RESPIRATION
sîer n'essaya pas de prouver la vérité de la sienbe ; il diercba seulement à faire voir que l'oxigène absorbé correspond exactement avec la quantité d'oxigène, contenu dans Tacide carbonique et dans l'eau , émis.
Lagrange proposa depuis une théorie bien différente. Suî- TWori« ▼ant lui , le gaz oxigène oui disparaît , se combine avec le sang «*• W™w» lorsan'il passe à travers les poumons; et au moment on cette ' combinaison s'opère, il se dégage du sang une certaine quantité ■de gaz acide carbonique et d'eau, qui sont rejetés avec Tair «xpiré. Hassenfratz adopta cette théorie , et en donna le développement. Mais comme la quantité d'acide carbonique formé est exactement égale au volume de l'oxigène qui disparaît , il s'ensuit que cet oxigène doit être converti en acida 'Carbonique dans les poumons j car l'oxigène , lorsqu'il est changé en acide carnonique , n'éprouve pas sensiblement d'altération dans son volume. Il faut donc alors que le sang émette dans les poumons jusqu'à 34o grammes environ dé carbone par jour, et c'est , je le conçois, tout ce qui a lieu dans les poumons. La vapeur aqueuse est , à-la-vérité , sécrétée Bans doute du sang pour se mêler avec l'air inspiré; mais la sécrétion se fait pronablement dans des organes appropriés. Par la perte de carbone , le sang veineux est converti en )ang artériel. C'est précisément la mêm^ chose qui arrive lorsqu'on expose le sang veineux à l'air.
Je présume que la conversion du chyle en sang se faitchyteconwii dans les vaisseaux sanguins. En effet , le sang est un fluide qui •■ *•■*éprouve continuellement une suite de changemens. U s'ensm't
3u'il n'est conservé dans une nature semblable qu'au moyen e matière nouvelle qui afflue continuellement, et qui, continuellement , est transformée en sang. D'après les observations les plus exactes qui aient été faites jusqu'à présent , il Sraît, que le chyle et la lymphe ne contiennent point fibrine; et cependant, c'est cette dernière substance qui constitue une partie essentielle dn sang. Cette fibrine est employée à réparer la dissipation que font les muscles , qui , comme parties les plus actives du corps, ont très-probablement besom de la plus fréquente restauration. £Ue sert sans doute aussi à d'autres objets utiles. La quan* tité de fibrine dans le sang , doit alors diminuer continuelle-» ment , et par conséquent il doit s'en former constamment de ooflvelle. Mais les seules substances, qui puissent contriIn»er
^9^ f OBrCTIO^S D£S AlffMAtt.
à ceUe formation, sont le chyle et la lymphe, et elles n^ contieneent ni Tuoe ni l'autre la fibrine. U doitâoDc s'opérer une décomposition continuelle du chyle et de la lymphe dans les vaisseaux sanguins , et une formation nonveUe uoa interrompue de fibrine. 11 peut s'y produire aussi d'autres substances; mais on est certain qu'il faut que celle-ci s'y forme , puisqu'elle n'existe pas préalablement. Or 9 Ttin des principaux objets de la respiration , est sans doute de faciliter cette décomposition du chyle etlaformation complète du sang. U est, impossible de dire de ^efie manière le chyle , oa tine partie du chyle se convertit en fibrine : nos connaissances à cet égard sont encore trop bornées pour qu'elles puissent nous rendre capables de dévoiler le mystère fû 4enveloppe cette opération; mais nous pouvons voir au-moins, ^u'il faut que la partie du chyle qui doit se convertir en fibrine abandonne une portion de son carbone; d'où il^uit, eai mesure que la formation du sang s'avance ^Ae carbone sac- •cumule de plus en plus dans le liquide ; de manière que si ' Texcès n'en était pas enlevé, le procédé s'arrêterait , et pro* l)ablement le tout entrerait en putréfaction.' On en peut aooc alors conclure, qu'un desgranasobjets de la respiration est de .soustraire ce <:arbone , par la formation de 1 acide carbo* •nique. Comment cela s'opdre-t-il? c'est ce (jpe bous ne pouvons pas y quant i présent^ expliquer 9 mais le fait A<est pas •douteux.
Mais la soustraction du cai*bone n'est pas le seul avantage triuiCTr qui résulte de^ la respiration : la température de tous les animaux eh dépend. On sait depuis long-temps , que <»ux des animaux qui ne respirent pas ont une température de très*peu supérieure à celle du milieu dans lequelils existeot. Ce cas est celui des poissons et de beaucot^ d'insectes. L'homme, an contraire , et les quadrupèdes qui riespireot, ont une température l>eaucoap plus élevée que celle de l'atmosphère : la température Je l'homme est d^environ 87® r^ntigr. Les oiseaux^ qui respirent proportionnellement (Uie plus grande ouantité d air que l'homme , ont unç tempéra- Cure de og k 40® centigr. 11^ été prouvé que la tenipératore .de tous les animaux est proportionneQe à la quantité d'air qu'ils respirent dans un temp^ donné.
