‹ Système de chimie (volume 3)Chapitre 68 sur 149 · V. Feuilles de plantes grasses · texte numérisé non relu

V. Feuilles de plantes grasses

'F«oiUes d« Epoque de i'txpéritiice. Osig. absorMc

Cactos opuntia. Âbùt*. •••.,.•• • i.

Agave americana • Idem.. • *••• o,S

SempcrTivum tectomm Juillet.... .^•••^ .••• i.

SeJum globosum Septembre ••••«.... i^5

Saxifraga cotylédon . • Idem. '•••.* 0,6

St?dum reflexum • Juin... •••••... ...• 1,7

Stàpelia' variegata Juillet* •'.«; •. o,d5

Mesembrjambemum deltoïdes. .••*. Idem • 1,7

iwsMmeBt 7* Il li'est pas invraisemblable que , par Fabsorptioir ^•*^JJ.'P*^d'oxîgène et par la formation d'acide carbonique, il y ait dégagement de chaleur, ainsi que Saussure le suppose ; mais la quaûtité en est trop petite pour qu'il soit possible de l'apprécier. Il parait que les végétaux produisent , dans certaius^ cas,,un degré de chaleur très-considérable ; mais on ne s'est

Îas encore assuré si cette manifestation dç chaleur se rapporte r^bsorptioD d'oxigèue. Bory de St.*Vincent ea cite , sur l'autorité de Hubert, im exemple très -extraordinaire. Les éCamines de Xarum cardifoUum produisirent , au moment de s'ouvrir, jtme chaleur si forte,- que douze de ces plantes placées autour de la boule d'un thermomètre le firent monter de 26 à 6a degrés cent. Cette expérience fut repérée un ^and nombre de fois , et toujours avec des résultats sem* blable^ ♦.

Leiraciae» . &• U parait d'après les expériences de Saussure, que les derolii^ne. racjûes absorbent 1 oxigène toiit aussi bien que les feuilles-, et qu'elles transmettent aux feuilles l'acide carbonique formé pour y être décomposé. Les j>ranche$ absort>eiit également l'oxigene ; et sans la présence de ce principe , les flectrs ne s'épanoaissent pas.

11 est donc probable que les plantes absorbent da ^s oxîgène pendant la nuit ; qu'elles ferment avec ce principe du gaz^ ^ide carbonique ; qu'il se dégage quelquefois une certaine portion de ce gaz , et avec lui un peu de gaz azote y mais que la plus grande partie de l'acide carbonique est re* tenue et décomposée par les feuilles pendant le jour. Le» plantes ne vivraient pas sans cette inspiration de la nuit^

* Jovn. de Pbyf . LIX9 »Si.

FONCTIONS BIS JtVTLttS. 3()7

lors même qo'dies seraient fournies d'acide carbonique , si l'-oxigéne produit par elles pendant le jour leur était constammoit retiré àVapprodie de la nuit.

V. Les feuilles des plantes absorbent l'eau , tout aussi tes feuin^ bien que Toxigéne de Pair : c'est ce qu'on avait soupçonné *»»«H>*nt»«** de tout temps. Les grands effets que produisent sur la végé* tation la rosée , les pluies douces , et même l'humectatioa des feuilles des plantes, en sont autant de preuves. Haies rendit cette conjecture plus probable encore , en observant que les plantes augmentent considérablement de poids lors* que l'atmosphère est humide ; et Bonnet établit le fait d'une manière incontestable dans ses recherches sur les fonctions des feuilles. Il fit voir que les feuilles continuent de "vivre pendant des semaines entières avec une de leurs sur* faces appliquée à l'eau; que non-seulement elles végètent elies-meme») mais encore qu'elles imbibent assez d'eaii pour entretenir la végétation de toute une branche, et des feuilles aui lui appartiennent U décomvrit aussi, que les deux surfaces oes feuilles dififèrent considérablement dans leur faculté d'imbiber l'humidité ; que dans les arbres et les arbustes y c'est 4a surface inférieure qui jouit presque exclusivement de cette propriété , tandis que le contraire a lieu dans beaucoup d'autres plantes , telles , par exemple, que les harièots.

