partie de l'aliment des pkntes, sont plus ou moms solubles
dans l'eau. Il en est aussi de même de la chaux , soit pure,
soit à l'état salin. La magnésie et l'alumine peuvent devenir
solubles dansJfeau, à l'aide du gaz adde carboniaue*, et
Bergman, Macie et Klaprotb nous ont faitivoir que la siUce
elle-même peut se'dissoudre dans Teau. On voit donc, que,
quoiqu'en cénéral, nous n'ayons pas de notions précises sur
les véritables combinaisons dont les plantes s'imbibent im*
médiatement. toutes les substances qui forment les parties
essentielles de cette nourriture peuvent se dissoudre dans
l'eau.
SECTION IIL Du Mouvement de la Sève.
Puisque la nourriture des plantes est imbibée par leurs racines à l'état fluide , cette nourriture doit exister dans les |)Iantes dans ce même état de fluidité ; et à moins qu'elle
* Manoh, Mém. II, 419.
366 TÉ«ÉTATIOBr.
i^'épromre des akératk>ns dans sa compo^tion an moment même oà elle est absorbée , on doit s'atteirilre A la trouver dans la plante telle qu'elle a été prise par ses racines. Si par quelque mojen on parrenait à extraire des plantes cette nourriture fluide avant qu'elle ait été altérée par elles, on pourrait l'analyser, et acquérir ainsi des connaissances beaiicoup plus exactes sur la nourriture des plantes. Ce moyen, i- la -vérité, induirait à erreur, si la nourriture a'altérait justement au moment oà elle est absorbée par les racines ; maïs si l'on considère , que lorsqu'on eetfe Tufi "Sur l'autre deux arbres de différentes espèces, cbacua d'eux porte son fruit |)articulier , et produit ses propres . substances, on ne peut guère s'empêcher de penser que les grandes altérations au moins , qu'éprouve la nourriture des plantes après l'imbibition , n'aient L'eu non pas dans les racines , mais dans d'autres parties de la plante. SèT« Si cette conclusion est juste, la nourriture des plantes,
4ct pUiite». jiprès l'absorption par les racines , doit se porter directement a ceux des organes , où elle doit subir des modifications nouvelles , et être rendue propre à l'assimilation aux différentes parties du végétal. Il faut par conséquent qu'il y ait certains sucs montant continuellement des racines des plantes ; et ces sycs , si on pouvait les obtenir purs et sans mélange avec les autres sucs ou fluides que la plante doit contemr , et dont la sécrétion et la formation ont été opérées par ces sucs primaires , seraient , à très-peu-près au moins, l'aliment tel qu'il a été imbibé par la plante.. Or , .pendant la végétation des plantes , il y a efl^ctivement un suc qui monte continuellement de leurs racines. Ce suc a été appelé la sève, le succus communis ou la lymphe des plantes.
jDétotti* C'est au printemps que la sève est la plus abondante.
au priattoipt. Si à cctte époque , on tait une iadsion ass«;2 profonde à Técorce et à la partie ligneuse de certains arbres, la sève en découle en très-grande quantité. On dit alors que les arbres saignent. On peut par ce moyen se procurer telle quantité de sève qu'on juge convenable. U n'est pas, àla- vérité, probable qu'on obtienne par cette méthode la sève ascendante dans toute sa pureté ; elle est mêlée sans doute avec les sucs particuliers de la plante : mais moins la végétation a fait de progrès, et plus on doit s'attendre
k Ift tnmtêr pure , tant parce jae les socs partkndier» de la pb&le doireot y être en moiodr^ qoa^'té , qoe parce mi'alors on peut sapposer fjae la quantité de ui sére est pins ooBSÎâéffaUe ; doà il soit qoe l'on doit, antant qne cela est posàUe , examiner la sève dès le coromenceoient de le saison , et snr-tont avant qne les fedlles ne soient déreloppées. Qnoi qu'il ait été fait, ainsi que nous l'avons vu daBs le diapître précédent, nonibre d'expériences sur la sève, elles ne sont pas cependant de nature à nous éclairer beaucoup sur la nourriture absorbée par les plantes. La science n*a pas encore fait assez de progrès , pour que les chtnistes , même les plus exercés dans lart de l'analpe, pnîssent séparer et ^tinguer de très-petites quantités de matière végétale. Il