acidehypo-sulfi^rique a.'..-f
Le poids des atomes de ces acides sont les suivans :
Poids d'atomes.
Acide hypo*sulfureux. ...... 3
Acide sulfureux 4
Acide sulfurique 5
Acii}e hypo-sulfurique. ...... 9 ^
C'est un fait très-remarquable , que les acides sulfurique et sulfureux puissent s'unir ensemble » et former un composé acide qui ne soit pas capable.de neutraliser plus d'une base que l'un ou l'autre acide séparément. ' Acide bydro-
Lorsqu'on mêle ensemble sur le mercure trois volumes sulfureux. de gaz hydrogène sulfuré , et trois volumes de gaz acide sulfureux , l'un et l'autre de ces gaz parfaitement secs, ils se condensent , en s'unissant , dans un corps solide , qui adhère fortement aux^^arois du vase dans lequel s'est fait le mélange. C'est à ce composé, qui possède des propriétés acides , qu'on peut donner le nom diacide hydro-sulfur veux.
L'action ^es deux gaz Tun sur Pautre fut observée pour la première fois, par M. Kirwan^ et annoncée par lui dans les Transactions philosophiques pour. 1 786 , p. 1 13. Elle fut indiquée par ceux qui écrivirent depuis , mais il n'avait pas encore été fait de recherches exactes sur celte actit>n des deux gaz, lorsque M. Thomson entreprit» dans l'autoamc de i8i8 , une suite d'expériences sur ce sujet. On avait généralemept pensé que ces gaz se décomposaient réciproquement, et que les produits étaient de Teau et du soufre. Si cette opinion avait été bien fondée , il est évident que ces gaz se condenseraient l'un
* &* édition de ThomsoD, vol. I , page a84 ; Annales de chimie et de pbytique , tome X, page 3ia} AnnaU of ptUiosophy, XIV, 35a.
l'autre , lorsqu'on les mêlerait dans les proportions d& deux volumes de gaz hydrogène sulfuré et d'un volume d'acide sulfureux ; car , en substituant les atomes aux volumes , ce qui peut se faire sans commettre d'erreur » nous avons :
atomes, atomçs.
a atomes gas hydrogène «ulfiité » composé de » soufre a hydr. 1 atome acide sulfureux , composé de i -f- > oxig.
de sorte que les deux gaz peuvent se résoudre en trois atomes de soufre » pesant 6 , et deux atomes d'eau , pesant 3,25.
Mais , comme les deux gaz se combinent réellement dans les proportions de trois volumes de gaz hydrogène sulfuré et deux volumes d'acide sulfureux , il est évident qu'ils ne peuvent se résoudre en soufre et en eau , sans qu'il n'y ait un résidu de gaz oxigène , s'élevant au quart du volume de tout le gaz acide sulfureux employé. Or , lorsque les gaz sont mêlés dans les proportions requises , et dans un état suffisant de pureté » il n'y a aucim résidu gazeux quelconque-
L'acide hydro-sulfureux est un corps solide de couleur orangé ; ^a saveur est acide et chaude , et elle laisse dans la bouche une impression qui se fait sentir pendant trèslong-temps. Lorsqu'il est sec , il ne fait éprouver aucun changement à la couleur du papier de tournesol ; mais si on humecte ce papier si peu que ce soit , il le teint en rouge. L'eau» l'alcool, les acides nitrique et sulfunque». décomposent l'acide hydro-sulfureux « et en séparent du soufre. Lorsqu'on agite cette sul^stance dans de Veau de baryte , il né se manifeste pas immédiatement de précipité; ce qui est une preuve suffisante qu'elle ne contient' ni acide sulfureux^ ni acide sulfurique. E|Ie exige pour se fondre un plus grand degré de chaleur que le soqfre; si l'on coptinu^ de chauffer, une effervescence a li^u » et il reste une certaine qustntité de soufre pur. M. Thomson ne put réussir ^ lui faire contracter d'iipion avec les bases par voie sèche , et dès qu'il y a présence d'humidité 9 cette substance est toujours décomposée. On voit » d'après les élémens employés pour former l'acide hydrosulfureux , que cet acide est composé de
SOtiFRE. 283
5 Atom0$ soufre =10 ,
4 Atomes oxig^ne = 4
3 Atomes hydrogène = 0,375
de sorte que le poids d'une de ses molécules intégrantes est 14,375.^
M. Thomson a reconnu , par l'analyse, que le chlo jo^il?""'^'' rure , formé en faisant traverser du soufre par un courant de chlore , est composé de 1 atome chlore <+• 2 atomes soufre » ou de
Chlore . • . 4»5 . . . 52,94 ... 100 Soufre • . , 4,0 • • • 47,06 . . . 88,88
ioo;oo
nous ayons donc deux chlores de soufre :
1 Le chlorure formé par sir Humphry Davy;
2 Le sou^ - hiohlorure produit en fai3ant passer uq courant de vapeur de. chlore à travers des fleurs de soufre. '
Il est évident que , dans l*état de combinaison qui les ^^uifore de
1 / 1*1 1 n 1 t I • phosphore.
rend composés solides , le soulre et le phosphore sont mêlés avec de l'oxide d^ phosphore , et probablement avec d'autres impuretés i mais M. Faraday a indiqué une méthode pour obtenir le sulfure de phosphore pur.