Ces faits prouvent , que les feuilles des plantes ont nonseidement la faculté d'absorber l'humidité , mais aussi que l'absorption se fait par des organes très-différens de ceux qtd la dégagent ; car ces organes se trouvent placés sur différens côtés de la feuille. Si Ton considère que ce n'est que pendant la nuit que les feuilles des plantes sont humectées par la rosée, ilsefadifiSctleden'en pas conclure, qu'à l'excep* non des cas particuliers, c'est aussi pendant la nuit qu'elles imbibent presque toute l'humidité qu'elles peuvent ab5orber.

On a vu ainsi que les feuilles remplissent des fonctions bien différentes à diverses époques. Pendant le jour elles donnent de l'humidité, elles absorbent du f^z acide carbo* nique, et émettent du gaz oiieène. Pendant la nuit, au coute^ire ^ elles absorbent l'humidité et le gaz oxigène , et exhalent le gaz acide carbonique.

C'est par ces opérations , et peut-être par d'autres que nous La >iv« ignorons encore , que la sève des pJaiites est modifiée et mise *tul%V^idT à L'état qui conyient à leur nutrition. Il n'est pas possible

39^ yioivkrtov.

d'expliquer comment ces cbaogemens ont Uèa , paisni'onne connaît pas précisément la natnre de la substonce dans la- <|uelle la sève a été convertie par les opérations du jour, non pfais qiie les nouvelles substances formées par les opérauons de la nuit. Il est cependant probable , oue le carbone de la sève augmente pendant le jour, et que Ffaydrogéne etFoxîgène augmentent pendant la nuit-, mais nous ignorons quelles > peuvent être les nouvdiessubstances formées. On ne peut pa» supposer que l'augmentation de Thydrogène et de 1 oxigene de la sève soit la même chose que l'addition d'une certaine quantité d'eau. Dans l'eau ^ Poxigène et i'bydrogéoe sont <léjà combinés dans des proportions déterminées ; et il faut que cette combinaison 9oit détruite avant que ces corps élémen-^ taîres paissent entrer avec le carbone dans ces combinaisons triples y qui constituent la plupart des produits végé-< taux. On n'a pas la plus légère idée du mode de fc^rmationde ces combinaisons triples , et tout aussi peu de la manière dont les corps qui composent les substances végétales se com<« binent entre eux. L'analogie nous porte à croire que la com-« binaison peut être très-compliquée, quoiqu'elle ne consiste que dans trois principes ; car on peut étd>lir comme on fait en chimie > aucpiel on ne connaît jusqu'à présent que peu ou' point d'exceptions, que la facilité des corps pouf leur aécom* position est en raison inverse de la simplicité de leur composition : c'est'à-'dire. que les corps, qui ne contiennent oue te plus petit nombre ae principes se décomposent le pins oif*^ ficdement, tandis que ceux dans lesquels il en entre beau^' coup, sont décomposés avec la plus grande facilité.

Ce serait une erreur de croire que l'absorption du gas acide carbonique pendant le jour est balancée par la quantité qui s'en ^^gage pendant la nuit ; et qu'en conséquence il n'y a pas augmentation de carbone : car Ingenhousz et Saussure ont fait voir que la quantité de gaz oxigène émise pendant le jour est beaucoup plus considérable que c^lle du gai acide carbonique dégagé pendant la nuit; et que, dans des circonstances favorables , la quantité de eaz oxigène dans l'air qui environne les {^ntes est augmentée , et le gax acide carbonique diminué; et il l'est tellement, que les docteors Priesdey et Ingenhouse trouvèrent, que les plantes rendaient tome sa pureté à l'air qui avait été vicié par une bougie ai« lumée, o& par des animaux. Or, on sait que la cotabuMioa et