est même possible , que l'aliment après Tin^InUtioD soit modifié, et altéré jusqu'à un certain point par les racines. Nous ne pouvons pas dire de quelle manière cela s'opère , car nos connaissances sur la structure vasculaire des radaes, sont très-bornées. On peut cependant conclure , que cette modification est à-peu-près la même dans la plupart des plantes ; car dans la greffe, chaque plante continue de produire les substances qui lui sont particulières ; ce qui n'arriverait pas, si les suDstances propres à chacune d'elles n'étaient transmises aux organes digestifs du tout. Il est néanmoins plusieurs circonstances , qui rendent le pouvoir modifiant aes racines en quelque sorte probable, u peut mêi&ls se faire , que par tel ou tel moyen , les racines rejètent une partie de la nourriture qu'elles ont imbibée , comme excrémentitielle. Quelques phytiologistes l'ont pensé , et plnsienrs circonstances viennent à l'appui de cette opinion. On sait que certaines plantes végéteront mal dans les terrains qui en ont déjà produit d'antres ; et il en est dont la végétation dans ces terrains réussit parfaitement bien. On peut , sans doute , expliquer ces faits par d'autres principes. Si les racines rejètent une matière excrémentitielle^ il est beaucoup plus probable que cela arrive à la derrière époque de la végétation ; ^'est-à-dire, lorsque la nonrritore, après la digestion, est appliquée aux usages qu'exigent les racines; maison ne peut admettre le fait que lorsqu'il aura été constaté par expériences.
M. Kn%bt , à qui la physiologie végétale a de si grandes obligations , a rendu extrêmement probable Topinion , que
lûélit dans toa mouvement
ascendant avee.
UYcaicLtève».
368 ViGÉTATlOH/
la sève , en mcMitait , se mêle avec une certaine qiantité de matière, déposée préalablement à cet effet dans l'anbier , et facilement préparée à être assimilée aux différens organes T^étaux *. Suivant lui , les plantes , nne fois parvenues à leur maturité , sont employées penaant la dernière partie de l'été , k préparer deTafiment pour Tépanouissement des bourgeons et des fleurs dans le printemps suivant. Cette nourriture ainsi préparée est déposée dans Taubier. Elle ' continue de rester là pendant Tniver , et au printemps suivant, elle se mêle avec la sève au moment où eue monte j et porte ainsi la nourriture aux boutons et aux feuilles. M. knight appuie cette opinion ingénieuse par des expériences et des observations, qui en établissent, fe pense, la vérité. C'est un pas très«împortant de fait dans la physiologie végétale , puisqu'elle nous donne les moyens d'expliquer , d'une mamère satisfaisante, beaucoup die faits qui auparavant paraissaient être des anomalies*
M. Knight s'assura, par plusieurs expériences, que la sève augmente en densité à mesure qu'elle monte vers les feuilles. De la sève retirée du sycomore, au moyen d'une incision faite à l'arbre à fleur de terre , était de i ,oo4 de pesanteur spécifique , tandis que celle de la sève découlant à (a hauteur d'environ 2 met. y était de 1,008, et celle a la hauteur d'environ 4 niet., était de 1,012. La sève du bouleau était un 5 eu plus légère, mais son augmentation comparative de ensité, en raison de la hauteur d'où elle découlait, était la même. La sève de ces deux arbres était presqu'insipide) lorsqu'on la prenait près* de la terre ; mais elle devenait sensiblement sucrée à uoe certaine hauteur , et de plus en
|}lus , à mesure que la distance à la terre augmentait. Ainsi a quantité de matière végétale semble augmenter dans la sève en raison de ce qu'elle se rapproche des feuilles ; d'où il suit évidemment, que dans son passage, elle se combine avec quelque substance. En comparant raubiet* d'hiver à celui d'été, on eut lieu de considérer, comme probable, que c'est dans Faubier que cette matière se logeait ; car s'il se fait dans l'aubier en hiver un approvisionnement de nourriture, qui est employée pendant lété à l'acte de la végétation, il est
* On the State in which ihe true s«p of treM i$ depofited daring ivinter. Pbil. Trans. i9^5.
