‹ Système de chimie (volume 3)Chapitre 65 sur 149 · PLANTES ET EAU · texte numérisé non relu

PLANTES ET EAU

Menthe k épi danscle Peau

de source. ...

Menthe à épi dans de Teau

de pluie

Menthe i épi, dansde l'eau

de la Tamise

La belte de nuit commune,

dans de Peau de source.

Le latyris , dans de Teau

de source

ViZê

Gramma.. Grammes.

Grammes.

ta

Grammes.

i«5,63o 194,509 x6i,4ai 340,093 161,939

On voit, par ces expériences, combien la quantité de matière qui s'évapore continuellement des plantes est considérable. Le docteur Haies reconnut qu'un choa laissait transuder journellemeiit une quantité d'humidité égale à

* PhiL Trans. 1699» XXIX, 193*

38d vici^TATioir.

environ les o,5o de son poids ; et qu'un soleil, de la hauteur de Qi4 millimètres, en exhalait dans un jour 85o grammes '• n ut voir ^ que la transpiration dans la même plante était en proportion de la surface des feuilles, et qu'elle cessait presqu'entiérement lorsqu'on les enlevait * ; et il prouva , par ces observations , que les feuilles sont les organes de la transpiration. Il reconnut, aussi, que la transpiration n'avait à-peu-près lieu que pendant le jour , et que dans la nuit elle était très-peu sensible ' ; que la chaleur y contribuait beaucoup, et que la pluie et la gelée l'arrêtaient ^ Millar * , Gueltard ^ et Sennebier , ont fait voir aussi que la clarté du soleil contribue beaucoup à la transpiration.

La quantité d'humidité que les plantes imbibent dépend beaucoup de leur faculté de transpiration; et la raison en est évidente. Une fois que les vaisseaux sont pleins de sève , s'il ne s'en dégage point , il fest impossible qu'il en entre davantage; ainsi la quantité qui entre, doit dépendre de celle qui est émise* •4e ri5ît!ère ^' Haies cherchant à reconnaître la nature de la matière «TMspfré*. qui exsude des feuilles, plaça des plantes dans de larges vaisseaux de verre , et par ce moyen il recueillit une assez grande quantité de cette matière ^ ; il trouva qu'elle ressemblait sous tous les rapports à de l'eau pure , si ce n'est cependant qu'elle avait quelquefois l'odeur de la plante. II remarqua aussi, de même que Guettard et Duhamel Vont reconnu depuis , que si on la gardait pendant quelque temps elle se putréfiait, ou du moins elle acquérait une odeur fétide. Sennebier soumit une certaine quantité de ce liquide à l'analyse chimique.

U recueillit 844 grammes de cette matière, exsudée d'une vigne pendant les mois de mai et de juin ; et après l'avoir filtrée , il la fit évaporer lentement à siccité. Il n'en obtint pour résidu que 1 29 milligrammes , qui étaient composés a-peu-près de 82 miUigrammes de carbonate de chaux,

« Vcgët. Sut. I, 5 et i5.

» Ibid. p. 3o, » Ibid. p. 5.

4 Ibid, p. a? et 43.

• Ibid, p. aa.

• Mém. Par. 1748.

» V^ët. Sut. 1, 49.

yONCTIOVS DES rBUILLBf. 38i

5 milligrammes de sulfisite de chaux, 3a milligramaes d'une matière soluble dans l'eau , ayant l'aspect de la comme , et 3a milligrammes de matière solubié dans ralcool, et d'apparence résineuse. Il analysa 3934 grammes du même liquide , recueilli M la vigne dans les mois de juillet et d'août» n d)tint par évaporation iSj milligrammes de résidu , composé de 48 milLgrammes de carbonate de chaux , 16 milligrammes de sulfate de chaux, 3a milligrammes de mucilage et 3a milligrammes de résine. Le liquide transpiré par V aster Novœ Angliœ , fournit précisément les mêmes ingrédiens^.

