‹ Système de chimie (volume 3)Chapitre 124 sur 149 · V. Concrétions des Goutteux · texte numérisé non relu

V. Concrétions des Goutteux

On sait qu'il se forme aecidenteUement d«6 coocsétioas dans les articulations des personnes sujettes depuis longtemps à la goutte. Ces concrétions , i raison de leur couleur et de leur consistance molle , <nit reçu le nom de pierres pierrct craieuses^ ou de concrétions arthritiques. Elles sont ordi- *^*^*^"j„V nairement petites, quoiqu'on en ait observé qui étaient de la *rAri"a«»*»grosseur d'un œuf"^. Les médecins avaient été pendant long« temps dans l'opinion que ces concrétions étaient semblables aux calculs urinaires ; de sorte , qu'après la découverte de l'adde urique par Scbéele, on les considérait ordinairement comme des. amas de cet acide. Le docteur WoUaston les con.i.t«ni soumit, en 1797 , à l'analyse chimique ; il les trojava formés ".^^'^^J *** d'acide urique et de soude.

Les concrétions arthritiques sont molles e{ friable^. L^eau froide a. peu d'action sur elles ^ mais l'eau bouillante. eil di^* sout une petite portion. Si l'on ajoute un acide à cette dissolution, 3 se dépose sur les parois du vase de petits cristaux d'acide urique.

Ces concrétions se dissolvent complètement dans la po-: tasse à l'aide de la chaleur.

Lorsqu'on les traite avec l'acide sulfurique étendu, ou avec l'acide hydrochlorique , la soude est dissoute ; mais Tacide urique reste dans la liqueur, dont on peut le séparer par le filtre. En évaporant ensuite la dissolution filtrée, il s'y forme des cristatix de sulfate ou d'hydrochlorate de soude, selon l'adde employé. Le résidu a tous \ts caractères d« l'acide urique. Par la distillation , il fournit de Tammoniaque , de L'acide hydrocyanique, et l'acide sublimé de Schéele. Lorsqu'on le dissout dans un peu d'acide nitrique, il donne à k peau une teinte rose , et il laisse, par l'évaporation, un résidu déliquescent de la même couleur. Il est soluble dans la potasse , tt îL peut en être prédpité par un acide, et par

T SererinHS.

Dlteritt.

054 rÀftTIBS BBf AJKtUAVT.

fammooiaque , d^abord à Ktat d'une gelée, qif on peat réddre alors à en une poudre blanche.

En triturant ensemble de Tacide urique , de la soude et m peu d'eau cbaude , il se forme une masse qui , après avoir été lavée pour séparer l'excès de soude, a toutes les propriétés chimiques des concrétions des goutteux^.

SECTION XXIX

£}£S Sécrétions morbifiqv^s.

Dans les différentes maladies auxquelles le corps animal est sujet , il se manifeste des fluides divers qui n'existaient

Eis auparavant, au-moios sous la forme qu'ils affectent alors, ans l'hydropisie, par exemple ,|la substance cellulaire , et fréquemment aussi les cavités de la tête , de la poitrine ou de rabdomen , se remplissent d'un liquide folanchfttre. Lorsque , par l'irritation , quelque partie de la peau s'élève en âoche , l'intervalle entre le derme et Tépiderme se remplit d'un fluide transparent : et lorsqu'il se fait une plaie à quelque partie des muscles ou de la peau, l'ulcère se recouvre promptemeot d'une matière épaisse , connue sous le nom de

£us. 11 exsude des cancers et des os cariés une sanie claire, a connaissance chimique de la nature de ces sécrétions serait sans doute d'un grand avantage pour les physiologistes et les médecins : malheureusement on ne peut donner jusqu'à présent que peu de notions précises sur ces fluides; et néanmoins , il nous paraît convenable d'offrir ici l'exposé des observations qui ont été faites à ce sujet.

/. Pus.

Le liquide qu'on appelle fus , se forme à la suiface d'oK

fiartie enflammée; et ordinairement il modère, et temÛDC inflanimation. Il se présente sous diverses apparences sm* ▼ant Tétat de l'ulcère. Lorsqu'il en indique Ja guérison , oa le nomme pus sain ou bien conditionné. Ce limpide a les propriétés suivantes.

Il est d'une couleur blanche jaun&tre, et it la cousis* «(^TuM^* Unce de crém^. Il est insipide, et n'a pas d'odemr lorsqpi'ît

♦ Wolbsion's Analysis. PhU. Trans* 1797*

^ropriét^

SICJliTIOHS M0EBiriQVS5. 655

dt firoid. Va an microscope, il a l'apparence d'an fluide transparent, dans lequel on voit nager ces globules blancs '• Sa pesanteur ^)écifique varie de i,o3i à i,o33\

n ne produit aucun changement sur les couleurs bleues végétales '. Exposé à une douce chaleur , il se dessèche par d^rés , et prend un aspect corné. Par la distillation à fea nu, Bergman obtint d'abord les o,35 du pns à l'état d'eau insipide ; en augmentant le feu , il paœa mn liquide contenant de rammoniaque en abondance, et qui était accompaeoé de corps gazeux qu'il n'examina pas. Il se sublima du carbonate d'ammoniaque concret , œel^ d'buile empjreumatique. Il resta un cnarbon léger brillant, difficile à incinérer. Les cendres donnèrent des traces de fer \

