I. Le maximum de matière tran^rée par minute, s'éle
yait à 1,700^ et le minimum n'était que de o,583, ce qai
donne pour terme moyen par minute i^i4t 9 6t pour 24 heures 1 643 grammes. Cette quantité diffôre mmns qu'on ne devait s'y attendre du résultat* des premières expériences fiites par Dodart , Keil , Rye , etc.
. a. La transpiration est augmentée par la boisson , mais elle ne Pest pas par l'aliment solide.
3. La transpiration est à son minimum immédiatement •près le repas. Elle atteint son maximum pendant la diges* / tion*.
La quantité de matière transpirée diffère considérablement selon les circonstances. On a reconnu, que c'est dans les temps chauds , dans les climats chauds, et après beaucoup d'exerdce. qu'elle est la plus grande ; et Ton sait depuis long-teinps qu'elle est en rapport avec la quantité d'urine évacuée. Gell^ ci est très -petite, lorsque la transpiration est grande, et vice versé.
subftances II est difficile de déterminer la nature de la substance émise trMipitéc p^^ j^ transpiration , parce qu'elle passe d'une mam'ère invisible , et en petites quantités a-bt-fois. On a pourtant reconnu Teau , le carbone , et une manière huileuse parmi les matériaux de cette évacuation; et il s'émet par fois aussi, à travers la peau, un acide, du phosphate de chaux, et même de l'urée. *iH*o'r!i o?5 ^^ * supposé que la peau absorbe t humidité de Tair ; 4*humidu?.^maîs loin que cette opinion ait été confirmée par expériences , elles prouvent plutôt le contraire.
Ce qu'on a principalement allégué en faveur de la facnlte qu'aurait la peau d'absorber, c'est la quantité d'humidité qnt
Fonrcrojr.
TAAHSPI&ATIOV. 699
iCGompagne Forine * évacoée dans certains cas ; évacnation qui excède non-sealement le vohime de la boisson prise par le malade , mais même la masse totale de sa boisson et de ses alimens* Biais il faut se rappeler que dans le diabètes, maladie oui se rapporte à ces cas, le poids du corp diminue continuellement, et qu'en conséquence une partie aoit en être constamment rejetée. U est, en outre, presque impossible dans cette maladie de s'assurer d'une manière exacte de la quantité des alimens pris par les malades ; et dans ceux des cas ou les observations ont pu se faire avec prédsion , et sans qu^l 7 eut lieu de soupçonner de mauvaise loi , on trouva que la quantité d'urine n'excédait pas celle des boissons*. Dans on cas de diabètes, rapporté avec beaucoup d'exactitude parle docteur Gérard , le malade avait été baigné régulièrement , pendant la première partie de la maladie , dans de l'eau tiède » et après , dans de l'eau froide. On le pesait avant et après le bain, et jamais on ne remarqua de différence sensible dans son poids '. Si, par conséquent , il y avait eu dans ce cas absorption , elle devait avoir été très*petite«
Il est bien connu que les bains froids appaisént beaucoup la soif. Ce fiit, en y ayant recours, que le capitaine Blig parvint à conserver son monde frais et en bonne santé pendant son voyage très-extraordinaire à travers la mer du sud. On a considéré ce soulagement, éprouvé par l'usage deà bains froids , comme étant du à l'absorption d'eau par la peau ; mats le docteur Currie avait un malade dépérissant faute d'alimens. parce qu'une tumeur dansFtesodbage lui ôtait toute possibilité d'en prendre , et dont la soif était toujours appaisée par le bain ; et cependant il n'y avait après le bain aucune augmentation sensiole de poids , qui paraissait plutôt , au contraire 9 avoir diminué. U ne parait donc pas, que dans ni l'un ni l'autre de ces cas , il y eut eu absorption d'eau.
