‹ Système de chimie (volume 3)Chapitre 33 sur 149 · IV. i · texte numérisé non relu

IV. i

194 PARTIES CONSTltOANtES DES PLA!«T£5.

La résiné a des propriétés particulières. Elle est trans|)a« rente, rougeâtre, excessivement acre, ce qui dok la faire considérer comme un poison violent. Elle est insoluble dans les acalis , mais les acides sulfurique et nitrique la dissolvent. Ces propriétés font voir <jue c'est un principe végétal particulier. La cire a la propnéf é de la cire d'abeilles. Le malate de chaux avait été pris par erreur pour de la gomme '. BâtUiam: i^. Bdellium, Cette gomme-résioe , qui nous vient de l'Arabie, est supposa produite par upe espèce Samyris^ quoiqu'il n'ait été publié rien de certain sur ce sujet. Elle est en larmes jaunâtres transparentes. Elle se ramollit sous la dent. Sa saveur a un peu d'âcreté. Mise sur des charbons ardens , elle devient molle et brûle à la manière d*une résine. Sa pesanteur spécifique est de 1,371 ^ L'alcool dissout envi» ron les 0,60 de son poids de bdellium ; la partie non dissoute est un mélange de gomme et de cérasine.

Suivant l'analyse d« Pelletier, les parties constituantes de cette gomme-résine , sont :

Résine • ••••..« 59,0

Gomme • 9,2

Cérasine. • . . • • 3o,6

Huile volatile et perte. • . i.a

IpAcacduot.

CaruM. i3. On sait très-peu de chose sur la substance appelée caranna^ rangée parmi les gommes-résines. Sa pesiantear spécifique est de i,ia4 ^« On regarde actuellement la substance extraite du lierre, et connue sous le nom de gummi hederm^ comme une gomme-résine -, mais j'innore si elle a été examinée^chimiquement. Sa pesanteur spécifique est de 1,^94 \

i4« On voit par les expériences faites sur l'ipécacuhana, la racine du cephelis ipecacnh^inay spécialement par celles du docteur Irvioe, que. cette substance contient aussi une gomme-résine. La même observation s'applique à plusieurs autres substances végétales en^yées en méaecine. ■ "

> Aon. deChim. LXYIII, 44.

■ Brisson.

> Ado. de Ghim. LXXX, $9.

4 Brisson. ' '

cAôùtcaotc. igS

Cesf nafàit qni mérite attention , que les gommes*ré$incs, sormses à la distiOatioD à feu nu , fournissent toutes une por<^ tfoD (Tamnioniaque ; ce qui proure qu'elles contiennent toofes de Taxote. Elles ressemblent, sous ce rapport, i fettractif.

SECTION XXX-

JO» CBoutckouc.

C£ fiit Ters le commencement du dix-buitléme siècle^ ^jj^^^ qu'on apporta de FAmérique, comme objet de curiosité , une sobstaoce appelée caoutchouc. Cette suostance était moUe , excessivement élastique , et trés-combustible. Les morceaux

r' en vinrent en Europe étaient ordinairement sous forme bouteilles, d'oiseaus, etc. On fait un grand usage de cette substance pour effacer les traces du crayon sur le papier, et c'est par cette raison qu'on l'appelle souvent en Angleterre, indian rubber ( frottoir indien). On ne connaissait encore rien autre chose sur la production de cette substance, si ce n'est qu'on l'obtenait d'un arbre, lorsau'en 1735 les académiciens français arrivèrent dans l'Amérique méridio* oale pour y mesurer un deçré du méridien* M. de la Conda* mine en envoya, l'année d'après, une description à laça* demie* Il y exposa qu'il croissait au Brésil, dans la province d^Esmeraldas, un arbre appelé par les naturels Hkevé^ d'où découlait un suc laiteux qui , étant épaissi , était le caoutchouc . Doo Pedi'o Maldooado, qui accompagnait les académiciens français, trouva le même arbre sur les bords du Maragnon ; mais cet Espagnol mourut peu de temps après, et ses manuscrits ne furent jamais publiés. M. Frcsnau, après de lûfl^ues et pénibles rechercoes, découvrit le même arbre à Cayenoe. La description qu^'il en donna fut lue à l'académie française, en 1^5 1 "^^

