Sang-dragon
1. Le benjoin est le produit du styrax benzoe, arbre BtBj<v«;
Ji crote dans 111e de Sumatra , etc. , et dont le docteur rjêtdet ' a donné la description. On retire le benjoin de cet arbre par incision. Un arbre >en fournit de un à deux ki- Jogramœes. C'est une substance solide cassante, quelquefois sous la forme de larmes blanches jaunâtres agglutinées par use matière brunâtre ; et quelquefois c'est une substance brune ayant de la ressemblance avec la poix - résine ordinaire. Le benjoin a une odeur très -agréable, qui devient plus sensible lorsqu'on le cbaufTe. 11 a peu de saveur, ^a pesanteur spécifique est de i ,09221. On tait usage depuis longtemps de ce baume en médecine , et il a été indiqué par les chimistes differens procédés pour en extraire l'acide benloique. Cependant M..Brande est le seul qui en ait examiné avec soin les propriétés K
L'eau a très-peu d'action à froid sur le benjoin ; mais lors-
S'elle est bouillante , elle se charge d'une portion d'acide nzoïque.
• Phii. Trans. 1 708 , toI. XXVI , P. 44-
• Aon. de Chim. XXVI , ao3.
« Plûl. Trans. 17S7, p. 307.
4 TiicholsQii't Joaro. X » u^
Actkn
180 PAanCS COlCSTITVÀHTËd DES PLAKTCS.
««.u». A l'aide d'une douce chaleur l'alcool dissout le beojoiir: dti'akooL La dissolution est d'un jaune foncé inclinant au brun rou-
Î;eâtre. Lorsqu'on l'étend d'eau j le benjoin se précipite sons a forme d'une poudre blanche. Il est aussi précipité de sa dissolution alcoolique par l'acide hydrochlorique et par l'acide acétique; ipais les alcalis ne produisent point cet eiiet. Quelques gouttes d'acide sulfurique suffisent également pour précipiter le benjoin ; mais en y ajoutant une nouvelie quantité de cet acide , le benjoin est redissous , et il en résulte un liquide ayant la couleur du vin de Porto. En mêlant ensemble des quantités égales de la dissolution alcoolique du benjoin et d'acide sulfurique , il se produit un précipité de couleur d'oeillet foncé. La liqueur en prend une d'œillet. et si on l'étend d'eau , cette couleur passe au lilas. Avec l'acide nitrique 7 il y a effervescence très-vive. Cet acide forme avec la dissolution alcoolique une liqueur d'un rouge foncé , mais il n'y occasionne pas de précipité '.
Ether. L'éther dissout le benjoin avec facilité , et la dissolution présente avec les réactifs les mêmes phénomènes que la dissolution alcoolique *.
Âcidei. L'acide nitrique agit très-fortement sur le benjoin , qu'il convertit en une masse de couleur orangé. Il le dissout à l'aide de la chaleur, et à mesure que la dissolution refroidit, il s'en sépare peu-à-peu des cristaux d'acide benzoïque. Hatchett s'est assuré que par ce procédé il se forme une certaine quantité de tannin artificiel.
L'acide sulfurique dissout le benjoin; et l'acide benzofque se sublime, ainsi que le découvrit Hatchett. La dissolution est d'abord d'im ronge foncé. En continuant la digestion , il se forme du tannin artificiel, et on obtient un produit en charbon qui s'élève aux 0,48 du benjoin dissous \
L'acide acétique dissout le benjoin sans l'assistance de la chaleur. Mais si l'on chauffe la dissolution , elle se trouble
Ear le refroidissement, ce qui est du à la séparation de l'acide enzoïque ^* Alcalis; Le benjoîn se dissout dans une lessive bouillante d'alcalis
« Brande, IMicholsonS Jouro. X, 8a.
• Ibid,
» Hatchett, Third Séries of Experimeols on arliûci^l Tannin.
4 Brande, ^icholson's Journ, JC , 85.
BJLVU£S. l8i
Ikes. La dissolution est d'un brun foncé. Elle devient troaUe au bout de quelques jours d'exposition à Tair. L'amnum/aque dissout également le benjoin en petite quantité '.