Seguin a, de plus , fait voir par une expérience plus décisive encore , que la peau n'absorbe pas l'eau pendant le bain. U chargea l'eau d'un sel mercuriel, et il trouva que le mercure ne produisait aucun effet sur la personne qui se baignait , pourvu qu'aucune partie de la cuticule n'eut été offensée ; mais lorsqu'on eut enlevé par le frottement ime portion de la
• Rollo , on Diabètes,
• Ibid. Il, 73.
Si U pean abiorbe d'au»
700 FOirCTIOETS^SES ANTMÀUX.
rnlicule , la dissolution mercurielle fut absorbée , et les effels du mercure sur le corps devinrent évidens. Il s'ensuit irrésistiblecnent, que Teau , an-moins à Tétat d'eaa, n'est absorbée par la peau , lorsque le corps y est plongé , qu'autant que la cuticule a été préalablement enlevée.
On peut considérer cette expérience comme une preuve cpmpléte, qu'il n'existe rien de semblable à une absorption ayant lieu par la peau ; et que, par conséquent, le gaz acide carbonioue, dont la présence se manifeste lorsque le corps est plongé dans l'air, est du à l'émission de carbone. Mais on doit
abiorbe d'au- 1 i «.i , ,
«re«5ubiUuce*. ODserver, que de ce qu il est prouve que la peau absorber Teau , il ne s'ensuit pas qu'elle ne soit
ne peut pas
j___ -, pas capable
d'absorber d'autres substances , et particulièrement le gt» rès-différent de l'eau. Il est bien connu
oxigène, qui est très-difFérent ^.,
que Teau ne passera- pas à travers une vessie, au-moin$ pendant quelque temps ; cependant le docteur Priestlej trouva que le sang veineux acquérait la couleur du aang artériel produite par le gaz oxîgene^ tout aussi promptement, lorsque ces substances étaient séparées par une vessie, que lorsqu elles étaient en contact effectif. Il trouva aussi que des gaz renfermés dans des vessies, perdaient par degrés leurs propriétés. Il est clair, d'après ces faits, que le gaz oxigène peut passer à travers des vessies; et si cela a Ûeu, pourquoi ne pourrait-il pas aussi passer à travers la cudcule? Nous voyons, de plus, car les expériences de Cruidishanb , que la vapeur transpirée passe à travers du cuir, de celui même préparé pour garantir de l'humidité, au-moîns pendant un certain temps. Il est possible alors que l'eau, lorsqu'elle est à l'eut de vapeur , ou dissoute dans, l'air , soit absorbée , quoique comme eau, à Téut d'eau, elle soit incapable de traverser la cuticule. Ainsi les expériences , qui ont été faites jusqu'à présent sfur l'absorptioù de la peau , ne sufBsent pas pour prouver que l'air et la vapeur ne peuvent pas pénétrer la cuticule , pour peu qu'il y ait des faits qui rendent probable la supposition contraire.
Or , on ne peut nier oue de tels faits n'existent. Je ne pro<duirai pas, à-là-vérité, l'expérience de Van Mous comme eB étant un de ce genre, parce qu'elle est susceptible d'objeclions, et n'est rien moins que décisive. Ayant à soigner nn malade, qui fut pendant plusieurs jours hors d'éial de pouvoir prendre aucune nourriture^ à raison d'une blessure
ASSIMILATIOir. J^Ot
qu'il aTnit dans le gosier y il le fit vivre pendaDt tout ce temps, en lui appliquant à la peau sur différentes parties du corps et plusieurs fois le jour, une éponge treoipée dans du vin, ou du fort bouillon '. Le docteur Watson cite un fait beaucoup pliis important et beaucoup plus décisif. Â Newmarkct, on vouiyt réduite un jeune garçon à un poids tel, qu'il fût extrêmement léger , et d'autant plus propre , par conséquent , aux courses de chevaux. A cet effet,, on le soumit à une diète extrêmement sévère; ou le pesa le matin de la coursq et après l'iûtervalle d'une heure, on le pesa de nouveau. Ou trouva qu'il avait gagné en poids 980 grammes, et cependant il n'avait pris entre les deux pesées, qu'un demi verre de viu. Il fallait donc alors qu'il y eût eu absorption , ou par la peau, ou par les poumons, ou par l'une et l'autre voie àla-fojs. Les difQcultés, dans l'un et l'autre cas, sont les mêmes; et tout ce qui peut rendre l'absorption probable dans un cas, donnera également plus de force à la probabilité que l'absorption a lieu dans l'autre cas *•
SECTION V
De r Assimila tion»
Nous avons vu les progrés de la digestion, et la formation du sang, autant au-moins que cela nous èsl connu, Ca 3u'il importe maintenant de savoir^ c'est quelle peut être k estination de ce sang^ dont la forniaiion a été préparée avpt; tant de soin. Le sang remplit deux objets : il supplée à la perte qu'éprouve le système, et il forme les matérmnr des sécrétions. Les parties dont le corps est cofuposé j leîles que les os, les muscles, les ligaïuens, les inonibraiies, etc. , changent continuellement. Dans la jeunesse, ces parties vciir toujours en augmentant en dlmt n^ijon et en force; et dans fâge miir, elles sont agissant couiinuellemeul, tl par coii-
« Phil. Mag. VI, 95.