Suivant Hildebrand , le pus devient acide par degrés lorsqu'il re^e expose à Fair ; et HaUer assure qu'il rougit onelquefbis le papier de tournesd, lors même qu'il est récent. Jeté dans Fean^ il tombe au fond comme plus pesant que ce li<pnde. Par l'agitation , le mélange devient laiteux ; mail le pus s'en sépare de nouveau , si on l'ahandonoe à lui-même en repos. Cependant, par des agitations répétées, et surtout par l'application de la chaleur , on obtieot un liquide Wteax, qm passe dans cet état à travers le filtre.

Le pus s'épaissit dans l'alcool ; mais il ne s'y dissout pas; il ne s'umt pas non plus aux huiles.

L'acide siufurique le dissout : la dissolution est de coulenf pourpre. Lorsqu'on Pétend d'eau, la couleur foncée dis* paraît ,et le pus se sépare , soit en se rassemblant au fond, 8ok en s'élevant à la surface, selon la quantité d'eau ajoutée, et le temps pendant le^quel la dissolution est demeurée en repos. L'acide sulforlque étendu n'a sur lui aucune action.

L'acide nitrimie concentré f^it effervescence avec le pus, et forme une atssoiution jaune , qui se décompose par l'eau lorsqu'elle est récente. Le pas se dépose à l'état de flocons gris.

L'acide hydrochloriqne^ lorsqu'il est chauffé , dissont aussi le pus, qui est séparé de la dissolution par l'eau.

Avec les dissolutions d'alcalis fixes, le pus forme un

■ Home, on DIcers.

* Pearson, Nicholson's Jo«tii. XXX, r;.

* €niick»liaBks. ' ^ Gren'sHaodbQch,II, 4^6.

65S Parties des animaux.

fluide filant et blanchâtre ^ que Teau décooipose , le pas se précipitant. L'ammoniaque pure le réduit en gelée transparente, et en dissout peu-à-peu une portion considérable *.

Lorsqu'on verse du nitrate d'argent dans une dissoludon aqueuse de pus, il s'en sépare un précipité blanc. Le nitrate de mercure et le perchlorure de ce métal y occasionncm un précipité floconneux beaucoup plus abondant *•

Tell^ sont les propriétés du pus sain , autant que les ' chimistes ont pu les reconnaître jusqu'à présent. EUes indi-

Î ruent qu'il a une grande analogie avec l'albumine. 11 a été ait beaucoup d'observations pour mettre les médecins en état de distinguer le pus d'avec le mucus des cavités intérieures, et spécialement des poumons. Dans les cas d'expec* toration abondante, il est quelquefois important de reconnaître si la matière qui sort des poumons est du pus ou du mucos. M. Charles. Darwin fit une suite d'expériences sur ce sujet, et indiqua trois caractères qui distineuent le pus. i.*" L'adde sulfuriquele dissout Lorsque la dissolution est étendue d'eau, le pus se précipite, tandis qtie le mucus traité de la même manière surnage. Mais comme cette distinction dépend de la

Juantité d'eau ajoutée, elle n'est pas décisive, a.*" On pent élajer le pus dans l'eau, dans l'acide sulfurique élendU| et dans la saumure ; mais il n'en peut pas être ainsi avec le mucus. 3.^ Les lessives alcalines dissolvent le pus, et l'eau l'en précipite ainsi dissous; mais cet effet n'a pas b'eu avec le mucus. U est asses douteux que ces deux dernières distinctions méritent jusqu'à un certain point de la confiance. Grasmeyer a proposé la méthode suivante, qu'il considère comme remplissant complètement lobjet. Ou triture la substance aur laquelle on veut faire l'essai avec un même poids d'eau tiède-, on> j ajoute alors une portion égale d'une dissolution aaturée de carbonate de potasse, et on laisse reposer le mélange. S'il contient du pus, il se dépose au bout de peu d'heures une gelée transparente, ce qui n'a pas lieu lorsque, dans le mélange, il n'existe que du mucus '•

a. Lorsque l'ulcère prend un mauvais caractère , le pus qui s'y forme a des propriétés toutes différentes. Il est ordi-

* CruicLsbanks. * Idem,

' Gren's Hftndbitch. H, l^'i^. Les expériences Ju doctctir P«?«fson, tar le puS; méritent de fixer l'aUeuUon. Nicbolson*s Joum* XXX, 17.

SICRÉTIOKS liOABlFlQtJES. 667

nairement d'ane odeur fétide ; il a beaucoup moins de consbtance, et un certain degré d*âcreté. Nous sommes en possession de deux suites d'expériences faites sur ce pus mal* sain-, Tune par Cruickshanks sur le pus découlé de Tulcère

2 l'on appelle uUère tf hôpital^ et une autre par le docteur rawfora sur la matière des cancers.

