PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES
8. Les alcalis fixes se combinent arec Ift cire, et forment ie7Ilcaii. avec cette substance un composé qui a toutes les propriétés
du savon ordinaire. Lorsqu'on la fait bouillir avec une dissolution d alcalis fixes dans l'eau, ce liquide se trouble, et bientôt le savon s'en sépare et nage à la surface. Les addes la précipitent de l'alcali en flocons, c[ui sont la cire trés-peu altérée dans ses propriétés '. La cire punicpe , dont les ancieBS se servaient pour peindre à l'encanstique, est un savon composé de ao parties de cire et d'une partie de soude ■. Sa composition fut reconnue par M. Lorgna '.
En faisant bouillir la cire avec de l'ammoniaque liquide , elle forme une espèce d'émulsion savonense. A mesure que le mélange refroidit, la plus grande partie de la combinaison s'élève k la surface en flocons blancs. Ce savon est à-peine soluble dans l'eau *.
9. Les acides n'ont que peu d'action sur la cire. Le chlore lui-même, qui agit avec tant de violence sur la plupart des corps, ne produit sur cette substance d'autre effet que celui de la blanchir. Cette propriété que la cire a de résister à l'action des acides, la rend très-propre à faire un lut pour les renfermer convenablement dans des vaisseaux, ou pour ga« rantir de leur action un bouchon de liège ordinaire. ^
I o. La voisier essaya de reconnaître la composition de la cire d'abeilles, en brûlant une certaine quantité de cette substance dans du gaz oxigène, et en déterminant les proportions d'acide carbonique et d'eau formés. Mais la chimie pneumatique n'était pas à cette époque assez avancée pour qu'il put donner à ses expériences le degré de précision nécessi^r^. Gay-Lussac et Thenard ont analysé la cire en brûlant dans un vaisseau convenable une quantité déterminée de cette substance avec du chlorate de potasse, et en reconnaissant la quantité d'acide carbonique formé ' ; d'après leurs expé* riences , 100 parties de cire sont composées de
CoRipositioo. Oxigène S,544
Hy drogène. ... 1 a ,6 7 a
Carbone . . 81, 784
« NichoIftOD^s Joum. IV, i3a.
» Pline, lib. XXI, c. 14.
' Journ. de Phys. Nov. i^85.
Bofttock, NichoUon^s Jonro. IV, i34.
' Recherches physicc*shimiques I II , 3 16^ /
• cias. 13S
Gomme nous ne connaissoos pas le nombre qol représente k poids d'an atome de cire, nous ne pouvons pas déterminer, d après cette analyse ,1e nombre d'atomes de chacun de ce$ coips qui entrent dans sa composition. Mais le plus petit nombre d'atomes qui se rapprocberait davantage des proportions obtenues par Gay-Lussac et Thenard, est sayoir :
X atdme oxis[ène = 1 5,49
, 20 atomes carbone . • . . =: i5 ^2,19
18 atdmes hydrogène. . . = 3,35 i2,35
• D'après cette supposition , la cire est un composé de 89 atomes, et le poids aune molécule intégrante de cette sud* ttance est de i8,35. Les expériences de.Cbevreul sur les savons, donnent lieu de croire que le poids d'un atome de cire est a-peu- près le double du noa^e indiqué, ou de 36; si ce nombre était exact, les parties constituantes de la cire «raient:
3 atomes oxigène. . • =:
4o atomes carbone... =: Sa atomes hydrogène. =
1 1 . On doit regarder la cire comme une huile fixe rendue concrète, car elle a toutes les propriétés essentielles de l'huile fixe. Or, les huiles de cette espèce, qu'on distingue par la qualification d'huiles grasses, ont la propriété de devenir con* crêtes , et de prendre l'apparence de la cire par une longue exposition à l'air ; ce qu'on attribue à l'absorption de Toxigène. n est donc probable que la cire ne diffère des huiles que par la proportion d'oxigène qu'elle contient comme partie constituante. La cire au moment de sa formation était sans doute à Fétat d'une huile fixe; mais cette huile fixe, en absorbant Poxigène, s'est solidifiée par degrés à l'état de cire. On peut alors considérer la cire comme étant une huile fixe saturée d'oxigène.
13. Si cette théorie est exacte , il est tout naturel de v»riété$ supposer ^ue l'huile fixe doit se trouver dans les plantes, daîns des états différens de consistance , et c'est en effet ce que Texpérience confirme. Quelquefois elle a la coniistance du beurre, et c'est par celte dénomination de beurre
de Cire.
Il6 PARTIES COVSTîrVktmÈ DES nAKTE^.
qu'on distingue cet état ; ainsi uons avons le htnrrtieeacào^ le beurre de coco, le beurre de^/am. Quelquefois sa consis-* tance est encore plus grande, et elle porte alorslenomde^i/2|^' ainsi nous avons le suif du croton, qu'on extrait par Peaa bouillante du fruit du croton sehifera, A son plus haut degté possible de consistance, cette substance prend le nom de cire. Ainsi nous avons la, cire.de myrte d'Améi;'iquej extraite des graines du m^yrica cerifera et le pela des Chinois. U est donc possible qu'il y ait autant d'espèces de cire parmi les substances végétales que d'huiles fixes. Mous allons considérer celles de ces espèces de cire qui sont les plus remarquables. La cire d'abeiites est cette dont nous avons décrit les propriétés dans la première partie de cette section. cirtdcoiTrit. i3. La cire de myrte de PAmérique septentrionale est le produit du myrica cerifera» Nous sommes redevables au docteur Bostock * et k Caîdet * d'une description très-exacte de ses propriétés, ainsi que dtt mode de son extraction. Le my* rica cerifera est un arbrisseau très-abondant dans la Loai-^ siane et dans d'autres parties de rAmériqiié septentrionale. Il produit une baie de la grosseur à-peu- près d'un grain de
foivre. Un arbrisseau bien fertile peut en fournir fnsqu'à trois ilogrammes. On cueille les baies, on les jette dans une chaudière, puis on verse par-dessus une quantité d'eau sufRsante Eour qu'elle les recouvre d^environ lâo millimètres. On fait ouiliir le tout , en ayant soin de remuer et de froisser les baies contre les parois de la chaudière. La cire qu'elles con* tiennent se fond, et vient nager à la surface de la Uqueur. On l'enlève avec une éctimoire, on la passe à travers un linge,' puis on la fait sécher; on la fond de nouveau , et on la coulé en forme de pains. La cire, d'après les observations de Cadet,' constitue l'enveloppe extérieure des baies. Cette substance^ ainsi obtenue, est dun vert pâle. Sa pesanteur spécifique est de 1,0 i5o. Elle se fond à la température de 4^^ centigr. Lorsqu'elle est chauffée fortement, elle brûle avec une flamme blancne en produisant peu de lumée , et pendant la combustion elle répand une odeur aromatique agréable. L'eaù n'a pas d'action sur elle. L'alcool lorsqu'il est chaud en dissout les o,o5 de son poids; mais il en abandonne la plus grande
I ri-- - - - I ., - ^
, Kicholson's Journ. IV, i3o.
• Ann. de Chim. XLIV, 140.
€IRC« 127
parue en refr<^issftQt. L'éther th&nà en âissout environ les 0,25 de soQ poids : et en laissant refroidir lentement celte dissoiaiioD , la cire s'en sépare en Jarmes cristallines semblables au blanc de baleine. L'étber acquiert une couleur Terte, mais la cire devient presque blanche. L'huile de léreben^ne la dissputdiflicilenient, k l'aide de la chaleur. Les alc^Hs , ainsi que les acides agissent sur elle à^peu-près de la méine manière que sur la cire d'abeilles. L'acide soKurique en dissout à chaud environ les o,o8i de son poids, et se convertit en une masse d'un brun foncé*. Hatchett a demièreme|it découvert dans la laqne ime substance ab« soloment semblable à la cire de myrte '. Il est probaUe que cette dre entre dans beaucoup de végétaux.
i4* M. Brande publia en 18 1 1 ses recherches chimiques cirt aoBr^ûi. sur la dre du Brésil:^ le produit d'un arbre inconnu en Angleterre. Elle était de couleur verte, insoluble dans Teau, mais se dissolvant dans l'alcool ,i'étber et les huiles. Sa pesanteur spédfique était de o,g8o. Elle se fondait à la température de vfp centigrades. Elle ne pouvait pas forme/ un savon avec
K&^VUis fixes; mais elle était très-propre à être employée
pour faôre des bougies'.
t5. Le docteur MaccuUoch trouva une substance ana-çi^p^vewui» 4j^ a ladre dans les huiles de rose et de lavande; elle se^^^^/^^ ^^ prédptuit de l'une et de l'autre de ces huiles par le froid , tt«i«utandc et aussi par l'addition d'alcool. Cette substance est blanche , ooctuense an toucher; elle surnage l'étber sulfurique. et cristallise en écailles édatantels ; elle fond à Sa"" centigrades ; elle se dissout dans l'alcool et dans l'étber, et semble, par ses propriétés, se rapprocher davantage du spermacéti que de la cire ♦.
1 6. Les Chinois retirent de diverses plantes une dre dont ib font des bougies, et dont ils forment beaucoup de ces omenaens délicats qu'on apporte en Europe'.
17. Proust a découvert la dre dans la fécule verte de d*m u «cuî*
' B^ftCock, Ificholson's Jouth. IV, t3o- * Analrtical experiments on lac, Phil. Trans. 1804. > Wicliolson'» Journ. XXXI, 14.
Maft. XXXlX,i23.
v«rt« de« pUoiM.
•"P*îoti cire.
Trans. irSS, p. a53 , où le P. d^Incarvine donne une de»de l'arbre a «uif , et de la naoîèTe d'en extraire le «uif ou )a
128 PARTIES COI^StlTUANTES DES PtlNTES.
ëusieurs plantes, notamment dans le chau. Il pense qu'elle rmeune partie constituante du pollen de toutes les fleurs, et que les aneilles la recueillent avec le gluten du pollen , qui ^ suivant lui, leur sert de nourriture'. On a pourtant des preuves incontestables que la qire est véritablement formée par les abeilles. Les observations de IVL John Hunter le portèrent à conclure qu'elle provient des anueaux écailleux qui recouvrent leurs parties postérieures.
Proust a aussi découvert la cire recouvrant Técorce des résines, des oranges, sur l'enveloppe des, prunes, et autres fruits semblables *. En un mot, elle paraît être un des principes végétaux les plus abondans.
SECTION XXIV
Du Camphre.
Hutoit«. La substance appelée camphre , paraît avoir été connue de temps immémorial dans TOrient, quoique son existence ait été ignorée des Grecs et des Romains. On ne sait rien de
Srécis sur l'époque de son introduction en Europe ; cepenant il semble qu'elle y a été apportée par les Arabes. jEtius est le premier qui en fasse mention. Il en est parlé dans les écrits de Paracelse, de manière à faire supposer que cette substance était d'un usage commun dans son temps. Les chimistes la rangeaient tantôt parmi les résines et tantôt parmi les huiles volatiles', lorsque Neumann publia en ijaS sa dissertation sur celte substance ♦. Il y présenta, dans le plus grand détail , l'examen de ses propriétés , et démontra qu'elle différait de celles de toute autre substance ; il en conclut qu'on devait considérer le camphre comme étant un principe végétal particulier. C'est donc ainsi à Neumann que nous sommes redevables des premières expériences exactes sur la nature du camphre. ' cornment ^^ pl^s graudc partie du camphre nous vient en Europe «astieprocur* Jii Japon. Ou l'obtient du laurus camphora, arbre trescommun dans l'Orient On en distille le bois avec de Teau
• Joarn. dcPhy. LVI, 871 el III.
• Ibid,
• HofFman, Obs. phys. chim. sdect. p. 44« 4Pbil. Traos. XXXl|l,32i.
dtfis dé grandes corcubites de fer surmontées âe ebapeanx eo terre, dont on garait l'intérieur de paille. Le camphre se sublime, et se solidifie snr la paille sous forme d'une poudre fiise *. On le raffine ensuite en Europe par une secondé 5aUimatiod. Les vases sont de verre, ayant un peu la forme i'un navet) avec une petite ouverture vers le haut légèrement recouverte de papier. Selon Ferber, on mêle avec le camphre brut les o,a5 environ de chaux vive pilée * : mais d'autres assurent qu'on n'y ajoute rien. D'après Lewis, il sofStdebien régler le feu*; et le professeur Robison, qui a suivi le procédé aussi bien que Neumann, nous apprend que le camphre, dans le vase ou la sublimation a lieu, est à l'état liquide ; ce qui ne pourrait arriver si on employait de la chaux vive, au-moins dans quelque proportion considérable ^
i.Le camphre ainsi rafGné est une substance blanche cas- Vnifnêkéi* saute, ayant une odeur aromatique particulière, et une saveur brûlante et acre. Sa pesanteur spécifique est de
U ne s'altère point à l'air ; mais il est si volatil qu'il s^éva- 'pstttcomplétement, quand on le tient exposé à l'air dans des vases ouverts, dans un temps chaud. Lorsqu'il est sublime ^^os des vases fermés , il cristallise en lames hexagonales ou «pjTimides*.
2L Le camphre est insolubje dans Peau ; mais il cornnranique en partie à ce liquide l'odeur qui lui est particufiére.
3. Il se dissout facilement dans l'alcool , et il en est de Aetidu nouveau précipité par' l'eau. Selon Meumann, l'alcool bien **''»i««^ rectifié en dissout les o^yp de son poids. A la distillation, Falcool passe d'abord, et laisse le camphre pour résiu'b. Cette propriété offre une méthode facile pour le purifier. On lediasout dans l'alcool, qu'on ^lève -ensuite pr la distillatiooy et on donne au camphre la forme d'un gâteau, en le
* 'NenoÈxnn'B Cbem. p. S 19.
* Greo'ft Handbuch, Il , 219.
' Neamann , iùid^
* BladL's Lectures. II, 35i.
' Selon Brissofl. Le docteor Shatr la porte ^o,9gtf(SBaVsHojfti^y 11.346;, et on Vsk ccrpiée ahnsi clans la plupart desntrcà de chimie le pVn récemment pabliës. Il est probable que cette subsUtnce varr« cossidénibleflieot dans ta detniie^ î Jlomiett»
l3o PÀltTI£S COKSTlTtrANTCS HES PL1NTE5.
fondant dans un vase de terre '. Si la dissolution alGooIIqae do camphre est étendue d'eau autant que possible, sans occasionner la précipitation dii camphre, il se dépose peu-à-petf en petits cristaux qui ressemblent à des plumes *•
Haiiet* 4* ^^ camphre se dissout aussi dans les huiles, soit fixes, soit volatiles. Si la dissolution s'opère à Faide de la chaleur, une partie du camphre se précipite par refroidissement , eC cristallise sous formé de plumes *.