Après avoir fait fondre «ensemble 5 parties de soufre et 7 parties de phosphore» il agitait le composé dans de l'ammoniaque liquide. En l'y laissant séjourner pen* daat quelques heures, il perdait sa couleur de brun rougefitre , devenait d'un jaune Léger , transparent » et plus fluide. Ainsi purifié, il ne devint pas solide à la température de — 6% 66 centigrades; et, à zéro, il était très-fluide* En le laissant pendant quelques semaines dans une bouteille d'eau , il déposa un cristal pur de soufre, et il resta un composé moins fluide que le premier , qui , à la température d'environ -+ 4'',44
' 6« édition de ThomnoD, toI^ I,P«gc 991; ^nnais of fhiiotofhy^
xn, 44».
* 6* édition de Thomson 9 vol. I , page aSS.
> centigrades, devint une masse cristalline. M. Faraday essaya d'analyser ce composé ; mais ses expériences ne réussirent pas complètement. Cependant il parvint à reconnaître que les proportions des deux constituans se rapprochent de celles de 4 soufre et 8 phosphore. Si le poids d'un atome de phosphore- est 1 ,5., cette composition indiquerait 1 atome soufre+ 3 atomes phosphore. Mais , si un atome de phosphore pèse 2 , alors le sulfure analysé est un composé de 1 . atome soufre 4- 2 atomes phosphore. *
Du sélénium, '
Chlorure de 1^0 séléuium sc combinc avec le chlore et forme un «ciénium. coDûlposé qui , d'après les expériences auxquelles le soumit M. Berzélius, semble être un bichlorure de sélénium. .Après avoir mis une certaine quantité de sélénium dans un tube de verre , il y fit passer un courant de vapeur de chlore pendant tout aussi lons-lemps qu'il en était absorbé par le métal. Il se produisait ainsi un chlorure y d'abord liquide, mais qui acquiert de la solidité à mesure que le sélénium se sature de chlore, jusqu'à ce qu'enfin il prend une couleur blanche. Par l'application de la chaleur , le chlore se contracte un peu sans se fondre , il se sublime alors sous la forme d'une vapeur jaune , à la manière dé l'acide sélénique , et se ^ condense sur la partie froide de l'appareil , en petits cris-
taux blancs. Ce' chlorure se dissout dans l'eau avec une sorte d'effervescence , et il est converti en acides sélénique et muriatique. Dans cet état , il dissout , à l'aide de la chaleur , le sélénium , avec lequel il forme un corps d'apparence huileuse, d'un jaune brunâtre transparent et volatil.
M. Berzélius reconnut que le poids d'une partie de
< 6« édition de ThomsoD , vol. I , page 297 ; et Hoyai intlUvtion joumidy IV, page 61. '
* On avait déjà présenté, dans Tappendiz joint à la traduction française de la précédente édition , Thistoire du sélénium comme métal nouvellement découvert, ainsi que Tezposë de tes propriétés, et de la plupart de set combinaisons ; mais il n'y avait pas été fait mention de celle qu'il peut former avec le chlore. B.
âksenic. 285
sélénium, ainsi converti en chlorure, est 2,79 {larties; <l'où il suit que c'est un composé de
Sélénium. . . . 1,00 . ou 5,12$ Chlore 1,79 • • • 99I7S
M. Berzélius ayant fait dissoudre le chloruré dans Teau , et précipité Tacide hydro-chlorique formé , au moyen du nitrate d'argent , le chlorure d'argent produit pesait 7,3285; et cette quantité du composé contient 1 ,782 de chlore , ou sensiblement moins que ce qui en est indiqué par l'augmentation de poids du sélénium. D'après ce résultat, le chlorure de sélénium est un composé de
Sélénium. ... 1,000 . . ou 5, 12a Chlore i>782 .... 9,122
Le poids du chlore coinbiné arec un atome de sélénium est, d'après la synthèse, de 9,175, tandis que» d'après l'analyse, ce poids est de 9,1225; or, le terme moyen de ces deux quantités est 9,148 , nombre se rapprochant de très-près , de 9 , qui représente le poids de deux atomes de chlore. Il en résulte évidemment , que le composé dont il s'agit, est un bichlorurc , consistant dans 2 atomes chlore et 1 atome sélénium , ou
Sélénium. ... 5,i2â . . ou 1,000 Chlore 9^ .... i,756 '
De l'arsenic.
Le sulfure rouge d'arsenic, connu sous le nom de réalgar, suifuwa aarest composé , d après les expériences de M. Berzélius , de «n^C'
Arsenic 100
Soufre . • 42>9
Or, 42>9 : 100 :: 4*9>52; mais 4 représente deux atomes de soufre, et 9,32 équivaut de très-près à un
> 6* édition de Thomson, vol. I, page 3 00, et Annal$ of fhUos9' fihff, XIII , 4ia, iUd. XIII , 39.
â86 COMBUSTIBLES SIMPLES*
atome d'arsenicé II en résulte donc évidemment,, que le réalgar est un composé d'un atome d'arsenic avec deux atomes de soufre » ou , , que c'est un bisulfure d'arsenic.