£n chauffant par degrés jusqu'au rouge, dans une cornue, DUtuiatîM: cent parties de benjoin, M. Brande eut pour produits :
Acide benzoïque 9,0
Eau acidulé 5,5
Huile bntireuse et empyreumatique 60,
Charbon 22,0
Hydrogène carboné et acide carbonique 5^5
Bucholz soumit à l'analyse chiouque 1 5oo parties de ben- )oio, il en obtint les substances qui suivent, savoir:
Résine ia5o
Acide benzoïque 187
Substance analogue au baume du Pérou. 25 Substance aromatique spluble dans l'eau
et dans l'alcool S
ï'iWes ligneuses et impureté 3o
i5oo*
a. Storax. C'est de tous les baumes le plus odoriférant. Sioraz. L'arbre qui le produit croît dans le Levant , et même aussi , dit-on , en Italie. Cet arbre est connu en botanique sous la dénomination de storax ofjicinalis. Le baume est quelquefois sous la forme de larmes rouges , et l'on assure que c'est dans cet état qu'on l'obtient de l'arbre; mais le storax ordinaire est en gros gâteaux. Il est cassant, doux au toucher, et d'une couleur brune rougeâtre. Ce storax est plus aromatique que celui d'aucune autre espèce , quoiqu'il soit mêlé avec une quantité considérable de sciure de bois. Il se dissout dans l'alcool. Lorsqu'on le distille avec l'alcool ou avec Peau, il donne à-peine (te l'huile ; distillé à feu nu, il parait foamir, d'après les expériences deNeumann, les mêmes produits que le benjoin ^.
'S. Sang^ragon. C'est une substance cassante, de cou- «"k-^'^*»-
* Brande, NichoUon's Joam. X»
* AoD. a«Chim. LXXXIV, 319.
* Neumann^s Cbemûtry, pt 209.
Propriété!.
182 PAKTIES CONSTITUANTES D£9 PLANTES*
Icar roage foncé , qui nous vient des Indes orienlales. H y en a de deux sortes ; l'une qui est en petites gouttes ovales ou larmes d'un beau rouge foncé, passant 9U cramoisi lorsque les larmes sont réduites en poudre; et l'autre oui est en masses plus grosses , dont quelques-unes sont d un rouge
Sale, et d'autres d'un rouge foncé. Il est probable que le sangragon est fourni par différentes espèces d'arbres; on assure que c'est du calamus â^/aco que se retire en plus grande partie celui qu'on nous apporte de llnde. Le dracœna draco , ainsi que \e pterocarpus draco le produisent également*
Le sang-dragon est cassant et sans saveur. 11 n'a pas d'odeur sensible. Il n'éprouve aucune action de U part de Veau, mais l'alcool le dissout en plus grande partie , et il reste une substance rouge blanchâtre sur laquelle l'eau n'agit que partiellement. La dissolution est d'un beau rouge foncé. EUe tache le marbre, et la tache pénètre d'autant plus avant que le marbre est plus chaud. Le sang-draeon se dissont aussi dans les huiles, auxquelles il donne égalemens une couienr rouge foncée. En le chauffant il fond, et s'enilamme en répandant une fumée acide semblable à celle de l'acide benzoïque ' . Si on le fait digérer avec la chaux, il devient en partie solubledans l'eau, et acquiert une odeur balsamique. En ajoutant de l'acide hydrochlorique à la dissolution , il se précipite une substance résineuse rouge, et il ne s'y man ifeste que de légers indices d'acide benzoïqûe *. L'acide nitrique a^it avec beaucoup d'énergie sur lesang-dragon; il change sa couleur en un rougç foncé, une portion de l'acide benzoïqûe se sublime, et il reste une masse orune soluble dans l'eau , ayant les propriétés du tannin artificieP. Avec l'acide sulfurique, il ne ^ sublime pas sensiblement d'acide benzoïqûe ; mais il est en partie converti en tannin artificiel, et il se produit une quantité de charli^n, qui s'élève aux o,4S du saDg-dragon employé *.
' Levfis f NeiimaDD^s Chem. p. agg.
* Hfttchett, Sccmid Séries or Exp^rimeDts on «rtificial Tannin. Phil. Trans. 1806.