Akaiit. 5. Les alcalis purs , et les carbonates alcalins n'agissent point sur le campbre. Il parait i-la-vérité que les alcalis caustiques peuvent en dissoudre un peu , mais c'est eu si petite quantité, qu'on n'eu reconnaîtrait la présence par aucun moyen, et qu'elle n'est rendue sensible que par son odeur ♦. Aucun des sels neutres essayés jusqu'à présent n'a d'action sur le camphre.
Aciim ^' Le camphre se dissout dans les acides sans cfTervescencc, et en général il peut en être précipité sans altération , lorsque la dissolution est nouvellement faite. Acidt Nous sommes redevables à Hatchett de recherches très-
«îfi*riqu#. exactes relativement à l'action de l'adde sulfurique sur le camphre. Ce chimiste, ayant versé sur cent parties de camphre réduit en poudre quatre cent quatre-vingt parties d'acide sulfurique , le camphre devint jaune sur-le-chao^ , et la dissolution s en opéra peo^à-peu. L^acide prit d'abord une couleur rouge brunâtre, puis tout-à-fait brune. Au bout d'en** viron une heure, la liqueur était d'un brun noirâtre et commença à émettreen abondancedn gaz acide sulfureux. Dans l'espace de quatre Heures, le tout prit l'apparence d'un liq;;^ide noir épais, qui ne manifestait d'autre odeur sensible, que celle de Facide sulfureux. Il se passa deux fours sans que la li<^ueur éprouvât d'autre altération. L'alambic contenant la dissolution, fut alors placé sur un bain de sable tenu à une chaleur modérée, et par ce moyen il se dégagea une nouvelle quantité de gaz acide sulfureux. Au bout de denic fours, on ajouta peu^à-peu à la liqueur 6 fois autant d'eau
, Ce procédé, proposé par Lewis CNenni»n's Chem. p. Sso), efi% certainemeot préférable a celui de Trominsdorf , qui précipite lor camphre de Talcool parTeau, elle fond ensuite od {^âlcau. CreiiV Handbuch , II , 220.
• Bomieu , Mém. Par; inSô, p. Ai.
» Tbid.
♦ Bouilloa-Lagrangc , A«b. de Chim. XXIII > i54.
m d*acide salftiriqne emptojé , oo 2880 parties. EHe était alors d'un bruo rongeitre , et déposa un coaguluoi abondant de la même couleur. Uodeur dacide sulmreux devint insenstbieet elle fut remplacée par une odetu* semblable à celle que produit un mélange d'huiles de lavande et de fflenthe poirrée. Le tout fut alors distillé à une douce chaleur. L'eau qui passa avait la même odeur que le liquide primitif, et une coucee légère dliuile jauiiâtre la surnageait. Il resta une masse brune noirâtre , sur laquelle Tean n'avait aucune action ; mais on en obtint une substance résineuse, en la traitant par l'alcool , qui acquit ainsi une couleur brune noirâtre. Le résidu n'était autre chose que du charbon. Ainsi, par l'action deFacide sulfurique, le camphre fut décomposé et converti en bnile , en résme brune noirâtre et en cnar-» boo. La proportion de chacune de ces substances était de
Huile jaune 3 parties.
Charbon... .>.. 53
Substance résineuse. . 49
io5
lesonq parties excédantes provenaient, 00 de Teau qné i^ substance résineuse avait retenue, ou de Toxlgéne avec ieqoel die s'était combinée.
La substance d'apparence résineuse, ainsi obtenne, était en réalité une espèce de tannin artificiel. Elle était très-cas<* santé; elle avait rx)deur de caramel et une saveur astringente4 Elle se dissolvait dans l'eau froide^ et la dissolution précipitait , en un brun foncé , le fer, le plomba l'étain et la chaux. Eile précipitait Vor i l'état métaniqiie, la colle de poisson sons la forme d'une substance nofrâtre insoluble, et elle avait la propriété de convertir la peau en cuir. Une petite quantité d'adde nitriouo changea cette substance dans lé tannin artificiel qu'on ODtlent du charbon parle même acide *é n parait résulter des recherches plus étendues oue Cbe^ Treui a faites , sur ce sujet , que lorsqu'on distille de Tacide aolfhrique sur du camphre, on obtient, i.* une huile volatile, ayant lodeur du camphre ; ^.° un résidu charbonneux, qui est une combinaison d'acide sulfurique et d'un charbon tres^
* TUicheCs Additionnai EzperiiBeats on arlificial tennîa. Phil.
iSl PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES.
hydrogéné ; S.** une substance astringente^ ^n^ est pareille^ ment une combinaison d'acide siilfuriqiie et d'un charbon encore plus hydrogéné que le précédent. Le résidu charbonneux n*est pas sensiblement soluble dans Teau. Il donne à la distillation de Tacide bydro-sulfurique, de lacide sulfureux, de l'acide carbonique, et le résida est une combinaison d« charbon et de soufre '.
Aeide Bitriqat. L'acide uitfique dissout facilement le camphre, et en
Srande quantité. La dissolution se sépare en deux portions, ont Tune qui contient le camphre et la plus grande proportion de l'acide, flotte à la partie supérieure de l'autre sous la forme d'une huile jaune très- pâle. On connait cette dissolution sous le nom ai huile de camphre. L'eau et plusieurs . métaux précipitent le camphre sans altération '. L'alcool se combine avec Thuile de camphre. Lorsqu'on garde pendant long temps la dissolution du camphre dans l'acide nitrique, le camphre s'en sépare en partie, et nage à la surface sons forme de cristaux^ et une petite portion est convertie en acide camphorique '•
AitmacidM. Les acidcs hydrochlorique, sulfureux, et fluorîque, à l'état de gaz, dissolvent le camphre. Lorsqu'on ajoute de l'eau à ces dissolutions, le camphre parait sans altération, sous la forme de flocons qui flotteut à la surface de l'eau ^. Le camphre se dissout aussi dans de l'éau imprégnée de gaz acide carbonique ' , dans l'acide acétique ^, et probablement dans tous les acides.
Action fj. Lorsqu'on soumet le camphre à Faction de la chaleur ,
e « cbaiear. jj ^^ volatilise. Si la chaleur est subite et forte , le camphre
se fond avant de s'évaporer ; la fusion a lieu , suivant Vea«
turi , à la température de i49^ centig. , et selon Romieu , à
celle de 2^6^ centig. 7. Il s'enflamme très - aisément , et rr-
pand en brûlant beaucoup de flamme ; mais it ne laisse pas
de résidu. Il est si inflammable , qu'il continue de brûler , Il II ■' Il I
• Ann. deChim. LXXlIi, 167.
• * KeumnB's Chemistry, p. 3^i.
* Planche remarqua ce» cbaosemens dans une fiole contenant d« rhufle de camphre qu^il avait gardée pendant quatorze ans sans roa<* vrir.
4 Foorcroy.
« Jouin. de Phrs. I.II, 67.
'-• Phil. Mag. Xv, t56. Le vinafgre aromatiqQe consiste princifValement dans cette combinaison.
1 Mêm. Pac. 1756, p. 44^.
CAMJPHllS. l33
nioe à la snrface de Peau. Si l'on retoplit de gaz oxigène mi grand ballon de verre , contenaut un peu d*eau , et qu'on y enflamme le camphre , il bràle avec uoe flamme très-vive tt produit beaucoup de chaleur. Le ballon se tapisse aussi' tôt, k Tintérteur, dune poudre noire qui a toutes les pro*
fifiétés du charbon ; il se produit du gaz acide Carbonique ; ean dans le ballon acquiert une odeur forte; elle est imprégnée d'adde carbonique et d'acide camphorique ".
JSi PoQ met à Tétat de pète avec une suffisante quantité d'eau UB mélange de deui parties d'alumine et d'one partie de camphre , et qu'on distille ce mélange dans une cornue de verre, en ajrant soin de mettre dans le récipient un peu d'eau , et d'y adapter un appareil pneumatique, il passe une huile volatile d'un jaune doré, un. peu d'acide camphorique qui se dissout dans l'eau ^ et des gai acide carbonique et hydrogène carboné , qu'on peut recmUir au mojeft de l'appareil pneumatique. Il reste dans la cornue une substance d'un noirioncé, composée d'alumine et de charbon. Par ce procédé , Bouillonlaçrange , â qui nous sommes redevables de Faoalyse du cao^hre, obtint de las, 184, de camphré, 45,<'856 d%uile voUtik et 30,(^71 de carboné. La proportion des autres ^odoits ne fot point déterminée *. '
Booillon-Lagrange conclut de cette analyse , que le camfifft est composé ^fauile vëlatile et de carboné eii état de combinaiaott ; et nous voyons , par ses expériences , que les derniers ingrédiens du camphre sont le carbone et Phydrogène , et que ta' proportion du carbone y est beaucoup plus grtmde qae dans lesiiuiles.
8. Il y a plusieurs espèces de camphre , qui ont été exa- ' ctp^cM minées par les chimistes , et qui diffèrent beaucoup entre ^* ««p»»'^ elles dans leoi^s propriétés. Les plus remarquables sont le camphre ordinaire y le camphre iFhuiies volatiles , et le camphre obtenu en itdÀtUki-t huile de térébenthine avec ïa* dde hydroehlùrique.
9* Le camphre ordinaire, obtenu par distillation du cunpbr* laurus camphora , est la substance décrite dans ta première •*^'"*"^** partie de cette section, A Bornéo et à Sumatra on retire le camphre du lauras sumatrensis ; mais comme on n'apporte
«rdioair*.
• BouilIoD-Lagratig^y Ano. dtChim. XXIII, 168. f iM* p. 157,
l34 PARTIES CONSTITlTAIfl^fi DES PLANTES.
point de ce camphre en Europe, , noms ne savons pas jasau-L quel point ses propriétés se rapportent à celles du campnre. Qrdinaire. Le laurus cinnamjaaium fournit aussi du camphre. t. Camphre lo. La secoude espèoe decfiinpUre parait exister dans un rtur» d'huile», gpgjjj nombre de plantes, et se trouve tenue en dissolution pai^ les huiles volatiles qu'on en extrait. Neumann lobtiot des huiles de thim ^ de mar)o|aine et de cardamome ' -, et Herroan, des huiles extraites dç djverses espèces de menthe^* Cartheuse'r en relira des raqines du maranta^ galang» 9 du kœmpferfa rotunda, àeXamomuin zinziber et du laurus ^ cassia ^; et il rendit probable que presque toutes les plantes de la famille des labiées en cootienneut. Op a suppo&é qu*iL est dans ces plan (es en état de çoaiLjnaison avec Thuile vo-, latile, Pronst a fait voir qn'oa pent l'extraire en grandes quantités de plusieurs huiles volatilos^ Il suffit pour cela, d'jBxposf r rimik a l'air libre, à une température entrer — 7 et, -i-ia<>ceijijg, Lliuile s'évapore peu à peu, etle camphre cris* tallise. Par ce procédé , Proust rcûta dfs l'huile de romarin les .0, 1.0 de son poids de camphre ; de celle de marjolaine , les 0,10; de l'huile de sauge^ les 0,11^5', et de celle àt la* . vande, plus des o^%^^S\ Ton djsli)la Thoile an bain-rn^rie, à quelques degrés au-dessous de la chaleur de Teau boitillante |i et jusqu'à ce qu'il passe les 0,33 de Thuile , on trouve dans l'aiambiç une partie du camphre; /cristallisé. Si on l'^plève,» et que l'huile soit de nouveau distillé^ comme 1^ première . fois, il cristalline encore plus de cafupjiire. En réoétant trois . fojs ce procédjé , on obtient t^ut |ç ^^a^mphre ^e ibuije. .Qa . le purifie alors en y mêlant un peu de chaMx d^^sécbée, :^<' en le subjiji^^nj.
il j a lieu, de croire , d'après les ,obaervadops de M., Jobii . Brown^ que.le c^qiphre extrait de l'huÂle de.tjèimi diffère . sous plusieurs rapports dif camphre ordinaire,* 11 UQ^paraît v pas former de dissolution liquide , soit ayec l'acide nitrique,, soit avec Tacide sulfurique; il n'est pas non plus précipite eo. poudre par l'acide nitrique comn»e le camphre ordinaire ^ - mais en une masse glutineuse'. . . t
■ Phil. TTàii«. t7i5,p, 3if. •. ' ->; ..
' De genericis quibusdaoi piapUrum priocip. 1754, cite par Gcen , 19*Df)bucb, II, i!ii.
4 A»», do QUm. iV, 179. ! PhU. Trao». 171^. XXXIll, 861,
CAMPHRE. l35
1 1. M. Kod , pharmacien à Euiin , en préparant un médi- 3. cmyhn canent appelé iîquor arthriticus Pottii, découvrit que rbuilç ««t^^'^ de térébenthine, saturée de gaz acide bydrochlorique, don<» sait on camphre artificîd. Il mit une certaine Quantité d*buila de térébenthine dans un flacon de Wouif *, il fit passer à trar rers ce lianîde on courant de gaz acide hydrocblorique, sé« paré de 1 hydrocUorate de soude par Tacide sulfurique. Le pcûds dn sel employé était tégal ^ celui de Thuile de térébenthine. L'fauîie prit aabord une couleur jaune 9 qui passa ensoite au brun , et a la fin elle derint presque solide , par la formation d'un gniod nombre de cristaux ayant la propriété du camphre ". Trommsdorf répéta cette expérience intéressante, et il en obtint na résultat semblable. Il observa avec soin les cristaux camphoriques, et il leur trouva , sous là plupart des rapports, les mêmes p^opk'iétés qu'au camphrf on£aaire, iiaoiaae sous quebues autres ils en différassent. La Sodété des Fbarmaciens ae Paris, qui avait eu connais- WKcede ces faits , chargea MM. Cluzel, Ghomet et Boullay^ ^Ves vérifier, et il lui fut rendu compte par M. Boullay * ^ tésnliat de leurs travaux à ce snjet* Ces pharmaciens ^asmifaent de la proportion du camphre fourni par Tbuile as lérAeothine , et de la qtMmtité de gsz acide bydrbchla* nqne la pins convenable à employer. Ils exanunérenl sasa les propriétés du produit camphorique , et ils cher* cbérent à 01 ésplioner la .formation* L'expérience de Kiod Alt répétée en 1804 par tlagcH ', et depuis par Geblen , Srhnacer et Pealh , qui firent des expériences sur le même sujet , dans la iFue prineipaiènient de répandre quelque lumière snr la thénrie du procédé^ Tbénard les a aussi répétées d^is la «même vue ^
On a tronvéque k propertiob da gaz acide hydrochlortque qui réussit le mieux , est la qoantité de ce gaz qui peut être séparée par faiSde sulfurique, et à l'aide de lacbaleur, d'une «mtité d'inrdfochlorate de soude égale en poids à celle de ibniie de terébèntUoe employée. Le produit en camphre
* Tronraiscbrrs Jouta. de'Pharm. XI , i3». Gchlea'a Joarn. Vf,
* Aqti, àû Chfm. LI, 970. ,, ' Gehlen^s Journ. II, 337.