* Wàtson^s Chemical E^says. III, iot. L'abb^Fôntana remarqua aassi , qiM son poids avait augmenté de plusieurs décagrammes par la promenade dHine heure ou deux dans un air humide,- quoiqu'il eût cprouTé une évacuation considérable au moyen d'une forte purgatfon qu*il avait prise à dessein {lourrexpérience. On peut à-la-vériti: Attribuer en partie Ç^^ a\>|;ii)i«QUtiQa ^ i-abf orption uc Pbumidiia^piàr ê€h YétemcBS.
702 VOKCTIOirS D£d ANIMAUX.
séquent continneUeineot sujettes à perdre et à dépérir. Elles sont soaTent exposées à des acddens, qui détmiseot lenr ( âCtÎThé, et par suite des^ds elles cessent d*étre propres à rempUr leurs foDCtioos diverses-, et lors même quelles n'éprouvent aucun de ces accidens, il semble nécessaire an maintien du bien-être du système, que chacune de ces parti^ se renouvelle de temps en temps. Il faut donc un approvisionnement de matériaux pour que tous les organes divers du corps se réparent, augmentent ou se renouvellent Pour les os , ce sont le phosphate de chaux et la gélatine; c'est de la fibrine pour les muscles , de l'albumine pour les cartilages et les membranes, etc. C est, à cet effet, que toutes ces sâ>stances se trouvent rassemblées dans le sang comme dansm vaste dépôt , et c'est , de ce fluide , qu'elles sont tirées tontes les (ois qu'elles deviennent nécessaires. Le procédé aa iiMiMiiatieik iQoy^n duquel les différens principes du sang sont amenés 1 faire partie des divers organes au corps, a reçu le nom d'astîmi/ation.
Mais les ténèbres les plus épaisses nous dérobent encore le secret de cette opération ; nous n'avons aucun mojren de l'expliquer, comme rien ne nous conduite la découverte des agens employés k l'effectuer* Il a été cependant accumulé trop de faits , qui constatent que l'assinulation a beu, pour qu'il soit possible de la révoquer en doute. Et en eiTet, la guérison de chaque os fracturé et de chaque blessure da corps, en est une preuve, de même qu'elle nous fournit un exemple de son action, ckaou* M|tM Chaaue organe, employé dans l'assimilation , a son office îrodiit*ïïr particufier; et cet office, ioiçane le rempUt toujours toutes <:>»»f?"«>« les fois qu'il a des matériaux sur lesquels il peut l'exercer, lors même que son activité est contraire au bien-ctre oe l'animal. Cest ainsi que l'estomaC convertit toujours les alimens en chyme , encore qu'ils puissent être d'une nature teUe que le rangement retarde plutôt qu'il n'accélère Topération de la digestion. Lorsque, par exemple, on fait entrer dans l'estomac du lait chaud, ou du sang chaud, ils sont toujours l'un et l'autre décomposés par cet organe et convertis en chyme; et cependant, ces substances sont de beatcoup plus prés assimilées k l'animal avant cetfe action de l'estomac qu'après qu'elle a eu lieu. La même diose arrire toutes les fois que nous mangeons de la chair.