Go sait actuellement qu'il existe au moins deux arbres dans |»|.„,„ ^Amérique méridionale dout.ODpeut obtenir le caoutchouc ; ^^ ' — ''" Vhœ^ea caoutchouc et le jatropha elastica^ et il est trèsprobable qu'on le retire aussi d'autres espèces Shœ9ea et de

* Hfte. Par. i;5i, p, Sig.

|{ rournÎM**!

J96 PAKTIXS CONSTITIlÀirTSS DIS PLAITTIS.

jatropha. Plusieurs arbres des Iodes orientales fonrnissenl également le caoutchouc. Ce sont entre autres, \ejicus in^ dU:a f \artocarpus integrifolia et Vurceola elastica , plante découverte par M. Howison, et décrite pour la première fois par le docteur Roxburgh ' qui lui donna le nom qu'elle porte* On dit que le docteur Benjamin Smith Barton Fa obtenu dn suc du similax caduca, qui crOtt riKmdamment dans les environs de Philadelphie *. M. Woodcock le trouva dans le soc laiteux de ïasclepias nncetoxicum *.

En faisant une piqûre à l'une quelconque de ces plantes, il en exsude un suc laiteux, qui étant exposé à Taîr, dépose peu-à-peu une sid)stance concrète, et cette sobstance est le caoutchouc.

Si Ton met du chlore dans ce suc laiteux, le caoutchouc se précipite sor-Ie-champ ^ et l'acide perd en même-temps l'odeur qui lui est particubère. 11 en résulte que très-probablement la formation du caoutchouc est due à ce que sa base absorbe de l'oxigène ^. Si Ton renferme le suc laiteux dans nn vase de verre contenant de l'air atmosphérique, ce suc attire peu-à-peu l'oxigène de Tair, et il se manifeste une pellicule a sa surface '.

Le caoutchouc fut à-peine connu que cette substance attira l'attention des naturalistes. Ses propriétés singulières annonçaient qu'il serait d'une très-grande utilité dans les arts, si Ton parvenait à trouver le moyen de le préparer de manière à en faire les divers iostrumens pour lesquels il paraissait particulièrement convenir. MM. de la Coodamine et Fresnau avaient fait mention de quelques-unes de ses propriétés ; mais'Macquer fut le premier chimiste qui entreprit de l'examiner avec soin. Ses expériences furent publiées dans les tuémoires de Tacadémie française pour Tan 1768. Elles répandirent un grand jonrsur ce sujet ; cependant Mac* quer était tombé dans quelcrues erreurs qui furent relevées par M Berniard, qui publia un excellent mémoke sur le caoutchouc dans le 17® vol. Avl Journal "de physique. Cest, dans ce mémoire que se trouvaient consignés la pîuparf de&

» ' ^ ' ■ ■ m l'if ■i.i. 1' ,11. iii w.^.^— ^— 4.

' Asiatic Restfarchcs , Y, i6^. fditîoii de Londres.

• Phil. Ma^. XI^ 66.

• Ihid, p. laS.

< Foitrcrov, AntiT'ac Ctiifli'.' Xlfiag.'

• ibid.

faits C6dîms }iisq&'à préaeM oôoceniaot cette sobstaoce. Grossart et Foorcroy ont aoisi Cdbsidérabiement ajôtttéà nos eoQBaÙBanees sor le caoutchouc. Leurs recbercaes, à Fua er i f autre, out été publiées dans le i i.^tôI. des Annales de chimie.

