‹ Système de chimie (volume 3)Chapitre 106 sur 149 · Albumine · texte numérisé non relu

Albumine

La connaissance de ses principes constituans nous met en état d expliquer sans difficulté les changemens produits sur le jaune aœuf par l'action de divers réactifs. Action Hatchett trouva au'en faisant bouillir le jaune d'œuf avec

ae upou»i€. jç ig^ potasse, il se lorme un savon animal concret , de couleur olive pâle , qui, lorsqu'il est dissous dans l'eau , et saturé d'acide hydrocblorique , donne un précipité à l'état de graisse. Lorsqu'on brille lë jaune , il laisse un petit résidu de phosphate de chaux et de phosphate de soude '..

Le jaune d'œuf agité avec l'eau, fournît une émubioQ blanche comme du lait. La destination principale du jaune de l'œuf est de servir d'aliment au poussin avant qu'il casse la coquille.

SECTION XIV

De la Salive.

Histoire. I"^ fluide sccrété dans la bouche, et qui découle en grande quantité pendant la mastication , est coimu sous le nom de salive. Hatler * recueillit toutes les observations faites sur cette liqueur, avant le milieu du dix-huitième siècle; depuis ce temps, Fourcroy^ du Tennetar, et Brugnatelli y ont ajouté plusieurs faits importans; et M. Siebold publia eni797, dans son Traité sur le système salivaire ^ une suite trèsnombreuse d'expériences sur cette matière. Berzelius à soumis la salive, aussi biop que les autres sécrétions, à une analyse exacte *-

» Hatchett, Phil. Trans. iSoo, » Haller's Physiology, VI, 3ï.

* Anoals of Philosophj, II ^ 3^9.

La salive est on fluide b'mpide comme Teau , mais beau- ^n^rinétr coup plus visaueux : il est inodore et insipide- Sa pesanteur spécifioue, selon Hamberger, est de 1,0167 ' ; et suivant Siebold, de 1,080. Je Tai trouvée de i,oo38. Par l'agitation, la salive devient écumeuse comme tous les autres liquides visqueux ; et en effet elle est ordinaire;ment mêlée avec de lair , ce qui lui donne lapparence d'écume, v

Elle n est pas facilement miscible à Teau ni à l'buile* ; mats par la trituration dans un mortier , on peut la mêler assez avec l'eau pour qu'elle passe à travers un filtre^. Elle a, dit- ^j^^^^ on , une grande alBnité pour l'oxigéne , qu'elle absorbe faci- fou^èo^ lement de l'air, et qu'elle reporte à d autres corps ^. C'est par cette raison que l'or ou l'argeot, triturés dans un mortier avec de la salive, sont oxidés, ainsi que l'a observé du Tennetar; missi lorsqu'on veut éteindre le mercure par des huiles , facilite-t-on beaucoup l'opération en crachant dans le mélan£e^ C'est, trés-probaDlement aussi • par cette raison que la salive est bienfaisante lorsqu'on l'applique sur les écorchures de la peau. Les chiens , et plusieurs autres animaux , ont recours avec beaucoup de succès à ce remède.

Lorsqu'on mêle la salive avec de l'eau , il se précipite un xntirtt. petit nombre de flocons de mucus. Nous voyons , par les expériences du docteur Bostock^ que ce mucus n'est pas à Pétat de dissolution. Il est séparé par le filtre , et se dépose de lui-même lorsqu'on étend d'eau le liquide. Dans son ana^ lyse. cette substance coasulée s'éleva aux o,4 de la matière solide contenue dans la salive soumise a l'examen \

Lorsqu'on évapore la salive , elle se gonfle considérablement , et laisse une croûte brune mince : mais si l'évaporation est conduite avec ménagement, il se forme de petits cristaux cubiques d'hydrochlorate de soude. La viscosité de la salive, U propriété qu'elle a d'absorber l'oxigéne et de s'épaissir ,

• Haller's Phy»tology, VI , p. 5a.

* ^arcetsns , ihid. p. 34<

• Forâice on digest , p. 5i.

* Fourcroy, Ann. de Cbim. XXVIII , a62.

' Foarcroy, ibid. Il y a long-temps que le doctcnr Saanders reconnut qae le mercare trituré «Tec de la salWe disparaissait trrspromptement. Il reconnut aussi que le mucus du gosier produisait un effet pins prompt ^ mais que le mucilage de gomme arabique était encore le plus efficace.

» WidiolsoD's Jour». XIV, 148.

S68 PARTIES DES AVIMAVX.

anooncent la présence d'une matière particulière comme mi de ses principes constituans ; ce qui devient encore plus probable en considérant que lacétate de plomb produit dans la salive un précipité abondant. Le docteur Bostock pense que cette matière forme environ les o^So des principes solides de la salive <•

Lorsqu'on distille la salive dans une cornue, elle écume beaucoup : loo parties fournissent 80 parties d*eau presque pure ) ensuite un peu de carbonate d'ammoniaque 9 de l'huile, et un acide qui est peut-être l'acide hydrocyanique. Le résidu s'élève à environ i,56 parties , et il est composé d'hydrochlorate de soude , de phosphate de soude et de phosphate de chaux ^.

Les acides et l'alcool ^tssissent la salive ; les alcah's en dégagent de l'ammoniaque; l'acide oxalique en précipite de la chaux ; et les nitrates de plomb , de mercure et d'argent précipitent les acides phosphorique et hydrochlorique.