▲SSmiLATIOK. yoZ
IKun antre côté, lorsqu'une substance introduite dans l'un £iM«d't«tr«
des organes qui contribuent à l'assimilation, a déjà précisé*
ment subi le même changement que l'organe est destiné k
produire, elle n'en éprouve aucune action; mais elle passe
sans altération à l'organe assimilateur voisin. Ainsi , l'office
des intestins étant de convertir le chyme en chyle, toutes
les fois qu'on introduit du chyme dans les intestins, ils rem-
ph'ssent leur office et produisent le changement ordinaire ;
mais si c'est le chyle lui-même qui arrive dans lesintestins, il
est iabsorbé par les vaisseaux chyKféres sans éprouver d'alté-
raticn. L'expérience, à-la- vérité, n'a pas été laîte sur du vrai
chyle, à raison de la difficulté qu'il y a de se le procurer en
quantité suffisante ; mais lorsqu'on fait entrer du lait, qui
ressemble assez parfaitement au chyle, dans le féjunum , il
est absorbé par les vaisseaux chylifères sans avoir subi de'
changement '. ^ •
De même aussi Poffice des vaisseaux sanguins, comme organes assimilatenrs, est de convertir le chyle en sang. Le cl^le par conséquent ne peut entrer dans les artères sans éprouver ce changement; mais on peut y introduire le sang d un autre animal sans qu'il en résulte aucun inconvénient, et aans qu'il éprouve aucun changement Lower est le premier qui ait fait cette expérience, et elle a été répétée bien souvent depm*s.
Les expériences de M. J. Hunter prouvent suffisamment aussi , que si un morceau de chair musculaire fratche est appUque aux muscles d'un animal, ils adhérent l'un à l'autre et s'incorporent sans aucun changement. Buniva s'est également assuré , qu'on peut de la même manière enter un os frais sur les os d'animaux de la même espèce , ou d'espèces différentes ".
En un mot , il est probable . au-moins d'après les expé* dcs «ubstaocM TÎences qui ont été faites jusqtfà présent , qu'on peut incor- ^^f^lTn^ porer avec les substances du corps, des substances étrangères.
soit fluides , soit solides, pourvu qu'elles soient précisément de la mênae nature que celles auxquelles on les ajoute. Ainsi le chyle peut s'unir avec le chyle, le sang avec le sang, le muscle avec le muscle , et l'os avec l'os. On n'a pas étendu Texpé-
corporcr «TtC It corpa«
» Fordrce, on Dtgesiîoo, p. 189.
• PhiL Mpg.YI,3o8,
JOJ^ rONCTlOKS OfiS A.NIMi.UX*
rience aux autres substance^ aoîmales , ; tejles que les nerfs par exemple; mais il y a tout lie(i de croirq qu'on obtieudrait des résultats semblables.