' Ibiâ *< Hi«t£heU, Tbird Séries, etc.
GOMMSS-niSIHSS. i83
SECTION XXIX
Des Gommes-Résines*
Les médecins et les pharmaciens ont depuis long-temps distingué les gommes-résines parmi les substances végétales. Elles renferment plusieurs principes très-actifs dont on fait beaucoup Jd' usage en médecine ; et il est certain que ces substances jouissent d'un assez grand nombre de propriétés particulières pour mériter de faire une classe à part. Malheureusement les chimistes s'en sont peu occupés. Aussi leurs propriétés et leurs parties constituantes ne sont-elles qu'imparfaitementconnues. Cependant H. Braconnot a porté en dernier lieu son attention sur ces substances, et il a publié récemment UD exposé très-détaiilé de ses recherches sur plusieurs des gommes-résines, en annonçant qu'il se proposait d'examiner de la même mam'ère toutes celles dont cette classe de substances végétales se compose *^. On peut reconnaître les ÇMimes-résines aux propriétés suivantes.
Elles sont ordinairement opaques, ou, du moins, leur p^^^ji^ truisparence est inférieure à celle des résines. Elles sont tonfoors solides , et le plus ordinairement cassantes. Quelquefois elles ont une apparence adipeuse.
Lorsqu'on les cnauffe, elles ne se fondent pas comme les résines. Elle ne sont pas non plus aussi combustibles. Elles se ramollissent cependant ordinairement par la chaleur , qui les fait se boursoufHer. Elles brûlent avec flamme.
Elle ont presque toujours une odeur forte, qui dans beaucoup de cas, ressemble à celle de Tail. Souvent aussi leur saveur est acre, et toujours elle est beaucoup plus forte que « celle des résines.
Elles sont solubles en partie dans l'eau ; mais la dissolulion est toujours opaque , et ordinairement laiteuse.
L'alcool n'en dissout qu'une portion. La dissolution, qui est transparente, devient laiteuse lorsqu'elle est étendue ^eaii. 11 ne s'y forme cependant pas de précipité , il ne s'en sépare rien par la filtration.
Le vinaigre et le vin les dissolvent également en partie ; et
« Abu. de Chim. LXVIII, 19.
i84 PAÀtlES CONSTITUANTES DES PLANTÉS.
les dissolutions, comme celle par Teau, sont opaques ou lai«» teuses.
Suivant Hermbstadt, elles sont insolubles dans Péther suU furique.
Hatchett est le seul qui ait examiné l'action des alcalis sur les gommes-résines. Toutes celles que ce chimiste célèbre essaya se dissolvaient facilement dans des lessives alcalines i l'aide de la chaleur. On peut donc les considérer comme étant, ainsi que les résines, solubles dans les alcalis.
On voit par les expériences de Hatchett que les acides agissent sur ces corps à-peu-près comme sur les résines. L acide sulfurique les dissont, et les convertit par degrés en tannin artificiel et en charbon. Il obtint de loo parties de difïerentes gommes-résines sur lesquelles il avait fait digérer de l'alcool, les quantités de charbon ci-après, savoir :
Ammoniaque 58 Mirrhe 4o
Assa fœtida 5 1 Gambogia - gutta ,
Oliban 44 ou gomme gatte. 3i
L'action de l'acide nitrique sur les gommes-résines est trés-énergique. Il les convertit d'abord en une masse cassaute, et alors il les dissout à l'aide de la chaleur. En évaporant cette dissolution, Hatchett obtint, de l'ammoniaque et de l'assa faetida , une portion de taunin artificiel; mais les mêmes moyens ne lui réussirent pas à l'égard de l'oliban, de la mirrhe et de la gomme gulte*.
La pesanteur spécifique des gommes-résines est ordinairement plus considérable que celle des résines.
Leurs autres propriétés restcut encore inconnues. On les obtient toutes, ou par exsudation spontanée des plantes, ou par incisions. Elles semblent être d'abord à l'état de liquioité ; mais elles se durcissent peu-à-peu lorsqu'on les expose à l'air.