Orpiment. D'après Ics dif&cuUés qui s^éiaient élevées parmi les
chimistes relativement aux différences qu'on remarquait entre le réalgar et le sulfure jaune d'arsefiic, appelé orpiment; et les doutes que M. Havy avait élevés sur celles adoptées concernant la composition de ces deux sulfures , M. Laugier enlreprit une suite d'expériences dans la vue d'éclaircir cet objet de discussion. Le résultat de ces expériences fut que l'orpiment artificiellement préparé est composé de
Arsenic 58,34 « • • loo
Soufre 4i»66 ... 7i»42
Mais M. Berzélius à fait voir assez que les expériences de M. Laugier étaient , sous beaucoup de rapports inexactes ; et d'après ses observations , l'orpiment est uq composé de
Arsenic. •••••••...• 61
Soufre • • , 59
Or, 39 : 61 :: 6 ; 9,384; mais 6 représente trois atomes de soufre , et 9,384 est , à très-peu près , le poids d'un atome d'arsenic; d'où il suit évidemment, que l'orpiment est un composé d'un atome d'arsenic et de trois atomes de soufre , ou , que c^est up trisulfure d'arsenic. '
' 6* édition de Thomson, toI. I, page 3ii; Annales de chimie, tome LXXXV, page 56.
y^/y^^VVVyMVVWn^^^/Vt^M^VW^MtSI%^%/VWMMM/^nM/>nMM^^
COMBUSnBLES SIMPLES
SALIFIABLES.
soUium.
Du potassium et du sodium^
Lb potassium et le sodium ont, Tun et Tautre, la facuité Mélange «le de s'unir au chlore , et les combinaisons formées , par ^ussium eUe chacun des deux métaux,' avec ce principe , ont été décrites dans la traduction de l'édition précédente du système de chimie de M. Thomson. Mais comme les chlorures se rencontrent mêlés ensemble , et quelquefois dans des proportions très - variables , la connaissance qu'on a de la déterminaison précise des élémens qui les constituent rend l'analyse de semblables mélanges très^ facile ; c'est de l'analyse de ces mélanges que M. Gay- Lussac s'est occupé le premier , comme une acquisition nouvelle pour la science , et un moyen d'emploi utile dans quelques arts. On peut, suivant M. Gay-Lussac^
Krvenir d une manière satisfaisante à cette analyse, à ide de plusieurs procédés d'une exécution facile ; mais il préfère, comme réunissant à une très -grande simplicité toute la rigueur désirable , le procédé qui suit, fondé sur l'abaissement très-inégal de température que produit la dissolution dans l'eau de chacun des deux chlorures. Après avoir reconnu que 5o grammes de chlorure de potassium se dissolvant dans 200 grammes d'eau contenus dans un vase de verre de la capacité de Sso grammes d'eau et du poids de 1 85 grammes , produisent un abaissement de température de 11 '^,4 centigrades, tan^ dis que la même, quantité de chlorure de sodium donne lieu seulement , dans les mêmes circonstances , à un abaissement de 1^,9 , ce savant observe que si l'on dissout dans 200 grammes d'eau 5o grammes d'un mélange des deux ^lorures , le froid produit sera relatif k la proportionf de chacun des chlorures ; d'où il suit
!2S8 COMBtSTIBLES SIMPLES.
qu'alors il sera toujours possible de couclure l'un de l'autre. On pourrait former ainsi une table , indiquant l'abaissement de température correspondant à un mé> lange connu des deux chlorures; mais M. Gay - Lussac
Î)ropbse , comme moyen devant suiEre, celui de calculer a proportion de ces chlorures par une simple règle d'aïliage , en partant de l'abaissement de température produit par la dissolution de chaque chlorure dans Feau. Soit d cet abaissement , la règle pour calculer les chlo* rures de potassium dans joo parties du mélange a?ec les degrés de froid énoncés » est :
Chlorure de potassium» loo^^ — 190
Les proportions de mélanges connus calculées par cette règle ne différeront jamais de plus d'un centième des yéritables. Il suffira en opérant ainsi, 1® d'avoir un thermomètre très-sensible , sur lequel ou trouve facilement indiqués des dixièmes de degrés ; 2^ de réduire le mélange des deux chlorures en poudre très-fine , afin qu'il se dissolve dans l'eau le plus rapidement possible ; 5* de tenir par le col seulement le vase dont on se sert pour contenir l'eau , et dans lequel on doit plonger le thermomètre pour en connaître la température , afin que la chaleur de la main ne puisse pas influer sur la température de cette eau ; on y verse ensuite promptement 5o grammes du mélange , et pendant que le thermomètre est suspendu dans le liquide avec la main gauche , on tient le col du vase avec la main droite » et on lui imprime un mouvement giratoire très-rapide pour accélérer la dissolution. Pendant qu'elle s'opère , le thermomètre baisse très-promptement ; on suit sa marche avec attention , et on observe le degré le plus bas auquel il s'arrête.
Ce procédé qui exige à peine dix minutes pour être exécuté en entier , est susceptible de la plus grande précision ; et , à raison de son extrême sensibilité , il peut être employé dans les arts. '
^ ' Annale» de chimie et de physique 9 tome lUI/ ptf e 4>
tITHION. 289
Du Lithion. '
Où trouve dans la mined'Oto» en Suède, un minéral » ^ue M. d'Andrada distingua le premier sous le nom de pétalite» Ce minéral , quoique connu des minéralogistes depuis plusieurs années , n'a fixé que récemment Tattention des chimistes. On ne Ta jamais rencontré cristallisé; mais sa forme primitive^ obtenue et calculée par M. Haiiy au moyen de la division mécanique et à l'aide du gonyomètre» est un prisme rhomboïdal, dans lequel la proportion entrelesdeux diagonales, est commek^ 73 *• k^i ce qui détermine les deux angles opposés, l'un à i37'',8^ et 1 autre à Z^^", 62^
La couleur du pétalite est le blanc , avec de très-légères teintes , de rouge , de bleu , ou de vert , dues probablement à un mélange de substances étrangères. Sa cassure en long est lamelleuse , celle en travers est conchoïde, à petites cavités , ou quelquefois fibreuse. Son éclat extérieur se rapproche de l'état nacré , à l'intérieur il est presque vitreux.