D'un autre côté , lorsque Pon introduit dans une partie quelconque du corps , des substances qui ne sont pas de la même nature que cette partie, ni de la même nature que la substance sur laquelle Cette partie agit, elles détruisent cette partie, et peut-être même l'animal^ lorsqu'il ne peut pas les rejeter assez promptement. Ainsi l'introduction de substances étrangères dans le sang devient très-promptement funeste ; et dans les blessures de la chair et des os | elle nuit à la guérison de ces parties. »
Letftcahét Quoique les divers organes assimilateurs aient la faculté des organes »•- ^q changer certaines substances dans d'autres , en même-
•oot limitées, temps qu ils rejettent les ingrediens mutiles , cette propriété n'est cependant pas absolue , lors même que les substances sur lesquelles ils agissent sont propres à éprouver le chaugenient que les organes produisent. Nous avons vu , par exemple , que lestomac convertit l'aliment en chyme , les imestms le chyme en chyle , et que les substances qui n ont
Kas été converties en chyle sont rejetées hors du corps, lais s'il arrive qu'il se trouve dans restomac et dans les intestins, une substance quelconque qui, n'étant pas susceptible de subir ces changemens , au - moins par l'action de ces organes , ait cependant une forte çfSnite , soit pour la totalité ou pour quelque partie particulière du chyme et du chyle; et que, de plus, elle n'ait aucune affinité pour les substances qui sont rejetées, cette substance passe avec le chyle; et, dans beaucoup de cas, elle continue de rest.er chimiquement combinée avec la substance à laquelle elle s'est unie dans l'estomac, même après que cette substance aï été coinplètement assimilée , et est devenue partie du corps de Faiiimal. Il existe, par exemple , une forte affiniie entre la matière colorante de la garance et le phosphate de chaux : il en résulte qu'en introduisat^t de la garjance dans lestomac, cette matière colorante se combine avec Je phosphate de chaux del'aliment: elle passeà traversies'vaisseauxchylifères et les vaisseaux sanguin^ , et se dépose avec lui dans les os, ainsi que le prouvèrent les expériences de Bcchier * et de
que le prouvèrent les cxper ♦ Phil. Trans. i:36,p. 287.
ASSlMiLÂTIOK. ^5
Duhaiinel*. Lemcisc, Tiadigo, etc., pris dans restoraac , passent de la même, manière dans plusieurs des sécrétions. \
Ces f^ts démontrent que Tassimilation est, depuis le corn- uautmiutioa mencement jusqu'à la fin, un procédé chinuque ; que tous les **'rf5imïr^.*** changemens sont produits conformément aux lois de la cbi«* mie , et qu'on peut même déranger la régularité du procédé par rintroductipn de substances^ dont les affinités mutuelles sont trop fortes pour que lés organes puissent les surmonter*
On ne peut pas nier, alors, que l'assimila tlon de l'aliment ne consiste simplement que dans un certain nombre de décompositions cnimiques que l'aliment subit , et dans la fort* mation oui en résulte de composés nouveaux. Mais lesagens employés à l'assimilation , sont-ils purement des agens chimiques? Nous ne pouvons produire rien de semblable à ces changemens sur le même aument hors du corps; il faut donc alors convenir qu'ils sont le résultat de l'action des organes de l'animal. On dira peut-être (pe cette, action ne dépend lue de la sécrétion de sucs particuliers , ayant la propriété e provoquer la tendance a ces changemens sur l'aliment; et que ce même changement aurait également lieu hors dc^ corps , si l'on pouvait se procurer ces substances , et le» appliquer à l'aliment en proportion convenable^ Si cette supposition est vraie , Faction spécifique des vaisseaux consiste dans la sécrétion de certaines substances; et par conséquent, la cause de cette sécrétion est Pagent r^e/dabs l'assimilation. Or, îa ne crois pas qu'on puisse prouver eue la cause de cette sécrétion ne soit qu'un simple agent oiimique ; car dans restomac , qui est le seul organe où l'on puisse recosnaitre l'existence de cette sécrétion, elle n'est pas toujours la tnême, mais elle varie selon les circonstances.Les aigles ne peuvent pas d'abord digérer le grain , mais on peut les y habituer, si l'on persiste à les en nourrir. Un agneau, au contraire, ne digère pas d'abord l'aliment animal, mais il en contracter» «ussî la faculté avec le temps. Il est donc évident , que dans ce cas, le suc gastrique change suivant lès circonstances.
♦ Phil. Trans. 1740» p- ^o- Mizaldns cita ce fail dans tin onTra{;e pubUé eti i56G, ayant pour tîtrc : Meitioralitium , utilium ac jtitmndorum Centurias noycm,
u'ttt pat chi< Buqnt,
706 tOnCtlOKB DUS ARlMAOt.