^ UOUTSMXifT DE LÀ StVE. 869
évident mterr^Dbier pendant l'hiver doit être pins dense , et Qu'il ooit fournir a l'eau plus d'extrait que dans Tété , ^ et c est ce qo^ M. Rnight a vérifié. On abattit , en partie dans le mois de décembre , et en partie dans le mois de mai , des perches de chêne , du même âge . et qui végé* taient sur le même sol. On les plaça dans la même situation, et on les fit dessécher au feu pendant sept semaines. La pesanteur spécifique du bois abattu en hiver était de 0,679 , et celle du bois abattu en été , de 0,609. En pesant l'aubier k part, on reconnut que la pesanteur spéci** fique de celui abattu en hiver était de o,583, et celle de l'aubier abattu en été, de o,533. Lorsqu'après avoir mêlé 1000 parties de chacun de ces bois avec 186 parties d'eau bom'Ilante, on les y eut fait macérer pendant a4 neures , l'infusion prodoite par le bois qui avait été abattu en hiver , avait une couleur beaucoup plus foncée que celle de l'autre. Sa pesan* leur spécifique était de 1,002, tandis que celle du bois abattu en été n'était que de 1,001. Ce dépôt de matière nutritive nous explique pourquoi l'aubier des arbres abattus
dans l'hiver est beaucoup plus solide et d'un meilleur usage,
que celui des arbres qu'on abat dans l'été. D'après les observations du docteur Haies, la sève monte
avec une très-grande force. Elle déaoulait avec tant d'im«
r'tuosité de l'extrémité d'une branche de vigne coupée dans saison convenable , qu'elle faisait équilibre à une colonne de mercure de 825 millimètres de hauteur *.
Les naturalistes, qui ont fait de la physiologie végétale leur étude particulière, ont entrepris un grand nombre de recherches pour parvenir à connaître quel est le canal à travers lequel la sève monte, et à découvrir la cause de Timpétuosité de son mouvement ; mais ce travail présente ^ tant de difficultés que nous sommes encore loin d'en voir l'objet complètement rempli. .
Ce qu'il y a de bien certain c'est que la sève coule desusèYemonit. racines vers la sommité de l'arbre. Car si l'on fait à l'arbre, en saison convenable , un certain nombre d'ouvertures , la sève commence par découler d'abord de celle qui est la plus ^ basse ,' ensuite de celle qui est immédiatement au-dessus, et amsi die suite jusqu'à ce qu'à la fin elle paraisse à l'ouverture
♦ Veg. Sut. I, io5.
boii.
Zyo riQiTJLTïon.
k plas élerée de toutes. Lorsque Duhamel et Bonnet firent végéter des plantes dans des liqueurs cobrées, la matière colorante , qui était déposée dans le bois se montra d'abord à la partie la plus basse ^e l'arbre; elle monta ensuite par d^res de plus en plus faaut jusqu'à ce qu'enfin elle fût arrivée au sommet de l'arbre , et qu'elle eût donné une teinte aux feuilles.
à inwn !• ^ Il parait certain aussi que la sève monte à travers le bob et non pas à travers Fécorce de l'arbre ; car une plante continue de végéter lors même qu'elle est dépouillée d'une grande par« tie de son écorce; ce qui ne pourrait pas avoir lieu si la sève montait à travers Técorce. Lorsqu'on fait une incision, assez profonde pour pénétrer l'écorce et même une partie du bois, et qu^on la prolonge tout autour d'une branche, cette branche n'en continue pas moins de végéter comme s'il ne lui avait rien été fait , pourvu qu'on ait soin d'envelopper la plaie pour la préserver du contact de l'air ; ce qui ne pourrait avoir Ueu si la sève montait entre l'écorce et le bois. On sait aussi, que dans la saison où les arbres saignent, on n'obtient que très-peu ou point de sève d'un arbre à moins que Vincision ne 8oit plus profonde que l'épaisseur de l'écorce.
Ces conclusions se sont trouvées confirmées par les expériences de Couloinb et de Knight. Coulomb remarqua que la sève ne découlait jamais du peuplier que l'arbre ne fiit percé jusque près du centre ". Knight observa que les infusions colorées passent toujours à travers l'aubier, et que quand on coupe l'aubier la plante meurt *. p.o. Comme on ne trouve jamais la sève dans le parenchyme,
vAiHeanx j[ fj^^j nécessairement qu'elle soit renfermée dans des vaisseaux particuliers; car, s'il n'en était pas ainsi, on l'y apercevrait indubitablement. Or, quels sont ces vaisseaux à tra: vers lesquels la sève monte?