^ Ibid. VI , 4:o.
fMJiD.d^Arc«^,a,99.
l36 PARTIES CONSTITUAUTXS des PL1KTZ5.*
s'élève presque aux o,5o de l'huile de térébentbioe. Les pbarmacieDs français se servirent d'un appareil de Woolf ^ codsiV* tant dans une cornue tubolée, et deux flacons mnnis de leurs tubes de communication et de sûreté; ils mirent dans là cornue environ 3 kilogrammes d'bjdrochlorate de soude avec 1 kil. d'acide sulfurique concentré* Ils introduisirent 2 kil. d'huile de térébenthine dans le premier flacon, et i kil. d'eau distillée dans le second ; et ils dégagèrent , a l'aide de la chaleur , le gaz acide hydrochiorique. Il fut absorbé en totalité par l'huile qui s'échauffa très-fortement, et dont le volnme aug* menta des o^io environ. Sa couleur devint brune; sa trans*
Ïarence ne fut point altérée; il seras8emblapeu*à-peu au fond u flacon des gouttes d'huile , et an bout de vingt-quatre heures, il se déposa des cristaux irréguliers, qui , après avoir été séparés du liquide brun avec lequel ils étaient mêlés ^ égouttés et exprimés fortement emre des femlles de papier brouillard, pesaient 734 grammes. La liqueur abandonnée à elle-même ^ndant quelques jours dans une cave , déposa de nouveau 1 12 grammes des mêmes cristaux ; on en obtint encore 61 grammes en Imposant k un froid artificiel d'eiw Tiron 10 à I ao centigrades au-dessous de zéro ; en sorte que des 2 kilogrammes d'huile de térâ)entkine, on en eut.eo tota-» Uté 918 grammes de camphre, ou 45q grammes par chaque kilogramme d'huile. En augmentant la quantité du gaz, oa n'omenait pas plus de cristaux ; mais les chimistes français ne trouvèrent pas que le prodîiît en camphre devistmoindre par cette addition du gaz acide hydrochiorique^ ainsi que Tromsdorf l'avait concki d'après ses expériences. • . ' ftù^Mêi L^ camphre ainsi obtenu était très-blaDe; il avait une odeur particulière, dans laquelle on prouvait distingiiier celle de l'huile de térébenthine* Lavié avec de l'eau, il devint du plus beau blanc , et il ne donnait plus aucun indice d'»* cidité ; mais il conservait encone l'odeur de térébenthine^ Lavé avec de l'eau aiguisée de carbonate de potasse, il perdit en partie cette odeur, mais qui néf«t pas entièrementidétruitei en mêlant de ce camphre brut , a parties égales avec da charbon réduit en noudce, avçq 4f3 cendres de bois très*» desséchées , de la coanx vive , ou de la terre à porcelaine^ et en sublifnant ce mélange, on obtenait fe caniphl'e à ré(at de pureté, yod^nr dç c? camphre , lors^'il «at pur^ ressemble à ceHo
da camphre ordinaire , mais eOe est mi peu moins forte. Il eo estde mèrae de sa sayeiir* li surnage l'ean, à laqueUe il coodmnniqiie sa saTeur , et il bhîie k sa surface. U 56 dissont complètement dans Taleool, dont Teau le pré- Cftite. L'adde nitrique d'une pesanteur spécifi<{uede i,a6i, s'avait aocune action sur le camphre ainsi purifié, quoi*
re cet acide dissolve facilement le camphre ordinaire ; mais se dissolvait avec dégagement de deutoxide d'azote dans Fadde nkriqne conceotre, et Teaa ne le précipitait pas de cette dissolnticm, comme cela a lieu avec le camphre ordinaire. L'acide acétique n'opère pas la dissolutiou de ce cao^hre. Lorsqu'il est chauffé , il se sublime sans décomposition ; et quand on Tenflamme, il brûle comme^le camphre ordinaire.
Telles sont les propriétés de ce camphre artificiel autant qu'on a pu les reconnaître. On voit qu'il ressembles» camphre ordinaire^ ^ ce n'est en ce qui concerne l'action des acides* Bans Texpérience de Thénard, la liqueur résidu n'était Aciîoodtiias >ft bnuie 9 mais incolore. U attribue la couleur brune du '^chronquT' ■fiie, dans les expériences qui précèdent, à ce que Thuile •JérébïïiUfc de tétâiHilhine qu'on y avait employée^ était mêlée avec ^ le iésixte^ lanois que celle dont il se servit avait été puri- ^ en ia distillant. Suivant Tbénard, rbuile de térénen* tlme n'est pas décomposée par ce procédé. Il ,p^nse que le lésidn liquidé est da à la présence de quelqu'hmie étrangère dans l'huile de térébentnine. Lorsque ce résidu hqmde reste pendant quelques jours exposé à l'air, il perd $98 pro^ priétes acides, quoiqu'il contienne encore en abçndance, un adde. Mais l'acide est neutralisé par l'huile.
Gehlen s'assura que ni le gaz acide fluorique, ni le. eaz acide sidfïireoi, ni le gaz ammoniac, ne décomposent 1 huile de térébenthine. L'action de la vapeur de chlore ' ne produit
r» non phis de changement sur cette huile ; mais lorsqu'on dîstSie lentement à la température de 5o^ contig. , il se nfalîme une grande quantité de cristaux de camphre '. Aucane antre des huiles qu'on a traitées ainsi avec le gaz acido i7ârochlork|iie, n'a jEaurni de camphre '•
» Boaflay, Ama. de Cbm* LI , «85,
l38 PARTIES CONSTITUANTES DES PLANtKS.
la. Le Gampbre est cPud grand usage dans la médecioe; Cest nii très-puissant stimolaDt. On le regarde comine étant particulièrement efficace dans les naiadies des organes uri» naires ; on l'emploie souvent avec succès dans la manie , et il procure le sommeil iors^némeque les autres médicamens sont sans effet.
^ SECTION XXV
De la Glu.
WconTcrte. ^^ pHncipe végétal auquel on a donné le nom de glu , fut d'abord examiné par Vauquelin, qui lui reconnut des propriétés différentes de celles de toute autre substance végétale. On trouva cette matière rassemblée a la surface de Tépiderme d'une plante apportée en Europe par Micbaud , et que Cels a nommée robinia viscosa, à raison de ce que cette substance est visqueuse, et que lorsqu'on toucbe les jeunes rameaux de cette espèce de robinia , les doigts y adhèrent >. D'après l'analyse de la glu, par Bouillon-La-» grange , il est évident qu'elle doit ses propriétés particulîèresf à la présence d'une substance analogue, qui entre en effet comme partie essentielle dacfs sa composition *. Cfesl par cette raison que je donne le nom de glu au principe iui^ même.
Glu a^hirtUe. I . La glu naturelle (ou celle qui exsude spontanément des* jJantes ) a lès ' propriétés suivantes :
Sa côtiletar est verte ; elle n'a pas de saveur tii d'odeur sensibles ; elle est très-colhnte ; elle se ramollit par la cha-> leur des doigts, et s'y attache avec beaucoup de force. Si on la chauffe, elle fond, se bonrsouffle, brûle avec beaucoup^ de flamme, et laisse pour résidu un charbon volumineux. EQe ne se dissout pas dans l'eau ; falcool n'a que peu d'action sur elle, spécialement à froid. A l'aide de la chaleur, il en dissout une certaine quantité ; mais en se refroidissant, il en dépose la plus grande partie. Exposée à lair, loin de dev^ nir dure et cassante, comme les résines, elle continue â*ètre gluttneuse.
« Ann. de Chim. XXVIII , aaS.
• It^icholsod's Journ. XIff , i^\.
Cette substance ae combine AÎséto^t imcc les buOes. L'éiher la dissoirt prompteoieiit sans le secours de la cba« lear; c'est son véritable dîssolf aot ; la dissolotion est d'au ?eit foncé. Les alcalis ne se combinent pas avec eDe. On n'a pis essayé l'effet des acides *•*
Ces propriétés suffisent pour faille distinguer la glu de tout autre principe végétal.
n est assec probable que k substance visqueuse qui re« contre la tige du Ijrchnis vUcaria, du saxifiaga tridacty" Uies, et d'un petit nombre de plantes communes en Angleterre, consiste dans ce principe végétal. Cette substance visqueuse n^a encore été examinée, du-moins à ma connaissilice^ par aucvui chimiste.
2. On extrait la glu artificielle d<e diverses substances, ciovtifideik. dans^CRérens pays. On prétend qu^on to servait autrefois, a cet effet, des b»es du guv. On les écrasait, on les faisait boniOfrdans t'eau, et l'on décantait cette eau pendant qu'elle ét»t encore chaude. Actodlement M retire en général la glu ^Téeorce moyenne du houi. On procède en Angleterre à cxtte extraction , de la manière qui suit, telle qu'elle a été dé« crîteptf Geoffiroi. On ramolUt fécorce en la faisant bouillir àMBsïex^ pendant sept à huit heures ; on la met alors dans la ferre cfn grundes quantités , on la recouvre de pierres, et 00 la laisse fermenter, ou pourrir, pendant quinie jours ou trois semaines. Par cette fermentation , eHe acquiert une consbtapce mucHa^neuse. On la retire alors des fossés , on la broie en pâte dans des mortiers, et on la lave ensuite avec de f eau de rivière^ BouiBon^Lagrange nous apprend qu'à Hogent- le- Rotrou, on fait la gb, en coupant l'écorce moyenne du houx en petits morceaux, et les mettant à fer* menterdansim endroit frais pendant une quinzaine de jours; pUB on lés fait bom'llir dans de l'eau, qu'on évapore ensuite. A Commerci on se sert, & cet effet, de diverses àuttes plantes *.
Pour faire l'analyse de la glu^ Bbuillon-Lagraoge la pré* para par le procédé suivant : il écrasa une assez grande qaantué d'écorce moyenne de boux , qu'il fit bo^iUir dans feam pendant quatre ou cinq heures ; il la déposa ensuite
' Vaoqnelin , Ai>Q. deChim. XXVIII , a)^, f IViclioUon's, Joarn. Xlll, 145.
l4a l^ARTIfiS C0NStITnA!rrS9 DES FLÀKTES*
SECTION XXVL
Des résines*
L'opinion actnelle des chimistes, est <|u'il y a le même rapport entré les résines et les huiles volatiles^ qu'entre la cire et les huiles ./£ref. On considère la dre comme une bulle fixe satarée d'oxigéne , et les résines comme des boiles vo' ktiles saturées du même principe.
Les résines sont très-nombreuses, et constituent on de» genres les plus imporlans des substances végétales, à raison de leurs propriétés particuh'ères et des usages divers aux* cpeb elles sont apphcables. Jusqu'à ces derniers temps en« core les chimistes en avaient négligé l'examen *, ils se conten* taient des renseignemens qui leur étaient fournis par les ar* tistes etles manufacturiers. On avait en conséquence admia dans les différens traités de chimie beaucoup d'opinion.? er» ronoées relativement i ces substances. Ce sujet a dernièrement fixé l'attention de Hatchett, que des connaisances pro* fondes et un talent heureux pour bien saisir les phénomeDe» qui se présentent, rendaient particulièrement propre à rem* plir cette tâche; c'est à lui que je dois les faits les plus importans que j'ai à énoncer dans cette section.
ori^ae. Les résiues exsudent souvent spontanément des arbres; elles découlent fréqtiemmeot aussi d'indsions qu'on y pra^tique à cet effets et elles sont assez communément alors à l'état de combinaison avec de l'huile v^tile dont on les sé^ pare par la distillation. On peut se faire une idée de ce que signifie le mot résine ^ en apprenant que la poix^résine ordinaire fournit un exemple parfait d'une résine, et que c'e^ de cette substance que tout le genre a tiré son nom; car oa donne fréquemment à la poix-résine la dénomination de ré^ sine»
L Les résines se distinguent par les propriétés suivantes :
Profûné». '• Ce sont des substances solides et naturellement cassantes ; eHes ont un certain degré de transparence , et sont J'une couleur inclinant le plus ordinairement au jaune. Leur saveur est phisou moins acre, et elle ressemUe assez « celle d'huiles volatiles; mais elles n'ont pas d'odeur, à nsoins qu'elles ne contiennent des corps étrangers. Elles sont toute»
%isjnÈSé 143
|)aspesaDfesque Teao; tontes elles sont non condiictebrs de ïâeàndxé \ et par le frottement elles s'électrisent négative-
2, Leur pesanteur spécifique varie coDsidérablemeDt , eoaune on pcot le voir dans la taUle suivante " : «p^ciai».
Cl6roi 1,0182
Animé 1,0284
Résine hig^bgate i,o46*
Copal I9069'
Tacamahaca 1 ,o465
Poi«-ré$iue ^iOy±y
Mastic I90742
Sandara^ue . • 190920
IdKpie >ti^90
Labdaoïini 1,1862
â. En chauffant les résines, elles se fondent; et si la clia* j^^^ War est suffisante, elles brûlent avec une flamme forte et ^•>«ciukkt» ÎBine,eD répandant en même-temps une grande quantité d*
V ^es sont toutes insolubles dans Teau, soit froide, soit i^k;
cbênàt\ mais si on les fait fondre avec de Teau, ou qu'après
ks arak mêlées avec de Thuile volatile, on les distille avec
àe feaa , elles semblent s'unir à une portion de ce liquide :
Car elles deyiemient opaques, et perdent beaucoup de leur
^'apiité. C'est du moins ce qu'on observe en traitant ainsi la
poflx-résine ordinaire.