FoircTiaNS BIS r£0iLLX8. 3gg

.m respmtkm âimiDoeiit dans Vair la proportion Au çaz oxi* gène, et ajoutent à celle de gaz acide carbonique. Ainsi û Viégétati(Hi , qui rétablit la pureté de l'atmosphère altérée par ees opérations , doit y augmenter la proportion d'oxigène , et 7 diminuer celle du eaz acide carbonique; conséquemment la quantité de gaz acide carbonique absorbée par les plantes pendant le jour est plus grande que la quantité émise par elles pendant la nuit ; et il s ensuit qae le carbone <le la sève est augmenté dans les fenilies.

n est vraique, lorsqu'on fait végéter des plantes pendant ua certain nombre de jours dans une quantité déterminée d'air, en ne le troure pomt changé dans sa nature* C'est ainsi cfue Hassenfiratz reconnut que l'air y dans lequel de jeunes maronniers avaient végète pendant un certain nombre de jours de suite ^ n'était, en aucune manière , altéré dans ses propriétés^ soit que ces maronniers végétassent dans l'eau ou dans la terre ' ; et Saussure jeune trouva que des pois , qui avaient végété dans Peau pendant dix jours, n'avaient fait éprouver aucun changement à l'air environnant \ Mais c'est prédsément ce qtii devait avoir lieu , si les concbsions que j'ai tirées sont justes. Car si leS plantes ne dégagent du gaa oxigène qu'en ansorbant et en décomposant du gaz adde car* Jkoaîque, il est évident qu'il faut la présence de ce demiep Esz pour qu'elles puissent émettre du gaz oxigène; et une lois qu'elles ont décomposé tout le gaz acide carbonique con* tenu dans une quantité donnée d'air , il ne faut plus s'attendre à aucune apparence d'émission par elles de gaz oxigène ; et si la quantité ae gaz acide carbonique dégagée pendant la nuit est plus petite que celle absorbée pendant le jour « il est évident que la plante décomposera constamment pendant le jour tOQft l'acide qui avait été formé pendant la nuit C'est par ces opérations que les changemens mutuels du jour et de la nnit ie compensent entre eux; et l'état forcé delà plante s'oppose à ce qui! y ait rien au*delà de cette compensation réciproque. Il est probable , que lorsqu'on ne fait végéter qu'une partie de la pkntedans cet état forcé , le reste de la plante fournit de la #iie carburée, si je puis m'expriraer ainsi; et qu'alors I4 ^afdtitéde gaz acide carbonique dégagé pendant la nuit, peut

« Ann. deChîm. XlII,3a5.

^ ihid. XXIV,. 139.

4oo ViCiTATlOV.

se rapprocher de plus près de la proportion émise dans l'état naturel, que ne le peut faire celle de l'absorption de ce gaz.* U est probable aussi, que lorsque toute la plante est ainsi ren^ fermée y l'opération nocturne se fait pendant un certain temps aux dépeus du carbone existant déjà dans la sève; car Hassenfratz reconnut que, dans ces cas, la quantité de carbone dans la plaote , après au elle avait végété pendant quelque temps daus l'obscurité, était moindre que celle qui y existait lorsqu'elle commença à végéter *. C'est pourquoi les plantes qui prennent leur accroissement à l'obscurité, lorsqu'elles sont rentermées, absorbent tout le gas oxigène, et émettent du gaz acide carbonique ; et toutes les fois que cela arrive , elles meurent, parce qu'alors ni le jour ni la nuit les opérations ne peuvent se continuer.