Les chimistes ont ordinairement considéré ces substances comme étant des combinaisons de gomme et de résine ; mais leurs propriétés ne peuvent se condiier avec cette supposition. Elles contiennent toutes une huile volatile, ou une substance intermédiaire entre une huile et une résine. C'est à la présence de cette substance qu'il faut attribuer la nature '■ ' ■ ■■■■■■■ ■ ... ■ j
* Plia. Trans. ï8o6.
60MM£S-RiSIIIBS« lB5
hiteose de la dissolution qae les gommes-résines forment avec Teau. Dans le plus grand nombre des cas , l'autre partie constitoante a beaucoup plus de rapport avec Textractif ^avecla gomme. Peut-être , alors , ne s'écarteraît-on pas Beaucoup de la vérité, en considérant les gommes-résines ^
Gomme composées d'une gomme ou d'une substance extractive ,et d un corps intermédiaire entre Ihuile et la résine, à laquelle dernière substance elles doivent leurs propriétés les plus caractéristiques.
Les seules gommes-résines qui aient été jusqu'à présent appliquées à quelque usage utile sont principalement celles ciaprès indiquées.
1. On ODtient le galbanum du bubon galbanum^ plante GaiiMna». vivace originaire d'Afrique. Si on la coupe transversalement no peu au-dessus de la racine, il en découle un suc laiteux,
Ei se durcit promptement et qui constitue le galbanum. tte subtance nous vient du Levant en petits morceaut composés de larmes agglutinées ensemble, d'une couleur \iiiDâtre ou blanche. Sa saveur est acre et amère. Elle a une o^ qui lui est particulière. L'eau , le vinaigre et le vin la dissolvent en partie, mais la dissolution est laiteuse. L'alcool en dâsout les 0,60 environ. A la distillation elle fournit environ les o,5o de son poids d'une huile volatile, qui est d'abord de couleur bleue. Sa pesanteur spécifique est ae 1,21a '.
2. La gomme ammoniaque nous est apportée des Indes Ammoniaque. nrjcDtales. On ne sait rien de certain sur la plante qui la fournit. Cependant par analogie , on soupçonne que c'est une espèce àeferuia ^. Elle est en petits morceaux agglutinés. Saconlear est d'un blanc jaunâtre. Son odeur ressemble un peu à celle du galbanum , mais elle est plus agréable. Sa saveur est sucrée nauséabonde, et mêlée d'amertume. Elle ne se fond pas; elle se dissout en partie dans l'eau. La dissolution est laiteuse, et dépose peu- à-peu une portion résineuse. L'alcool en dissout au-delà des o,5o. Cette portion est une résine. Elle
' Brîiiftoii.
* Y^ildenow fit végéter les semences qn'on observe dans la gomme ammoniaque. Il forma de la plante produite un nouveau genre, sous le nom d^heraeleum gummifera. Mais comme on remarqua que les radoes de cette plante ne donnaient point d'ammoniaque, il est encore douteux que ce soit la plante dont on obtient la gomme amiBoniaqne.
i86 PARTIES GOarSTlTUÀNTES D£S PLANTES.
est blanche, molle etductilc.Exposée à la chaleur, elle se fond et brûle comme une résine. Elle devient plus dure lorsqu'elle a été chauffée , mais sans être cassante. Elle est à-peu près insipide. Elle se dissout dans l'éiber et dans Tacide nitrique. Elle en est précipitée sous la forme d'une sub&tance de couleur orangé , en partie résine , en partie amer. Il en reste une portion qui colore le liquide en jnune. La saveur de la dissolution est légèrement acide et amère. Elle n'est point précipitée par le carbonate de soude, lammoniaque , le nitrate d'argent ou Tacétate de plomb. La substance de couleur orangé a une saveur amère. Lorsqu'elle est chauffée, elle se * boursouffle promptcment, noircit, mais sans donner de flamme. Elle brûle sans laisser de résidu. Elle est plus légère que Teau. Agitée dans ce liquide, elle le teint en jaune, mais elle ne s'y dissout pas du tout. La pesanteur spécifique de la gomme ammoniaque est de i ,207. Hatchett trouva qu'elle était soluble dans les alcalis. Lorsqu'on la distille avec l'alcool ou avec l'eau , il ne passe rien.
