W. VI
^yb PARTIIS DBS FLANTES.
Rësinc. «,48
HydrocUorate de pousse. o,is
Acide végétaL o,5o
Acide végétali en combinaison avec la potasse. z^i4
Lorsque Veau eut cesse d'agir, on brûla le résidu, et on obtint de 36o parties d'absinthe 90 parties de cendres, ayant donné à l'analyse, savoir:
Hydrochlorate de potasse. . • • 5
Snlfate de potasse i
Carbonate de chaux. Sg
Alumine 5
Sulfate de chaux S
Silice 4
Oxide de fer. 3
Perte » . • • • 10
TiImk:. 3. Tabac. Cette substance se prépare avec les feuilles da Nicotiana tabacum^ plante indigène de la Virginie , où elle se cultive en grand pour en faire Iç commerce. Cette plante a reçu son nom de celui de Tabaco , province du Mexique, où elle fut découverte , et d'où on l'apporta pour la première fois en Europe *.
Le tabac , lorsqu'il est convenablement préparé , a une ^couleur verte jaunâtre , une odeur forte assez désagréable, *et une saveur très-ftcre. Lorsqu'on le brûle, il répand des vapeurs , qui flattent particulièrement l'odorat de beaucoup de personnes. Pris intérieureoient , il agit sur le système avec beaucoup de violence -, et même il donne la mort, si on le prend en suffisante quantité.
Vauquelin a soumis à l'analyse les feuilles de différentes espèces de nicotiana , particulièrement l'espèce latifoUa. Le suc exprimé de cette espèce de nicotiana contenait les substances qui suivent, savoir :
Une quantité considérable de mati^e animale de nature albumineuse.
Du malate de chaux avec excès d'acide.
* Tat«m't EiMj on this culture and commerce, publisbed in i8oo.
7BUIXI.2S. 2Ji
De Fadde acétique*
Une quantité notable de nitrate et d'hydrocUonte de potasse.
Une matière rouge soluble dans Valcool et dans Teau , qui se l>oursou£9e considérablement au feu.
De 11iydrochk>rate d'ammoniaque. '
De la nicotine.
Une fécule verte, principalement composée de gluten, de résine verte et de fibre ligneuse"^.
/^.Asparagus, Robiquet a dernièrement analysé cette plante. A«F«f e^ Je crois devoir insérer ici , comme à leur véritable place, les résultats qu'il a obtenus, parce qa il opéra sur la plante toute entière , et que les feuilles en constituent la partie principale.
Robiquet réduisit Tasperge à Tétat de pulpc^ et après en avoir exprimé le suc, il en sépara, par la fîltration, une matière féculente. L'alcool , au ciegré de lebullition , se chargea d'une portion de cette fécule, et laissa pour résidu une substance qui avait les propriétés du gluten. Far le refroidis* sèment « la dissolution alcoolique déposa une portion de cire végétale, et elle donna pour résidu de son évaporation , une matière acre , d'une couleur verte , tenant le milieu , par ses propriétés , entre la résine et l'huile Volatile.
Le suc filtré avait 4'apparence du petit lait , et il rougissait la teinture de tournesol. En le chauffant, il déposa des flocons , que Robiquet considéra comme étant de l'albumine. Abandonné aune évaporation lente à l'air libre, il s'en sépara sous la forme de cristaux , une certaine quantité d'asparasiae et de matière saccharine , ayant l'apparence de manne* Le snc , après avoir été épaissi , fut traité avec l'alcool. Ce li* quide n en prit qu'une portion seulement, le surplus fut dis-, sons dans l'eau.
La dissolution alcoolique traitée avec l'acide snlfurique et distillée , fournit du vinaigre. En faisant évaporer à siccité cette dissolution et eu brûlant le résidu, les cendres consistaient en potasse , en carbonate de chaux et en phosphates de potasse et de chaux. Il était donc probable que l'aciae acétique était combiné avec la potasse et la chaux.
La dissolution aqueuse rougissait les couleurs bleues végétales. L'infusion de noix de galle la précipitair. Le résidu
* Aon. ^c Cbim. LXXI, iSç.
1ïy% FARTIBS ]>X« 9tAVriR%.
contenait une substance extractive particulière et une matière colorante ; il s'y trouvait , sans doute aussi , de Tasparagine et du sucre.
Tel est le résultat de l'analyse très-intéresssante de cette substance par Robiquet'.