SECTION V

Des Sucs particuliers des Plantes,

La nature de la sève est entièrement altérée par les changemens qui ont lieu dans les feuilles. Elle est alors convertie dans ce qu'on appelle le suc particulier ou vraie sève, et alors elle est devenue propre à s'assimiler aux différentes ))arties de la plaote, et à servir à la formation de ces secré* tions nécessaires au maintien de la végétation. Let feuillet ^^ P^^^ ^^°^ cousidércr les feuilles, comme étant les •ooy^'^ljg»** organes digestifs des plantes, et comme équivalant en dct'pun'ti». quelque sorte à l'estomac et aux poumons des animaux. Les feuilles ne sont donc pas de purs ornemens;- elles constituent les parties les plus importantes de la plante. Aussi voyons-nous que toutes les fois qu'on dégarmt une plante de ses feuilles , on la prive entièrement de s^ forces végé* tatives , jusqu'à ce qu'il se forme des feuilles nouvelles. C'est un fait bien connu, que les plantes dont les insectes détruisent les feuilles , cessent de végéter , et que leur fruit se dessèche sans pouvoir parvenir k maturité. Dans la germination même , la tige ne fait des^ progrès dans sa croîssance, que lorsque les feuilles séminales commencent à paraître. Il se dépose à-Ia-vérité daus les cotylédons assez de

'^ Aon. de Chim. XUI ,188.

sucs PA&TICVUBftS tiZS PULKTSS. ^l

noacritnre |>oiir fave arriver k pUate jusqu'à nu certam état : la racae «at préparée , et rendue propre à remplir ses fooctions; mais il faut que la sève qu'elle absorbe soit transportée aux fçullles séminales, et qu'elle j soit digérée , avant qu!elle soit capable de former la plumule en tige* Ae^,> quand on retranche lesfeuiUes séminales, la plante refuse'trelle de végéter. .

. On doit naturellement demander comment il peut se faire , Commnt si cela a lien en effet, que les feuilles elles-mêmes soient ^^^doiu^r^ produites ? J'avais essayé de rendre probable que l'aUment nécessaire à leur nourriture et à leur développement était déposé dans les bourgeons; mais les expériences déji citées de Knigbt, ont &it voir que l'aubier est la partie ae Farbre dans laquelle cette nourriture se dépose* Après que h plante a développé toutes les parties qui doivent paraître pendant leté , et après qne les bourgeons sont formés et roulés , les feuilles cootmuent de préparer de nouveaux alimens et de les transmettre à l'aubier. Us sont déposés là , et ils y séjournent jusqu'au printemps suivant , temps où ils sont employés à l'entretien et an développement de ceux des organes des plantes, mii sont absolument nécessaires pour les rendre capables de faire les fonctions de la végétation. Kuigbt a tiré de ce fait important beaucoup de conséquences intéressantes et utiles pour la pratique des jardiniers et fermiers.

Cet approvisionnement d'aliment destiné à fournir aux besoins futurs des plantes, nous explique pourquoi une branche de vigne introduite pendant 1 hiver aàiis une serre chaude, pousse des feuilles et végète avec vigueur, tandis

Îne nuUe autre partie de la plante ne donne signe de vie. I nous explique aussi pourquoi la aève découle très-&cile« ment des arbres dans U prmtemps , avant que. les feuilles soient poussées, et pourquoi, dés qu'elles le sont, l'écou** lement cesse entièrement. Il est évident qu'il peut y avoir k peine circulation de la sève avant que les feuilles paraissent; car, au moyen de ce qu'elle n'a pas d'issue, les vaisseaux, une Ibis qu'ils en sont pleins, ne peuvent plus en admettre davqnt^ge. U parait, cependant, que ce qu'on appelle la saigttéf de§ arbres., pçpuve que les racioes sont susceptibles d'absorber la sève, et les vaisseaux de la faire circuler avec vigueur. Ainsi toutes les fois qu'il y a une issue ^

Absolument

viGiTATiaw»

ces organes remplisseot leurs foncdons accoutumées, et l'arbre saigne ; c est-è-dire, que ces or^es envoient une certaine quantité de sève pour la digestion comme à l'ordinaire ; mais , comme il n'existe pas encore d'organes digestifs, la sève déconle , parce que ce qui s'en échappe ainsi n'aurait pas été absorbé Ju tout, s'il n'avait été fait des ouvertures artificielles. Mais lorsque les organes digestifs paraissent, l'arbre ne saignera pins ; parce que ces organes d^stif» exigent toute la sève, et qu'elle coule continuellement vers eux.