Suivant l'analyse de Braconnot, la gomme ammoniaque est composée de
Résine 70,0
Gomme i8,4
Matière glntineuse 4^4
Eau 6,0
Perte i,a
Braconnot trouva la résine cassante et jaune. Elle diffère i sous ces rapports, de la résine que j'ai retirée de la gomme ammoniaque, qui était molle, et continuait de l'être après deux mois d'exposition à l'air. Cette différence résulte probablement de l'état de la gomme ammoniaque. Quelquefois elle est cassante et jaune, et d'autres foi^, blanche et molle. Celle . que j'examinai était dans ce dernier état. Braconnot trouva que la matière jaune dans laquelle la résine est convertie par 1 acide nitrique, se dissout dans l'alcool chaud et dans Teaa chaude. Elle avait la propriété de donner à la soie une belle couleur jaune, inaltérable par le chlore. La gomme qu'il retira de la gomme ammoniaque avait , autant qu'il put les recoo« naître, les propriétés des gommes ordinaires. Elle est transparente, jaunâtre, fragile, soluble dans l'eau , précipitée par
GOMUEs-Risims. 187
le soQs-acétate de plomb , mais aocuDement par "^racétate, DÎ par le nitrate de ce métal. Les sels de mercure reDdeot la dissolution laiteuse. Par l'acide nitrique, elle est transformée en acides saccho-lactique et oxalique, et elle fournit anssi un peu d'acide malique. La matière glutineuse était insoluble aans Teau et dans l'alcool. Elle était d'une couleur noire après sa dessication , et donnait une matière jaune et vm peu d'acide oxalique, lorsqu'on la traitait par l'acide ni*iriqne ".
3« Aloes, C'est le suc épaissi des feuilles de l*aloe perft)' Aïoë*. Uata, plante qui croit dans l'île de Socotora aux Indes orientales. L'aloes a un aspect résineux, une couleur rougeâtrc , une saveur amère, et une odeur aromatique. Cette substance a été depuis peu examinée par Braconnot, qui la trouva principalement composée d'une matière particulière semblable à celle découverte par Vauquelin dans beaucoup d'écorces fébrifuges , et à laquelle Braconnot propose de donner le nom it principe amer résineux •. D'un autre côté, Trommsdorf, Bouillon- Lagrange et Vogel, considèrent cette matière comme étant un composé de résine et d'une matière extrac- ÛYt particulière ^. Fabroui a reconnu que le suc récent des femUts de l'aloës, a la propriété d'absorber l'oxigène, et de prendre ainsi une belle couleur pourpre, dont il recommande l'emploi aux peintres ^.
4. \Ioliban est l'encens des anciens. Ils se le procu- dibu. raient, ainsi que nous Ta pprend Dioscoride^ de l'Arabie et des Indes. Nous voyons dans Pline que l'arbre qui le fournissait, était inconnu aux Grecs et aux Romains; actuellement Toliban est importé en Angleterre, en caisses pesant chacune environ 4^ kilogrammes. Il y est apporté de plusieurs contrées, et entre autres des Indes orientales ; mais Toliban indien est le moins estimé. On ne connaît pas encore d'âne manière certaine l'arbre qui fournit cette gomme-ré* sine. Il est probable que diverses espèces d'arbres le produisent dans différens pays. Celui qui fournit l'oliban indien, est diaprés l'opinion de Lamarck, Pamyris-gileadensis ^ il
Ado. deChim. LXVIII, 69, ibid. p. i3.
Ibid. p. Ti et i55.
Ibid. XXV, 3ui.
l88 PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES.
est appelé par les naturels du pays soukiou. Suivant Foers- Lal, c'est Xamyris-kataf. M. Colebrook a fait voir que l'oljban indien provient du hos^SfclHa serrata de Roxbourgh, grand arbre qui croît dans les montagnes de Tlnde '•
L'oliban est une substance d*un jaune blanchâtre, demitransparente, fragile, ordinairement recouverte à lexlérieur d'une poussière farineuse blanchâtre, produite parles morceaux qui se frottent entre eux. Sa saveur est acre et aromatique, et lorsqu'elle brûle elle répand une odeur agréable. Lorsqu'on cnauffe l'oliban, il se fond sans difliculté ; mais il brûle avec éclat et laisse une cendre blanchâtre^ composée de phosphate, de carbonate, et de sulfate de chaux , d'hydrochlorate et de carbonate de potasse. D après l'analyse de Braconnot, l'oliban est compose de
Huile volatile 8
Résine , 56
Gomme » 3o
Matière analogue à la gomme, insoluble dans l'eau et dans l'alcool. . . 5,2 Perte o,8
L'huile avait une couleur de citron^ et une odeur sem* blable à celle d'huile de citrons.
