiton se termine en une petite boule de même métal, sur laquelle oa peut visser un des. disques d'un condensateur, comme à rélectromètre..de; Volta.

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Lorsqu'on veut se servir de cet électromètre, on met le couvercle de métal en communication avec le sol , au moyen d'un fU métallique ; et , en touchant le bouton du fil de métal auquel est attachée la lame d'or , on dissipe toute électricité accidentelle qui pourrait appartenir à cette partie de l'appareil , en observant , que pour produire, cet effet» l'attouchement du doigt ne serait pas suffisant , si alors on avait la peau sèche. La lame d'or étant suspendue entre les colonnes jusqu'au niveau des anneaux de métal qui les terminent , l'une positivement^ l'autre négativement , elle est attirée également de part et d'autre , et rest^ tranquille au milieu , dans l'état ordinaire ; mais , lorsqu'au moyen du fil de métal auquel cette lame est suspendue, on lui communique le plus faible degré d'électricité , alors l'extrémité inférieure de la lame d or est attirée par l'anneau de métal qui possède l'électricitée opposée à celle qu'on communique. La lame arrive jusqu'au contact avec cet anneau , puis elle en est aussitôt repoussée et attirée par l'anneau opposé. Ce mouvement d'oscillation dure jusqu'à ce que la lame s^applique par le bput inférieuf à l'une des colonnes, dont on peut facilement, en touchant le fil de métal de manière à dissiper toute son électricité , et en secouant un peu l'instrument , la détacher, si cette lame esl assez longue pour arriver toujours dans ses oscillations , au bord supérieur de l'anneau. Pour pouvoir juger de l'espèce d'électricité, les pôles supérieurs des deux colonnes qui font saillie au-dessus du couvercle, portent les signes -H et— . L'éleclricité qu'on cherche, est celle qu'indique le signe de la colonne vers laquelle la lame se porte d'abord , ou qui , lorsque l'électricité est plus forte , en est touchée la première.

On peut également bien se servir avec avantage de cet électromètre pour examiner des électricités lortes et faibles. Dans le premier cas , on approche lentement et de loin le corps électrisé de la boule de l'électromètre , jusqu'à ce que la lame d'or se mette en mouvement vers l'une des deux colonnes. Si , par exemple , on approche un1)âton de cire d'Espagne frotté, à la distance d'environ un mètre de là boule, on verra déjà un mouvement de la lame d'or vers la colonne marquée— -; si l'on

DK ^ÉLECTRICITÉ. ifô

npproche davantage le bâton de cire d'Espagne frotté vers la boule , la lame frappera la colonne ; et , par un rapprochement encore plus grand , ^Ue pourrait être aisément déchirée. Dans le second cas , celui des électricités faibles , il faut porter le corps électrisé beaucoup plut près de la boule , et même peut-être le faire arriver en contact avec elle , jusqu'à ce que la lame d'or se mette en action. Cet effet est si peu sensible , . qu'il ne se mar nîfesterait point d'une manière apercevable à l'électromètre ordinaire de Bennet. Lorsque l'électricité est trèsfaible • on peut se servir avec avantage du condensateur adapté à l'instrument. La plaque circulaire au bord de laquelle on visse la boule de réfectromètre , remplace le couvercle du condensateur , et un disque de métal » muni d'un. manche de verre et qu'on pose sur cette plaque» représente la partie inférieure. La plaque et le disque sont recouverts d'une couche mince de vernis de succin , sur la face par laquelle on les met en contact. Lorsqu^on veut éprouver une électricité très-faible , on touche d'abord , pour la dépouiHer de son électricité , la plaque inférieure, ou le fil qui porte le bouton; on pose ensuite dessus la seconde plaque ; puis on touche la plaque inférieure » ou son fil, avec le corps dont on veut examiner ('électricité , en touchant en même temps la plaque supérieure, pour la. dépouiller de son électricité; on enlève alors le disque sujpérieur par son manche de verre , en remarquant veri laquelle des deux petites colonnes la lame d'or se porte ; le çigne marqué sur èette colonne indique l'espèce de l'électricité. Si , par exemple; on met en contact avec là surface inférieure de la plaque inférieure du condensateur, un petit disque de zinc d'environ 18 millimètres de diamètre, en le pressant contre celte plaque , sans toucher du doigt celle-ci , et qu'on touche en même temps le disque supérieur du coadensatenr pour le dépouiller de son électricité , et qu'bnsnite CD enlève d^une part le disque de zinc , dé l'autre h plaque supérieure, on verra la lame d'or s'approcher décidément de la colonne marquée •— • Le même çffet se fera observer, en mettant en contact avec le disque de l'aopareil , un morceau de papier argenté , du côté où il est enduit de métal.

Distinction des deux espèces d'ëlectricilé.

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II pourrait être, dans quelques cas, plus commode , de mettre le corps éleclrisé à examiner en contact avec le disque supérieur qui peut être retiré à Tolonté., en touchant la plaque inférieure pour la dépouiller , et en

f)rocédant d'ailleurs comme il vient d'être indicé. Mais 'électricilé que ^'instrument indiquera,, sera, dans ce cas y opposée à celle qu'on' a communiquée à la plaque supérieure, parce que', par cette manière de procéder^ la plaque, réunie à l'instrument, forme la base du condensateur.

Si le corps qu'on veut examiner ne peut pas être commodément mis en contact avec la plaque inférieure du condensateur, on établit la communication ^u moyen d'un fil de métal pourvu d'un manche isolant , et on prp*cède au surplus ainsi qu'on l'a indiqué. '

Nous admettons , conformément à la doctrine adoptée en France et par beaucoup, de physiciens étrangers ,. l'existence de deux fluideç électriques , susceptibles de se neutraliser l'un l'autre» et dont la combinaison, en proportions déterminées , constitue l'état nçiturel des corps. Cette théorie fournit une. explication simple de tous les faits; et, soumise à l'épreuve décisive du calcul, elle donne des résultats qui s accordent avec l'expérience; mais les noms de positif et négatif semblent devoir être conserves • , ,

j ^ Parce quexes nctots positif et.négatif désignent, dans tontes les.applications.de l'analyse mathématique » deux sortes.de grandeurs également existantes; mais telles,

3ue. quand elles «ont de valeurs absolues égales , elles se étruisent mutuçUement par leur réunion ; et que , quand elles ont des valeMrs absolues inégales, l'eifet de cette jréunion est de donner une valeur égale à leur i^i^érenca» et d^ même signe que celle dcwt la valeur absolue est la plus grande, or, .c'est précisément ce qui a Heu à l'égard des deux électricités.

'%'' Parce que l'emploi de ces mots , pris dans ce sens , fournit le ipoyen de ramener h un énoncé général des faits» qu'on ne pourrait décrire^ sans y avoirrecours , qu'en entrant dans le détail de toils les cas particuliers qu'ils pré-

' Annalei de chimie et de physique , tome X VI , pfege 9t.

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