La pesanteur spécifique du pétalite est, suivant M. Arfwedson, de 2,421, de 2^268, selon le docteur Gmelin et le docteur Clarke , l'établit à 2,4^^
Le pétalite est' translucide, et en petits fragmens , presque transparens. Sa réfraction est simple , au moins ,.Iorsqu'oaregarde l'objet à travers les faces parallèles du miné rai. Sa dureté parait être à peu près la même que celle du feldspath. Il raye facilement le verre , ce qui n'a pas lieu à 1 égard du feldspath. Sa fusibilité au chalumeau est à peu près la même que celle de l'adulaire. Le verre ,
> Il avait été fait déjà mention, dans Tappeudix joint à la traduction de la précédente édition , de la lithine ^ comme a'un alcali nouvellement découvert dans le fétaHU; mais dans Texposé -qui j a été présenté des propriétés de cette substance reconnues d'abord par M. Arfwed^on , et depuis par M. Vauquelin , les dénominations de lithine et de lithion, métal d'où on l^obtient, n'ayant pas été appliquées 4'uoe manièie exacte, on a cru convenable, pour éviter touto ambiguité ou erreur, d'offrir ici l'histoire du litbion telle que M. Thomson la donne dans ga sixième édition, en y ajoutant ce que MM. Vatt» ^elin «t Arfvfcdfton ont fait connaitre sur ce métal et soa oxide. R.
lorsque la fusion a élé complète , est transparent et parsemé de petites buUes d'air à Tintérieur ; avec addition de borax » il se fond en un verre incolore ; mis en digestion dans des acides, il est en partie décomposé. Ce minéral attira l'attention de M. Ârfwedson , jeune chimiste y élève de M. Berzélius, et il lé (rouva composé de silice , d'alumine , et d'un alkali. Une perte de poids qui eut lieu , dans trois analyses qu'il en fit , le porta à examiner la nature de cet alkali. |1 lui reconnut des pro*
Ïriétés particulières ; et , d'après l'idée que lui en suggéra I. Berzélius, M/ Arfwedson crut devoir distinguer cet alkali nouveau par le nom de lithine, de X(9oç ( pierre. )
Outre le pétalite » la lithine a été également trouvée
dans le minéral connu sous le nom de spodumène ou
triphane.'
Comment on On pcut retirer la lithine de ces minéraux en les trai-
j©bti«Bt. ijjjjj gj^gj qij'ji g^J^. . A.près les avoir réduits en poudre ,
et mis à l'état de fusion dans un creuset , avec une suffisante quantité de carbonate ou de nitrate de baryte, on fait dissoudre la masse fondue dans l'acide hydro-chlorique ; on ajoute ensuite assez d'acide sirlfuf îque pour précipiter la baryte, et déplacer l'acide hydro-chlorique ; après avoir alors filtré la dissolution, qu'on évapore à siccité, on redissout le résidu dans l'eau , et on ajoute à la liqueur filtrée assez de carbonate d'ammoniaque pour en précipiter tout , excepté la Ijthine. On filtre et on évapore à siccité la liqueur filtrée , et le résidu , calciné dans un creuset , devient sulfate pur de lithine. Si l'on dissout ce résidu dans l'eau, et qu'on précipite exactement tout Tacide sulfurique, au moyen d'eau de baryte introduite dans la dissolution , la lithine seule y restera ; et. , en Tévaporant , on pourra obtenir cette substance à l'état de pureté. Set ro Tii' ^^ lithine , ainsi obtenue , est blanche ; elle verdit les t^- couleurs bleues végétales; sa saveur est aussi pleinement
caustique que celle de la potasse elle-même. Elle n'attire pas ^ comme ce dernier alkali , l'humidité par son expoliitlon à l'air , elle y reste parfaitement sèche ; mais eUe absorbe par degrés l'acide carbonique et se convertit en carboâiite. Elle n'est que peu soluble dans l'eau , corn* .parativement à la potasse ou à la soude. Gmelin trouva qu'«ll« s« dissout à petas» dans l'aicool de la pesantem*
IITHION. 591
spécifique de o,85; et, qu'en ajoutant de Talcool à ane dissolution aqueuse de lithine, cet alkali se précipite, après quelques heures d'intervalle. Lalithine,.chauirée dans un creuset de platine^ agit avec ûnè très- grande énergie sur ce métal.
Sir Humphry Davy parvint à extraire de la litbine , sa base métallique. Il trouva qu'elle ressemblait beaucoup h celle des autres métaux alkah'ns , au sodtutn spécialement, avec lequel la base de la lithine paraît être le plus souvent presque alliée. MM. Arfwedson et Gmelin essayèrent l'un et 1 autre , sans succès , cette réduction, à Tûide de la pile galvanique.
Il n'a point été fait de tentatives, pour déterminer la proportion d'oxigène avec laquelle le lithion s'unit, lorsqu'il est converti en litbine ; mais on peut en approcher de très-près par le moyen qui suit. Le sulfate de litbine a été analysé par MM. Arfwedsop et Vauquelin , et les résultats de leurs analyses ont donné , pour parties constituantes de ce sel , savoir:
Arfwedson.
' Acide sulfurique 68,65 . . 5
Lithine 3i,55 . . 2,285
100,0 ék Yauquelin.