Grew et Malpighi , les premiers pbysidens qui examinèrent la structure des plantes, considérèrent les fibres ligneuses comme étaut des tubes à travers lesquels la sève montait, et c'est pour cette raison qu'ils leur donnèrent le nom de vaisseauœ lymphatiques. Mais ils ne purent, même à t'aide des meilleurs microscopes , découvrir rien dans ces
àt» vaîMeanx
p«rticuller«.
• Journ. de Phys. XLIX , 39a.
• Pbil. Traas. 1801, p. 336i
XOUTBXINT BS tk SÂYI. 3jf
fl)res qm'efit fapparettce d'un xxbe; et les obsemtenrs qui leur odI succédé a'ont past été plus heureux. Ainsi la coulecture de Grew et de Malpigfai , rdativemeot à la nature et à Fusage de ces fibres, reste entièrement dénuée de pr«u:. Tes. Dubaosel est même parvenu à la détruire entièrement 9 car il trouva que ces fibres ligneuses étaient divisibles en fibres plus petites , et celles-ci en d'autres fibres qui en renfermaient de plus petites encore, et il ne put trouver de bornes k cette snbdivisioD, même à l^aide des meilleurs mi* croscopes '*'. Or, en admettant que ces fibres soient des vaisseaux, il n'est guère possible, d après cela, de supposer que la sève passe réellement à travers des tubes dont les diamètres sont pour ainsi dire infiniment petits. H y a, cependant, dans les plantes, des vaisseaux qu'on y peut découvrir aisément an moyen d'un petit microscope , et souvent même k la vue. Grew et Malpigni les virent distincteôieBi , et ils en donnèrent la description. Ges vaisseaux consistent dans une fibre entortillée en forme de tire -bouchon. Si , après avoir «nveloppé un petit cylindre de bois, d'un fil d'arcbal trèsmince , de manière que les contours du f?l se touchent entre €ux , on dégage entièrement dd fil le cylindre de bois , le fil ainsi contourné donnera une idée assez juste de ces vaisseaux. Si l'on prend les deux extrémités du fil ainsi tortillé, on pourra facilement le tirer en une très-grande longueur. De même aussi , e^ saisissant les deux extrémités de CCS Vaisseaux, on peut les allonger considérablement. Grew et Malp^hi trouvant toujours ces vaisseaux vides , ib en conclurent qu'ils servaient à la circulation de l'air à travers la plante^ et ils leur donnèrent par cette raison le nom de trachêes^ terme usité pour désigner, clans les. animaux la tra^ chée artère , ou le conduit' de la respiration. Ces trachées n'existent point dans Técorce; mais Hedwig a fait voir qu'elles sont beaucoup plus nombreuses dans le bois qu'on ne se Fêtait imaginé , et Qu'elles sont de cliamètres très-différens ; Reichel a même démontré qu'elles pénètrent dans les plus petites branches et s'étendent à travers chaque feuille. Il nous a fait voir, aussi, qu'elles contiennent de la sève ; et Hedwig 4 prouvé, que lopinion généralement reçue qu'il n'y entrait que de l'air, avait son origine dans cette circonsttmce , que les
* Pbys. des Arbres ,1,5;.
37a TiGiXATIOir.
plus grosses trachées ^ auxquelles seules on avait fait atten* tioD , perdent leur sève aussitôt qu'on les coupe ; et que par conséquent, eUes doivent paraître vides, i moins qu'on ne les examine au moment même où on les sépare '. JN'est-il donc pas alors probable, d'après les découvertes de ce ce'* lébre physiologiste, aue les trachées sont en réalité ies vaisseaux de la sève aes plantes? En effet, il semble être établi par les expériences et de Reichel et de Hedwis , que si Ton ne considère que leur structure, on peut donner le nom de trachées à presque tous les vaisseaux des plantes. Mais
Îiie les vaisseaux de la sève ressemblent ou non aux trachées ans leur structure, ce dont on s'est bien positivement assuré, c'est que la sève monte dans des vaiseaux, que ces vaisseaux sont situés dans le bois, et principalement dans Taubier. C'est par cette raison que M. Knight leur donne le nom de vaisseaux aubierreux.