Les parties constituantes de la salive sont, d'après l'analyse deBerzeliu», savoir :

Eau 992,9

Matière animale particulière 2,9

Mucus 1,4

Hydrochlorates alcalins * 1,7

Lactate de soude et matière animale. 0,9

Soude pure o,a

La matière am'male particulière a les caractères du mucus tels que nous les avons déjà décrits. Elle est soluble dans l'eau , insoluble dans Talcool, et précipitée par le sous-acétate de plomb.

La substance à laquelle Berzelius a pensé qu'il convenait d'appliquer la dénomination de muais est en flocons blancs , ayant beaucoup de l'apparence de l'albumine coagulée. Nous lui avons donné, le docteur Bostock et moi , le nom d'albumine. Elle est entièrement insoluble dans l'eau ; elle devient transparente et cornée , dans les acides acétique , bydro-

« Nieholfton^s Journ. XIV, 149.

• Vorbejeu, Tcxtor, Nuck, etc., tixi par Haller, Physiol. VI, 55. Fourcr.y. IX , 365. ' ' f ' J

! Anoals of PhiiMopby, II, 319.

SALTVE. 569

chloriqae et sulfurique ; mais elle ne s'y dissout pas. Elle est soluble dans la potasse caustique, dont les acides la séparent. Cette substance s'incinère facilement, et les cendres contiennent une portion considérable de phosphate de chaux , quoiqu'on n'y découVre pas la présence de ce sel ayant l'incinération.

C'est cette substance particnVâre qui adhère aux dents, et donne Ueu k la formation du tartre dont elles sont souvent encroûtées. Ce tartre est composé , suivant l'analyse de Ber- Eelius, de

Phosphates terreux 79,0

Mucus non-décomposé 1 3,5

Matière salivaire , particulière. ... 1 ,a

Matière aoimale , soluble dans l'acide hydrochloriqae 7,5

Telles sont les propriétés de la salive humaine. Hapel De- Sâiiv» kchenier analysa en 1780 la salive du cheval. Il en recueillit ^" *''*^*** 37a gr. dans l'espace de 24 heures, en faisant des piqûres au conduit salivaire. Sa couleur était jaune verdâtre; elle était savoneuse au toucher } son odeur était faible et désagréable, et sa saveur salée. L'eau bouillante et l'alcool la faisaient coaguler en partie , comme cela avait lieu avec les acides. En employant l'acide stilfurique, il obtenait du sulfate de soude. Elle se putréfia dans l'espace d'environ 14 Îours *, et en l'abandonDant à l'évaporation spontanée , elle aissA un résidu noir terreux. A la distillation , elle fournit un liquide aqueux et insipide , des cristaux de carbonate d'ammoniaque , une huile erapyreumatique épaisse noire , de rhydrofféne carboné, et ae l'acide carbonique-, il ne resta quVn cnarbon.

Il est assez surprenant qu'il n'ait été fait jusqu'à présent aucune expérience sur la salive des chiens : quoiqu'on ait ordinairement attribué Xhydrophobie à l'infusion de la salive de cet animal, rendue morbinque parla maladie*. * Le suc pancréatique n'a jamais été examiné avec beaucoup d'attention ; mais d'après les expériences qui ont été faites, il ne paraît pas différer beaucoup de la salive.

* AnnaU of Philos phy, II, 38i.

• Les reroarr|tifs du docteur Mead, dans ses Essais sur les Poisons y sont trop hypothétiques et trop absurdes pour être dtées.

570 PARTIES DBS AlflMlUX.

SECTION XV

JDe la Bile.

La bile est un liquide vert jauoâtre, onctueux au (ou* cher, qui est sécrété par le foie; elle a une saveur amère et une odeur particulière. On en trouve ordinairement des quantités considérables déposées dans la vésicule du fiel de la plupart des animaux.

Les médecins ont beaucoup étudié ce Uquîde, parce que Huioirt. autrefois on attribuait à son action un grand nombre de ma* ladies, et même d affections de Tesprit. Boyle , Boerhaave, Verheyen , Ramsay et Baglivi . ont fait plusieurs observations importantes sur cette matière. Madurg et Fourcroy ont aussi augmenté le nombre des faits sur la bile , et ils ont contribue à en faire mieux connaître la nature ; mais les analyses les plus exactes qui en eussent encore été faites, étaient celles qui avaient été publiées par Cadet, dans les Mémoires de TAcadémie des Sciences de Paris, pour 1767, et par Van Bochante, en 1778, lorsque Thénard lut a Tlnstitut, en i8o5, ses expériences extrêmement ingénieuses sur cette substance '^. Berzelius avait, à-la-véritc, donné une analyse encore plus exacte de la bile dans le second volume de sa Chimie animale^ publiée à Stockolm en 1808 ; mais comme cet ouvrage était écrit en Suédois , les résultats de l'analyse de Berzelius étaient restés inconnus aux chimistes jusqu'à l'époque ou il inséra en i8ia , dans le 3.® volume des Transactions Médico - chirurgicales , son Mémoire ayant pour > titre : Vues générales sur la Composition des fluides ani*

maux»

Je commencerai par décrire la nature et les propriétés de la bile de bœuf, et je traiterai ensuite de la bile d'autres animaux, autant qu'elle a été examinée.

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