Acide sulfurique 69,2 . . 5
Lithine ...••.#... 3o,8 . . 2,22$
Il résulte de ces analyses, que le nombre équivalent, pour la lithine (ou la quantité capable de saturer un atome d'acide sulfurique) y est '2^283, suivant M. Arfwedson, et 9,225, selon M. Vauquelin; or« le terme moyen deceadeux nombres est 2,254» d'où il suit, qu'on peut, sans erreur sensible, adopter 2,25 pour le poids d'une moUh-cule intégrante de lithine; et si nous la suppM0n# ub^ composé d'un atome lithion et d'un atome oxigèiae ( comme cela est probable d'après l'analogie ) , alors |a
29a COMBUSTIBLES SIMPLES.
composition de ta lithine sera
Lithion 1,25
Oxigène 1,00
et le poids d'un atome de lithion sera 1,3 5.
Dans la série de ses recherches sur les combinaisons de la lithine , M. Arfwedson obtint et put reconnaître, àqueU ques propriétés particulières et distinctives, le carbonate, le carbonate neutre, le sulfate, le sulfate acide , l'acétate, le tartrate , le borate de lithine , et le sulfate . triple d'à • lumine et de cet alkali. En faisant bouillir une dissolution concentrée de carbonate de lithine aTCC une quantité suffisante de chaux caustique éteinte^ et en faisant fondre ensuite dans un creuset d'argent , à la manière ordinaire des alkalis , le résidu de la dissolution filtrée , M. Arfwedson obtint la lithine à l'état caustique.
Chlorure. j^ lithion so coipbîne avec le chlore , et il en résulte
un composé auquel on peut donner le nom de chlorure de lithion. Ce chlorure n'a pas été directement formé , mais on peut l'obtenir , lorsqu'après avoir saturé la lithine avec de l'acide hydro-chlorique , et évaporé la dissolution à siccité , on chauffe le sel desséché à l'abri du contact de l'air. L'hydro-chlorate de lithine ne cristallise pas , mais il se dépose pendant l'évaporation , sous la forme d'une croûte de texture irrégulière. Il entre immédiatement en déliquescence par son exposition à Tair. Chauffé , il se fond c^ une très basse température. Le chlorure de lithion , exposé à Vfi\v , en attire promptement l'humidité 4 et est ainsi converti en hydro-chlorate de lithine. Ce chlorure est composé , suivant l'analyse de M. Arfwedson , de
Chlore . • 6,26 . . . 4>5 Lithine . . o,g44 • • • i,3o5
or 4>3 est te poids d'un atome de chlore.» et i^SoS diffère très -peu de \,^i , qui est le poids d'un atome de litbjon ; d'où il suit évidemment, que le chlorure de ce mé> tal'est un composé de 1 atome chlore + 1 atome lithion. ^» Nous ne connaissons pas de composés que le lithion soit capable de former avec l'iode et les combustibles acidi-
fiables sknples« M. Vanquelio s'est assuré que la Ihhine s'unit au soufre de la même manière que la potasse et la soude. Il en résulte un sulfure de couleur jaune , qui a des propriétés semblables à celles des sulfures alcalins ordinaires. '
Du Fer.
Lorsqu'on chauffe au rouge un mélange de limaille de ^^scWmare de fer et de sélénium en poudre , il s'opère une combinaison, sans aucune apparence de combustion; mais si, après avoir mis du sélénium au fond d'un tube de verre , et placé par-dessus de la limaille de fer , on applique une chaleur suffisante pour volatiliser le sélénium » la limaîllç de fer absorbe cette vapeur ; elle flevient rouge de cha- leur , et cet état d'ignition continue pendant aussi longtemps qu'il y a du séléniure absorbé. Le séléniure de fer» ainsi formé , a une apparence métallique ; sa couleur est le gris avec une nuance de jaune. Ce séléniure ne se fond pas , mais il devient agglutiné en une masse cohérente. Au chalumeau , il abandonne une portion de son sélénium » et il est converti en une masse noire , cristallisée , cassante , qui parait être un séléniate de fer.
Le séléniure de fer se dissout aisément dans l'acide hydro-chlorique , avec développement de gaz hydrogène sélénié , et c'est le meilleur procédé pour se procurer ce gaz* Outre le gaz hydrogène sélénié , il s'en dégage encore un autre « qui n'est soluble ni dans l'eau , m dans lés alkalis caustiques. Ce gaz a une odeur très-désagréable que les vaisseaux de verre retiennent pendant long-temps > même après avoir été nettoyés. ""
MM. Marshall Hall et Guibourt ont publié l'un et l'au- fer^i?\!?îoîi tre un Mémoire sur Voxidation du fer par le concours S'ÏMa *'"^*' de l*air et de Veau; le premier, dans le Journal de l'institution royale» vu, 55» et M. Guibourt» dans le Journal de pharmacie » iv» 241 v
' 6« édition de Thomson , toI. I, page 343, AnnaU of phUoiaphy^ VI , 169 et 198 ; Annales de chiinie et de physique • tome Vil » page a84 j et tome X , page 81.