Mâî»i*aceDt . La présence de quelque agesc , dîfierant d'one m^ force <^imiqae, paraîtra plus évidente encore, si Ton considère l'état de conservation de restomac de l'ammal vivant pendant le procédé de la digestion. L'estomac de^ aninaaz est aussi propre pour aliment qoe toute autre substance. U suc gastnoue doit donc avoir la même faculté d'agir sur lui , et de le décomposer, que celle qu'il a d'agir sur d*aatrès substances ; cependant c'est un fait bien cenDo que l'estomac n'est point affecté par la digestion tant que ranimai vit-, quoique, ainsi que M. Hunter s'en est assuré, le même suc gastrique oue l'estomac de l'animal vivant secrète, dissolve souvent l'estomac lui-même, après la mort de l'animal *. Or, quel est te pouvoir oui empêche le soc gastrique d'agir sur l'estomac pendant la vie r Ce ne soot certainement ni un agent chimique ni une force mécaai<|Qe; car ces agens doivent conserver 'encore la même puissance après la mort de Tanima]* On est donc, alors , dans la néceisité de conclure, ou'il existe dans l'animal un agent, dont l'action est très -différente dei^lle de puissances chimione et mécanique , piisqu'il dirige ces puissances à volonté. Ces puissances sont donc subordonnées dans le corps vivant 1 cet agent supérieur, qui les fait servir de manière à aecoeapUr toujours un but particulier. Cet agent parait régir les puissances chimi^s , principalement en ne réunissant ensemble que certaines suostances qui doivent être décompo^ fées , et en maintenant k distance celles des substances qui se nuiraient par leur mélanae , qui diminueraient ou Réitéraient le proom't, on qui endommageraient l'organe ; et nous voyons que cette séparation s'opère toujours^ lors même qoe les substances sont en apparence mêfées ensemUe f car il ne se forme pas, par leur mélange dans le corps , les mêoies produits qu'on obtiendrait en aiêlant les mêmes substances ensemble , hors du corps; et^ar consécnient, toutes les substances ne soot pas en pleine Uberté d'ooéir aux lois de lenrs affinités mutueUes« L'agent supérieur n'est cependant p^ capable d'exercer un pouvoir illimité sor les forces diiotiques. Quelquefois elles l'emportent sur lui ; et il en résnlte
3ue certaines substances , telles que la garance , passent ans le système; tandis que d'autres, comme l'arsenic ;
♦ Phil. Trans. 177^, p. 447.
issiMitAtioN. yoj
décomposeDt et détroisent les organes do corps eux-^ mêmes.
Mais ce n'est pas dans la digestion seulement que cet agent supérieur déploie le plus complètement son pouvoir; c'est , dans ce qui achève l'assimilation , que ses efforts doivent prindpalement exciter notre admiration. Comment se fait-il que les substances nécessaires soient toujours précisément celles qui sont transportées à chaque organe du corps ? Pourquoi la fibrine se dépose-trelle toujours régulièrement dans les mus- * clés, et le }Miosphate de chaux dans les os? et ce qui est encore plus inexpliquable y comment se fait-il, que des quantités prodigieuses de telle substance particulière soient formées et transportées à un endroit particulier , pour fournir à des besoins nouveaux qui n'existaient pas auparavant? Par exemple, un os se carie , et n'est plus propre à l'usage de l'animai; il se forme eu conséquence un nouvel os à sa place ^ et l'ancien est entraîné parles absorbans; mais pour former ce nouvel os, il se dépose, en grandes quantités, du phosphate de chaux dans un endroit où la même quantité n'était pas nécessaire auparavant. Or, comment cet agent peut^ii être averti qu'une quantité nouvelle de phosphate de chaux est nécessaire, çt qu'elle doit être transportée à cette place particulière? ou en admettant, comme ce qu'il y a de plus probable , que le phosphate de chaux de l'ancien os est employé en partie pour cet objet, comment cet agent a-t-il pu être instruit que l'ancien os devait être enlevé , modelé cie nouveau , et qu'il fallait un nouveau dépôt et une nouvelle assimilation? Les mêmes merveilles ont lieu dans la guén'soo de toute blessure , et dans le renouvellement de fonte partie lésée.