Le caoutchouc , lorsqu'il est pur, est de couleur Manche ' , PiofnMK sans saveur tu odeur. La couleur noîrttre du caoutchouc du conioerce prÔTieut de la oaéthode <{u'on emploie pour le dessécher, après ou'il a été étendu sur moules. Le procédé ordmire consiste a étendre tme légère couche do sue laiteax sur le moule, et à le dessécher ensuite en l'exposant à la firaiée. On étend abrs une autre couche sur la première, et ou le fait sécher de la mèttie manière. Ainsi le caoutchouc do cooQtterce est formé de coudies nombreuse^ et alternatires de caoutdiooc pur et de suie:

Le caoutchouc est mou et flexible comme du ctûr. Il est extrâmemeot élastique et tenace; de sorte; qti'on peut féteodre de besMiconp au-deli de sa longueur ordinaire, en le tirant airec force; et dès que f effort cesse, il reprend son premier rolàme. On ne pe^- le roihpre qu'avec beaucoup» de Mue. 8a pesanteur spécifique est de o^^i'tiS *.

Je itms redevable au savant' M. Gough de Manchester^ sonéiMtidt* de quelques expériences très-intéressantes sur le» rapport ^"^1 qui existe entre la température du caoutchouc et son élastrcîté. Elles ont été publiées depuis dans le second volume dès mémoires de Manchester, an/' série. Il est bon de fiiire remarquer que M. Gough est aveugle dès son enfance, et que paR" conséquent , le sens du toucher est devenu chez lui d une déUcjOettse particulière. 0 est; d'autant plus eXceiletit botaniste , qu'il peut distinguer les plantes au toucher avec la plus grande certitude : facultés! extraordinaire, que les per- «Miûesf #>i ont l^av«utage de jouir de leur vue ont de la peine i coiujtrvoirtsolamettt il a pu l'acquérir.. M. Oough fit sur te caonteliotoc les expériences suivantes.

Oo prend une lanière de celte substance de 5 à 7 ceutinètres de long, de la largeur et de l'épaisseur de quelques

» ■ Il ■ml *^^' > ■ Il .'i ■ II. ■ I i ■ ■l^ -

■ J*at des morceanz de oaomtchoiio , venant des Indes-Orientales , ^'«o' avait laisaé s^épaîssîr à Pair. Us sont blancs, arec mia lés^e •ppArco£# de îaune^ ils ont i^eauieoi»|p de l'asptBt et du touôàer da sarou blanc* . ' «i

* Brissou*

1^8 J^ARTIfiS CONSTiT^ANTli 0^S$ FLAlfT£5.

roiUimefres. On plonge cette lanière dans de Teau diaode jusqa'à ce qu'elle devienne parfaitement souple. En la tenant alors simplement étendue entre les mains, on en met le bord en contact avec les le vres, on en observe la température, et Ton peutjûger très-exactement ainsi des variations qu'elle éprouve* Si Ton éloigne alors la Unièi^ de quelques millimètres des^ lèvres, et qu'après l'avoir tendue avec force, onks lui fasse toucher de nouveau , on s'apercevra d'une augmentation trèsr sensible de température. Si on la laisse revenir k son premier état, la température s'abaissera sur-te-cbamp. Si on étend de nouveau la lanière , qu'alors on la plonge immédiatement dans l'eau froide , en la tenant étendue pendant uue minute ou deux dans le liquide > on trouvera, en abandonnant l'un de ses bouts, que le caoutchouc a perdu beaucoup de sa faculté de se contracter; car on ne peut plus le faire revenir à ses preo^ières dimensions. Mais si on le plonge dans de l'eau tiède, ou qu'on le réchauffe en le tenant pendant quelque temps dans la main fermée, il commence de nouveau à se contracter, et il reprend aussitôt &a preinière iorme et ses premières dimensions. Ces expériences sont d'une , grande importance, puisqu'elles nous fourm'ssent la preuve i la pUis palpable et la plus convaincante que la ductilité eot due, comme la fluidité, i la chalciir latente , et qu'elles édaireot de la mamère la plus satis£aiisanie la théorie du docteur Black sur le calorique latent On voit clairement que l'élasticité du caoutchouc et la ductilité des métaux sont des cas diffèrens d'une seule et même chose.