5. EUes sont toutes , à un petit nombre d'exceptions prés, aicooi êolables dans l'alcool , et spécialement à l'aide de la chaleur. ** **"'^" Là dissolution est ordinairement transparente; et en évaporant l'alcool, onobtieiit la résine sans altération dans ses propriétés. L'alcool , suivant Tingry, ne prend jamais plus
des 0,33 de son poids de résine. Lorsqu'on ajoute de l'eau à la dissolution 9 elle devient laiteuse, et la résine se dépose sous la forme d'une poudre blanche. Les résines sont solubles aussi dans l'étber sulfurique.
6. Plusieurs des résines sont solubles dans les huiles fixes, uaUtH
' C«s pesantenr» spécifiques furent diSterminées par Brisson. Les écrivains aT«nt lui différent tellement entr'eux, qn^il j a lîca d* •ovpçonoer qae Itstubstaiiceseiaima^eft a'étaictit pas toujours oeUea •vzoïielles nous donnons à-prdsent les munies noms.
? b^upréa met essais. * IM.
t44 ' PARTIES COirSTiTUAKTES DtS PLANTSS.
^ spécialement dans les haîles stccatires. Elles S9 dissolrent^ poar la plupart, dans les huiles volatiles; au raoîas dans l'huile de térébenthine , qui est celle qu'on emploie le plus généralement.
^***"^ 7. Hatchett est le premier qui examina l'action des alcalis fixes sur les résines, et il s'assura que les lessives alcalines les dissolvent avec facilité, ce qui se trouvait en opposition avec les opinions reçues parmi les chimistes. Il réduisit en poudre une certaine quantité de poix-résine commune, et y ajouta peu'à-peu une lessive bouillante de caibonate de potasse : il obtint une dissolution parfaite, d'un jaune clair, qui continua d'être permanente, après une longue exposition à Tair. L'expérience réussit également avec le carbonate de soude, et avec des dissolutions de potasse ou de soude caus<tiques. Chacime des autres résines, qu'il a essayées, se dlssol* vait aussi bien que la poùc^-résine. Rien ne prouve mieux
3 ne de tels résultats, la nécessité de répéter les expériences e ceux qui nous ont précédés, avant d'ajouter foi â leurs assertions. U y a lieu de déduire de la découverte de Hat* chett des conséquences très-importantes. On savait bien que lesfabricans de savon, en Angleterre, étaient dans l'usage de- mettre de la poix-résine dans leurs cuites, et que c'est i cette addition que le savon doit sa couleur jaune, son odeur et sa fadie dissolubilité dans l'eau. Ce fait aurait du suffire aux chimistes, pour les porter à soupçonner que les résines ont la faculté de se dissoudre dans les alcalis : mais quelque notoire qu'il fut, on n'en avait pas tiré cette conclusion.
Ces dissolutions alcalines des résines ont les propriétés du savon, et on peut les employer comme détersif». Lors* qu'on mêle ces dissolutions avec un adde, la résine se sépare en flocons, qui sont ordinairement de couleur jaune, et elle n'est que peu altérée dans sa nature.
L'ammoniaque n'agit ^'imparfaitement sur les résines ^ elle ne forme de dissolution complète avec aucuoe de celles^ qu'on a essayées jusqu'ici.
A«idM. 8. Les cnimistes ont été pendant long-temps dans Is^
Krsuasion que les acides n'agissent pas sur les résines, se fondaient, à cet égard, sur les effets connus de l'action de Tacide nitrique sur les huiles, et sur lancienne théorie dérivant de cette action , au moyen de laquelle oi> , considérait les résines comme des combinaisons d'uae buiUr
•uifurlqu«>
«l f m adde '. Halchett reconnut le prebiielr qtie cette opn Bkm aussi était erronée ; et 3 fit voir que la plupart èts tcides dissolvent les résines avec facilité ^ en produisant des phénomènes difiërens selon les circonstances.
Lorsqu'on soumet à Faction de l'acide sulfurique une ré- Ac'd« sine quelconque réduite en poudre , cet adde la dissout trèspromptement. La dissolution est d'abord transparente , d'un Dron ]auoàtre, et ayant la consistance d'une buile visqueuse; lorsqu'on j ajoute de l'eau , la résine se .précipite presque sans altération. Si l'ou met la dissolution sur un oain de sable, sa couleur devient plus foncée ; il se dégage du^az adde sulfureux , la liqueur s'épaissit et finit par prendre une conleur d'un noir intense K Si l'on étend d'eau la dissolution , quelque temps après qu'elle a été complètement opérée, et avant qu'elle ait acquis la couleur noire foncée ; et si j après avoir fait digérer alors le résidu dans l'alcool , on eo sépare ensuite ce liquide par la distillation , ce qui reste tsl en partie soluble dans Teau froide , et la portion dissoute aks propriétés du tannin artificiel'. Ainsi il parait que l'a*ôiit sulfurique dissout non-seulemenl les résines', mais qu'il combiie d'agir par degrés sur elle , après que la dissolution esfcofoplète , en les convertissant d'abord en tannin artifidel, et en les réduisant ensuite en charbon ; car le dernier état noir de la dissolution est du à la production de cette substance.*Le charbon ainsi formé est dense , et brûle plutôt k la manière du charbon minéral que comme un charbon végétal. La quantité en est aussi très-considérable. La table d- jointe présente la proportion de charbon qu'obtint Hatcbett, en rusant digérer différentes résines dans l'acide sulfurique, en lavant bien le résidu , et en séparant le tannin par Talcool et par l'eau ♦.
La quantité de résinecmployée était toujours deioo parties.
Copal 67 parties.
Mastic ••• *• w pro«<u«i.
Elemi ^.... 65
Tacamahaca 62
Ambre 56
Poix-^résine 45
* HofiFiman f Observ. phys. cbim. sélect, p. 55.
* Hatchett oa an aruficial tanniog ftubsUDce. PhiL Ti:aift*> «^oS.
* HatcbeU thirà séries of experimenlt. Phil» T^ans. i8q6» 4 Hatcbctt» iiid^
CbirlM
1^6 PARTIES COffSTITUANTfiS D£S PLANTAS*
La quantité de charbon , formée par ce procédé , est ttè%^ remarquable. Les mêmes substances , charbonnées à la ma- Xiière ordinaire j en les chauffant au rongé dans des vaisseaux fermés ^ ne fournissent que très-peu de charbon ; car Hatchett n'en obtint de i oo parues de plusieurs (f entre elles * que les quantités suivantes ; savoir :
Mastic 4^5o [i^rtiei.
Ambre 3,5o
]?oiz-résine .'. • o,65
Acid* Bitriqiic L'acidc nitrique dissout aussi les résines avec facilité , mais non pas sans changer leur nature. Hatchett fut conduit le premier à examiner Faction de cet acide sur les résines , en observant qu'elles sont séparée^ par les acides de leurs dissolutions dans les alcalis à Tétat d'un précipité caillé; mais que lorsqu'on ajoutait de lacide nitrique en excès , tout le
{)rédpité se reaissolvait au degré de chaleur de Teau bouilante. Ce fait remarquable, qui n'avait pas lieu lorsque c'étaient les acides sulfurique ou bydrochlorique qu'on emplupit, le détermina à essayer si les résines étaient solubles dans l'acide nitrique. Il versa de cet acide d'une pesanteur spécifique de 1)38 y sur de la poix-résine réduite en poudre, et introduite dans une cornue tubulée ; et au moyen de distillations plusieurs fois répétées, il obtint une dissolution complète ^ d'un jaune brunâtre. La dissolution s'opér«i beaucoup plus rapidement dans un matras ouvert qu'à vaisseaux fermés. Exposée à l'air , la dissolution continue d être permaneute. Lorsau'on y ajoute de l'eau , elle se trouble ; mais si l'on fait bouillir le mélange , le tout se dissout de nouveau, Hatchett ayant recueilli le précipité , séparé de la liqueur par la filtration , il lui trouva encore plusieurs des propriétés de la résine. La potasse, la souae et l'ammoniaque précipitent la résine de sa dissolution dans l'acide nitrique ; mais un excès de ces alcalis redissout le précipité , et forme des liquides de couleur orange brunâtre. En dissolvant la résine dans lacide nitrique. bouillant , il se dégage en abondance du deutoxide dazote ; et si Ton jette la résine pulvérisée dans de l'acide nitrique froid, il se produit tout*àcoup une effervescence considérable , et il se forme une
* Hatchett Third séries of ezperiments. Pbil. Traas. 1806.
ftésiifcs. i47
msse porease , ordinaireaieDt de conlenr orangé foncée.
Lorsqu'on laisse, pendant assez long-temps de Ftcide nitrique en digestion sur une substance résineuse , et que ra*" dde est en quantité suffisante , la résine dissoute est complètement ahérée dans sa nature; eUe n'est pas précipitée par feaa , et elle donne , par l'évaporation , une substance vismeuse , d'un jaune foncé , également soluble dans l'eau et dans l'alcool , et qui parait tenir le milieu entre la résine et Fextractif * • Si l'on soumet de nouveau cette substance à l'action Taosta formé . dePacide nitrique, elle acquiert peu-à-peu les propriétés du tannin artificiel'. Ainsi il parait que Taade nitrique altère par degrés la nature de la résine , en produisant dans cette substance nne snite de changemens qui finissent par la ré* duire en tannin artificiel , sur lequel Tacide nitrique n'a pcnnt d'iftction.
L'acide hydrocblorique et l'acide acétique dissolrent len^AôdvMéti^.
tement la résine , et on peut l'en précipiter de nouveau sans
ahératioo. Hatchett, à qui nous aevons la connaissance de
\aQtes ces dissolutions « recommande^ pour les analyses vé-
gbks, l'emploi de i acide acétiqne comme un excellent
dissoWtat des résines. Il s'en servit lui-même avec succès
dans iOQ analyse des différentes variétés de la({ue '•
9. En distillant les résines à feu nu, on obtient, suivant DUtiiutioii. Gren , du gaz hydrogène carboné , du gaz acide carbonique,
une très-petite portion d'eau acidulée et beaucoup d'huilé empyreumatique. Le cbarbon est léger , brillant et ne contient pas d'alcali ^.
10. Lorsqu'gn expose pendant quelque temps à l'air des ,J^j;âl"éi« imiles volatiles , elles prennent de la consistance , et acquiè- d«fhuii« you rent les propriétés des résines. Pendant que ce changement jT/^stcèâ*. s'opère elles absorbent une certaine quantité d'oxigène de
l'air. Westnimb mit deux grammes dîinite de térébenthine dans 655 centimètres cubes de vapeur de chlore* Il y eut nrodoctioD de chaleur*, l'huile s'évapora peu-à-peu , et prit ta fiorme de réâne jaune '. Proust observa qu'en exposant à fair de Fhuile volatile, elle se convertit en partie en résine ,
' HatchetCs Additionnai experiments arUBcial tannim substance. PhiL Traas. i8o5. • Ihià. Phil. Trans. i8o5.
* Phtl. Trans. i8o{.
4 Handbuch, II , ijo.
* CrcU-s Annals»!^ 1790,
l48 PARTISS COK^TITUAKTBS D£S PLANTES*
et en partie en un acide cristallisé. Cet acide est ordinaire'* ment ou l'acide benzoïque ou Facide camphorique. On voit ainsi que Thuile se convertit en deux substances distinctes. Il y a 9 pendant que cette conversion s'opère , absorption d'oxigéne , et Fourcroy a remarqué qu'il se forme aussi de l'eau '. Il paraît résulter de ces faits que la résine est del'buile Tolatile privée d'une portion de son hydrogène, et combinée avec l'oxigène. Les expériences de Hatchett ont donné beaucoup de consistance à cette théorie.
Il n'y a aucun doute que les différentes résines contiennent des proportions diverses d'oxigène, de carbone et d'hydrogène j qui en sont les seules parties constituantes. U n'a été analysé jusqu'à-présent que deux résines, avec la précision convenable pour nous mettre en état d'évaluer le nombre d'atomes qui entrent dans leur composition. Ces deux résines sont Ibl poia:-résine commune et la résine copule fiai poix- résine est composée, suivant ^analyse de Gay-Lussac et Tbé* nard , de
Oxigène. . ^, i3,537
Carbone 7^)944
Hydrogène • • i o, 7 1 9
Le plus petit nombre d'atomes correspondant à cette analyse est
1 atomes oxiçène.. = 2 i3,44
1 5 atdmes carbone.. = 11,2$ 75,65
1 3 atômeshydrogène = T,6a5 . 10,93
On ne peut savoir si cette table présente la constitutioa réelle de la poix-résine, qu'autant qu'on aura déterminé le poids d^un atome de cet|e substance par son union à des substances avec lesquelles elle entre en combinaison dans des proportions définies. Mais nous pouvons être certains que ce poids est ou ii^fiySy ou quelque multiple de ce nombre; et, d'après cette composition, on voit que la poix--
■ Foarcroy.
! Reaherehesphjùco-diimiqaef » II} 3i3.
KÉSIKE9. l49
lésiné peut être convertie en totalité pftr k ebaleor, en
Eau 2,35
Gaz hydrogène percarboné. 9,6 aS Carbone 3,ooo
La résine copal est formée, suivant Gay-Lussac et Thé* nardyde
Oxifi^ène* .,. iO)6o6
Carbone 76^81 1
Hydrogène 1 2,585
Le plus petit nombre d'atèmes, d'après cette analyse | lerait %
2 fttdmet oxigène. =: 2 10,81
19 atomes carbone s=: i4)35 77ioa
18 atdmes hydrogène ..« = a,25 12,17
La résine copal contient alors 5 atomes d'hydrogène et 4 3AMDes de carbone de plus qae la poix-résine , et eUe peut être coDvertie en
Eau *... 2,25
Gaz hydrogène percarboné.. i4,oo Carbone.... 2,25
\ I. Hermbstadt assure que pour reconnaître dans une substance végétale la présence de la résine ^ il suffit de la pulvériser, de verser dessus de Félher sulfisrique, et d'ex*
rser l'infusion à la lumière. Si cette snbstaioe (XNitient de résine» Téther prendra une couleur brune. '
IL Après avoir décrit les propriétés générales iles corps ^^^^^ résineux, nous idions examiner phis pariiculiérementceux de ces corps les plus importaas, afin de pouvoir déterminer fmsqa*k quel point chacun d'eux'présente' les jctractèces gé^ néraux de résines, et de fixer les propriétés particoUères qui les distinguent entr'eux. Lescésines les plus remarquables sont les suivantes :
I. Foix-résine. On relire la poix-résioe de plusieurs P*'*-'**^"-
♦ Jle€hercb«ftpby8ico-chimi<}ues/II, 3i4. :.. . •
iSq
PARTIES COKSTITtJlNTtS DBS PLAKTSS.