sm Mcttuion. ^^^^ quelle est la puissance qui fait monter la sève dans les vaisseaux? et qui non-seulement la fait monter, mais qui lui imprime tm mouvement d'ascension dont le docteur Haies a fait voir que la force était capable de vaincre une prèssion perpendiculaire de i3 mètres d'eau*? Attribuée Grew attribua ce phénomène à la légèreté de la sève , qui,
k la légèreté, suivant lui , entrait aans la plante à l'état d'une vapeur trèslégère. Mais cette opinion n'est pas admissible. Malpight supposa que l'ascension de la sève était due à la contraction
^o^îdî'i'ïu et a la dilatation de l'air contenu dans les vaisseaux où il circule. Mais quand bien même les trachées ne seraient que des vaisseaux aériens , la sève , dans cette hypothèse , ne pourrait monter , que lorsqu'il s'opère un chaugement de température ; ce qui est contraire au fait. Et même en écartani: toute objection de cette nature, on ne pourrait, par cette hypothèse, expliquer la circulation de la sève> qu'autant ou on supposerait les vaisseaux se veux pourvus de soupapes. Or, les expériences de Haies et de Duhamel font voir, an'U n'est pas possible qu'il y en existe; car les bramïhes sim- 4>ibent d'humidité presqu'égaletneni par l'une et l'autre exrtrémité; et par conséquent la sève se meut avec la même fa- ^cilité de bas en haut et de haut en bas, ce qui ne pourrait pas
* Fandament. hist. nat. muscov. froniies, part. I, p. 54*
• Vcget. Sut. I, 107.
«voir lien s'il existait des soupapes dans les vaîsseanx. Il est eo outre connu, par beaucoup d'expériences, qu'on peut convertir les racines d*un arbre en branches , et les branches «n racines , en couvrant les branches avec de la terre , et en exposant les racines à l'air '^. Or, cela serait impossible si les vaisseaux de la sève étaient pourvus de soupapes. Les mêmes observations renversent rhypotbése de ae la Hire , qui n'est autre chose que celle de Malpigbi , exprimée peutêtre avec plus de précision , et avec un plus grand étalage de connaissances mécaniaues. Ainsi queBorelli, il plaça la force ascendante de la sève dans le parenchyme ; mais s'il avait raisonné avec quelqu'attention ses propres expériences, elles lui auraient sum pour lui faire reconnaître 1 imperfecli(Hi de sa théorie.
La plupart des naturalistes ont attribué le mouvement de la sève à VattractioTi capillaire ; car il est inutile de faire mention de ceux qui , comme Perrault , ont eu recours à la fermentation , ou au poids de l'atmosphère , pour expliquer ce phénomène.
Il existe une attraction entre beaucoup de corps solides et a i «Hraetion liquides, en vertu de laquelle, si ces corps solides prennent '*p*'^'*la forme de petits tubes , le liquide entre dans leur mtérieur, et s'y élève i une certaine hauteur. Mais cette attraction n'est sensible que lorsque le diamètre du tube est très-petit, d'où elle a reçu le nom d'attraction capillaire. On sait qu'il existe une attraction de ce genre entre les fibres végétales et les liquides aqueux ; car ces liquides montent à travers la matière T^étale morte. Il est donc très-probable , que la nourriture des plantes entre dans les racines à l'aide de l'attraction capillaire , qui s'exerce entre les vaisseaux de la sève et le liquide imbibé. Mais de ce que cette espèce d'attraction explique parfaitement pourquoi l'humidité entre dans Touvertore des vaisseaux séveux , s'ensuit-il qu'elle suffise , ainsi que quelques-uns l'ont supposé, pour rendre également rai-
* M. Knight a fait voir c|[ue \t% racines renversëes ne prennent pas leur occroissement a beaucoup |>rès aussi bien que dans leur position naturelle. Il prouve même jusqu^à un cerUin point, qne les vaisseaux de Técoree sont pourvus de soupapes , ou de quelque chose d^équivalent. Mais rien ne démontre que ce soit le cas des vaisseaux de la sève. On the Motion of the Sap of trees. FbU. Trans. 1804.
874 vi^irJLTtoK*
80D dû mouvement d'ascensioii de la sire , et surtout de U grande force avec laquelle elle mmite?