he caoE^tchouc est inaltérable à l'air, et tout-à^ait ioso* lubie dans Teau ; mais si on le fait bouillir pendaqt asses long* temps avec ce liquide, il devient translucide sur ses bords, xe qui provient sans doute de ce mie l'eau lui enlève une partie de la suie qu'il cootient. Ses nords se ramollirent au point qu'en les rappochant, et en les tenant pendant quelque temps pressés l'un contre l'autre , on les fait adhérer ensemble avec beaucoup de force, et ils s'unissent aussi; intimement que. s'ils ne formaient qu'un seul morceau. On peut joindre ainsi ensemble dea morceaux de caouldiouc, «t leur donner la forme qu'on désire *• . . ...;..

T- * ' ' ' ■ ■ ■ Il 11 ■ >

faire les tubes de caouicbouc. an moyen de cette propriété. Phil, Mag. XXII, 340. ^ ^ f ,

CAOUTCBQVC igg

Le caoutchouc est insdiible dans V^Lcool. On lai atait dé« ach» coQTert depuis très-loo^-leeips celte propriélé , qui a'eat ^ ' ''*^°'* trourée pleineaiefit cootirviée par les expériences de Mac- ^uer. Cependant l'alcool kd Ole sa couleur.

Le caoutchouc est soluble dans Télher. Macquer indiqua le d« réth«r.

tremîer cette propriété. Berniard , au contraire , trouva que t caoutchouc se dissolvait i*peioe dans Téther sulfurique, et c'était cet éther que Mncquer avait employé. II regardait même l'éther nitrique comme n'étant qu'un dissolvant imparCait de cette scd>stance. Cette différence dans les résultats obtenus par ces deux- chimistes était très-singulière; car ils se distinguaient l'un et l'autre par leur exactitude dans les opérations , et tous deux iU connaissaient trop bien le SQJei pour se méprendre facilement. La matière fut éclaircie par M. Cavalio. Il trouva que l'éther j lorsqu'il est nouvellement préparé, ne dissolvait presque jamais complètement le caoutchouc; mais que si roc^ prenait préalablement la précaution de laver l'éther dans l'eau, il dissolvait ensuite le caoutdiouc avec facilité. M. Grossart répéta cette expérience, et A la trouva exacte '. U est éndent alors que les deux chimistes avaient employé l'éthef dans deux états différens ; car ie lavage de l'éther produit deux effets ; celui de le priver d*ao peu d'alcool dont il est souvent imprégné 9 et d'y ajouter environ les 0,10 d'eau , oui y reste en combinaison. L'alcool prédpite le caoutchouc de cette dissolution. .

En évaporant l'éther , on obtient le caoutchouc sans altoration. Ou pourrait, par conséquent, se servir de caoutchouc dissous dans l'éther pour faire plusieurs espèces d'instrumecs; omis ce serait une méthode trop dispendieux pour les usages tMcdinaires.

Le caoutchouc est soluble dans les huiles volatiles ' ; mais, d^ i,u;,«,. en géoéoal, quand on évapore ces huiles, il reste un peu gltttioeux , et;Conséquemmenl il ne peut plus être^ employé avecBfantage aux usages auxquels il était si admirablement propre a va|it sa dissoluiioo.

Le caoutchouc est, selon Berniard , insoluble dans les al* d« «icais. calis ; mais une expérience à laquelle je fus amené par accident , me convainquit que c'est une erreur. Je me servais

Groxsart, Ann. de Cbinu XI , 147.