3. Sennebier essaya de déterminer le rapport qu'il y Proporiio» avait entre le liauide transpiré par les plantes, et la Quantité ^^'^^rl^!!^^ d'humidité qu'elles imbibent; mais les expériences ae cette nature sont sujettes à trop d'incertitudes pour qu'on pm'sse y avoir une entière confiance. U opérait ainsi qu'il suit. Il piongeait dans une bouteille remplie d'eau le gros bout de la branche sur laquelle il faisait son expérience* et introduisait l'autre bout, garni de toutes ses feuilles, dans un gros globe de verre. L'appareil était alors exposé à la clarté du soleil. Il jugeait exactement de la quantité imbibée, par la quantité d'eau ({ui .disparaissait de la bouteille, et de la quantité transpirée , par la quantité du liquide qui découlait le long des parois du globe de verre. Il obtint de s^% expériences les résultats suivans :

Plantes, Imbibition, Transpiration, Temps^ Gramm. Gnmm,

Pêcher 6,475 2,266

Pêcher «5,597 5,827

Pêcher...... 14)245 7^770

Menthe i2^95o 5,827 :2 jours

Menthe Sj,25i 7^770 10

Framboisier. . 46,94^ 36, 260 2

Framboisier. •• 79,772 49,533 a

Pêcher 45,972 19,101 1

Abricotier.... l3,597 11, 655 1

Dans quelques-unes de ses expériences il n'y eut point du tout de hqnide condensé. Il s'ensuit qu'on ne peut pas caU culer d*après elles la quantité de matière transpirée. Il pa-

* EdjcL m«th. Pby». végét. p. 287,

3S^ TÉciTAtioir.

ratt que ronrertiire do çlobe n'ayah pas été exacteoMiit fer* mée; ilj avah commumcation de l'air intérieor do globe avec lair du dehors ; par consécpient, la quantité de matière condensée dépendait entièrement deFétat de Tatmosphèrei delà chaleur, etc.

OrnM 4- Ainsi le premier grand changement, qu'éprouve la sève

ir^S^i^dklAprès qu'elle est arrivée aux feuilles, est son évaporation en grande partie ; et par conséquent , ce qui reste doit diffé* rer considérablement de la sève dans ses proportions. Les feuilles paraissent avoir des organes particuliers, dont les fonctions consistent à rejeter une partie de la sève par transpiration. Les expériences de Guettard ' , de Duhamel * et de Bonnet ' prouvent que la transpiration des feuilles se fait principalement à leurs surfaces supérieures^ et qu'en les vernissant , on peut l'arrêter presqu'entièrement. CatM Les feuilles des plantes deviennent par degrés de moins

*^uiïJ***en moins propres à cette transpiration; car Sennebier reconmit, que toutes choses égales d'aiHeurs, la transpiration est beaucoup plus considérable au mois de mai qu'au mois de septembre.^ d'est par cette raison que les feuilles se renouvellent tous les ans. Leurs organes ayant ainsi perdu peu-à-peu la force nécessaire pour remplir leurs fonctions, leur renouvellement devient indispensable. Les arbres qui conservent leurs feuilles pendant l'hiver , transpirent moins que les autres , ainsi oue l'ont observé Haies et les physiologistes qui lui ont succède. Il est bien reconnu aujourd'hui que ces arbres eux-mêmes renouvellent leurs feuilles.

FeoiiiM IL Les feuilles ont aussi la propriété d'absorber le gaz

î'ttfbMU^ acide carbonique de Tatmosphère.

I. On doit cette découverte très-importante aux expériences du docteur Prlesdey. On sait depuis long-temps, qu'après avoir laissé brûler une boueie dans Une quantité quelconque d'air, il n'est plus possible d'y en faire brûler une autre. En 1771, le docteur Prieslley fit végéter pendant dix jours une branche de menthe en contact avec une certaine quantité de cet air ou une bougie avait cessé de

« MéiB. Par, 1749.