Mattic.
fspècesde sapins, telles (foe les /y/ff 2» aiîes, êUvestris, larLvj hahamea. Oo sait qu'il exsude du pious silvestris , ou pin ordinaire d*Ecosse, un suc résineux oui se (durcit en larmes. La même exsudatioQ se manifeste qans le pious abies ou sapin élégant. Ces larmes constituent la substance appelée thus ou encens ordinaire. Lorsqu'on dépouille ces arbres d'une certaine pordoù de leur écorce, il en découle un suc qui se durcit par degrés. Ce suc a reçu des noms difFérens, suivant la plante d'où on le recueille. Le pinus silvestris fournit la térébenthine commune^ \e larix, la résine de mélèze } le balsamea, le baume' de Canada, etc. Tous CfS sucs, qu'on distingue ordinairement par le nom de térében^ Ithine, sont considérés cooime étant composés de deux substance», l'huile de térébenthine et la poix-résine. Lorscpi'on distille la térébenthine, Phuile passe et la pdx-résine reste. En continuant la distillation jusquàsiccité, on a pour résidu la substance c6nnue sous le inom de poix-résine ordinaire ou colophane. Mais si l'on mêle de l'eau avec l'huile de térébenthine pendant qu'elle estçnçore fluide, et qu'on incorpore ces deux liquides ensemble par une agitation violente , la masse oui en résulte est la poix-résine jaune. Les incisions faites aans les sapins se recouvrent pendant l'hiver d'une substance blanche rass^fiite appelée bùrtas ou galipot, qui consiste dans de la poix-résine unie à une petite portion d'huile. La poix-résine jàuné,quW obtient en fondant et en agitant cette substance dans l'eau , est préférée pour la plupart des usages, parce qu'elle est plus ductile, ce qui est probablement du à ce qu'elle contient encore de Fbuile '. On a dqà décrit dans la preraiière partie de cette section les propriétés de la poix-résine. Ses usages sont trés-multipliés et bien connus. -
a. Mastic. On obtient le mastic du pistucea lentiscus , arbre qui croit dans le Levant, et partic^èrementdans l'île de Chio. Lorsqu'on jEait des. incisions transversales dans cet arbre^ il .en exsude un fluide qui se solidifie prompiement ea f;rains jaunâtres eassans et demi^ransparens*. On le vend Ans cet 4tat sous le nom de mastic Cette substance se ra» mollit dans la bouche ; mais elle y donne très-peu de saveur :
■ Netimann^s ChemislfT, p. a86.
• Ibid* p. 297,
nésiNxs. i5i
ce qui t porté les chirurgiens à s'en servir pour remplir les civiles des dents cariées* En chauffaot le mastic , il se fond et exhale nne odeur suave. Cette substance a une légère saveur, mais qui n est pas désagréable. On prétend qu'en Turquie on en fait encore usage en la mâchant, afin de rendre Thaleine plus douce , et de fortifier les gencives. On suppose que c'est à raison de ce qu^ou Femploie ainisi comme masticatoire, que cette résine a reçu le nom de mastic '. Cette substance ne se dissout pas complètement dans l'alcool \ il s'en sépare pendant la dissolution une substance molle et élastique. La proportion de cette substance s élevait, dans les expériences de Neumann , anx o,o83 environ du mastic'. &Iais dans celles plus récemment faites par M. Mathews, elle était de près des 0,20 *. La nature de cette portion ^^ ^*î>lJJSiu insoluble fut d'abord examinée par Eind ^. U lui trouva toutes les propriétés du caoutchouc. AL Mathews répéta depuis CCS expériences, et il eu obtint uq résultat semblable '« Cependant M. Brande a observé queu faisant sécher cette sub< Oance insoluble , çlle devient cassante,, et, sous ce rapport, cSle diffère du caoutchouc. Il a remarqué aussi qu'en faisant passer uo courant de vapeur de chlore à travers la dissolu* ijoû alcoolique du mastic, il se précipite une substance dure et élastique, précisément semblable à la première portion insoluble^. Lorsqu'on distille le masUc, soit avec de Feau, soit avec de l'alcool, il ne passe rien de cousidérable avec ces liquides ; mais Hoffmann reconnut que si l'on mêle d abord la résipe dans un mortier , avec une quantité égale à son poids de carbonate .4e potasse., et qu'on la distille ensm'te avec de l'alcool , le liquide passe impcégpé tout- à-la* fois de l'odeur et de la saveur du mastic^. Avec, les autres ageos, cette substance présente les mêmes phénomènes que ceux décrits dans la prcmièreTpartie de cette section.
• Ncumann's Chcmwlry, p. 198.
• ihid.
^ NicbobÔB^^Joain. X^a45|.
4 Creir* Atmal», 1794, H, i85. .^
» WîchoHon'» JoQTu. a; a47» *
« Phil. Mag. XX'VIII^ D'après eet exp^nencv!* et âusnf cefle» da doctenr WoluiÂoo , sur cette substance , 00 ne paui guère douter qae ceneMtnt on principe t^uI particulier. On pourrait le caractcrîser aiirn £ imasant , demi-tnmf parent , i^isibk ootiiro# la r^iine ^ insoluble dans Teau et dans Talcool, se dtS9ohr«nt 'ÛA^s t*éther. 7 Hoàiaaiiy Obturv. phys. chim. srlect. p. 68. .; /.
iSa PARTIES CONSTITUANTES DES PLAIfTES.
SAodaraquf. 3. Cette résine cst fournie par le thuya artîculata, qui croit eo Barbarie. Elle exsude spontanément, et ordinairement sous forme de petites larmes arrondies de couleur brune, et demi-transparentes, qui ressemblent au mastic, si ce n'est qu'elles ont plus de transparence , et qu'elles sont cassantes. Par la mastication cette résine ne se ramollit pas comme le mastic, mais eUe se réduit en poudre. M. Matfaews trouva qu'elle se dissolvait presque complètement dans huit fois son poids d'alcool. Le résidu était une matière étrangère '. Elle ne se dissout pas dans le suif ou dans l'huile comme la résine ordinaire ^. Hatchett s'assura que la sanda* raque se dissout dans les alcalis et dans les acides avec les mêmes phénomènes que présente la résine commune '. ï^*°»i- 4' Cette résine est le prodm't de Vamyris elemifera, arbre qui croît dans le Canada et dans l'Amérique espagnole. On faïc des, incisions à Técorce dans les temps secs, et on laisse le suc résineux qui en découle se durcir au suleil. 0 vient en Angleterre sous forme de gâteaux arrondis enveloppés daps des feuilles d'iris. La résine élémi est d'une couleur jaune pâte, et demi-transparente. Elle est d'abord un peu molle, mais elle se durcit en la gardant. Elle est d'une odeur forte et suave, mais ^i s'affaiblit peu-à-peu. Meumann trouva que l'alcool dissolvait les 0,94 de cette substance. Le reste, qui consistait principalement dans des impuretés, se dissolvait en partie dans l'eau. Si l'on distille cette résine avec l'eau ou avec l'alcool, le Jiifuide qui passe dans l'un et l'autre cas est fortement imprécné de son odeur agréable. Avec l'eau il passe une huile volatile aromatique qui forme environ les 0,062 de la résine employée ♦. Tâouttthact. 5. On retire cette résine ànfagara octandra, et l'on
' Nicholson's Journ. X , 946. ^
• Ihid,
< Giëse, pharmacien d*Au|^bourgt «ononça dans le Soberer*» Journ. 1802, p. 536, que la saudaraque ne se dissoat pas complètement dans l'alcool , et qne le résida s^'léve ans 0,30 environ de la matière emplovée. ti regarde ce r«^8ida comme une aubstance .purtieuliére. M. Maihews a prouvé, par une sjiiie d'cxpënences , que cette a5»serlion nV.«i pas exacte. Je ne doute pas que Gièse n'ait employé da\maatin au4ieu de sandaraqne , et que la t«bsUBoe déoo«i« verte ne soit du caoutcbouc.
4 lîeojiunn's Chem. p. 396.
métiNis^ i53
suppose que le j>opnlus balsamifem la produit aussi. Elle Boos Tient de rAmériqne en grosses masses obloogucs eo?etoppées dans des feuilles d'iris. Elle est légèrement iraoe ,lrés-cassaDCe,et se fond aisément lorsqu'on la chauffe* Quand elle est pure elle a une odeur aromatique qui tient de fodeor de la lavande et de ceUe du musc. Lorsqu'on la distille avec de l'eau ou de l'alcool, il ne passe rien avec ces liquides. Lorsqu'elle est pure elle se dissout complètement dans l'alcool, et l'eau n'a sur elle aucune atmon ^
6. Uhymenœa tourharil ou le carouge, arbre de l'Ame- Ammé. riqae septentrionale, nous fournit kt résine Animé. Cette ré* une ressefnh)e beaucoup par son aspect a la résine copal ; mats ce oni les £siit aisément distinguer l'une de l'autre', c'est ifMt la résine animé se dissout avec facilité dmis l'alcool, ce qiû n'a pas lieu à l'égard de la résine copal. On se sert trèssouvent , dit-on , de cette résine dans la composition àtg To-m's. L'alcool la dissout complètement. Suivant les expé* tieoces de JNeumano , leau en dissout environ les 0,07a ; et Vmque la décoction est évaporée , il reste une masse onctaeose qui est huileuse au toucher. En distillant la résine animé avec l'alcool , ce liquide aoauiert l'odeur et la saveur de cette résine. Si c'est avec de leau c|a'on la distille, l'eau fil passe présente à sa surface une petite quantité d'huile Toiatiie*.
7. C'est le cistus creticus^ ai4>rissean mu crettdans la Udua». Syrie et dans les îles de la Grèce , qui produit la résine /a* doMttm on lahdanum, La sur£u:e de cet arbrisseau est couverte d'un suc visqueux qui, à l'état concret ^ forme le ladaouni. On le recueille pendant qu'il est hcimidefeo.fais«nt pas* ser sur l'arbrisseau une espèce de ratisaonreià laquelle sont fixées des lanières de cuir. On en détache ensuite le suc en les raclant avec un couteau. U est toujours mêlé avec de la poussière et du sable, quelquefois même en grande Quantité. La meiUeure espèce de ladanum est en masses de couleur foncée presqpie noire, et très-moUes, ayant une odeur, suave et ■ne saveur tégèrement amère. Les espèces, mèijae les meilleures, contiennent toujours environ les o,25 d'impuretés. L'eau dissout un peu plus deso,o83 de la portion pure, et
* Nemnanii's Chem. p. agS.
• Ihid* p. 297.
PARTIES CONSTlTUANTia DIS PLÀNT£S.
Résine Bouoy>B«y.
Pj-opri«té«.
You assure qae la matiez disaoiite a les propriétés de la gomme. Lorsqu'on distille le lad^nm avec reau, il passe une petite quantité d'huile volatile. Avec l'alcool ce liquide passe également imprégné^ de la saveur et de l'odeur de U résine *.
8. Résine Botany-Bay. On prétend qne cette résine est un produit de ïnearoia resinifera , arbre très-abondant dans la Nouvelle-Hollande, spécialement près de Botaûv*Bay. Il en fut apporté vers Tan 1799, des échantillons à LoDoreSi où Fon ut l'essai de cette substance comme médicament. On trouve quelques détails sur cette résine dans le voyage du gouverneur Philips ^ , ainsi que dans le journal d'un voyage deWhite, a la Moovelle-Galle méridionale '. Mais c'est au
Erofesseur Lichtenstein que nous devons la connaissance et \ description de ses propriétés chimiques. Il s'en procura des échantillons a Londres, et fit insérer le résultat de ses expériences dans le journal de Crell ^.
La résine Botany-fiay exsude spontanément du tronc <le l'arbre singulier qui la fo\imit, surtout si l'on en entaille l'écorce. Le suc est d'abord fluide, mais il devient peu4-pea solide lorsqu'on le fait sécher au soleil. Suivant le gouverneur Philips, on ramasse ordinairement celte résine dans ie soi qui entoure l'arbre, cette substance ayant sans doute découlé spontanément sur la terre. Elle est en morceaux de différehti^s grosseurs de couleur jaune, eiccepté lorsqu'elle est recouverte d'une croûte grise verdâtre. Cette substance est ferme, «t .cependant facile à casser ; lorsqu'on la puivé» rise.eUe n'adhère pas aux parois du mortier, et ne se forme point en gâteaux.: Dans la bouche die se réduit facilement en poudre san$ s'attacher aine dents. £lle a seulement une saveur astringente légèrement sucrée. Elle se fond à une chaleur médiocre. Mise sur des charbons ardens, elle brûle jusqu'à ce qu'dleseit réduite en charbon, en répandant une fumée biancbe ^i a une odeur suave un peu analogue à celle du storax. . Lorsqu'on la jette dans, le feu elle augmente le flamme de la même manière que la poix. Elle communique à l'eau le goût du storax , mais elle ne se dissout point dans ce
m T II ■» (* I I —1^— I II ■ I
• Tïeumann^s Chem. p.sgS.
• Duncan*s New dispensa tory, p. î5o.
* Appendix, 0.34^.
* 1799, II, a4^.
misiirst. i55
E(|ut<]e. Lorsqu'on la fiiit «ttgérer dans l'alcool, il s'en dissout tes 0,67 ; les o,33 restant consistent dans une partie de matière extractive soluble dans Teau, avant une sateur astrin- ^e, et dans deux parties de fibre ligbeuse et autres impuretés, entièrement insoluble et sans savedr. La dissolution ^ des 0,67 est de couleur brnne, ayant l'apparence et l'odeur dfnne mssolution de benjoin. L*eau la précipite sans altéranon. Elle fournit i la distillation , de l'eau , de llmile empy* reomatiqne et du charbon ; mais elle ne donne pas la plus légère trace d acide , d'alcali ou de sel, pas même quand on ti distille avec Peau.