Berniard.

d'une bouteille de cdoMtehouc-, à laqueBe j'avais adapté M robinet à la manière otdinaire pour y tenir reafermé du gas ammoniac. Le gas disparut bientôt, qnoic^e la bouteille fêt herméuquement fermée , aiiAt <qne je n^en assurai en la plongeant dans l'eau. Ce fait me détermina â remplir successivement plusienrs fois de ga« cette bnuteiHe , et je me con» vaincfuis bientôt que le gaz avait éfé absorbé par la bouteiHt elle-même. Elle devint molle et ensuite glutinense , et ne put recouvrir son élasticité. J'essayai alors If s elcaUs en gé* néral. Je trouvai qu'ils étaient tous susceptlMes de produire les mêmes cbaugemens sur le' caoutchoitc^ et même de le dissoudre ^ quoiqu'en tnès-petite portion. b^ tdties. Les acides n'agissent que faiblement sur le ca<Hitcliouc. L'acide sulfurique , même après une très-longue digestion, ne fait que le cbarbonner supetflctellemew. Hatebeil n'obtint ddns ses expériences que tes o;ia de rbarbmi et ne pot découvrir aucune trace de tinéin artificiel • -, mais k l'aide de la chaleur le caoutchouc «t complètement décomposé. Lorsqu'on le traite avec de l'acide nitrique , il se développe du gaz atôte , dn gas adde carbonique/ du gaz acide hytirocyanique ; on dit qrftt^é forme aussi , de l'acide oxa* lique *. L'acide hydrochlorique n'affecte point le caoutchouc*. On n'a pas exammé l'action des autres acides sur cette substance.

Fabrom a découvert que le pétrole rectifié dissout le caoutchouc ) et qu'il l'abandonne sans altération lorsqu'on l'évaporé ♦. *

Dt lâ chaKur. Le Côoutcbouc sc foud facilement par la chaiciié'^; mais il ne recouvre plus ensuite s^s propriétés , et il constfrve toujours ta consistance de goudron. Il brûle très •rapidement avec une flamme vive, en répondant une odeurfétide. Dans les pays qui le produisent, on s'en sert souvent CooMOedebou*^ gie. A la distillation , il donne de l'ammoniaque^. Ed considérant ce fait, ainsi que raction.desacidessulrarique et nitrique sur cette substance , il est évident qu'elle est uo composé

' Third Séries of ExperimenU en âriificial Tannin. Phil. Trant .

* Aon. de Cbim. Xl> 3a.

* Berniard.

* Ann. de Chtm. XI , loS: XII , i5<5.

* Adb. deCbîm. XI, aSi.

CÀOtitcHotre. lot

^ carlKAe , dlydrogéiie . d'azote et d^oxî^èœ. Mais on ne coDDak pas la nature de la combinaison de ces principes artrc eux.

Le caoutchouc parMt exister dans une grande variété de n«nt« qni^ plantes ; mais il y est ordinairement confondu avec les autres *'*^*'**^*^ parties constituantes. On peut le séparer des résines pr Tatcod. U s'extrait de diverses espèces de gui au mojen de Veau y avec laquelle il se dombine facilement à Pétat fluide , tel qu'il est dans ces plantes. Lorsque est mêlé avec de la gomme ou de Fextractif , OU peut Feu séparer en faisant digérer nnepartie de la plante qui le contient, dans l'eau d'abord et ensuite dans Falcool^ jusqu'à ce ((ue toutes les substances s<rfiibles dans ces liquides soient extraites. On desséche le ré«du , et on le fait digérer dans cinq fois son poids de pétrole rectifié. On es retire la partie liquide en exprimant la substance dans un linee. On laisse reposer le liquide pendant plu9Îears jours. En décantant alors la portion qui est claire , on la mêle avec les o,33 de son poids d'eau , et on distille. Le caoutchouc reste '.

L'opium contient, suivant Bucholz , une ouantité considérable de caoutchouc *; et , ainsi qu'on l'a déjà observé , la partfe du mastic qui €;3t insoluble dans l'alcool a les propriétés de cette^ubstance. " ' "

SECTibN XXXI.