5. Atropa belladona. Les feuilles de cette plante ont été examinées par Melandri. Il y trouva de Toxalate de maenésie avec excès d'acide ^ de roxalate de chaux, de Thydrochlorate de potasse , une résine molle verte , du mucpeux, de l'extractit et une substance, qu'il appela extractif ammal*. Yauquelin a également examiné les feuilles de cette plante \ et il en obtint pour parties constituantes , savoir :
1 • Une substance albumineuse vésétale , ou gluten.
a. Une substance amère , nauséabonde , qui constitue la partie narcotique de la plante.
3* Des nitrate, hydrochlorate, sulfate, de potasse , du sur* oxalate et de l'acéute de cet alcali *. junbnbt. 6* Rheum palmatum. Bouillon - Lagrarige trouva, en soumettant à l'analyse les feuilles de cette plante , qu'elles contiennent une quantité considérable d'oxaiate de potasse avec excès d'acide, et de l'acide malique «.
7. Isatis tinctoria. Chevreul analysa les feuilles de cette plante; le suc exprimé, séparé par la filtration de \9l fécule verte avec laquelle il était mêlé, laissa déposer par le repos, une matière bleue qui avait les propriétés àt\ indigo. Ea la chauffant, il s'en sépara des flocons blance, qui étaient indubitablement da gluten. A la distillation, le liquide qui passa donnait des traces d'une kuile volatile , d'ammoniaque et de soufre. Ce suc du pastel ayant été distillé avec de l'acide sulfurique faible, le liquide qui passa contenait deV acide acé^ tique et de V acide kydrochlorique. Evaporé à siccité, et mis en digestion dans de 1 alcool, il abandonna à ce liquide une certaine quantité de la matière décrite dans le dernier chapitre de cet ouvragedans la section intitulée i;id!i^,souslenomde matière verte. Il donna aussi une matière extractiçe jaune y ainsi que les sels sui vans, savoir : du nitrate de potasse y de
■ Aon. de Gbim. LY. i5s, • Ibid, LXV, îM.
t Ibid, LXXU , 53.
4 Jhid. LXVII, 9t,
ttVÏLLZS. 1^3
Vifdroellorate tP ammoniaque ^ de Yacétaie de potasse ^ de Yhydrochlorate de potasse et de V acide acétique pur. Le résidu^ ainsi séparé des substances solubles dans ralcool, consistait tu gomme, en une matière extracUvejaune^ en malate decAatucaçec excès d acide, en sulfate de chaux ^ et dans un sel , que Chevreul considéra comme étant un citrate do chaux et de magnésie. Ayant examiné la fécule verte^ il trouva qu'elle était formée d'une résine colorée en vert, de cire , dV/sd^, de gluten et de ligneux. Le mare des feuilles dont le suc avait été exprimé, doima deht Jîbre ligneuse^àn la résine verte ^ de la cire^ de V indigo j du nitrate de potasse^ une matière rosée^ du malate de chaux et des indices de quelques autres sels '.
8. Les feuilles de \ indigo fera anil^ analysées par le même i^^^^** chimiste, lui donnèrent des produits seml>iables à ceux qu'il avait obtenus de Tisatis, mais avec une proportion beaucoup plus grande d'indigo '.
g. Vauquelin trouva que les feuilles de Xagatophyllum igatophTUun ravensara contiennent une huile semblable à celle de gérofle, de la gomme et du carbonate de chaux '.
10. n fut également reconnu par Vauquelin, que la^a* Gtatioie. tiola ojfficinalis contient i*i une matière gommeuse brune;
79. une matière résineuse, différant d'autres résines en ce qu'elle se dissout dans l'eau chaude ; mais étant beaucoup plus soluble dans l'alcool que dans l'eau , et ayant une saveur très-amère ; c'est dans cette substance que réside la qualité purgative de la gratiole ; 3<». une petite quantité de matière animale; 4^. de rbydrochlorate de soude en assez grande quantité, et un autre sel qui est probablement du malate de potasse. Cette plante contenait également de l'oxalate et du
f>hosphate de cnaux , et de l'oxide de fer probablement uni à 'acide phosphorique ^
11. Menyanthes trifoUata. Ce fut Tromsdorf qui fit Ta- Trèatd'tM nalyse de cette plante. Le trèfle d'eau frais contient 76 parties d'humidité et !i5 parties de matière sèche. Le suc exprimé dépose , par Tébullition, des flocons verts, composés de
< Ann. de Chim. LXVIII, 184.
• Ihid, p. 3o5.
» /^w?. txXH, 3o6.
^ Ibid, p. 191.
^4 FAETIES DÈi PLIKTBS.