Ces faits semblent devoir suffire pour démontrer qoe la choeur des^ animaux dépend delà respiration, Cendant oa
•nimute.
K£SPIRATIOir. 693
n'arai t fait aocnii essai poar expliquer la cause de la température des animaux qui respirent 9 avant que la doctrine du docteur Black, sur la chaleur latente^ fût connue. Ce savant , dont les découvertes ont servi de base à toute la partie scientifique de la cfa^ie , vit tout d'un coup la lumière que sa doctrine répandait sur cette partie de la phjsiologiej aussi Tappliquat-il de bonne heure a Texplication de la température des animaux*
Suivant lui, une partie de la chaleur latente de lair in- Théorie da spire devient sensible; et par conséquent la température des doc»««^ eucJu poumons , et du sang qui les traverse , doit s'élever ; et le sang, ainsi échauffé ^ communique sa chaleur à toutes les parties du corps. Cette opinion était ingénieuse , mais susceptible d'une objection sans réplique; car, s'il en était ainsi , la température devrait être plus grande dans les poumons que dans toute autre partie du borps, et diminuer pro^rtionnellement à mesure que la -distance aux poumons augmente^ ce qui ne s'accorde pas avec les faits. La théorie fut en conséquence abandonnée par le docteur Black luimême ; il ne nt du-moins aucun elTort pour la soutenir.
Le docteur Crawford , qui considérait tous les change- t,j^oh« ^ens produits par la respiration comme aj^anl lieu dans les d« Cnnrfwd. poumons, expliqua l'origine de la chaleur animale presque exactement de la même manière que le docteur Black. Suivant lui, le gaz oxigène de l'air se combine dans les poumons avec le carbone fourni parle sang. Pendant cette combinaison , l'oxigène abandonne une grande quantité du calorique avec kqoel il était combiné ; et cç calorique sufHt , nonaeuleo^ent pour maintenir la température du corps, mais aussi pour emporter l'eau nouvellement formée à l'état de vapeur, et pour élever considérablement, la température de l'air inspiré. Ainsi, selon Cr^wibrd, tout le calorique qui maintient la température du, corps, se développe dans les poumons. Sa théorie était donc susceptible ae la même objection que celle du docteur Black ; mais Crawford la pré* ▼bt ainsi : il trouva que le calorique spéctri(|ue du saug artériel était i^,o3oo,. tandis que celui du sang vemeux u'ctait que o^8(^. J)e là il conclut , qu'à l'instant où le sang veî- Deux est converti en sang artériel, son calorique spécifique augmente, et qu'il exige par conséquent une quantité additionnelle de calorique pour maintenir sa température aussi
6g4 rONCTlORS des AKllCAUt«
élevée m'élle TaTait été, Uildis que le sang était teioeux** Cette addition est si grande, que tout le notiveau caloriooe développé y est emplojé. Ainsi dont, la température des poumons doit nécessairement rester la même que ceUe its autres parties du corps. Pendant la circulation, te sang arté» riel est converti par degrés en sang veineux; par consc* quent sdn calorique spécifique diminue, et il doit donner de la chaleur. C'est par cette raison que la température to extrémités du corps ne jdimiiiue pas.
tttftafttMnw. ****• ^^^* théorie, toute ingénieuse et plausible qu'cttc est, n'a pu se maintenir, d'après les résultats de recherches subséquentes. John Davy a fait voir que la différence entre le calorique spécifique du sang artériel et du sang veineux est beaucoup plus petite que le docteur Cravrford ne f avait estimée. Suivant lui , le calorique spécifique de ces deux liquides est , savoir :
Sang artériel â o,gi3
Sang veineux. . « o^goS
Delaroche et Berard ont reconnu crue le calorique spédfique du gaz oxigène et du ga2 acide carbonique dliflere beaucoup moins que Crawford ne l'avait supposé. Saivant «ux, le calorique spécifique est pour l'un et rautre de ces gaz, savoir :
Ga2 oxigène 0,8848
Gaz acide carbonique. . . • o,8a8o
Or, d*apfôs des différences si peu sensibles , il serait difficile d'admettre l'application qu'en fait le docteur Cr^eford, pour servir d'éclaircissement i sa théorie. Mais, les<rf)je^ tions lies plus fortes contre cette théorie , sont celles qui résultent des expériences de M.Brodie. Il trouva, que lorsqu'on maintient artificielleraem la respiration dans les pounKK^ d'animaux auxquels on a coupé la tête, la proportion ot^dinaire de gaz acide carbonique est formée, et la circulation continue i-peu-près comme elle a habituellement b'ed. Cependant, la chaleur diminue plus rapidement dans ces am* maux sans tête que dans un animal mort , dans lequel ob
* Il est probable que la T^ritablc penser êe l'aolcnr cUil : p<W taaÎDlenir sa température plus cleree quelle ne Tavait été ^ C*
JYote du, Trmdmctew.