Maïs, dans ce cas non plus, le pouvoir de cet agent sur les forces chimiques employées n'est pas absolu. On peut empêcher un os fracturé de se guérir, en donnant au malade de grandes <|uantités d'acides. Et , à moins que les matériaux nécessaires pour les substâtices nouvelles qui manquent ne soient fournis par l'aliment ^ elles ne peuvent pas dans beau; coup de cas se former du tout. Ces! ainsi que la serine né peut compléter ses œufe, à moins qu'elle ne se procure de la chaox.
Au moyen de ce que l'action de cet agent , qui caractérise ^^^^^ les corps vivaas , ne semUe pas être conforme aux lois de ^* ««t agtnv
-ti oMiirttiit.
7^8 rBNCTlONS D£i A^IMAtJt»
la chimie^ toute recherche y pour en découvrir la nalutè, serait étrangère au sujet de cet ouvrage. Les physioloçist» kii ont donné le nom de principe vital ou, animal \ cesta eux <{ue )e dois renvoyer le lecteur, m. le nng 2. Outre les besoins des différens organes du coips, le '""'.til"."*** sang est aussi employé a la formation de toutes les diffcrenles ëi u «créaoB. sécrétions, qui sont nécessaires à la conservation de l'économie animale. Mes ont étéénumérées dans le dernier chapitre. Le procédé ressemble à celui de l'assimilation , et il est hors de aoute oue les agens dans ces deux cas sont les méines', mais on n a pas plus d'idées précises sur l'opération de li sécrétion que sur celle de Tassimijation. i*s «niiTJivs Après que ces fonctions ont été exercées pendant un cer-
'' ' tain tempS) qui est plus ou moins long sdon k nature de
l'animal^ le corps dépérit par degrés; et à la fin toutes ses fonctions cessent complètement, et l'animal meurt Cette cause de la mort doit paraître bien extraordinaire , forsaoe nous con^dérons la faculté que l'animal a de renouveler les parties détrtiites \ car, dans la plupart des cas au-moiiis , oi ne peut douter t]ue la «nort ne provienne <le ce que le corps est devenu iticapable de faire ses lonctions. Mais notre éton* cernent cessera à un certain point , ^i nous considérons ea même-temps, que cette facuhé est limitée, et qu'il faut qu'elle <:esse entièrement quand celles des parties du système, em* ployées a fournir les matériaux pour l'assimilation , commencent à dépérir. -C'est en conséquence dans ces parties, àm les organes de la digestion et de l'assimilation , aue ce dépérissement devient ordinairenient funeste. Celui des autres parties ne détruit la vie, que lorsque la déperdition est si rapide qu'elle n'admet point de restauration.
Comment se fait-il que le dépérissement des -organes soit suivi de la mort , ou , ce ^ui revient au même , que le principe TÎtal cesse d'agir^ ou abandonne entièrement le corpsc'est ce qu'il nous est absolument impossible de dire, parce que nos connaissances sur la nature de ce principe vital et sur sa connexicm^veç le corps , sont encore trop limitées. On a cependant découvert plusieurs des propriétés de ce princine : et si on recueillait tous les faits déjà connus ^ ^^ qu'on les coordonnât convenablement, ainsi que les coDclasions générales qu'on en peut titer sous le rapport de leor liaison mutuelle , on acquerrait plus de lumières sur H^
diCOXPOSITIOir BBS COAPS llflMAUX. '709
Bomie anûnale, que ne le pensent les- personnes à qui le sujet est étranger.
A peine Panimal est-ii mort, que les agens chimique et mécaniqaè, jusqu'alors instramens, reprennent Tempire suprême , et qu'ils décomposent et détruisent promptement le même corps à la conservation duquel ils araieni efficacement servi. Mais les changemens que subissent les corps ani* maux, après leur mort, sont trop importans pour ne pas mériter de fixer notre attention. Os formeront CKmc le sujet du chapitre suivant.