' Le pus de Tulcère d'hôpital a la plupart des propriétés du pq. de vuicèrt pus sain ; mais il s'en distingue par son odeur , et par quel- '^'^^\f'^' ques nuances de différence lorsqu'on l'expose à l'action des précipités métalliques. L'eaiT de chaux change son odeur fétide, mais ne la détruit pas ; l'acide sulfurique , l'alcool et la dissolution d'arsenite de potasse l'augmentent. Le quinquina ne produit sur elle aucun effet ; mais le nitrate de mercure et le perchlorure de ce métal , l'acide nitrique et le chlore la détruisent. Le nitrate d'argent ne produit pas cet effet. Cruickshanks suppose que cette odeur fétide est occasionnée par l'altération de quelque partie de vrai pus. Il considère celui de l'ulcère d*hôpital comme une matière suî generis , qui est susceptible d'en produire davantage, et même d'opérer une altération dans le système. D'où il suit , que pour guérir l'ulcère, il faut que la matière soit détruite , et qu'elle ne puisse plus se reproduire. Pour y parvenir , on lave les ulcères chaque fois qu'on les panse avec du nitrate de mercure, avec de l'acide nitrique étendu d'eau , et avec du chlore. Cette méthode réussissait constamment au docteur Rollo , excepté le cas où l'ulcère étant trop considérable il ne pouvait pas la mettre complètement en pratique.

3. La matière, qui découle du cancer, examinée par le Matièr* docteur Crawford , verdissait le sirop de violettes. La potasse **"*^ ""*** n'y produisait aucun changement \ mais Pacide sulfurique donnait lieu au développement d'un gaz, qui avait plusieurs

des propriétés de l'aciae hydrosulfurique. Il suppose que ce gaz existe, dans la matière, unià de l'ammoniaque. La présence de ce composé explique les effets que produit la matière du cancer, ainsi que toute matière virulente en général, sur les sels métalliques. Le docteur Crawford reconnut que l'odeur de cette matière était détruite complètement par le chlore ; et , en conséquence , il en recommande l'emploi pour laver les ulcères cancéreux.

4. Outre les espèces de pus dont il vient d'être fait mention, il en est un grand nombre d'autres, que par leurs effets,

IV, 4a

658 PÀRTIXS DES AKIMAUX.

.nous reconnaissons pour être d'une nature particulière , cpoê qu'on ne puisse pas leur établir de caractères chimiques bien marqués. On ne saurait cependant douter qu'elles ne soient essentiellement différentes, si Ton considère que chacune de ces espèces de. pus produit une maladie qui lui est propre. On peut citer pour exemples la matière de la petite Yérole> celle des ulcères vénériens, de la vaccine, etc.

//. Liqueur de Thydropisie.

La liqueur qui remplit les otvités du corps dans Fhydropisle est d'une couleur verte jaunâtre ; elle est tantôt troulble et tantôt presque transparente. Wurzer a publié quelques expériences sur une liqueur incolore, extraite d'un h yaropique ; d où il semble résulter que cette liqueur contenait de l'albumine, du mucus, de l'acide bydrosulfurique,du phosphate de chaux, de J'hydrochlorate de soude et de la soude '. On doit au docteur Dostock l'examen d'une liqueur inccJore obtenue par la ponction d'une tumeur dans l'épine du dos, produite par la maladie appelée spina hifida* ^e était l^èrement opaque , et n'altérait pas les couleurs bleues vé^éudes. La chaleur augmentait son opacité, mais ne la coagulait pas. 5es parties constituantes se trouvèrent être ainsi qu'il suit, savoir :

Ean 97,8

Hvdrochlorate de soude. ... 1,0

AÏbumine « o,5

Mucus ^,5 ) Proportions

Gélatine 0,2 J conjecturales*

Chaux, quelques traces.

///. Liqueur des Cloches.

La limieur «dont la présence se manifeste , lorsque l'épiderme s élève en' cloches , est parfaitement transparente et liquide. Lorsqu'on produit artificiellement les cloches , cette li^jueur est ordinairement jaune , et elle a l'odeur du vésicatoire. Les expériences de Margueron nous apprennent qu'elle est composée des mêmes principes que le sérum du sang. Il obtint de 200 parties de celte liqueur des cloches :

« Geblen*^! Jonrn. V, 063.

• SiîohoUon'f^ Jonrn. XIY» i45.

sccaiTioirs mo&bifiqvss; ^£9

Albumine .....* 3ô p*rîe«

Hydrochlorate de soude 4 «"•^-"»•••

Carbonate de soude ^ st

Phospliate de chaux 2

Eau...... i56

aoo*k

Ici finit la description de toutes ceUes des sécrétions que les chimistes ont pu examiner avec attention. Les autres ont été jusqu^à présent négligées ,,en partie à raison âe la diffi^ culte qu^il y a de se les procurer , et en partie par la muhiplicité des autres objets qui occupent l'attention de lliomme qui se consacre à Tétude de la chimie. Il nous reste mainte» nant à examiner par queb moyens ces différentes sécrétions se forment j comment se répare la perte constante qu'éprouvent les corps vivans; et la manière dont les organes se nour» rissent et se conservent. Ces différens ol^ets feront le sujet du chapitre suivant.

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