ACTIOH DIS AKIKS. Ô^S
rfapfiTtajjptenu anificiellementla respiration "^^ M.Brodie conclut de ces expériences, que la production de la chalenr animale est due à l'action du cerveau, et non pas à la respiration. Je considère ces expériences comme ayant entièrement détruit les bases sur lesquelles la théorie au docteur Crawford était établie. Mais je suis disposé à penser, que M. Brodie a poussé beaucoup trop loin les conséquences qull en a tirées j lorsqu'il s'imagine qu'il n'existe aucun rap-
Îort entre la respiration et la production de chaleur animale. le fait seul, que tons les animaux oui respirent régulièrement, sont à sang chaud î tandis qne les animaux amphibies et les poissons sont à sang froid, me semble étaUir de la connexité entre la respiration et la chaleur, quoique nous ne puissions pas expUquer de quelle manière la chaleur se développe*
SECTION m.
JDe r Action des Meint.
Ok est fondé à supposer , d'après ce qui vient d'être dît, que le cbyle et la lymphe se convertissent en sang pendant la circulation ; mais, outre les poumons et les artères, il est un autre organe dont la sede fonction est de produire aussi dans le sanç un changement quelconque, qui le rende plus complet, et plus propre aux diâerens objets auquek il est appliqué. Cet organe a reçu le nom de rein.
Le sang passe en très-grande proportion i travers les reins ; il y a même tout lieu de conclure , que très-fr^uemment la totalité du sang les traverse. Ces organes séparent FuHne du sang^ pour être évacuée ensuite comme n'étant d'aucune utilité h l'animal.
Les reins sont indisp.eusabks aiLmainlifiiule la vie de l'ani- Aciâood«trtim mal ; car i| meurt très-promptement lorsqu'une maladie auel- ■**^***^*' conque les empêche d'eifectuer leurs fonctions : donc le cnangement qu'ik produisent sur le sang est un changement nécessaire pour lui donner la qualité qui convient aux usages auxquels ils est destiné.
Pm'sque Fexcrétion de Purine a immédiatement lieu , il est
* Ptil. Tfaiif. 1812, p. 378.
évident que le chaDgement opéré par les reins ne se réfère qu'au sang. Ce changement n'est pas simplement la soustraction d'une certaine quantité d eau et de sels , accumulés dans le sang ; mais il se produit certainement uo chaof^'ement chimique, soit sur tout le sang, soitau-moins sur cnielque partie importante du sang •, car il se trouve âaas
I urine deux substances, Turée et l'acide urique, qui rfexisrhMg« u jent pas dans le sanc. Ces deux substances se forment donc
nature (lu uu)|^. % *» . ^ „ ,, \ t e
dans les rems ; et , comme elles sont rejetees après leur tormation, sans aucune autre destination, il est évident qu'elles lie sont pas formées dans les reins pour leur propre utilité.
II faut donc , alors , que quelque partie du sang se décompose dans le rein, et qu'il en résulte une ou plusieurs substances nouvelles ; l'urée aîusî que Pacide urique aoivent s'y produire en même-temps , en conséquence de l'action combinée des affinités qui déterminent le cnangement opéré snr le sang; et ces deux substances étant inutiles^ elles sont rejetées avec 00e certaine quantité d'eau et de sels. Il est très-probable cme ces derniers corps étaient nécessaires jpour amener les changemens qui se font dans les artères et dans les reins^ et que ces cliangemcns une fois effectués , leur utiljté cesse.
Ou ignore absolument quels sont les chanjgemens que les reins font éprouver au sang; mais il est évident quils soBt d*une grandj^ importance. Si la miçtbodc d'analyse des substances auimples était asseï; perf^ctiQnQéie pour admettre des conclusions exactes y on pourrait rép^^ndre beaucoup de lumière sur ce jsujet, en soumettant séparément à l'analyse une certaine pçjrtijfl de sang <iré de la veine émulgente et une -lulre portion tirée des artères , et en déterminant d'ooc luam'ère précise par quels caractères particuliers ces deux espèces de sang nîftereiit Pune de Pautre.