I^u'Côton.

Lr coton est un, duyet tendre, qui enveloppe les graines de diverses plantes , spécialement des différentea espèces ^gossypium, qui fournissent le coton du commerce. Ces plantes sont indigènes des climats chauds ; elles croissent OngiM: dans les bois en Asie, exi Afrique et en Amérique , en deçà des tropiques ; et on les cultive dans les Indes orientales et occiaentales. Selon M. Edwards , le plus beau coton se distingue d'après la couleur, de ses graine^ , aoua le nom de coton à graines vertes ' , et peut-être il est le produit du

* HermbftUdt, Méd. et Phys. Journ. III , 372^

* Aon. de Cbm. XXXIV, t^.

* Historj of the vest Indie s. II , a64>

30» PIRTIIS CONSTITUANTES PES PLilTTSS.

gossypiutn hirsutun^. Il y en a denx espèces, dans l'une desquelles le coton ne se sépare pas facilement des graines^ Mais la plante de coton qui se cultive ordinairement est un arbrisseau , dont M. Edwards compte cinq espèces, savoir : r espèce commune delà Jam>aïque, celle â barbe brune, le nankin, le coton français ( gossypium arboreum) ^ et le coton faséole*. Lorsque les graine^ sont mures y lesçossea s'ouvrent et étalent le colon , qu'on recueille et qu'on sépara des graines au moyen de cylindres.

Le cotoQ, lorsqu'il est filé et tissu , fournit des vêtemens à une portion très-considérable du monde civilisé ; la quantité qu'on en apporte chaque, année en Angleterre , et qui if est filé au moyen de machines , s'élève à plus de neuf milions de kilogrammes y et le nombre d'individus occupés à le travailler est au moins de 7Qp,oto. Cet objet forme une des branches les plus importantes d^s manufactures de ce pays.

Quoique, pjsqu'à présent , il n'ait pas été fait de recherches chimiques exactes sur les propriétés du coton , cependant , puisque ses qualités évidentes le distinguent suiHsamment de toute autre substance végétale , nous devons le con* sidérer comme un principe végétal particulier ; et je l'ai placé ici| espérant qu'un jour qi^elque chimiste sera .porté & examiner sa nature en détail. Les propriétés caractéristiques du coton y actuellement reconnues , sont les suivantes. Propriéits. Cette substauce est en fils , qui diffèrent en longaecff et en finesse. On ne peut découvrir d'aspérités à la surface de ces fib; mais si les observations microscopiques de Lewenhoek méritent confiance , ils sont tous triangulaires , et ayant trois bords aigus. La couleur du coton varie considérable* ment; mais lorsqu'il a été lavé , il devient d'un beau blanc

Le coton n'a ni odeur ni saveur. Il est complètement insoluble dans l'eau , dans l'alcool , d uns l'éther , dans lés huiles et dans tous les acides végétaux.

Les dissolutions alcalines étendues d'eau n'ont pas d'action sensible sur le coton ; mais lorsqu'elles sont très-con* centrées , elles le dissolvent à l'aide de la chaleur. On n'a pas etaminé les nouveaux produits obtenus par cette dissolution.

* Probablement les premières e$pécc;s uesont cfoc^^s rariété;» dv gossypiam herbaceum.

Le cotOD a beaucoup d'af&oit^ pour quelques-unes des terres , spécialement pour ralumioe. C'est par cette raison qu'on se sert de cette substance pour fixer les couleurs sur Je coton. On trempe les toiles jde coton dans une dissolution d'alun on d'acétate d'alumine , et on les teint ensuite.