■ 6* édition de Thomson , vol. I , page 4oi » et Annales de chimie et de physique» tome 11^, page 34s»
M. Hall ayant fait ses expériences en .plongeant de» feuilles de fer dans de l'eau à la température ordinaire » purgée ou non purgée d'air , et en exposant à l'air uu morceau de tôle couvert avec delà mousseline humectée »en conclut, eu opposition à ce qui avait été généralement admis , i ^ que l'eau , bien purgée de l'oxigène qu'elle tient ordinairement en dissolution, et parfaitement isolée du contact de l'air , ne peut oxider le fer à une température ordinaire; 2* que l'oxigène ou l'air, parfaitement secs, ne peuvent pas non plus altérer le fer; 3* qu'au contraire, Toxidation s'opère très-facilement par le concours simultané de l'air et de l'eau; dans ce cas, l'air fournit l'oxigène^ qui étant sai$i par l'eau, est transmis par elle , comme intermédiaire nécessaire , au fer ; ou plutôt peut-être , la présence de l'oxigène , sous forme d'hydrate , est-elle indispensable à l'oxidation du métal.
Le résultat général des expériences de M. Guibourt , est que le fer décompose l'eau par lui- même , et à froid , et que cette décomposition augmente avec la température. Néanmoins dans plusieurs de ses expériences , faites dans de certaines circonstances , M. Guibourt obtint un résultat contraire ; cette diiférence donna lieu , pour ea expliquer la cause , à faire remarquer que le fer et son oxide doivent être considérés comme deux corps hétérogènes, d'énergies électriques différentes, et pouvant» par leur contact , déterminer la décomposition de l'eau , de la même manière qu'un élément de cuivre et de zinc dans la pile voltaïque. '
Par cette considération , du fer bien net, tenu sous de l'eau privée d'oxisène , n'éprolive aucune altération ; si l'eau contient de l'air , il se forme de l'oxide d'un brun rouge, qui conserve sa couleur .s'il est isolé du fer, et devient d'un vert brun, s'il reste adhérent à la surface de ce métal. Dans ce dernier cas , la décomposition de l'eau est favorisée par le contact du fer et de son oxide, et l'hydrogène qui en résulte , ramène à un degré inférieur l'oxide rouge formé par l'action de l'air. i
D'après ces observations , et en comparant entre elles les expériences de MM. Hall et Guibourt, et leurs résultats, il paraîtrait démontré , que le fer île décompose pas l'eau à un température ordinaire , quand ils sont l'un et
COBALT. VODÂIfIGM. I^qS
l'autre parAiitement purs. Mais rôxfdatioii'» une fois com laencée», par une cause quelconque» peut contiouer par l'action seule de l'eau. '
Bu Cobalt^
Le cobalt absorbe aisément le sélénium, à l'aide de la chaleur. Cette combinaison chauffée au rouge se fond^ abandonne son excès de sélénium, et forme une masse de couleur grise avec éclat métallique , et d'une cassure lameUeuse.^ ^
Du ff^odanlum*.
M. Lampadms a donné le nom de vadan ou vodàntum { de celui d'une ancienne divinité des Germains ) à un métal , qu'il annonce avoir découvert dans un minéral , que M. Van Trebra avait reçu de Topschau en Hongrie. M. Breithaupt , qui a désigné ce minéral , sous le nom de pyrite de vodan ou vodanium , le Récrit ainsi qu'il suit : oa ne l'a rencontré jusqu'à présent qu'en masse, et dans cet état, fl est rempli de cavités. Sa cas-> sure est inégaîe et grenue à petits ou à gros grains. Les frasmens sont anguleux, indéterminés, à bords non particulièrement aigus.
Cette pyrite est plus dure que Te fluate de chaux, mais moins que l'apatite ; elle est cassante , aisétiient frangible; sa pesanteur spécifique est 5, 192.
Ses parties constituantes sont , suivant M. Lampadius, du vodanium, du soufre,, de L'arsenic, du fer et du nickel. Nous ne connaissons pas quel est le procédé qu'employa ce chimiste pour extraire le vodanium de cette mine , et le réduira à l'état métallique ; mais il a assigné à ce métal, nouvellement découvert , les caractères suivans*.
Ce métal est d'un jaune de bronze ,. semblable à celui du cobalt glauque , et sa pesanteur spécifique est 1 1 ,470.
Lé vodanium est malléable ; sa cassure est hapiforme ; il a la dureté du fluate de chaux , et il" est très-attirabl&
' Annales de chimie et de physique ^ tome XI , page 4o> • 6* édition de Thomson, vol. I, page 4't3 % et Annales- d« chimie et de physique 4 tome IX, page a44« ^
Suténime.
^9^ COMBUSTIBIES SIMPtES.
è l'ainiant; ii ne se ternit point à l'air à la températare ordinaire.maîâ parla chaleur il est converti en un oxide poir.
La dissolution de ce métal dans les acides est inco lore , ou • au moins elle n'a qu'une légère teinte de jaune de yin. Son carbonate hydraté est également blanc. Son hydrate, précipité par l'ammoniaque caustique» est d'un bleu indigo»
Les phosphates et arséniates alkalins ne donnent lieu à aucun précipité dans une dissolution acide saturée de ce métal. Il n'y en est pas produit non plus par l'infusion de noix de galle. Une laipe de zinc précipite une poudre noire métallique de la dissolution de ce métal dans l'acide bydro- chlorique. Le précipité , occasioné par l'hydro-çy^ate de potasse, est d'un gris perlé.