Si l'on dépouille un arbre de ses feuilles, de nouvdles feuilles paraissent, parce cp'diessont déjà préparées à cet eflet. mais qu'en arriverait-il, si un arbre était privé de ses £euilles et de tous ses boutons pendant cinq années de suite? U est évident, d'après une expérience de Duhamel, que les plantes ne végètent pas sans feuiUes. Il enleva Féeorce d'un arbi^e par petites zones, de manière à en laisser cinq ou six à une certaine distance l'une de l'autre , les intervalles restant sans écorce. Quelques-unes de ces zones avaient des boutons et des feuilles-, celles-ci grossissaient considérablement; mais une des zones qui n'en avdt point, resta pendant plusieurs années sans éprouver aucun changement. Kni^t trouva qu'un jet de vigne , étant privé de ses feuilles , cessait entièrement de végéter ".

On ^nt regarder le succus propriua , ou suc particulier des plantes comme un fluide analogue au sang des soimaux. C'est l'aliment altéré par la digestion , et devenu ainsi susceptible d'assimilatira et d'être converti en nue partie de la {dante elle<raéme par les opérations subséquentes de la Végétation. Que ce suc particulier coule des feuilles de la plante vers les racines, c'est ce qui semble résulter de cette t:îroonstance,- qne, lorsqu'on fait une incision à la ]Mante, quelle que soit la position dans laqnelle on la place , le « ne- Qui coule de> ^^^ pToprius soft hxk beaucoup pWs grande abondance da feuille». Q5té ^e l'ouverture qui est le plus près des feuilles et des branches , que de tout autre c^é : et cela a lien lors même que les feuilles et les branches sont tenues le plus bas *. Lorsqu'on fait une ligature autour d'une plante , il se maliifest»

• n ' Il ■ ■' Il »»

« PhîL Trans. 1801 , p. 338. '

• Bell , Manch. Mem. il, ^9^

Forment

le snc

particulier.

sucs PARTICUIISKS DES PLANTES. 4^3

mi gonileaieDt au-dessus de la ligature, mais jamais au-dessous.

Knigbt a suivi les traces des vaisseaux cpii coutienueut ^ J^^ lé suc particulier, depuis les feuilLes jusqu'aux couches cor-' ^' *'"'" ticaies del'écorce intérieure '. BMwig, qui a examiné avec* la plus grande attention les vaisseaux des plantes , semble les considérer comme étant de la même structure que les trachées; miûs Knigbt est (fune toute autre opinion. D'après les expériences de ce dernier physiologiste , il paraît évident oue ces vaisseaux n'ont de communication avec aucune partie ce la plante située à une plus grande distance de la racine que la feuille dont ils tirent eux-mêmes leur origine. Car lors^ qu'on fait , k travers l'écorce d'une branche, deux mcisions . drcolaires au-dessus et au-dessous d'une feuille , et à une certaine distance d'elle , il il'y a que la partie de h portion renfermée entre les. deux incisions, située au-dessous de la femlle j qui augmente en dimensi<»i« Lés dernières expé* liences de Knigbt donnent aussi Ueu.de croire que ces vaisseaux sont beaucoup mieux disposés pour porter la vraie sève des iéuiHes vers les racines , €[ue dans ladirection con-. traire. En faisant passer à travers- la terre d'un pot de jardin des jets de vigne très-déliés , il leur fit pousser des racines. U retrancha alors ces jet» de la visne dont ib Movenaient , ai laissant une portion égale de draque cété de cette nou-^ ▼elle racine. Chacune de ces portions était relevée de ma« nière à former un angle semblable, et était garnie d'un bottr-> geon à peu de distance de l'extrémité retraucbée. 11 7 avait là deux tiges qui végétaient d'une seule racine. Mais l'une était évidemment renversée , tandis que l'autre était dans sa position naturelle. Dans la première , le bois entre le bourgeon et Textrétnité retranchée augmenta en dimension ; mais dans l'autre cet effet nfeut pas lieu , ce qui indique dans la ▼raie sève nne tendance k couler dans sa direction primitive, des feiiiUes à la racine. De même aussi, toutes les fois qu'il plantait , en les renversant , des jets de groseillers , la partie supérieure dépérissait *. Ces ifésultats semblent favoriser l'opinioti , que ces vaisseaux sont pourvus de soupapes.