On fit bouiUir douze parties de cette résine dans une dis- ^^l^^^^ solution aqueuse de soude pure *. Il y eut deux parties de la résttie di^outes. Les dix autres parties restèrent flottantes à la surface de la liqueur sous forme de réseau. Par l'évaporabon d'une partie de la dissolution , on n'obtint point de cristaux. En versant dans une autre portion de cette dissolution de Pacide sulfurique , la résine s'en sépara sans altération. Oaft un mélange de cette résine avec deux fois son poids ^*/[*^,^'^* tfaàie nitrique, et elle s'éleva à la- surface de la liqueur, snsatoîr éprouvé de changement dans sa nature; mais par FapjJkàûou de la chaleur, il se manifesta une grande efier- Tescence. On continua la digestion jusqu'à la cessation de cette effervescence, la résine surnagea, et se réunit en pellicule à la surface du liquide. On la sépara alors par la filtration; elle avait perdn les o,o83 de son poids. La résine ainsi traitée avait acquis une saveur légèrement amère; elle se fondait moins facitemfent , et Palcool n'en pouvait plus £ssoudreque les o,5o. La dissolution était brune; elle avait la saveur d'amandes amères ^ et en k mêlant avec de Feau, il s'y forma un précipité résineux et jaune, d*onè saveur très- amère. La portion insoluble, mêlée avec Peau , ne fit que troubler le liquide qui passa ainsi à travers te fihre. La dis« lointion dans Pacide nitriqu^ séparée de la résine par la fiU tration était transparente, de couleur jaune, et tfnne saveur amère ; elle teignait en jaune les substances qu'on y trempait. I^r Févaporation, elle donna de fdcide oxalique, et déposa une poudre jaune d'apparence terreuse. Cette dernière sub-
* On ne tait pas si, par sodasaUe, Lichtenstein càtend designer le carbmiale de soude on la soude paré.
t56 parties CONSTITVATTTSS DES PLÀNTCS.
stance était insoluble dans Teau , et se dissolvait à-paoe dans l'alcool. Sa saveur était excessivement amère, et ressemblait à celle du quassia. Elle se mêlait avec la salive, et donnai! facilement à la peau et au papier une teinte jaune» Le résida continuait d'être amer et jaune; mais il ne produisait aucun précipité avec la potasse et avec le nitrate de chaux ^
Je me suis arrêté long-temps sur les expériences de Lich« tenstein , parce que les résultats qu'il en obtint sont trèsintéressans. S'il eût employé des réactifs plus puissans , et opéré à un plus grand degré de; chaleur, il aurait probaîble* ment devancé les découvertes importantes de Hatchett. La substance amére , dans laquelle il convertissait cette résine par l'acide nitrique, mérite une attention particulière. U soupçonna que l'acide nitrique produit les mêmes change* mens sur toutes les résines , et il vérifia ce fait à l'égard de la colophane , qui lui fournit aussi une substance iaune amère. On sait actuellement, d'après les expériences de Hatchett , que l'action de l'acide nitrique sur les résines se termine toujours par la formation du tannin artificiel qui est extrêmement amer.
R^iae 9. Ou trouvc daus un ouvrage périodique , publié en Al* pcupue*^ noir, lemagne en 1970, qu'on pouvait extraire du peuplier noir une grande quantité de cire. On annonçait même qu'il avait été établi en Italie une manufacture de bougies faites avec la cire de cet arbre. Cette assertion ayant été reproduite en 1 8o4 9 Schrœdrer se détermina à entreprendre une sui te d'ex*
!)ériences sur ce sujet. Il trouva , qu'en faisant bouillir dans 'eau des bourgeons de cet arbre , et en les exprimant ensuite convenablement , ib fournissaient environ les 0,1 25 de leor poids d'une substance blanche jaunâtre, ayant les propriétés d*une résine , et ressemblant , suivant lui , à la résine jaune de Botany-Bay. En la faisant digérer dans l'eau , on obtient une dissolution colorée oui rougit le papier de tournesol. Cette dissolution se trouble par le refroidissement , et en la faisant évaporer, elle dépose de petits cristaux *. iLéMnc verte. 10. La résine verte, qui constitue la matière colorante des feuilles des arbres, et de presque tous les végétaux, est insoluble dans l'eau , et se dissout dans l'alcool. Les expé*
■ Licbienslein , Creirs Journ. 17999 U,a4^. • Scbrœder, Gchleii*s Journ. VI, '$98.
ftisiKSS. 157
îieoces àe Proost nous ont appris que quand on la traite, iTec le cblore ^ elle prend la couleur d'une feuille fanée et se rapproche d'autant plus, dans ses propriétés, des substances résineuses*.
1 1. Cette substance, qui semble d'abord appartenir à une copao. classe distincte de résines, a du particulièrement attirer l'attention à raison de son importance comme vernis. On Tobtint du rAris copallinunt^ arbre qui croît dans F Amérique sep teouionale ; mais on prétend que la résine copal de la mtil« kare espèce Tient de TAmérique espagnole, et qu'elle est le prodoit de différens arbres. Hernadez n'en décnt pas moins de huit espèces ■.
La résine copal est une substance d'un beau blanc légèrement brunâtre. Elle est quelquefois opaque^ et quelquefois presque parfaitement transparente. Lorsqu'on la (mauffe, eUe se fend comme d'autres résines ; mais elle en diffère, en ce
Ïi'elle ne se dissout dans l'alcool et dans l'huile de térébeniœ qu'à l'aide de précautions particulières. Elle ne se dissout ^nonplus dans les huiles fixes avec autant de facilité que les ffities résines. EUe ressemble, jusqu'à un certain point, dans ^oaspect, à la gomme animé; mais on la distingue fiidleroent de ceix& dernière substance , à raison de la facuhé qu'elle a de se dissoudre daus l'alcool, et parce que la résine copal se I)rise entre les dents lorsqu'on la mâche , tandis que la ré*> sioe animé se ramoUit dans la bouche ^. La pesanteur spédfique delà résine copal varie, suivant Brisson, de i,o45 à 1,139. Je l'ai trouvée de 1,060. Hatcbett reconnut qu'elle se dissolvait dans les alcalis et dans l'acide nitrique avec lesphénomènes ordinaires ; et qu'ainsi , elle se rapportait , à cet égard, aux autres résines. Il trouva à4a-verité que la dissolution de la résine copal dans les alcalis était légèrement opalescente, mais elle n'en était pas moins permanente v et il est à remarquer qu'il reconnut que la poix-résine , lorsqu'elle a été dissoute dans l'acide nitrique , et précipitée par un alcali, acquiert une odeur analogue à celle ae la résine copal. Forme ie
Si , après avoir dissous de la résine copal dans un hquide '"**"'"'''
■^ ■ ■ ■ ■ ■ » ■ I Ml
• JouTo. dePhys. LVI, io6.
* Lewb, Neunuiati*» Ghem. p. 999. Il paraît, d'après l'exposa da docteur Roxburg, que Tarbre des Indes , vaUria indiea , fournit une résine , dont les propriétés participent de celles de la résine copal et de rambre. I9ichotoon*s Joara, XXVn, 71. * Ltim, (M.
^ moiUcttr v*»it
l58 PàHTIES COKSTlTUlIfftS DtS I^LÀITTSS.
volatil quelcoocpie , on retend sur du bois , sur do {Mipief^ sur an métal, etc., de manière que le dissolvant volatil puisse s'évaporer, la résine copal reste parfaitement trana^ parente, et forme un vernis des plus beaux et des plus par« faits. Le vernis ainsi produit s'appelle vernis de copal^ du aom de cette substance qui en est le principal ingrédient; ce vernis fut découvert en France , ou il fut longtemps connu sous le nom de vernis Martin. On fait un secret de la ma* niére de le préparer; cependant on a publié detemps^en* temps divers procédés pour opérer la dissolution de la résine copal dans un menstrue volatil. Parmi ces différentes mé* thodes, les plus remarquables sont les suivantes. DissoiotioB Si ïïm tient le copal en fusion jusqu'à ce ou'il cesse de 4«us ijhuiie de g.çjj exhaler une odeur aromatique , et qu'on le mêle alors avec une quantité égale d'huile de lin , entièrement décolorée
F»ar son exposition aux rayons solaires , le copal s'unit à huile , et forme un vernis qu'il faut faire sécher au soleil ** Vernît Uu fabricant de vernis du Japon , très-ingénieux, établi à
de» vernusMirt Qj^g^^ ^ jn»^ dooné communicatîon de la méthode qu'em* ploient les vemisseurs anglais pour préparer le vernis de copal. On fait fondre dans un matras de verre quatre par* ties en poids de résine copal réduite en poudre ; on maintient le liquide en ébuUition jusqu'à ce que les vapeurs condensées sur la pointe d'un tube introduit dans le matras , tombent en gouttes au fond du liquide sans prodmVe aucun sifflement , comme le fait l'eau ; ce c|ui prouve que toute Feau est dissipée, et que le copal a été tenu pendant asses long-temps en fusion. On y verse alors une partie d'huile de lin bouillante ( qu'on a préalablement fait bouiUir dans une cornue sans aucune addition de proCoxide de plomb), et oa mêle bien le tout. On retire alors le matras du feu , et l'oia ajoute au liquide encore chaud une ouantîté égale à son poids d'buile de térébenthine en remuant inen le mélange. Lie vernis fait ainsi est transparent , mais il a une teinte jaune, que les vernisseurs t&cheat de masquer en donnant une nuance bleuâtre au fond blanc sur lequel ils l'appliqnent. C'est de ce vernis qu'on enduit les cadrans des horloges après les avoir peints en blanc.
Ditsoiutîon En traitant la résine copal avec l'huile de térébenthiae
téxibtAtiÛBt.
* ]>0€Uttr Black's Ltciares , II , SSg.
miiiNiK i59
àtns des ▼aisseaux fermés, la vapeur, qui ne peut pas s'échapper, exerce une pression plus grande , et la chakur s'élère au-delà du terme de Tébullition. On prétend que c'est cette chaleur additionnelle qui rend alors l'huile capable de dissoudre le copal. Cette diss<dution , mêlée avec un peu d'buile de pavot , forme un vernis qui ne se distingue du vernis Martin que par une trés-légére teinte de brun *•
La manière !ae dissoudre la résine copal dans l'huile de Di«toiQtio« térébenthine , publiée par M. Sheldrake, parait être fondée i'am«^Hu«. sur le même principe que la dernière dissolutioB. On verse un mélange de i a4 grammes d'ammbniaque et d'un demilitre dliuile de térébenthine sur 6a granunes de résine copal concassée. On fait bouillir le liquide asses doucement pour qu'on puisse compter les bulles à mesure qu'elles s'élèvent; car si oa laisse trop diminuer la chaleur, ou qu'on la pousse trop fort , Tc^ration s'arrête , et elle ne peut plus être re« prise. Le matras dans lequel on fait bouilbr le mélange doit être fermé par un bouchon de Uége, fixé à l'aide d'un fil £accbal , et percé avec une épingle- Lorsque le copal est rnsq^'entièrement dissous, on afrête l'opération, et c«i laisse refroidir le liquide avant de déboucher le matras. Ce rerms a une couleur foncée ; mais lorsqu'on l'étend en cùhx* iiÈcs minces, et qu'on le laisse sécher , il perd totalement sa couleur. Son défaut est de sécher difficilement. M. Sheldrake j a remédié en versant la dissolution dans une quantité égale a son poids d'huile de noix, rendue siccative par du blanc de ]>lomb , sous-carbonate de plomb , et en agitant ensuite le mélange )usau'à ce que la térébenthine s'en soit séparée.
Pour renare la résine copal soluble dans l'alcool , M. Shel- v»t drake dissout d'abord i6 grammes de camphre dans un demi- ** ^'^'p^'*' iitre de ce liquide , et il verse ensuite la oissolution sur ia4 grammes de résine copal. Le matras est placé sur un bain de sable > et l'opération conduite comme celle que je viens de décrire. La dissolution faite de cette manière contient beaucoup de copal , et forme un vernis absolument sans couleur; mais il laut une forte chaleur pour en dégager le ouDphre. ,
M. Sbeldraki( a publié dernièrement une méthode plus facile pour dissoudre la résine copal.
Dectear Black** Lectoreif II , 3%
l60 PARTIES CONStlTOAUtlS DES PLAlfttS.
Procédé Oû se procure d'abord un vase très-fort d'étaîn , ou d'un d« sheidnkti autre métal , de la forme d'une bouteille à vin et dé la contenance d'environ 2 litres. Ce vase est garni à son goulot, qui doit être allongé , d'une anse solidement rivée. On ajuste à son orifice un bouchon de liège qu'on perce d'un petit irou, afin de laisser échapper la vapeur , et d'empêcher ainsi le vase de se rompre.
. On dissout 16 grammes de camphre dans environ i litre d'esprit de térébenthine , et on met la dissolution dans lé vase. On y ajoute alors un morceau de résine copal de k dimension d'une grosse noix, qu'on réduit en poudre ou en fragmens. On fixe le bouchon avec du fil d'archal , et l'on
Î)lace le plus promptement possible le vase d'étain sur un eu assez vivement poussé pour que l'esprit de térébenthine soit presque immédiatement porte k letat d'ébullition , qu'on entretient doucement alors pendant environ une heure. Au bout de ce temps, il y a assez de résine copal dissoute pour faire un très-bon vernis; ou, si l'opération ayant été conve* nablement conduite , il arrive qu'il n'y ait pas assez de copal dissous , on peut remettre le vaisseau sur le feu , et en le faisant- bouillir lentement pendant un plus long temps, le liquide finit par acquérir la consistance qu'on désire'. Procédé Van Mons a publié un autre procédé beaucoup plus simple de Demmenit. qu'aucun de ceux ci-dessus décrits. 11 lui fut communiqué , ait-il, par M. Demmenie, artiste hollandais. Il consiste à exposer la résine copal i l'action de la vapeur d'alcool. On met à cet effet dans un matras à long col , et jusqu'aux o,i&5 de sa capacité, de l'alcool fort , et l'on suspend un peu audessus de la surface de ce liquide un morceau de résine cof^al ; on pose un chapiteau sur le matras ; on fait bouillir alcool. Le copal se ramollit , et tombe goutte à goutte dans l'alcool comme le ferait une substance huileuse. Il faut arrêter l'opération lorsque ces gouttes cessent de se dissoudre. La dissolution ainsi obtenue est parfaitement incolore. La résine copal peut être dissoute par le même procédé dans l'huile de térébenthine *.
Procédé Le professeur Lenormand a recommandé, pour faire le^ dfUaoriMoi yç,.ui3 Je copal, la méthode qui suit. On v^se sur des mor*
* NichoUonV Journ. IX, tS^.
• Joarn. de Chim. III, at8.
ceiox de résine copal pure, de l'hoite e$seDtielle«de romariB. Ceoz de ces morceaux q^l mt été ramollis par llu^le sont leols mis à l'état c^Q^ieiiable pour le succès de l'opération , et ks amres oe le sont pas* Après avoir réduit les morceaux ramollis en poudre jBne, on introduit cette poudre dans un Taissean de verre, en nV en mettant pas plus que l^épaissenr d'un travers de doigt. On verse sur cette poudre de l'huile de romarin j et on remue bien avec une baguette de verre* Le tout est en peu de temps converti en un liquide trés-épais. On verse sur ce liquide de l'alcool, par petites quantités à-la-fob y et on en facilite l'incorporation en agitant doucement le vaisseau, jusqu'à ce que le liquide soit devenu convenablement épais pour s'en servir '.