L'acide nitrique dissout aisément et ce métal et son oxide , et la dissolution fournit des cristaux aiguillés incolores , qui se dissolvent avec facilité dans l'eau. '
Nota. Depuis la découverte du vodanium , annoncée par M. Lampadius , M. Stromeyer qui a fait en dernier lieu l'analyse d'échantillons du minéral même , d'où ce chimiste l'avait extrait, assure n'avoir trouvé dans ce minéral, que du nickel^ du cobalt, du fer, du cuivre» du plomb , de l'antimoine , de l'arsenic et du soufra » sans aucune trace de vodanium. ^
Du Manganèse.
oxides. M. Arfwedson assure avoir trouvé un oxide de man<-
ganèse , intermédiaire entre les oxides vert et le peroxide de ce métal. Il annonce l'avoir obtenu en chauffant au rouge du nitrate de manganèse, ou en exposant à l'air l'oxide vert. Il est composé comme le 4* oxide de M. Berzélius, et il est noir; s'il en est ainsi, l'oxide doit être formé de
1 Atome manganèse = 5,5, ou loo
1,5 Atome oxigène.. . . i,5 4^9+857'
* 6« édition de ThomsoD, ¥01.1, page iii, Jnnals of ffhUoiophy ^ XIU» a5a, et Annales de chimie et ae physique , tome XI > page lot.
* Annales de chimie et de physique • tome XIVn page 335.
ganesiqne.
Dans une suite d'expériences que fit M- Arfwedson sur »?***•• le peroxide natif du manganèse , il découvrit » qu'outre le peroxide pur , il se rencontre, parfois dans la nature, une substance composée de deux atomes de peroxide et d'un atome de protoxide» ensemble avec 10,08 pour cent d'eau ; ' d'où il suit que ses parties constituantes sont :
Protoxide de manganèse. 26,11 ou 4»^==^ atome. Peroxide de manganèse. 63 ,81 11,0=2 atomes Eau • • 10,08 1,7=1,5 atome
Cet hydrate ne tache point les mains, et il donne une couleur brune rougeâtre. Il est quelquefois cristallisé en fines aiguilles. '
D'après les expériences de MM. Chevillot et Edwards ^^jf^JJ*"" sur le ' caméléon minéral , il y a lieu de croire , que le manganèse peut se combiner avec une proportion d'oxigène plus grande que celle qui existe dans l'oxide noir, et que le composé qui en résultera les propriétés d'un acide. Ces messieurs sont parvenus à former un sel cristallisé , composé de potasse » d'oxide noir de manganèse et d'oxigène, toutes parties constituantes, présentes, en propprlions définies. Ce sel est rouge, mais sa couleur passe au vert lorsqu'il contient un excès de potasse- La quantité d'oxigène parait devoir être rapportée au manganèse et non à la potasse; il est donc présumable que l'oxigène se combine plus particulièrement avec l'oxide du métal. Lorsqu'on chauffe les cris-< taux du sel rouge , en contact avec du gaz hydrogène ,, il y a ignition. Avec le phosphore^ ces cristaux produisent une détonation violente , ils enflamment le soufre , l'arsenic , l'antimoine , et ils produiraient le même effet sur tous les corps combustibles essayés.
Si l'on suppose que cet acide manganésique , ainsi
' 6« édition de Thomson, vol. I,'page 4>9 > Annales de cbiaiîc et de physique, tome VI, page ao4*
* 6« édition de Thonison, vol. I, page 4>99 «^ Journal de physique, LXXXVII , 464*
i^S COMBUSTIBLES SIMPLES.
que MM. ChevîUot et Edwards pensent quHt poiirratît être nommé » est un composé de i atome manganèse , et trois atomes oxigène, alors\ses parties constituante»^ seraient :
Manganèse ». 3,5 ou
Oxisèue » . . 3,0
ou
Du Zinc^
séWnîurè. !•& combînaîson du zinc avec le sélénium s'opère-
aussi difficilement que celle du soufre avec ce même dernier métal; mais si l'on met une baguette de zinc chaufiée au rouge , en contact avec des vapeurs de sélénium , il y a explosion et production d'une' poudre jaune , qui est un séiéniure de zinc. Cette poudre se dissout dans l'acide nitrique avec dégagement du gaz nitreux. Le zinc est oxiaé et dissous , tandis que le sélénium se sépare à l'état d'une poudre rouge. "
Du Cadmium.
Le professeur Stromeyer de Goltingue, chargé de Histoire. l'inspection des pharmacies du Hanovre , reconnui^^ en remplissant les fonctions de cet emploi dans la principauté de Hildesheim, en 1817, qu'on substituait, dans cette contrée , le carbonate de zinc à Toxid'e de ce mé1!al , dont l'usage avait été prescrit dans les pharmacopées. Ce carbonate de zinc se fabriquait à Sàlzgitter. D'après les informations qu'il prît auprès de M. Jost, qui diri-^
Î^eait cette fabrication , il apprit qu'on s'était trouvé dans a nécessité de substituer le carbonate à l'oxido de zinc , parce que cet qxide avait une couleur jaune qui nuisait à son débit dans le commerce. En examinant cet oxide , M. Stromeyer s'assura , qu'il devait sa couleur jaune à la présence d'une petite quantité de l'oxide d'un métal nouveau, dont il fit la séparation, qu'il réduisit et examina. Il donna au métal qu'il obtint ainsi , le nom de cadmium»
» ' 6* édition de Thomson , vol. I , page 4 19» et Annales de chimie et de physique, tome VIII, page 337.