La résine est d'un jaune rougeâtre, fragile, sans saveur, et ressemblant beaucoup à de la poix-résine. Elle se ramollit dans Teau bouillante, mais il faut une température plus élevée pour la fondre ; lorsqu'elle brûle, elle répaod une odeur qui est assez agréable. Chauffée jusqu'à sicciié avec une dissolution de potasse caustique , elle laisse une matière susceptible déformer une espèce d emulsion avec de l'eau bouillante.
La gomme a peu de propriétés particulières. L'infusion de noix de galle occasionne un précipité dans sa dissolution aqueuse. L'acide nitrique la convertit en partie en acide saccholactique ^, siiapcaimu ^' Sagapenum. On ne connaît pas bien la plante qui fournit cette gomme-résine ; mais on soupçonne que c'est la
' Asiatîc Researches, IX, Zin, » Ann. de Chim. LXVIII , 6o.
3 Braconnot, Ann. de Chim. idem.
OOMMES-RÉSIITES. 189
fenda persica. Oq nous l'apporte d'Alexandrie, et ordinairement eo larmes agglutinées ensemble. Sa couleur est jaune. Sa saveur est chaude et amère, et son odeur celle de l'ail. Le sagapenum se rammollit sous les doigts ; mais il ne se fond pi5 lorsqu'on le chaufTe. Il est très-peu soluble dans l'eau, et se dissont presque complètement dans ralcool. Il donne OD peud*huile volatile, lorsqu'on le distille avec l'eau, et ce liquide s'imprègne fortement du goût qui est particulier au sagapenum*.
6. L'as^a^//^ s'obtientd'une plante vivace originaire de AsMiceU<u: la Perse, et connue sous le nom A^femla assafœtida. Lorsque la plante a environ quatre ans, on en déterre les racines, et après les avoir nétoyées, on en coupe les extrémités. Il en exsude alors un suc laiteux qu'on recueille. On en coupe alors une autre portion , d'où il découle plus de suc , et Ton continue cette opération jusqu'à répuiscment des racines. Le snc, ainsi retire delà plante, se durcit bientôt et constitue Xoisafœtida, On l'apporte en Europe en petits grains de couleurs diverses, blanchâtres, rougeâtres, violets, bruns. Cette substance est assez dure, mais cassante. Elle a une saveur acre et amère et une odeur fétide fortement alliacée. L'alcool dissom, suivant Neumann, environ les 0,^5 de cette substance ; et l'eau en prend les 0,26, si l'on se sert de ce liquide avant l'alcool. Il reste une portion considérable de matière terreuse non dissoute. Cette substance distillée avec l'eau et avec l'alcool, fournit, dans l'un et l'autre cas, une huile volatile qui a les propriétés actives de l'assa fœtida *. L9 pesan* teor spécifique de cette gomme-résine est de 1,327.
^. Scammonée. C'est le produit du convolvulus scammo- ScamnoBée: nia y plante grimpante qui croit en Syrie, et dont le docteur Aussel a donné la première description exacte ^. Lorsqu'on en coupe les racines , elles fournissent un suc laiteux qu'on recaeille et qu'on laisse durcir à l'air. Ce suc , dans cet état , constjtoe la scammonée. Sa couleur est le gris fonce ou le noin n a une odeur particulière et nauséabonde. Sa saveur est amère et acre. (Jette substance forme avec l'eau un lî-
* N«timann*s Cbem. p. 3i6.
» Ibid.p, 3i3.
' Voyez l'Abrégé de sa description par le docteur Lewis , Neu- Bannis Chem. p. 3^3 .