* Physique des Arbres, I» i58,

* Traité des Feuilles, I, Mém.

4 Encycl. mélh. Yégét. p. a85.

tOHCTIOKS BIS rilTILLIS. 38S

brûler ; et fl trouva <|a'aIors une bougie y brûlait très-bien * Il répéta souvent cette eipérience, cjui nii donna toujours I# même résultat. D'après ropinion universellement admise dans ce temps-là j que tes bougies rendaient impur Tair dan» lequel elles brûlaient en lui communiquant du phlogistique^ il en conclut, que les plantes, en végétant, absorbaient du phlogistique.

On supposait aussi dans ce même temps^là , que le gaz acide carbonique contenait du phlogistique. Il était donc alors naturel de considérer qu'il fournirait de la nourriture aux plantes, puisqu'elles avaient la prppriété d'absorber du phlogistique de l'atmosphère ; et le docteur Perdval pubh'i^ une suite d'expériences dans lesquelles il tâcha de prouver qu'il en était effectivement ainsi.

Ces expériences déterminèrent, en 1776, le docteur Priesdey à fixer davantage son attention sur ce sujet ; mais , comme dans tontes celles qu'il fit , les plantes renfermées dans le gaz acide carbonique moururent très-promptement, il en inféra que ce gaz était plutôt délétère, qu'objet d'aliment, pour les végétaux *. M. Henry de Manchester, fraopé probablement de ces résultats contraires, voulut en 1784 examiner le sujet. Ses expériences, publiées dans les Transactions de Manchester ^, s'accordèrent parfaitement avec celles du docteur Percival ; car il reconnut que le gaz acide carbonique, loin de faire périr les plantes, contribuait «u contraire constamment et à leur accroissement et à leur vigueur. Dans ces entrefaites, Sennebier s'occupait à Genève d'expériences semblables, dont il publia, vers 1 780, les résultats dans ses mémoires physico-chimiques. Ces résultats prouvaient, delà manière la plus évidente, que les plantes s'approprient le gaz acide caruonique comme aliment. Ingen* bousz énonça lemêmefait dans son second volume. Les expériences de Saussure jeune , publiées en 1797, l'établirent i«la-fin de manière à ne plus donner lieu à aucune objection. Eq comparant avec attention les expériences de ces naturalistes, il ne nous sera pas difficile de découvrir les différens phénomènes, et de concilier toutes les contradictions appa^ rentes qu'elles présentent.

* Pnestlev, on Air, III, a5i.

» Ibid. I, iQfl. ? Ihid. U,34i.

384 TiéÉTATIOBT.

^ Les plantés ne végéteront pas dans one atmosphère d'acide carbonique pur, ni même dans une atmosphère qui contiendrait les 0,75 de son yolume de ce gaz. Au soleil , elles végètent dans des atmosphères qui contiennent les o,5o, les 0,25 ou les 0,125 de ce gaz, et la végétation s'améliore à mesure que la quantité de ce gaz diminue. Lorsqu'il n'existe dans l'atmosphère queleso,o83 de gaz acide carbonique, les

Elantes, si elles sont exposées au soleil, vivent et croissent eaucoup mieux que daBS l'air ordinaire ; mais lorsque les plantes sont placées à l'ombre, la présence de l'acide carbonique, loin de stimuler leur végétation , lui est nuisible '. Emettent ô. Les expérieuces de Saussure ont fait voir, que les *"*****"**■•• plantes ne végéteraient pas au soleil, si elles étaient totalement privées de gaz acide carbonique. Elles vivent , à -la- vérité , assez bien dans l'air qui a été préalablement dépouillé de gaz acide carbonique ; mais lorsqu'on mit une certaine quantité de chaux dans le vase de verre qui les contenait, elles cessèrent de croître, et dans peu de jours les feuilles tombèrent *. A l'analyse , il ne se trouvait point de gaz acide carbonique dans cet air. La raison de ce phénomène est que les plantes ont ( ainsi que nous le verrons par la suite ) la faculté de former et de dégager de l'acide carbonique dans de certaines circonstances ; et cette quantité sufSt pour entretenir leur végétation pendant un certain temps. Mais si ce gaz nouvellement formé est aussi enlevé , par la chaux vive, pai^ exemple , qui l'absorbe à l'instant même ou il se dégage, les feuilles languissent et refusent de remplir leurs fonctions \ Le eaz acide carbonique, appliqué aux feuilles des plantes , est donc essentiel khi végétation.

