‹ Systême de chimieChapitre 2 sur 260 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De r Affinité en général

i. Tous les grands corps qui constituent le système solaire obéissent à une force, en vertu de laquelle ils tendent contiouellement à se porter les uns vers les autres. Cette force 9 qui les retient dans leurs orbites et règle leurs mouvemens , a reçu le nom d'attraction. Sa nature nous est inconnue. Estelle inhérente à ces corps eux-mêmes, ou produite par l'impulsion de quelqu'agent extérieur ? C'est ce qu'il nous est impossible de décider, parce que nous n'avons aucun moyen de nous éclairer sur l'objet de ces questions, dont la solution dépasse les bornes de la philosophie. On serait plus porté à admettre la première supposition que l'autre , tant il est difficile de concevoir que les mouvemens planétaires soient

DE L'AFFINITÉ ItC GÉNÉRAL* 3

produits par un agent étranger, à moins que ce ne fut un être intelligent ; et puisque nous ne connaissons rien de contraire à cette idée, il fut aussi facile au créateur de douer les planètes de la puissance, d'agir entre elles à distance, que de donner à d'autres substances le pouvoir d'agir sur ces planètes , et de leur imprimer le mouvement.

a. Isaac Newton démontra que cette attraction plané- eu. en taire est la même chose que la gravitation ou la force UÛ,v,mI1 qui fait tendre tout corps pesant vers la terre. Il prouva que ce n'est pas seulement dans leur ensemble comme masses , que les planètes sont douées de cette force, mais qu'elle est commune aussi à toutes les parties dont elles se composent ; qu'elle est réciproque, qu'elle s'exerce à des distances indéfinies , et que tous les corps , autant que nous avons pu jus* qu'à présent le reconnaître , sont soumis à son action.

3. Lorsque deux corps sont amenés à une certaine distance l'un de l'autre , on parvient à les faire adhérer ensemble, et il faut ensuite une force considérable pour les séparer. C'est ce qui a lieu, par exemple, à l'égard de deux morceaux polis de marbre ou de verre. Lorsqu'un morceau de métal ou même de presque tout autre corps quelconque, après avoir été plongé dans l'eau en est miré, sa surface est humectée, c'est-à dire qu'une portion de l'eau y adhère. Une baguette d'or, introduite dans du mercure , en sort toute blanche, parce qu'elle retient et entraine avec elle une portion du mercure. 11 s'ensuit évidemment que c'est une force qui porte ces corps l'un vers l'autre, qui les maintient unis ensemble, et par conséquent il existe entre eux une attraction. L'effet de cette puissance ne se borne donc pas à la tendance vers la terre et les planètes, quelle imprime aux corps ; mais elle s'exerce encore à l'égard de chacun deux en les portant à s'attirer réciproquement. La nature de cette loi d'attraction des corps entre eux ne nous est pas plus connue que celle de la gravitation ; mais son existence est tout aussi certaine, au-moins en ce qui concerne le plus grand nombre de corps.

4- On trouve par-tout, et dans tous les cas, les particules de la matière agglomérées; elles forment ainsi, à-la-vérité, des masses de grosseurs différentes, mais qui toutes contiennent un grand nombre de molécules. Ces molécules restent unies, et ne peuvent être séparées que par l'application d'une force considérable. Il en existe donc une qui les fait

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