12* Résine kigkgau. Cette substance Ait retirée de la terre à Higbgate près Londres, dans des essais qu'on faisait pour conduire un tuyau de cheminée à travers le coteau. Oa ui trouva en petites masses amorphes de différentes dimensions. Sa couleur est d'un brun jaunâtre léger nuageux* Elle €si demi-transparente; son éclat est résineux, et sa surface etii \bse comme si elle avait été pendant long-temps agitera dans Yean. Elle était moins facile à rompre que la poixrésioe ordinaire , mais beaucoup plus que la résine copaL £ffe est plus molle que cette dernière ; elle a une odeur ré- , sinense et aromatique , spécialement lorsqu'elle est chauffée* Exposée à la chaleur, elle fond et devient liquide comme Teao, sans que sa couleur soit altérée \ lorsqu'elle est en gros morceaux , elle ne se dissout point dans 1 eau , non plus que dans l'alcool , la lessive alcaline et l'acide nitrique; mais 1 àher la rend opaque et blanche , et tout à-fait tendre. Elle n'a plus de consistance, et tombe en poudre pour peu qu'on la presse entre les doigta. L etber en dissout en même-temps une portion qui se dépose lorsqu'on mêle le liquide avec de Peau. L'acide nitrique dissout en partie la résine higbgate, et la convertit en partie en une substance de couleur rouge». L'eau précipite la partie dissoute à l'état de flocons blancs d'une saveur amère ; l'acide snlfurique la charbonne aisément a laide de la chaleur. Lorsque cette résine est réduite en poudre fine, Palcool en dissout une petite portion. Elle ne se dissont point dans une lessive alcaline *.
' IVicbokon^i Joutn. XXIV, 67. • Annals of Philosopha, III
PARTHS GONSTlTVÂKTIS DSS plautss.
HiMoIrt.
i3. Laqne. Ce^ une 'Substance déposée, en fomie de rayons ou de nids , sur phisiears espèces d'arbres dans les Indes orientales; par nn insecte appelé chremeslacca. Elle a été apportée en Europe, et on y enlaitun très-grand usage dé temps immémorial; mais ce n'est que depuis quelques années seulement qu'on a acquis sur sa nature des notionsprécises. C'est à M. Ker * , à M. Sanders * et au docteur Roxhurgfa •, que nous sommes redevables de ce que nous savons relativement à l'histoire naturelle de finsecte, et à la manière dont la laque se prépare; car', quoique cette substance fut tr^ssouvent emplovée dans les arts, elle avait cependant été négligée par les chimistes. Geoffroy le jeune publia à-la-vérité une dissertation sur ce sujet, mais die ne contient qu'un petit nombre d'expérience^ chimiques. Il se borna à la distiller^ et il considéra les produits (mil en obtint oomoae étant sembial)les à ceux que donne la cire dan^ lés mêmes drconstanbés K C'est ce qui le porra à regarder ta laqUe cbmme une espèce de cire. Cette opinion fut adoptée par Neumann * , mais Junker ^ et la plupart des chimistes qui 6nt écrit Ah^ puis, la ]l>1acent parmi tes résines. Hatchétt a dernièretnent examiné cette substance , et nous en a fait conndtre les propriétés ainsi que la composition '. Nous lui sommes redevables de là piupai't des farts qui ont été publiés sur sa nature cblnaique.' . '
On dislingue, dans le commerce, diverses espèces de Varient, laque. La laque en bâton est la substance qui, dans son état naturel , forme une croiite sur les petites branches. Si on l'enlève et qu'on la fasse bouillir dans l'eau, elle perd sa cou* leur rouge , et alors on l'appelle laque en graine. Lorsqu'elle â été réduite par la fusion en petites croûtes très-minces, elle prend le nom de laque en écailles. La laque en bâton lest d'un rouge foncé , et cède à Féau une substance de la nlêiiie couleur qu'on emploie dans la teinture. Les deux atetreë'va* riétés sont brunes, i^ppriétéi. L'^su dissout la plus gt'ande partie de la matière colorante
• Ibid, 1791 , p. aaS.
« Phil. Trans. 1781 , p. 376.
» Ibid, 1789, p. 107. .
4 Mém. Par. 1714 » p. lai.
« €beiiiistry^ p. 334.
« Con»pectiis Ghtmi» , II , 70.
' Anah tical exp^rimeots on lac. Phil. Tràns. 1804.
AiSlNES. l63
èe la bqae, et d«i& une propOTtion qui varie des a^iS aux o,5o. L'alcool dissout presque toute la résine, qui forage bi partk constituante principale dans la composiiiou de la iifflie. L'étber agit plus faiblement. L'acide sulfurique disaout k laque et la cbarboime peurà-peiu. L'acide nitrique la dissout, et lui fait éprouver ensuite les mêmes chaagemens qu'aux autres corps résineux. Les acides bjdrocblorique et acéûifie agissent également sur cette substance comme dissolvaus. La laque se dissout facilement dans une dissolution aqueuse de sous-borate de soude. Les proportions les plus
convenables sont t^i5 de sous-borate, 6,5 de laque et i^i/^. d'eau. Celte dissolution mêlée avec du noir de fumée constitue l'encre de Chioe. Elle peut être aussi employée avec avantage pour beaucoup d'objets de vernis. Les alcalis fixes dissuivent facilemedt la laque, mais Tammoniaque ne Fattaque point. Quand on la met sur un fer rouge , elle se ^ tond en répandant une fumée épaisse d'uue oaeur assez agréable, et elle laisse un charbon spongieux. Â la distilla- ^^ eQe donne une eau légèrement acidulé, et une hui(e bùtireose épaisse. Les gaz qui se dégagent sont un mélabge d'acide carbonique et ahydrogèné carboné. Là laque en bâton d^^e aussi du carbonate d'ammoniaque; mais les deux antres variétés n'en donnent point. On a présenté dans la table qui suit les partiel constituantes des différentes va-< riétés de laque, d'après l'analyse de Hatchett.
Lame Laqnt Laqaa
en MAon. en fErai&n. «n ^cailles.
Résine 68 »a,5 90,9 Co»po«iiom
Matière colorante. 10 2,5 o,5
Cîfe . . i 6 4)5 iyO
Gluten 5^5 2,0 2 fi
Corps étrangers. ^ . . 6^5 — —
Perte 4iO 2,5 1,8
La résine est moins cassante que ces corps ne le sont or^ dinairenaent. La matière <!îolorante a les propriétés de l'extract if. La cire est analogue à celle provenant da mdriça ce- T^era , et le gluten a beaucoup de ressemblance avec le glu^ ten du froment '^.
* BatclieH y Phil. Traqs. 1804.
i64 pa&ths coBrntinrAims 01$ pi.Aims.
vm«m. On fait un grand usage de la laquedansPInde.Elleformee& Europe la base de la cire k cacheter. On la fond avec de la térébenthine en différentes proportions et avec quelque matière colorante, telles que le noir d'ivoire pour les bfttons de dre noire, et le vermillon pour les bâtons rouges etc. Elle constitue aussi la base de plusieurs vernis auxqueb elle a donné son nom '.
j^^^ 14. V ambre est indubitablement d'origine v^étale, et quoiqu'il diffère des résines dans quelques-unes de 9^ propriétés, il s'en rapproche tellement par plusieurs autres, qu'on peut, sans inconvénient, le ranger parmi ces substances. Cest aux travaux de Uoffman* , de Bourdelin' , de StocLar de Neuforn ♦', de Heyer * et plus récemment encore aux recherches de Hatchett , que nous devons la connaissance des propriétés de cette substance. La meilleure des« cription que jaie vue du vernis fait avec l'ambre, est celle de Nils Nystrom ; on la trouve dans les transactions de Stoc* kolm pour 1797 *• rvepriétJt. L'ambre est une substance cassante, légère, et ordinairement presque transparente ; quelquefois il est à-peu-près sans couleur, mais plus communément il est jaune, et même d'un brun foncé. 11 a beaucoup d'éclat. Sa pesanteur spécifique est de i,o65. Ilestsans saveur, et sans odeur, si ce n'estlorsqu'il est réduit en poudre^ou qu'on le chauffe^ il répand alors une odeur suave. La chaleur le ramollit; mais^autant que cela est connu, on c'a pas encore pu le fondre sans lui faire perdre quelque chose de son poids, et sans lui faire éprouver quelqu'altération dans son aspect. Etant chauffé fortement, il brûle, et laisse une petite portion de cendres dont ou n'a pas encore reconnu la nature. L'eau ne 'produit aucune action sur l'ambre; mais par une longue digesuon, l'alcool en dissout les o,ta5, et cette dissolution est colorée. Si on mêle cette dissolution ,
« Le docteur Lewts donne la nuiniére de faire plusieurs de ces Teroîs dans son Pliilo&ophical Commerce of ihe Arts, p. aa3.
' Obserr. pb^s. cbem. p. 60 el 198.
' Sur le Succin , Mëm. Par. 1742, p. 191.
4 Spécimen cbem. med. ioaugar. desoccino in génère, et spectatimde succino fossili Wiibohensi, 1760. Ce traité contient tine suite nombreuse d'expériences qui ne s'accordent pas toujours avec colles, des autres cbimistes. Le traité de Wasserbcrg sur Tambre est principalement un abrégé de celui de Stockar.
' Chemiscbe Tersuche mit. Bernsteio, 1787.
^ Je n'ai connu ce Mémoire que par le Journal de Crell. It est inséré dans les Annales de Cl ell, 1799, II, i7tet753.
AciUm dttalotlM.
lof9l|ii'eUe est coDceDtrée, avec de Teaa, elle devient laiteuse. Le prédpité a les propriétés d'une résine. L'alcool n'agit point sur le résida de l'ambre. Lors même ou'on a fait torréfier l'ambre avant que de le soumettre k l'action de Palcool, la teinture alcoolique se forme toujours, ce qui prouve encore que la partie résineuse de l'ambre ne lui est pas enlevée, à une chaleur capable de la fondre *. Lorsqu'on traite l'ambre avec un alcab fixe bouillant, il se dissout, suivant Hofiman, presoue complètement , et le composé qui en résulte a les propriétés du savon : car il est soluole dans l'eau et dans l'alcool, et n'est pas précipité par l'eau. Hatchett trouva que les alcalis n'agissent que partiellement sur l'ambre, eo prodnisaut avec cette substance une teinture jaune. Il est probable que cet ingénieux chimiste n'a pas continué l'opération pendant assez long- temps : car j'ai eu occasion de m'assurer ou'une faible dissolution de potasse est susceptible de dissoudre l'ambre complètement, sans le secours de la chaleor^ pourvu qu'on lui laisse le temps d'agir. J'avais formé mt faible dissolution de potasse (de sons-carbonate je crois), tçivse rapprochait, autant que possible, de la pesanteur spé« ofiqne de l'ambre, et fy mis de cette substance réduite en pondre, afin de voir les courans nue le comte de Rumford soppose avoir lieu pendant que le liquide s'échauffe. En examinant l'infusion au bout d'un mois environ, je trouvai totit l'aoïbre déposé au fond du flacon. J'y ajoutai de l'alcali pour rétablir l'équilibre. Quelque temps après l'ambre était de nouveau au fond de la liqueur, et il fallut augmenter encore la ouantité de l'alcali. La dissolution avait alors acquis one couleur jaune. Je crus donc pouvoir expliquer cette précipitation de l'ambre, en supposant que la potasse en avait dissous une partie, et qu'il en était résulté un changement dans la pesanteur spécifique de la dissolution. Ne sachant pas alors qu'on eût tait des expériences à ce sujet, je mis de côté le flacon pour m'assurer du résultat Trois ans après oo apercevait a*peine dans la liqueur deux ou trois parcelles d'ambre, le reste étant complètement dissous.
Les acides faibles n'ont point d'action sur l'ambre. L'acide d«» snlfurique le convertit en une masse résioeuse noire. L'acide nitrique agit sur lui; lorsque c'est à l'aide de la chaleur, il se ^%^e du deutoxide d'azote. L'ambre est converti d*abord
♦ Heyer.
l66 PARTIES COirSTiTXTAirrES ]>ES PLANTES.
en une substance résineuse légère^ et il finit par se dissoudre complètement. Heyer , qui fît le premier cette expérience , ne put obtenir ni acide oxaUque, ni adde acétique par l'action de Facide nitrique sur l'ambre. Hatchett s'est depuis assuré, dans le cours de ses expériences, que l'acide nitrique est réellement capable de dissoudre l'ambre, et il trouva que cette dissolution présente les mêmes phénomènes que ceUe des résines en général.
VeraUd'âmbr* Les huHés fixcs et Yotatiles n'ont d'action sur l'ambre que lorsqu'il a été préalablement torréfié ou exposé i une cha* leur capable de le fondre. Traité amsi , il se combine avec les huiles , et la dissolution forme le vernis d'ambre, Nystrom en recommande ainsi la préparation. Il fiiut étendre l'ambre sur une bassine de fer a fond plat, qu'on doit placer sur un feu égal de charbon de terre jusqu'à ce qu'il se fonde. On retire alors la bassine de dessus le feu, on la couvre avec une plaque de fer ou de cuivre, et on laisse refroidir. Si Topération a été bien conduite , l'ambre aura perdu les o,5o de son poids. Si le feu a été trop fortement poussé, l'ambre est grillé, et ne peut plus servir. Si le feu a été trop ralenti, l'ambre ne se sera pas fondu, mais il se sera réduit en une croûte brune dont on pourra bien faire un vernis en la cbao^faut pendant assez long -temps pour lui faire perdre les o,5o de son poids primitif. On mêle une partie de cet ambre torréfié à^cc trois parties d'huile de lin ( préalablement rendue siccative avec du protoxide de plomb et du sulfate de zinc ) et on expose le mélange à une douce chaleur jusqu'à ce que l'ambre soit dissous. On le retire alors de dessus le feu, et quand il est presque froid , on y ajoute à-peu-près quatre parties d'huile de térébenthine. On laisse alors reposer le tout, puis on passe la portion claire à travers un linge.
L'auibre donne à la distillation, de l'hydrogène carboné, du gaa acide carbonique, de l'eau acidulé, et ensuite une huile, claire et transparente d'abord, mais qui se rembri^nit et s'épaissit peu-à-peu. Vers la' fin de l'opération , il se su* blime de Tacide succinique. D'après les observations de Vogel, il paraît qu'une poriio» de la matière jaune qu*on obtient par cette distillation manifeste à-peu-près les mêmes propriétés que la cire *.