Lorsqu'on interrompt toute communication entre les feuiU les et les racines , en enlevant une portion de l'écorce tout

• Phîî. trans. tSoT,p. 337.

• rïîclioUon'» Joom. X , 289.

4o6 TÂGÈTATtOir.

iFie ; lorsqu'elle cesse de Tégéter , oo en conclut qu'eUe est morte.

CepeDdant, la vie des végétaux n*est pas tellement liée aux phénomènes de la végétation qu'on ne puisse pas les en séparer. On peut garder pendant des anoées beaucoup d'es* pèces de semences sans qu'elles donnent le plus léger Sjrmptome de végétation; et néanmoins si elles végètent lorsqu'on les met dans la terre on dit qu'elles sont vivantes. Ge serait parler plus correctement, que de dire aussi qu'elles avaient vie avant même qu'on les mit en terre ; car il serait absurde de supposer que les semences obtiennent la vie simplement prce qu'on les met dans la terre. De même, il y a beaucoup de plantes qui dépérissent , et qui ne donnent aucun indice de végétation pendant l'hiver; et pourtant si la douce température du printemps les fait végéter, on les considère comme ayant vécu pendant tout l'hiver» Ainsi la vie des plantes, et les phénomènes de la végétation, ne sont pas précisément la même chose, puisque la vie peut être séparée de la végétation , et qu'on peut même supposer que l'une existe sans l'autre. U y a plus encore , on peut dans beaucoup de cas , décider, sans hésiter, que le végétal n'est pas mort , lors même qu'il ne manifeste aacnne apparence de végétation; et la preuve qu'on a de sa vie-, c'est qu!il reste sans avoir éprouvé aucune altération; car on sait que lorsqu'un végétal est mort , il change aussitôt d'aspect, et tombe aans le dépérissement;

11 paraît donc que la vie A'm végétal consiste dans deux choses : i"*. dams c^u'il reste sans éprouver d'altératÙMS , lorsque les drcroDstànces no «sont pas favoraUes à la végétation; 2*. en ce qu'il manifeste les phénomènes de la végétation lorsque les circonstances deviennent favorables* Lorsque ni l'une ni l'antre de ces deux choses n'a lieu, on dit que le végétal est mort. . .

On a déjà donné l'énumération.des phénomènes de la -végétatiom Ib consistent dans la formation ou développement des organes de la plante , dans l'absorption de la nourriture^ dans son transport aux feuiUes, dans la digestion de la nourriture , dans sa distribution a toutes Jes parties de la plante , dans l'augmentation du volume de la plante^ dans k restauration des parties dé|)éries , dans la rormation de qpavôaux organes lorsqti'ils^nt nécessaires, et d«is la production de

DÊCOXPOSITIOR JIKS SHTrAHCfeS YiaiTALBS. 4^7

semences snsceDtibles d'être converties en plantes similaires k celles dont eUes tirent leur existence. Quelle que soit la cause de ces phénomènes , elle est aussi celle de la vîe végé' à im^èip* iale, et on pent la distinguer par le nom de principe végé^ vég^tit tmUf. Mais aes recherches sur la nature de ce principe ap-» partienoent à làphy^ologie^ et par conséquent elles seraient étrangères à cet Ouvrage.

Si Ton en peut juger d'après les faits connus, 1^ plantes Mort meurent , parce que les orèanes finissent par être entière* ^ ^''"***' ment incapables de remplir leurs fonctions, et (m*ils ne sont plus susceptibles d'être rétablis par aucune des facultés dont est doué le principe végétatif. Mous allons nous occuper^ dans le chapitre qui suit, des changem^is que les végétaux éprouvem après leur mort.

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