Le dodécaèdre avec faces triangulaires isocèles
On peut supposer que chacune de ces formes se rencontre comme étant celle primitive , ou le noyau, dans une grande variété de corp; mais on n'a trouvé jusqu'à présent en nombre considérable que celles qui, comme le cube et l'octaèdre, sont régulières.
Mais les corps, lorsqu'ils sont cristallisés, ne se présentent pas toujours sous leur forme primitive. Il en est en effet quelques-uns qui l'affectent très- rarement; et dans tous il réside une certaine disposition à prendre facilement, suivant les circonstances, un certain nombre de formes tout aussi bien que celle primitive. Ainsi la forme primitive du fluate de Cri«j«« chaux est l'octaèdre ; mais on trouve souvent ce sel cristal- TK'ïdï? lise en cubes, en dodécaèdres rhomboïdaux, et sous d'autres formes. Toutes ces formes différentes qu'un corps est susceptible de prendre, celle primitive exceptée, naiiy les a appelées /ormes secondaires. Or, quelle est la raison de celte latitude dans la faculté o\» cristallisation des corps ? Et comment affectent-ils si souvent ces formes secondaires?
On peut répondre à ces questions:
1°. Que ces formes secondaires résultent quelquefois de Diffl variations dans les priucipes qui composent les molécules , dwi» intégrantes de tout corps particulier quelconque. Laluu, par exemple, cristallise en octaèdres; mais av.ee une addition d'alumine, ce sont des cubes; et lorsque cette dernière substance y est en excès, il ne cristallise plus. Si la proportion d'alumine varie entre celles qui produisent l'octaèdre et le cube, les cristaux deviennent des figures à quatorze faces, III. 10
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dans lti di$»olv«ni
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dont six sont parallèles à celles du cube, et huit à celles de l'octaèdre; et suivaut cjue les proportions se rapprocheront davantage de celles qui donnent les cubes ou les octaèdres, les cristaux participeront plus ou moins de Tune ou de l'autre de ces formes. 11 y a plus encore , en plaçant un cristal cubique d'alun dans une dissolution qui fournirait des cristaux octaèdres, ce cristal passe de la forme cubique à celle d'octaèdre; et, réciproquement, un cristal octaèdre mis dans une dissolution qui donnerait des cristaux cubiques, devient lui-même un cube *. Or, combien ne doit-il pas paraître difficile d'établir avec une précision absolue les proportions des diflerens principes composans.
Différences a°. Les formes secondaires sont dues quelquefois au disa solvant dans lequel les cristaux sont formés. C'est ainsi qrue l'hvdrochlorate de soude dissous dans l'eau, et qu'on y tait cristalliser , se présente sous la forme de cubes ; tandis que ce n'est plus en cubes mais eft octaèdres réguliers qu'il se forme en cristallisant dans l'urine. D'un autre côte, Phydrochlorate d'ammoniaque cristallise dans l'eau en octaèdres, et en cubes dans l'urine.
3°. Mais quand on supposerait que la nature du dissolvant et la proportion des composans sont, autant qu'on peut s'en assurer, exactement les mêmes, il n'en existe pas moins encore une variété de formes secondaires dont l'apparence se manifeste ordinairement. La production de ces formes secondaires se trouve expliquée d'une manière heureuse par la théorie de la cristallisation , dont nous sommes redevables à la sagacité de Haiiy ; théorie qui par sa simplicité et 9a clarté autant que par son importance, doit être considérée comme une des acquisitions les plus essentielles que la minéralogie, et même la chimie, aient faites jusqu'à présent.
Différence» Suivant cette théorie de Haùy, la matière additionnelle »en? d«°iIœM (Tn* enveloppe le noyau primitif consiste en lames minces ou
crieuiuac*. couches de molécules posées l'une au-dessus de l'autre sur les faces de ce noyau, et qui décroissent en étendue au moyen de soustractions d'une ou de plusieurs rangées de molécules intégrantes qui se font de ses bords ou de ses angles.
♦ Leblanc . Ano. d«€bim. XIV, 149.