^ parties d'albamine irégécale, et de a5 parties ée i yerte. Le Uquide contient de l'adde maU^e libre, de Tacétate dépotasse, et une substance animale particulière qui est précipitée par le tannin , mais qui ne se coarale pas par la chaleor, et qui est soluble dans TalcooL Le trène d'eau contient également une madère extractive amère, une gomme brune, et une Certaine quantité d'inuline '.
(^pe. la. CoTiium oleracea. looo parties de cette plante donnèrent pour produits d'une analyse faite avec soin par Schrader , qui en a publié les résultats , savoir :
Extractif. 27,?
Gomme 35,a
Résine • i,5
Albumine végétale 3^i
Fécule verte 8,0
75,1* i3. Brassica oleracea. Schrader obtint de lOoo parties de cette plante les substances qui suivent, savoir :
Extractif. a3,4
Gomme 28,0
Résine o,5
Albumine végétale. ^ • . 2^9
Fécule verte. •» 6,3
SECTION VIL Des Fleurs.
Les fleurs des végétaux, à raison de la grande variété et de la beauté de leur couleur, ont attiré de tout temps ^'attention des teinturiers et des peintres; mais l'expériencea appris qu'il n'y en a que très-peu qui soient susceptioles de fournir à Fiam Ueiai. CCS artistes des matériaux utiles. Les fleurs bleues communiquent facilement, en général , leur couleur à l'eau ; il y en a pour* tant qui ne lui donnent qu'une teinte rougeâtre ou purpurine. n n'est presqu'aucune de ces fleurs qui colore en bleu Falcoolt ■ ,,-■ ... ■■■i». ■ .«.■*■ ^
• Ann. de Chim. LXXX , 33o.
* Schweigger'ft Jours. V, ly.
fLEURS. 3^5
qdelqaès-iiiies dotment une teinte ronge à ce liquide , et d W tres ne le colorent pas do tout '. Le suc exprimé de la pli»part de ces fleurs est Ueu. Cette couleur est changée en rouge par tous les acides, et en vert par tous les alcalis et lei terres alcalines.
On ne connaît pas encore la nature de la matière colorante de ces fleurs. Mais quelle que soit cette matière , elle est trèsfacilement périssable; car les fleurs ne peuvent être desséchées sans la perdre presqu'entièrement. 11 faut même les faire sécher rapidement, et les garantir du contact de lair^ pour qu'elles en retiennent une partie; et malgré ces précautions, elles la perdent bientôt presque totalement et deyiennent blanches ou jaunes. Le suc exprimé prend par degrés la couleur pourpre, qui s'affaiblit très-promptement.Lors même cpie les sucs ont été rougis par des* acides , ils ne tardent pas à devenir pourpres, et finissent par être entièrement décolorés. La coideur verte produite par les alcalis, se change peu*à*peu en un jaune qui a quelque permanence '•
La couleur des fleurs rouges est, en général, aussi altérable Rongtt. que cdk des fleurs bleues. Toutes ces fleurs communiquent une couleur rouge à Peau. Les fleurs d'un rouge pâle et celles qui sont pourpres colorent i-peine Talcool; et sous ce rapport,* ainsi que sous celui de la matière colorante, elles se rapprochent beaucoup des fleurs bleues. Les fleurs d'un rouge foncé, donnent une teinte rouge à Falcooi; celles d'un rouée pâle prennent une couleur verte par les alcalis, et les ftàaes les ravivent, comme les fleurs bleues; mais ces effets n'ont pas Ueu avec les fleurs d'un beau rouge '.
La couleur des fleurs Jaunes, soit p&le, soit foncée, est jvum: beaucoup plus durable. Elles se desséchent en général très^ bien, et commum'quent leur matière colorante, et à l'eâu et à Palcbol. La laine ou la soie, après les avoir préalablement mprégnées d'alun et de Urtrate acide de potasse, prennent une couleur jaune durable lorsqu'on les fait bouillir avec des fleurs jaunes; et il parait que les teinturiers emploient à cet effet quelques-unes de ces fleurs. Mi les acides ni les alcalis ne détruisent la couleur jaune des fleurs, quoiqu'ils en
' Lrwis, Nenmann's Chem. p. âSo, »/Wrf. p. 43i.
» Md.