Les physiciens ont ùk peu de recherdies sur la nature et les lois de Tattraction capittaîre. Mais ce qu'on en sait suffit pour nous fournir les moyens de décider cette question. Elle consiste dans une certaine attraction entre les particules du liquide et celles du tnbe. Il a été démontré que son effet ne s'étend pas , ou au moins qu'il n'est pas sensible , à une dis-* tance plus grande que celk des o,oa5 d'un millimétré. Il a été aussi aémontré , que ce n'est pas en vertu de l'attraction capillaire de tout le tube (}ue i'eau monte^ mais seulement par celle d'un petit filain*»t ; et Clairaut a fait voir que ce nia» ment est situé à l'extrémité la plus inférieure du tube'**. Ce filament attire le liquide avec une certaine force ; et si cette force est plus grande que celle de cohésion entre les particules du liquide , il entre en partie dans le tube , et continue d'y entrer ainsi , jusqu'à ce que la quantité au^essus du filament attirant du tube , soit justement égale , par son poids , à l'excès de la force de ratlraction capillaire entre le tube et le liquide sur la fc'ce de cohésion des particules du liquide. Par conséquent , la quantité d'eau montée dans ie tube est à-peu-près ta mesure de cet excès ; car le filament attractif est probablement très-petit.
On a démontré, que les hauteurs auxquelles les h'qm'des s'élèvent dans les tubes capillaires, sont en raison inverse du diamètre du tube; et par conséquent, plus le diamètre du tube est petit, et plus grande est l'élévation du liquide dans le tube. Mais comme les particules de l'eau ne sont pas infiniment petites , toutes les fois que le diamètre du tube est diminué au-delà d'une certaine dimension, l'eau ne peut y monter, parce qu'alors ses particules sont plus grosses que l'ouverture du tube. L'élévation de l'eau dans les tubes capillaires doit donc avoir une limite : si les tubes capillaires dépassent une certaine longueur, quelque petite que puisse être leur ouverture intérieure , l'eau ne s'élèvera pas jusqu'à leur extrémité
* L'action snr Venn, antnnt qu'elle peut être mesurée par son effet, de tous les autres filamens dont le tnbe est composé, est nulle; car chaque particule d*eau dans le tube (excepté ceUes attirées par le filament le plus inféneur) est attirés du haut en bas et du bas en haut par le même nombre de filamens ; ce qui est exac-r Umentla même chose que si elle nVtait pas attirée do tout.
3iiperieQre, on mêitie elle oV entrera pas du tout. Nous n'avons aucone méthode pour déterminer la hauteur précise à laquelle l'eau pourrait s'élever dans un tube capillaire, dont le creux serait justement assez large pour n'admettre ou'uoe seule molécule d'eau. On ne connaît donc pas la limite de la hauteur à laquelle l'eau peut être élevée par l'attraction capillaire. Mais toutes les fois que le creux du tube est diminue au-delà d'un certain point y la quantité d'eau qui y entre est trop peu considérable pour être sensible. On peut aisément déterminer la hauteur que l'eau ne peut excéder dans les tubes capillaires avaut que cela n'arrive ; et si l'on fait le calcul, on trouvera que cette hauteur n'approche /nême pas de la longueur des vaisseaux de la sève dans beaucoup ae plantes. Mais, en outre, on voit dans un grand DODobre de plantes de très-longs vaisseaux séveux, d'un diamètre trop grand pour qu'un liquide puisse s'y élever seuletaent de trois décimètres par l'attraction capillaire, et cependant la sève y monte à de très-grandes élévationSf
Si l'on disait que les vaisseaux séveux des plantes diminuent en diamètre à mesure qu'ils s'étendent en hauteur ; et qu'en vertu de cette conformation , ils agissent précisément comme un nombre indéfini de tubes capillaires , placés l'un sur l'autre , le tube inférieur servant de réservoir au tube supérieur : je répondrais , que la sève peut monter par ce moyen à une hauteur considérable ; mais non pas certainement en plus grande quantité que si le vaisseau séveux était dans sa totalité exactement de la même ouverture qu'à son extrémité supérieure ; car la quantité de sève montée doit dépendre de l'ouverture de l'extrémité supérieure, puisquil faut qu'elle passe toute par cette extrémité.
Mais de plus , si le mouvement de la sève n'avait lieu dans les vaisseaux des plantes que par attraction capillaire , loin 4e pouvoir sortir à l'extrémité d'une branche, avec une force capable de vaincre la pression d'une colonne d'eau de i3 mètres de hauteur , elle n'en découlerait pas du tout ; et il serait impossible, dans ce cas , que rien de semblable à la transndation des arbres put jamais avoir lieu.