Plusieurs des ozides métalliques se combinent facilement aussi avec le coton , et lui restent très - fortement unis. Uoxîâe de fer est h cet égard un des plus remarquables» LorsQu on trempe le coton dans une dissolution de fer par un acide, il en sort jaune , et la combinaison est teUe que le fer ne peut être séparé ni par les alcalis , ni par le savon , ni naèine par les acides ^ à moins qu'elle ne soit toute récente. La couleur deviept par degrés plus foncée par l'ex» po^irroQ à t'aîr, ce qui est dû ^ans doute à l'oxidation du fer. Cet eUet o'a pas Heu quand on trempe la toile dans une dissolution d'alumine ^ et d'est probablepaent alors parce que la couleur se trouve plus étendue, qu'elle se conserve à 1 air '•

L'oxiiJe d'étain se combine également avec k coCoa ; aussi remploie-t'On souvent comme mordant.

Le coton se combine facilement avec le tanm'n y et forme

ainsi une combinaison de couleur jaune ou brune. C'est par

. cette raison qu'on se sert fréquemment comme mordant pour

le coton , de l'infusion de noix de galle, et autres substances

astringentes* ...

L'acide nitrique décomposj^ le coton à l'aide de la chaleur, et il se forme de l'acide oxalique ; les autres produits n'ont pas été examinés. L'acide sulfurique le charboMKe ; la va-

{leur de chlore le blanchit , et probablement idle l'akère et e dissout lorsqu'elle est concentrée.

Le coton est très-combustible , et brûle avec une flamme vive et claire. Les cendres qu'il laisse , contiennent, suivant Neumann, de la potasse. A la distillation, il fournit beaucoup <Feau acidulé, et une petite quantité d'huile; mais il ne donne point d'ammoniaque '.

» Chaptal, Avo. de Cliim. XXVI , vS6, * rfeomann's Ghem. p. 43o.

S04 PARTIES COirSTITVAKtW DES PLANTES.

SECTION XXXIL Du Suber,

FouRCROY ft ÎDtroduil ce nom dans la chimie pour désigner Pécorcc extérieure dti quercus suber ^ ou le lîége commun , substance qui diffère par ses propriétés de tous les antres corps végétaux.

Le suber est exlrêmement léger, mou et élastique; il est aussi très-co0ibustible. 11 brûle avec une flamme vive et blanthe, encaissant nn charbon volumineux, léger et noîr. Lorsqu'on le distille , il fournit un peu d'ammoniaque. PMpriétéi: Le suber mis en digestion dans Feau , produit une dissolution jaunâtre, qui parait contenir de l'extractif -, car l'alcool en pr^nd à-peu-près la même proportion*. L'acide sulfuriquo le cbaroonne proctiptement. L acide nitrique M donne ime conteur jaune , le Corrode , le dissout et le décompose \ il est alors converti en partie en acide s^ibérique, en partie en une substance analogue a la cire, en tannin artificiel , et* en une espèce dé matière amylacée *. '

Fourcpoy suppose , d'après quelques expérietices qu'il ne cite pas, que Tépiderme de tous les ar bries est une substance qui a les mêmes propriétés que le liège; et nous pouvons peni-^tre conclure des expéh'ences de Link , que toutes les membranes végétales ont à-peu-près les mêmes caractères cbÎMiiques. Au moins elles se rapportent au liège en feuroissaot'de l'àcide subérique, lorsqu'on le traite par l'acide nitrique '.

" SECTION XXXIIL

De la Médttlline.

' CxsT le nom donné par le docteur John à la moelle da SoXéX^helianthus annuua) ^ du sjrînga vulgaris, Klu^ , etc.

' Neumann's Chem. p. 438.

* Bouillon>Laffranfie, Ann. < > Plichobon's Journ. XXIU, i55.

• Bouillon- Laffrange, Ann. deChitn. XXIIl, $0. l'a Joui " "

UÈI>Vhhl9Ey BOIS. »06

Cette substance se distingue, sniTâot loi, parles rnr riupmn priétés qu'elle a, savoir :

If D'être insoluble dans l'eau, l'étber, l'alcool et les huiles;

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