2yS PARTIES DlES ttANTES.
altèrent la nuance; les acides la rendent plnspâe, et les al< calis plus foncée. L'aton relève aussi la couleur , mais pas autant crue les alcalis '•
Les fleurs bkmches elles-mêmes sont bien loin d'être dépourvues de matière colorante. 11 en est beaucoup qui verdissent avec les alcalb , ^oique les acides ne les rousissent pas. Quelques*unes paraissent contenir la même matiâre co* forante que les fleurs jaunes. C'est ainsi que les pétales du convohulus aepium^ quoique blancs, donnent à Feau une couleur jaune foncée ou orangée^ que les acides rendent plus pâle , et que relèvent les âcalis et l'alun. Les vapeurs d'aciae sulfureux n'altèrent pas les fleurs blanches, <pvHqu'elles détruisent la couleur de toutes les autres \
C'est au docteur Lewis que nous sommes redevables de ces observations intéressantes sur les couleurs des fleurs. Elles contiennent pour la plupart une huile volatile particulière , à laquelle elles doivent leur odeur. On ne connaît pas
t jusqu'^j tîstes.
I. Fieurs du canhamus tinctorius. Cette plante est an^ lUctol^! nuelle, elle se cultive principalement en Egypte, pour s'en procurer les fleurs. Les pétales sont originairement a un beau rouge; mais ils perdent beaucoup de leur couleur en se desséchant. C'est de cette substance que s'extrait le rouge , ou cos« métique rouge, employé par les dames. On cueille les fleurs lorsqu'elles sont parvenues à leur maturité, on en exprime le suc , et après en avoir lavé à plusieurs reprises le résidu avec de 1 eau salée , on les étale sur des nattes pour les faire sécher. On a soin de les garantir de l'action du soleil pendant le jour , et de les exposer a la rosée du soir , afin d'éviter que I la dessication ne s'en opère trop promptement. Dans cet état
on les apporte en Europe sous le nom de safranum. La ma* tière colorante en est extraite par différens artistes , et au moyen de procédés qui ont été tenus secrets.
éeckmann pubUà en 1774» nne suite d expériences faites avec le plus grand soin sur les fleurs du carthamc '. Depuis
« Lewis,Neaiiiann^sChem. p. 43i* • Ihid, p. 43^*^ * Dans l«s Tian^ctions d.t GolUDgiic pour celle année.
t?ettc époque jusqu'en i8o4, fl avait été peu ajouté à^ nos , connaissances sur cette substance , lorsque Dufour en publia une analyse complète'. Ses observations ont été confirmées par celles de Marchais " .
Les fleurs du carthame contiennent deux matières colo- Aiuiri*. nmtes : Tune jaune, qui est soluble dans l'eau , dont on n'a fait |us({u^ici aucun usage; l'antre rouge , dont se servent les teinturiers , etc. , et qui constitue le cosmétique qu'on appelle rouge. Quoique la matière colorante Jaune se dissolve facilement dams l'eau , il est très*diffîcile oe la séparer en totalité Er ce moyen. Dufour, après avoir mis le carthame dans nn ge , le pétrit long-temps entre ses doigts sous un filet d'eau; en continiiant ainsi et en tenant le carthame en macération dans l'eau, il acquit une belle couleur rouge. Le liquide qui passa, après qu'on l'eût filtré afin d'en séparer une portion du carthame et quelques impuretés qui s'y étaient mêlées , était de couleur jaune. Chauffe à environ 63° centig. , il s'y forma des flocons, qui étaient de l'albumine, ou plutôt du gluten. On les sépara par la filtration , et le liquide fut évapore à sicdté. L'extrait obtenu était de couleur jaune et d'une saveur forte. L'eau le dissolvait en totalité, à l'exception d'une trèspetite portion de matière* brune qui avait les propriétés de r^ine.La dissolution aqueuse rougit les couleurs bleues végétales , et donne un précipité abondant par l'infusion de noix de galle : ce qui n'a pas lieu avec la colle forte. Le chlore détruit la couleur jaune , et la rend blanche. En évaporant à siccité , et en traitant le résidu par l'alcool, il ne s'en dissout <pi'une partie, qui est principalement de l'extractif ; la partie insoluble est la matière colorante jaune.
Lorsou'on fait digérer pendant assez long-temps dans Faicool le carthame résidu, le liquide prend une couleur ronge de brique. Si cette dissolution alcoolique est sufifisarament concentrée par l'évaporation , il s'en sépare une matière grenue , qui a l'apparence du miel , et des propriétés analogues à celles de la cire. On ne peut , qu'avec beaucoup de peine, obtenir de la dissolution alcoolique quelque matière colonnte.
- Ann.deChim.^LVIU, î83t » làcm^ L, 73.