Si l'on prend un tube capillaire , d'une ouverture telle -qu'un liquide puisse s'y élever à la hauteur de i5o miUimètrès « et si, après que le liquide est monté à son plus haut degré d'élévation 9 on vient a le rompre à y 5 millimètres de la
3y6 VioiTATtoir.
base , 3 ne s*écoulera rien du liquide de la moitié inférieure. Le tube , ainsi raccourci , continue à-la-vérité d*étre plein, mais il ne s'en échappe pas une seule particule du liquide ; et en effet , comment cela serait-il possible? Le filament , à l'extrémité supérieure du tube , doit certainement avoir une aussi forte attraction pour le liquide que le filament à l'extrémité inférieure. Connue une partie du liquide est dans la sphère de son attraction , et qu il n'y a aucune parUe du tube au-dessus pour contrebalancer cette attraction , il faut nécessairement qu'il attire le liquide qui est le plus près de lui , et cela avec une force assez grande pour contrebalancer l'attraction du filament le plus bas , quelque grande que nous la stipposions. Il en résulte que rien de liquide n'est forcé de monter , et que par conséquent rien ne peut sortir hors du tube. Or, puisque la sève découle de l'extrémité supérieure des vaisseaux séveux des plantes, il est évident qu'elle n'y monte pas purement par son attraction capillaire , mais bien par quelque autre cause.
Il est oonc impossible d'expliquer le mouvement de la sève dans les plante's par aucun principe quelconque chimique ou mécanique; et celui qui l'attribue à ces principes ne s'est pas formé une idée claire ou exacte du sujet. On sait à-la-vérité que la chaleur est un agent ; car le docteur Walker trouva que l'ascension de la sève est sensiblement provoquée par la chaleur , et que , lorsqu'elle avait commencé à découler de
{)lusieurs incisions, le froid l'empêchait de se répandre par es orifices supérieurs , tandis qu'elle continuait encore de découler par les ouvertures plus basses '^. Mais cet effet ne peut être du à la force dilatante de la chaleur; car, à moins que les vaisseaux séveux des plantes ne fassent pourvus de soupapes, la dilatation retarderait plutôt qu'elle n'accélère-
Les vAisseaox ^^xl le mouvemeut ascendant de la sève.
%• f^tnciet. '' ^^"' ^^°^ attribuer cet effet à quelqu'antre cause ; les vaisseaux eux - mêmes doivent certainement agir. Beaucoup de naturalistes ont senti la nécessité de cette action , et ils ont en conséquence rapporté ce mouvement de la sève de bas en haut à ï irritabilité. Mais Saussure est le premier qui ait donné des notions précises sur la manière dont il est probable que les vaisseaux agissent. Il suppose que la sève entre
♦ Edimb. Tran». I.
dans les orifices ouverts des yaisseanx à l'extrémité des ra« cities ; que ces orifices se contractent alors , et poussent ainsi k sève en haut ; que cette contraction suit par degrés la sève, et la fait monter de cette manière depuis les extrémi* tés de la racine jusqu'à la sommité de la plante. Dans cet in« tervalle , les prifices reçoivent de nouveau de la sève , qui est portée de même vers le haut*. Que ce soit précisément ée cette manière ou non que la contraction agit, cWtce qu'il nous est impossible jusqu'à présent de savoir ; mais on ne
Eent guère révoquer en doute que la contraction n'ait lieu, es agens ne ressemblent pas précisément aux muscles des animaux ; parce que le tube dans sa totalité , quelque mutilé eu tronqué qu'il soit, conserve sa faculté contractile , et parce que la contraction se fait avec une égale facilité dans tous les sens*. Il est évident, cependant , que ces agens doivent être de la même espèce. Peut-être la structure particulière des vaisseaux les rend-elle propres à cette fonction ? et peut-être \ les anneaux se contractent-ils successivement dans leur diamètre? L'action des agens qui opèrent la contraction , quels ({u'ils soient, parait être provoquée par quelque stimulant que la sève leur communique. Celte faculté d'être mis en action e^ connue en physiologie sous le nom à! irritabilité ; et il est suffisamment prouvé que les plantes en sont douées. On sait que différentes parties de plantes sont en mouvement lorsque certaines substances agissent sur elles. Cest ainsi que les fleurs de beaucoup de plantes s'épanouissent au lever du soleil, et se referment à la nuit. Linnée nous a donné une liste de ces |^ntes. Desfontaines a fait voir que les étamines «t les anthères de beaucoup de plantes manifestent des mouvemens distincts '. Le docteur Smith a observé , que les étamines des épines-vinettes sont mises en mouvement par le
■ Encycl. mëth. Phy». Tegét. p. 267.