4. A l'ombre, au contraire, les résultats sont absolument opposés* Non-seulement les plantes continuent de végéter lorsqu'elles sont privées de tout acide carbonique par la chaux , mais elles fleurissent avec plus de vigueur que si on l'y avait laissé ^.

' Saussure, Recherches chim. sur la "végëtation, p. 3o.

■ Ann. de Chim. XXIV, i45 et i4«.

* Il a été rendu probable par Braconnot, que dans cette expérience , ce n'éuit pas Pabseitce diacide carbonique qui faisait périr les plantes , mais bien les effets délëtéres de la chaux. Ann. de Cnim. LXI, 187 .

4 Saussure , Recherches, p« d6«

FONCTIONS BES rEUILLES. 385

, 5- W doctenr Priesticy, à qui dous sommes redevables d^j^j^, de beaucoup des faits les plus importans sur la végétatioQ,<iacuoûc«°* observa^ en 1778, que les plantes, dans certaines circonstances, exhalaient du gaz oxigéne*. lugenliousz décou« vrit bientôt après que rémission de ce même g^z avait lieu par les feui/Ies dés plantes , et seulement quand eUes étaient exposées à la lumière vive du jour. Sa méthode consistait à plonger les feuilles de différentes plantes dans des vases remplis d'eau, et à les exposer alors au soleil, ainsi que l'avait fait avant lui Bonnet qui avait observé le même phénomène, mais en en donnant une fausse explication.. Il se dégageait très-promptement des feuilles des bidles'de {az oxigéne, qui étaient recueillies dans une cloche de verre renversée *. 11 observa aussi quç la nature de l'eau dont on se. servait n'était pas une diose indifférente* Si , par exemple , on l'avait tait bouillir préalablement, il ne se dégageait que peu ou point de gaz oxigéne des feuilles ; l'eaa de rivière en fournissait aussi très-peu ; mais l'eau de puits était celle qui en doonait le plus '.

Sennebier prouva, que si, par l'ébullidon, on a privé En y eau de tout 1 ak qu'elle contient , les feuilles n'émettent pas ^^^^^ une molécule d'air ;. que les espèces d'eau qui fournissent le carbouiqot. plus d'air, soût celles qui .contiennent la plus grande quantité de gaz acide carbonique; que les feuiUes ne donnent point d'oxîgène, lorsqu'on les [donçe daDs de l'eau entièrement dépourvue de gaz acide carbonique ; mais qu'elles en fournissent en abondance si l'eatt, qui a perdu par Tébullition la qualité productive , est imprégnée de gaz acide carbonique ; que la quantité d'oxigène dégagée^ et même sa pure^, sont en raison de la quantité d acide carbonique que l'eau contient ; que Teau imprégnée de gaz acide carbonique perd peu-à-peu la propriété de fournir du gaz oxigéne avec les feuilles-, et que quand cela arrive, tout le gaz acide carbonique a disparu ; mais, en y ajoutant de ce gaz, on rétablit la propriété *. Ces expériences prouvent, de la manière la plus satisfaisante, que le gaz oxigéne dégagé par les feuilles des plantes , dépend de la présence du gaz acide

« PriesiUy, on Air, 111 , a84.

■ Ingeahous»» on Veget. I, x5, etc.

• /^tU p. i5el33.

< Encycl. mcthod. Plijsiol. TCg^U p. i84«

Page 1