* 6f édilion de Thomson , vol. I , page 436,' et Annales de chimie et de ph;^&ique, tome IX, page 34 1*
CADMIUM. ' ^90
Earce qu^on le trouve ordinairement accompagnant le zinew ians le cours des vis! les faites, il y a quelques années, dans les pharmacies de Tétat de Magdebourg , on.trouva , chez plusieurs pharmaciens, une préparation de zinc provenant de la Silésie , faite dans la manufacture de M. Hermann , à Schonebeck , qui avait été saisie , comme étant supposée contenir de l'arsenic; parce qu'en la faisant dissoudre dans des acides , et en mêlant la dissolution avec du gaz hydrogène sulfuré , il s'y produisait un précipité qui, soumis à quelques expériences , fut jugé être de Forpiment* Cette circonstance ne pouvait être indifférente à M. Hermann , parce qu'elle compromettait le crédit de sa ma-* nufacture; et particulièrement encore , parce que le conseiller de médecine Roloff, qui assistait à la visite des Iiharmacies , avait envoyé son rapport du tout à M. Hufeand , à Berlin , qui le publia dans son journal médical. M. Hermann crut donc devoir soumettre à un nouvel examen , fait avec beaucoup de soin , l'oxide de zinc suspecté ; mais il ne put parvenir à y découvrir de trace d'arsenic. Il demanda alors au conseiller Roloff de répéter son expérience sur l'oxide ; et celui-ci ayant bien voulu essayer de nouveau la préparation de zinc inculpée, il reconnut que le précipité , qu'il avait pris d'abord pour de l'orpiment, n'en était réellement pas; mais qu'il était dû à la présence d'un autre métal , ayant une très-grande ressemblance avec l'arsenic, mais probablement nouveau. Four acquérir une entière certitude à ce sujet , il fut envoyé des échantillons de l'oxide de zinc et du précipité jaune à M. S'tromeyer, qui y reconnut aussitôt la pré- ^ sence du cadmium, en proportion considérablement plus gt'ande (environ 8 pour cent) que dans l'oxide qu'il avait
Î précédemment examiné. Cette circonstance lui fournit 'occasion de se procurer une quantité de ce nouveau métal , sufiisante pour pouvoir en examiner en détail les propriétés.
Pour opérer la séparation du c^admium de l'oxide de ^ comme on zinc, avec lequel il se trouvait mêlé, le professeur Stromeyer , après avoir fait dissoudre l'oxide dans l'acide sulfurique « et ajouté un excès de cet acide à la dissolution , y foisait' passer un courant de gaz hydrogène sulfuré, jusqu'à ce que tout le cadmium fût précipité. Ce métal
l'ohiient.
enti^alne avec lui une portion de zine et de cuivre » s'il arrive qu'il y en ait présence^ Le précipité est redissous dans l'acidid hydro-chlorique concentré, et on se débarrasse de l'excès d'acide par évapora tion. LC' liquide est alors mêlé avec du carbonate d'ammoniaque en excès. Le zino et le cuivre sont redissous en totalité , tandis que le car* bonate de cadmium est précipité sous forme pulvérulente. En chauffant ce carbonate au rouge , il est converti en oxide pur de cadmium. En exposant ensuite un mélange de cet oxide et de noir de fumée à une chaleur modé^ rément rouge , dans une cornue de terre ou de verre , le cadmium est réduit à l'état métallique.
propriëtès. Le cadmium, ainsi obtenu, est de couleur blanche, avec une très-légère nuance de gris-bleuâtre, ce qui le faitres* sembler beaucoup à l'étain. Il est brillant et peut être susceptible de prendre un beau poli : sa cassure est ha* piforme , et il cristallise aisément en octaèdres réguliers.
Ce métal est mou ; }\ est facilement attaqué par la lime» Qu peut être coupé au couteau : il est très-malléable , et peut être réduit, sous le marteau» en lames très^minces; on peut aussi le tirer en fils.
Sa pesanteur spécifique , lorsqu'il a été fondu , est de 8,6o4o ; mais elle s'élève , après qu'il a été écroui , à
8,6g4,4* Oxide. Le cadmium est très-fusible ; sa fusion a lieu avant que
la chaleur à laquelle on l'expose soit au rouge : ok peut l'opérer en le touchant avec un fil de fer rouge de feu. n est aussi très -volatil, et peut être converti en vapeur , à une température de peu supérieure à celle du terme d'ébuUition du mercure. Cette vapeur n'exhale point d'odeur particulière. Le métal en fusion se réunit en gouttes comme le mercure , et il cristallise à mesure qu'il se ré<froidit.
Le cadmium, exposé à l'air, s'y altère aussi peu que le zinc, quoiqu'à la longue sa surface perde son éclat. Chauffé à l'air , il prend aussi facilement feu que le zmc ; il est transformé en un oxide de couleur, jaune-brunâtre , qui ordinairement s'exhale à l'état d'une fumée jaunebrunâtre , et recouvre les substances qu'on tient au-des sus du métal en ignition; il ne produit même pas» en brûlant ainsi , d'odeur sensible.
CADMIUM. Sot
• Le cadmium se dissout lentement dans les acides sulfu^ rique , hydro-chk>rique et acétique , avec dégagement de gaz hydrogène. L'acide nitrique le dissout aisément ; et pendant la dissolution , il se désage du gaz nitreux; dans tous les cas^ il se combine arec la même proportion d'oxigène» ne formant qu'un seul oxide, de couleur jaune , fixe an feu et infusiUe à une chaleur blanche. Nous avons deux séries d'expériences faites par M. Stromeyer , pour déterminer la composition de cet oxide. La première donne le nombre équivalent pour le poids d'une molécule intégrante de l'oxiâe ; la seconde indique l'augmentation de poids que le métal éprouve lorsqu'il est converti en oxide. M. Stromeyer trouva que les composés salins suivans d'oxide de cadmium , sont formés , savoir :