> M. knieht croit que la sève re9oit son monyement par la contraction et rexpansion de ce qae les charpentiers appellent la vein9 argentée dn bois , entre les lames de bquelle les yaisseanx passent. (Phil. Trans. 1801 , p. 344* ) On entend par la vine argentée, ces fibres minces longitudinales , partant de la moelle en divergeant dans tous les sens, et composées des yai^seaux lymphatiques de Grew «t Malpighi. Je ne tois pas comment la contraction de ces lames pourrait forcer la sève à traverser les vaisseaux séveux , dépourvus comme ils le sont de soupapes , k moins que ce ne soit une contraction parfaitement semblable à ceUe oue Saussure supposait avoir lien dans les vaisseaux sévenz. * Mem. Par. i'^^*}-
378 yiCÉTATIOKt
toucher '• Roth s'est assuré oqc les feuilles du drosera Ion* gifolia et Totundifolia ont la même propriété. G>uIomb , aussi • qui a adopté ropînioa que le mouvemeot de la sève dans les plantes est produit par la cootractiou des vaisseaux, a même fait nombre d'expériences pour démontrer cette contraction. Mais, dans le fait , il est facile à chacun de s'en convaincre d'une manière décisive, en coupant simplement ime plante , Veuphorbia peplis , par exemple , en deux endroits diiférens, de manière à séparer une portion de la tige du reste , on a la preuve complète de la contractilité effective des vaisseaux. Car quiconque fera lexpérience, reconnaîtra
Sue le suc laiteux de la plante découle si complètement des eux bouts , qu'en coupant ensuite la portion de la tige dans le milieu, il n y a plus aucune apparence de suc. Or , il est impossible que ces phénomènes aient lieu sans une contraction des vaisseaux: car les vaisseaux ^ dans cette partie de la tige qui a été détachée , ne peuvent pas avoir été plus que pleins ; et leur diamètre est si petit , que l'attraction capillaire serait plus que suffisante pour retenir tout ce qu'ils contiennent , et par conséquent, il ne s'en écoulerait nen. Puisque , donc , toute la liqueur en sort , il faut qu'elle en soit chassée par force, et par conséquent les vaisseaux doivent se ontracter.
U parait aussi , d'après les expériences de Coulomb et de Saussure , que les vaisseaux se contractent par Texcitation de divers stimulans. Le docteur Smith Barton a fait une observation qui semble le prouver. Il trouva que les plantes qui végétaient dans l'eau prenaient leur accroissement avec beaucoup plus de vigueur lorsqu'on ajoutait à l'eau une certaine quantité de camphre *.
SECTION IV
Des Fonctions des Feuilles.
Sac MrtîciOitr ^ * ^*^ ^^^^ reconuu aue la sève monte dans les feuilles , formé qu'elle y subit certaines altérations , et qu'elle est convertie
pat le» feoilks; • J /t • 1 » 11 • ^
en un autre fluide quon appelle le succus propnus , sue particulier ou vraie sève. Ce fluide, comme le sang danff
• Phil. Trtn*. LXXVIII.
• An. deCkim. XXUI,63.
TOKCTIORS 91$ rSUILLES. 3y^
les animaux j est emploTe ensuite à former les diverses substances qu'on trouve dans les plantes. Or , les change* mens que la sève éprouve dans les feuilles , si toutefois nous pouvons les saisir , doivent répandre beaucoup de luouere sur la nature de la végétation. Ces altérations ont lieu en partie pendant le jour, et en partie pendant la nuit. Et comme les fonctions que les feuilles remplissent daus le
I'our sont très-différentes de celles qu'elles exercent pendant a nuit, il sera plus convenable de les considérer séparément* I. A peine la sève est-elle arrivée aux feuilles, qu'elle une partie d»
s'échappe en grande partie par évaporation.
I . La quantité oui transude ainsi , est très-sensiblement proportionnelle à Tliumidité imbibée. M. Woodward trouva
cran.
qu'une branche de menthe, qui pesait 1,74^9 ^^^î^
ffram.
imbibe dans l'espace de 77 jours i65,63o d'eau, et cependant son poids ne s était accru que de 971 milli*
fram*
grammes; par conséquent, il s'en était dégagé 164,659. Ce naturaliste fit la même expérience sur d'autres plantes ^ et la table qui suit en fait voir le résultat *.
U sève
trantpir*.
Sa quantité