190 PARTIES CONSTITUAVTKS DBS PLÂIfTES.
quide opaque verdâtre. L'alcool la dissout eu plus grand^ parue. Elle est ordioairemeot métaogée avec le sac exprimé de la racine, et souvent aussi avec d autres impuretés qui en altèrent Tapparence. On l'emploie en médecine comme cathartique puissant. Sa pesanteur spécifioue est de 1,^35 '• Vogel et Bouillon - Lagrange ont fait l'analyse de deux variétés de scammonée, l'une venant d'Âlep, et l'autre de Smyme. La scammonée d'Alep était composée de
Résine 60
Gomme * 3
Extraclif 2
Débris végétaux, etc 35
La scammonée de Smyrne consistait dans
Résine 2^
Gomme . . •
Extraclif. ; 5
Débris de végétaux, matière terreuse , etc 58
aioponas. ®' Opoponax. On obtient cette substance du pastinaca opoponaac, plante indigène du Levant , au moyen d'incisions qu'on fait à ses racines. Le suc laiteux qui en exsude , lorsqu'il a été desséché au soleil, forme l'opoponax. Cette substance est en morceaux d'un jaune rougeâtre à l'extérieur , et blancs intérieurement. Elle a une odeur particulière. Sa saveur est amère et acre. L'eau en dissout près des o,5o. La dissolution est laiteuse. L'alcool n'a sur cette gomme-résine qu'une action très-faible. Lorsqu'on la distille avec l'eau ou avec l'alcool, ces liquides prennent le goût de l'opoponax , mais il ne s'en sépare point d'buile '. Sa pesanteur spécifique est de 1622 ^. L'opoponax donne à la distillation une huile brune , de l'acide acétique dans lequel surnage une huile bitumineuse. Le charbon restant dans la cornue est du poids
' Brisson.
« Ann. de Chim. LXXIIf6; ' N en mannes Ghem. p. 3i6.' 4 BrissoQ.
G01IMES*ftl81lfKS. 191
8eM,ft8de Fepopooax employé. Ce charbon incinéré donne les 0^5 de s(mi poids de cenwes , composées de
Carbonate de chaux o^ 1 8
Silice 0,02
Carbonate.... 1
Sulfate > dépotasse, c, 1 5
Hydrochlorate. )
Sfljvant l'analyse de Pelletier, à qui nous devons la précédente distillation , lopoponax est composé de, savoir:
Résine 42,0
Gomme 33,4
Ugneux 9,8
Amidon 4*2
Acide malique :... *!i,8
Extractif. i,6
Caoutchouc (des traces) .... —
Cire , 0,3
Huile volatile et perte 5,9
g. Gomwne gutie. On retire cette substance d*un arbre ^ croît dans les bois, aux Indes orientales et qu'on connaît sous le nom de stalagmi$is gamhogioides, A Siam , on Tobtfeot en gouttes par des incisions faites aux jeunes branches. ^Geylao, elle exsude d'entailles faites à l'écorce. On l'apporte en Europe en grosses masses orbiculaires. Elle est jaune , opaque et fragile. Sa cassure est vitreuse. Elle n'a point d'odeur, et très-peu de.saveur. Elle forme avec l'eau un Bqoide trouble de couleur jaune. L'alcool la dissout presque compléteoient *, et si l'on ajoute de l'eau à la dissolution , elle se trouble, à moins qu'elle ne contienne de l'ammoniaque. Dans ce cas, les acides y forment un précipité jaane, insoluble. La gomme gutte prise intérieurement, agit comme purgatif des plus violens. Sa pesanteur spécifique est de 1,331 *• 11 parait que cette gomme fut apportée en Europe par les Hollandais, vers le milieu du ly.* siècle *.
* Ann. de Chim. LXXIX, 90.
' Rrtsfton.
' Aaatomîa esyenltftrum Tegetabilium, Aogelus Sala, p. 3r.
fotte.
ipft PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTÉS.
Elle fournit aux peintres une couleur jaune très-belle, et tache le marbre chaud en un beau jaune citron '.