* CehlcaVs JouriK V, a 7».
mifliKB«. 167
j5. Résine du bitume. Hatcbett s*est assuré , que lors- rmm qH'on fait digérer pendant assez long-temps dans l'acide ni- ** '***"'*• trifae,deYasphalte, do oaoutchoue minéral, et autres corps seoiby>les , on obtient une quantité assez considérable d*une substance brune ayant beaucoup des propriétés de résines. La houille de Kilkenny, ec tonte avitre variété de houille qui ne contient pas de bitmaae^ sont convertis en tannin artificiel nar fadde nitrique, mais sans donner de résine ; tandis que ta hoofUe ordinaire fournit l'une et l'autre de ces substances; Ainsi il parait que le bitume , traité par Pacide nitrique , a la propriété de fournir une espèce de résbe.
Cette substance est d'un Drun pftle qui ressemble k la proprutéi. conleor du tabac d'Espagne. Sa cassure à l'intérieur est d'un bmii foncé avec un éclat résineux. Elle ne se fond pas aisé*^ ment par la chaleur; mais quand on l'enflamme elle répand nne odeur résineuse, tenant de celle des huiles grasses, et elle laisse un charbon beaucoup plus volumineux qu'elle. L'alcool la dissont. L'eau vet*s0e dans cette dissolution y prodoît un précipité , mais il y reste une portion non dissoute
E' agit snr les réactifs de la même manière que Vextractif. ttveartie cette substance estamère. Ëtte parait par con- ^éfoem tenir le mXen entre l'extractif et la réime. Quand 00 h fait digérer arec l'acide nitrique, elle est facilement convertie en tannin artificiel ; mais lorsqu'elle est mise en digestion avec de l'acide sulfnriqpe efe est transforâiée en charbon'^.
liCs corps résineux dont je viens de présenter la description, souries plus remarquables de ceux que novs connais*sovs;; H y a à-la<^éritè beaucoup de substances employées en médecine qui oontienuent indubitahlemeiK des résines ; telles par eiQemple que Vatoès , hjaiapy la serpentaire , FonMmyetc* ; mais commeces substances n'ont pas encore été ; a Tanalyse chimique, il serait inutile de s'y arrêter.
♦ HaUîhctl'f TWrd. fericsofcxpcrimentf fniTirtificttVunmiî. Phfl,
i68 >À&Tiis coNSTiTtiAirrtf dis n.AirTis*
SECTION XXVIL Du Goioc.
OrigiM. On obtient cette substance du guaiacum officinale, arbre qui croit dans ks Indes occidentales , dont le bois est très-dur et très-pesant. La résine en exsude spontanément ; mais on Ten fiut aussi découler artifidellement en le coupant en bûches qu'on chauffe à l'une de leurs extrémités, après les avoir préalablement percées sur leur kogueur ; la résine fondue coule par celle oes extrémités, qui est la plus éldgnée du feu. On fait usage depuis très-long-temps en médecine de cette substance. On en recommanda originairement l'emploi dans les maladies vénériennes. On ne sait rien relativement à son introduction en Europe.
Les chimistes la considérèrent pendant long -temps comme une résine ; mais Hatchett observa, qu'en la traitant avec l'acide nitrique, elle fournissait des produits biendifférens de ceux des corps, résmeux ' , c'est ce qui détermina M. Williams Brande à examiner avec détail ses propriétés *. ^ous devons à son excellent, mémoire sur ce sujet les connaissances exactes que nous avons acquises sur la nature de cette substance.
Ph>pffi«tis. I* Le gaïac est un corps s(4ide, qui ressemble beaucoup dans son aspect à une résine. Sa couleur varie considérable^ jnent, dans les nuances de brun, de rouge et de vert ; mais il devient toiàours vert quand on Texpose à U l««iièr« avec le contact de Tair Ml a un certain oegré de transparence. Sa cassure est vitreuse!. LcHrsqu'on le pile il répand, une odeur balsamique assez agréable, mais il n'a preaque pohit de saveur, quoique ^ lorsqu'on l'avale, il excite une sensation bradante dans le gosier. En le chauffant il se fond, et répand en même-temps une odeur assez forte et aromatique. Sa pesanteur spécifique est de 1,^289 «.
• Second Séries of ExperiqienU on artificial tannin. Phil. Tran^. i8o5.
• Chemical experimtntt on gaiacum. Phll. Trans. 1806 . et PhO. Mag. XXV, io5.
• Wollaston , Nichobon^s Joorn. VIII. 9o4. 4 Brande, PbiL Mag. XXV, io5.
X LorsqQ^oD fait drgérer le gaïac dans Peau, 9 $*m disaout kcOoûUtmi. tne partie. L'eau acquiert une couleur brune verdâtre et uae saveur douceâtre. Le liquide étant éraporé bosse pour résidu une substance brune qui a les propriétés de ïextrae* t^y étant sohible dans Teau diaude et dans l'alcool , mais tres-dîfficilement dans l'éther sulfurique, et précipitant avec les bydrodiiorates tfahunine , d'étain et d'argent. Cette substance forme environ les o,og du gaiac eoiployé *•
3. L'alcool dissout facilement le gaïac, et la dissolution aicooi. est d'un brun foncé* L'eau rend cette dissolution laiteuse en en séparant la résine. L'adde faydrochlorique précipite le ginc en un ^s cendré, et l'adde sulfurique en un vert pâle. LWde acétique et les alcalis n'y produisent aucun précipité. Le chlore b'quide le précipite en un beau bleu pm qui ne s'altère pas par la dessication. L'acide m'trique étendu D'y produit d'abord aucun changement ; mais au bout de mlques heures le liquide devient vert, puis il passe au Ueu , et à la fin au brun ; et c'est alors qu'il se forme un pré* opité brun. On peut paiement obtenir des précipités verts <nlWus en mêlant de reau avec le liquide lorsqu'il a pris ces diflerentcs couleurs •.
4* L'éther. sulfurique n'a pas sur le gaïac une action aussi véà^r, forte que l'alcool; mais les deux dissolutions se comportent de même avec les réactifs *.
5. Les lessives d'alcalis, soit caustiques, soit i l'élat de AkaKt. ctrboBates, dissolvent avec fSM:ilité le gaïac. 6a grammes
d'ime dissolution saturée de potasse en prirent environ 4 erammes, et la même onantité d'ammoniaque ne se chargea que de i6 décigr.; d'où il suit que le gaïac se disscKit dans envi- TMi i5 parties dépotasse et dans 38 parties d'ammoniaque. Ces dissolutions traitées parPacide nitrique dotinebtun pré-
3' «té brun semblable à celui qu'on obtient en mêlant la disution alcoolique avec le même acide. L'acide bydrochlorique et l'acide sulfurique étendu occasionnent un précipité caulé de couleur de chair , qui se rapproche de Pextractif par ses propriétés ^.
6. La phipart des acides agissent avec beaucoup d énergie Hf^uààu. sur le gaïac.
• Bnnide, PlnL Mag. XXV, io5. • Ibid, p. loS. » Ihid. 4 ibid. p. i#9.
I^ PARTIES COKSTITVAKriS DES PLÂITTCS.
L'aeide séirurique le dissout, et ttirme nn h'quide roHge foncé, qui mêle avec de i'eau au momeot où la di$soluUoD a Uea, dépose u». précipité couleur de liias. Si Foo chauffe, le eaïao est converti en charbon.
L'acide bffrîqtte dissout compiéteineot le gaïac sans le secours de fa cha!eur| et avec uoe vive effervescence. Lorsqu'on évapore la dissolution^ elle fournit une très-grande
3uantité d acide oxalique '. O» ne voit point s'y rormer e tannin artificiel, mais plutôt une substance qui a les propriétés de Textractif. L adde nitrique étendu convertit le gaïac en unesubstance^nme, semblable au précipité obtenu par l'acide nitrique de la die;solution alcoolique du gaïac. Cette matière brune a le^ propriétés d'une résine f.
L'acide hydrocblorique n'agit que faiblement sur le gaSac, au moyen de ce qu'il se fond prompteinent en une masse noirâtre sur laquelle l'acide n'a plus d'action '. DUtaution. 7* M. Brande obtint de cent parties de gaïac qu'il soumit à la distillation , savoir :
Eau acidulée 5,5
Huile brune épaisse : . . a4,S
Huile empyreumatiqne 3o
Charbon L , .*. 3o,5
Gaz, consistant en gaz acide carbonique, et
en gaz hydrogène carboné. < • . 9, o
Perte p,g
Le cbar})on après l'incinération laissa trois parties ^e cbaux sans aucune trace de substance alcaline ^t \ ^
S. Telles sont les propriétés du gaïac, autant qu on a pu les rçconpaitre jusqu'à présent* D'après l'exposé qui vient id'en être fait, il est évident que cette substance rc;ssemble sous beaucoup de rapports aiAx résines ; mais elle en diffère par trois propriétés si remarquables, qu'on doit la considérer comme corps distinct particulier. , P>^j^ Lapremieredeces propriétés particulières dqgaïac consiste
I I .nw ■ nu ■ H I ■ » ■■ I ■ I '^ ■ ■
' Hatcbett, Second Seiîes of EzperimetiU od artifidâl Taïuiî»* Pbil. Trans. 1806.
« Brande , Phil. Mag. XXV; 107.
» Ibid. p. 107.
* Ibid.
qaIag.
xyt
^n oe qae cettesubstanoe laisse «ae grande qiaatké de cbarbon, loraqu'oa la dîsttfle à vaisseaux fermés. M. Braode iroora que cette quantité s'élève aa-delà des o,3o ; Uodis que, daos les mêmes cifconstaDces, les résines n'en don- "^"Mamais plus des o,i5, et très-souvent beaucoup moins. On peut ceoeudant attribuer, ce qui ne paraît pas en effet invraisemblable, cette différence aux divers degrés de chaleur employés.
La seconde des propriétés particulières du gaiac est la diffcrence d'action qu'il éprouve de la part de l'acide nitrique. Ut acide ne peut dissoudre les résines qu'à Taide de h chaleur ; mais il les convertit à froid en une masse brune cassante, tandis que le gaïac se dissout complètement dans cet aade. L'actiwi de l'acide niiri(|ue sur les résines se termine par la formation du tannin artificiel; tandis que cette action sur le gaîac finit par une production d'acide oxaliqtie, différence frappante qui suffit seule pour établir une distiucuon «^legaïac et les résines.
la troiâème propriété distinctive du gaïac se trouve
ans le grand nombre de cbangemens de couleur qu'il subit wsjrfoo traite ses dissolutions par l'acide nitrique, et par ^^ore. Le docteur WoUaston observa le premier que le gaûc devient vert lorsqu'on l'expose à la lumière, et en ™eme temps au contact de l'air ; et que la couleur disparaît P^ l'application de la chaleur *. Il est donc probable que ce wiaogement est dû à l'oxigène* Les expériences de Brande ^ppoient fortement cette «pinion.
Le gaîac mis en contact avec le gaz oxigèoe , verdit plus Le iaîacfomi. ^omptemem que par son exposition à l'air. Dans la vapeur ^^ **"^"- ^ chlore, il devient d'abord vert, puis bleu^ et ensuite "«^n ; et si on le met en contact avec Fammoniaque, il reprend sa couleur verte. De même aussi lorsqu'on traite par fadde nitrique la dissolution alcoolique du gaïac , on obtient «es précipités verts, biens et bruns, suivaél le temps pendant «quel on kiase agir l'acide sur lui. Ges faits donnent une ^ès-grande probabilité à l'opinion énoncée p^r M. Brande, 4ie les changemens de codeur sqnt dus à la combinaison de l'oxigéne avec le gaïac ; que c'est le vert qui en contient le iDoins, qu'il est dans sa plus grande proportion dans le brun^
* NichoUon's Journ. VIII , 095.
iy% »i&TIIS CONSTITlTÂirTBS 1>B$ thimMS,
tandis qu'il est eo proportion moyenne dans le bleu '. Ainsi dans ses cbangemens de couleur j le gaïac a quelque ressemblance avec l'indigo. M. Brande a aussi remarque de l'analogie entre le gakc et la résine verte des feuilles des plantes*
DéSaitioB;
pn^iéiiM*
SECTION XXVIII
JJes Baumes.
L'application du mot balsam, ou baume, fut originairement restreinte à la désignation d'un suc épais et aodeur suave que Ton obtenait de Vamyrisgileadensis. Les chimistes rétendirent depuis à toutes les substances, soit naturelles , soit produites par Tart , qui avaient le même degré de consistance et une odeur forte. Bucquet n'attribua cette dénomination qu'à celles seulement des substances de nature résineuse qm fournissent de l'acide benzolque lorsqu'on les chauffe. Cette nouvelle signification du mot, qui a été en général adoptée par les chimistes, a fait ranger aans la classe des baumes plusieurs substances qu'on regardait autrefois comme appartenant à celle des résines. I^e mot baume renfermait dans l'origine l'idée d'une subsunce qui avait un certain degré de fluidité ; mais actuellement on distingue deux classes de baumes, l'une fluide , l'autre solide et cassante.
Un baume alors est une substance qui a les propriétés générales d'une résine, mais qui fournit une (K>rtien d'acide benzoîque lorsqu'on la chauffe ou qu'on la fait digérer dans les acides. Les chimistes, en général, ont considéré ces corps comme des combinaisons d'une résine avec l'acide benzoîque ; mais Hatchett nous a fait voir qu'il est probable que l'acide se forme au moment de sa séparation *•
Les baumes sont solubles dans l'eau; mais lorsqu'on les fait bouillir avec ce liquide ils donnent une certaine quantité d'acide benzoîque. L'aicool et l'éther les dissolvent facilement. Il en est de même des acides forts ; et pendant la dissolutioa il s^eu sépare de l'acide benzoîque. Dans certains cas, l'acide nitrique développe aussi quelques indices d'acide
* Brande, Phil. Man;. XXV. 107.
* Stcond Séries of EzperimeDU on oriifioial Tannin. Phil. Trans.
]>SfiiioB;
bjdrocyaiiMpe^Les akdis ont à-pen-près sur ces nbftances la mèate actKxi qne sur les résines.
On pent diviser lesbanmes en deux classes, savoir : fes bnuses liquides et les banmes solides.
/• Baumes liquides.
Lesbawnes liquides 'actuellement connus, s<»it an nombre de chuq, savoir :
j. Opobalsamun. 4- Baume du Péron^
a. Copahu. 5. Stvnm.