Braconnot , qui fit l'analyse de la gomme gutf e , la trouva composée d'une partie d'une gomme ayant les propriétés de la gomme de cerisier , et de quatre parties d'une résine rougeâtre cassante qui manifeste les caractères des résines. Elle se dissolvait dans l'alcool et dans les alcalis , et l'acide nitrique la convertissait en une matière amère jaunâtre. Le chlore lui enlevait sa couleur foncée, et il se formait une couibinaison entre cette substance et l'acide hydroçhloriquç, combinaison dans laquelle cet acide était neutralisé*. Mjrrrhe. lo. Myrrhe. On ignore quelle est la plante qui produit la
myrrhe. Cette plante, si l'on en croit Bruce, appartient au genre des mimosa. Elle croît en Abyssinie , et dans l'Arabie. La myrrhe est sops formes de larmes , d'un jaune rougeâtre; légèrement transparente lorsqu'elle est pure, mais souvent opaque. Elle a une odeur particulière ; sa saveur est amère et aromatique *, elle ne se fond pas par la chaleur , et elle brûledifficilement. Elle forme avec l'eau une dissolution jaune opaque. La dissolution dans l'alcool devient opaque lorsqu'on la mêle avec Teau , mais il ne s'y manifeste pas de précipité. Lorsqu'on la distille avec l'eau, elle fournit une huile plus pesante que ce liquide ; mais avec l'alcool, il ne passe rien '. Sa pesanteur spécifique est de i,36o ^. On l'emploie en médecine. Hatchett a trouvé qu'elle est soluble dans les alcalis.
11 parait d'après l'analyse de Braconnot, que la myrrUe est composée de
Résine 23
. Gomme 77
La résine est rougeatre, ayant une saveur amère et une odeur particuUère de myrrhe. La gomme, suivant Braconnot , dilTère par ses propriétés de toute autre substance gommeuse jusqu'à présent examinée. Elle est d'un brun foncé. Elle se dissout d'abord dans Teau ; mais en faisant bouillir la liqueur, ou en exposant la gomme à la chaleur,
, Lewis, Neiimann*8 Chem. p. 3oo.
« Add. de Chim. LXVllI , 33.
> Lewis, NeamaDD^s Cbemistryt p« 3i7.
i BrissoD.
OOMMBS-EiSIKlfl. 1^3
ette praid de la cobésioii et devient inscJuble daoi Teàu. A la distîllatîoa die donne de l'ammoniaque, et du gaz azote. Lors* qu'elle est dissoute dans Tacide nitrique y elle est précipitée par les sels de plomb , de mercure et d'écain ; et elle entre en combinaison avec les oiîdes des ces métaux ' •
Mais les résultats de l'examen de la myrrhe par Pelletier différent matériellement de ceux obtenus par Braconnot, Suivant Pelletier , la myrrhe est composée de
Résine , contenant un peu d'huile volatile . 34 Gomme 66
La résine doit sa saveur et sa dissolubilité dans l'eau, à l'huile volatile. Lorsqu'elle en est dépouillée , elle devient insipide, insoluble dans l'eau et iofusible à la température de lOQo centigrades.
La gomme avait les propriétés de la gomme ordinaire. £Ue était trés-soluble dans Teau après que la dissolution aqueuse eut été évaporée à siccité. Traitée par l'acide nitrique, elle donnait deTacide oxalique, mais point d acide saccbolactique *.
Ueuphorbe. il. On Obtient cette substance de Xeu- ^^.^^ phorbia officinaUs. C*est le suc laiteux qui exsude de cette plante , desséché au soleil. On nous l'apporte d'Afrique en petites larmes jaunes. Cette gomme-résine n'a point d^odeur ; et, le plus ordinairement, elle est soluble dans l'alcool. Sa pesanteur spécifique est de i,ia4^- Elle est considérée comme un poison.
Cette gomme*résine est composée, suivant l'analyse de Bracoiioot,de ^
Résine 37,0
Cire 19,0
Maiate de chaux 20,5 * ^
Malate dépotasse... a,o
Eau ./!•....'• 5,0
Blatière ligniease. • . . i5^5
Perte ......^ 3,Q
• Atm. àt drim. LXYIII, 6a.
* X^ûf. LXXX,45. ^ Ihid. « .