‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 110 sur 228 · Oxalate d'ammoniaque · texte numérisé non relu

Oxalate d'ammoniaque

cide hydrochlorique y produit un précipité blanc * abondant.

ai. Plombate de chaux. . . . Aucun changement-

Tj 1 ,, . j • {Devient peu-à-peu très-lai- 22. Hydrochlorate de zinc, i . l l

J t teux.

( Un précipité blanc , qui ne

) paraît pas sur-le-champ ,

) à moins qu'il n'y ait excès

d'acide.

Un précipité blanc.

Devient peu-à-peu laiteux.

Aucun changement.

Aucun changement.

Aucun changement.

Un précipité léger blanc après une heure de repos.

Ainsi tous les métaux essayés produisaient, à l'exception du cobalt, un précipité; mais il ne s'en manifestait jamais lorsque l'oxide était tenu en dissolution par un alcali, ou par une terre. L'effet des sels métalliques surl'albumine offre un contraste frappant avec celui qu'ils opèrent sur la gélatine.

Il paraît, d'après les expériences du docteur Bostock, qu'en versant une goutte de dissolution saturée de perchlorure de mercure dans de l'eau qui contient les o.ooo5 de son poids d'albumine, le liquide devient laiteux, et il se dépose un précipité caillé1. C'est, par conséquent, un réactif trèsdélicat pour reconnaître la présence de l'albumine. Le docteur Bostock a proposé une méthode ingénieuse pour apprécier la quantité d'albuminecontenue dans un fluide animal, jl faut ajouter au fluide i\ne quantité de perchlorure de mercure, plus que suffisante pour saturer l;albnmine, et chauffer ensuite le mélange. Par cette double action il se forme un coagulum, qu'on peut séparer par le filtre. Ce précipité desséché contient environ les o;yi4 de son poids d'albumine 3.

* Nicholson's Joum. XI, ^î;. » Ibid. p. ïifî.

ALBUMINÉ. 4;>7

Lorsqu'on verse une dissolution de tannin dans une disse- Du tannin, lution aqueuse d'albumine non coagulée, il s'y forme un précipité jaunetrès-abondantdelaconsistance delà poix, et insoluble dans l'eau. Ce précipité est une combinaison de tannin et d'albumine. Lorsqu'il est desséché il est cassant , il ressemble à du cuir trop tanné , et n'est pas susceptible de putréfaction. Ce fut Seguin qui découvrit la propriété qu'a l'albumine de former un précipité avec le tannin l.

L'infusion de noix de galle n'est pas un réactif aussi sensible pour découvrir la présence de 1 albumine que pour indiquer celle delà gélatine. Lorsqu'on mêle une infusion de noix de galle contenant o,25o de matière solide avec de l'eau qui tient en dissolution 0,00 1 d'albumine, et que les quantités mêlées sont égales, on n'obtient d'abord aucun effet-, mais aubout de quelque temps, il se manifeste un précipité qui se dépose lentement1.

II. Lorsque l'albumine est coagulée par la chaleur , par Albumine l'alcool ou par les acides , c'est une substance dure, opaque , Cuasu!ee-. d'un blanc de perle, et d'une saveur mucilagiueuse douceâtre. Elle n'est plus soluble dans l'eau , et n'est pas aussi susceptible de se décomposer que l'albumine non coagulée. Hatchett la garda un mois sous l'eau, sans qu'elle devint Ses propriétés . putride. C'est aux expériences de cet ingénieux chimiste , que nous sommes redevables de presque tout ce que nous savons actuellement sur l'albumine coagulée. En la faisant dessécher à la température de ioo° centigrades, il la convertit en une substance jaune, dure, cassante , ayant la demitransparence de la corne 3.

Lorsqu'on fait digérer pendant quelques heures cette sub- Actiondci ««. stance dans l'eau, elle se ramollit peu-à-peu, et devient blanche et opaque comme de l'albumine nouvellement coagulée. Si elle a été soumise pendant assez long-temps à faction de l'eau, ce liquide en prend une petite portion. La liqueur aqueuse ne précipite point par l'infusion de tan ; mais i'hydrochlorate d etain y produit un nuage léger +.

Suivant Schéele, les acides minéraux, lorsqu'ils sont éten- De, »c;dei.dus à grande eau, dissolvent une certaine portion d'albumine

* Nichojson's Journ. XI, 2^2.

* Bostock, ibid. p. 1^1.

* Hatchett, Phil. Trans. 1800.

* liid.

coagulée, qui est de nouveau précipitée par les mêmes acides concentrés \ changée Lorsqu'on laisse en digestion de l'albumine coagulée dan* «n geaime. je pacjje riitrlcjuc étendu, au bout d'environ un mois l'acide commence à prendre une teinte jaune , qui devient peu-àpeu plus foncée ; mais l'albumine n'est pas dissoute, quoiqu'elle devienne plus opaque. L'acide jaune, en le saturant d'ammoniaque, acquiert une couleur orangé foncée; mais il ne s'y forme aucun précipité. Si l'on plonge dans l'ammoniaque l'albumine ainsi traitée, le liquide prend une couleur orangé foncée, inclinant au rouge de sang. L'albumine se dissout lentement, et la dissolution est d'un brun jaunâtre foncé. Lorsqu'après avoir lavé l'albumine, ainsi macérée dans l'acide nitrique, on la fait bouillir dansl'eau, elle se dissout, et forme un liquide d'un jaune pâle qui se gélatinise par une concentration convenable. Si l'on redissout la masse gélatineuse dans de l'eau bouillante , la dissolution précipite avec le tannin et avec l'hydrocblorate d'étain. On voit ainsi que l'acide nitrique a la propriété de convertir l'albumine coagulée en gélatine. On doit ce fait important à Hatchett *.

L'acide nitrique concentré dissout avec effervescence l'albumine coagulée, surtout à l'aide de la chaleur. La dissolution devient d'un brun orangé, lorsqu'on la mêle avec de l'ammoniaque -, mais il ne s'y forme aucun précipité 3.

L'albumine se dissout aisément dans une lessive bouillante de potasse ; il se dégage de l'ammoniaque , et il se forme un savon animal. Ce savon , dissous dans l'eau , et mêlé avec de l'acide acétique ou avec de l'acide hydrochlorique donne un précipité de nature savoneuse. Si ou le chauffe modérément, il en découle de l'huile, et il reste une substance brunâtre visqueuse 4. Les alcalis étendus d'eau n'agissent, à froid, sur l'albumine coagulée que lentement et imparfaitement.

Ces propriétés nous indiquent suffisamment que l'albumine coagulée est une substance très-différente de l'albumine non coagulée. Il est probable que, pendant la coagulation , ses parties constituantes s'arrangent entre elles dans un ordre différent.

Action Àa alcalis;

• Schéele, 11,57. * Hatchett, Pbil. Trans. 1800.

» Hatchett, Pliil. Trans. 1800, *'ïbid.

III. On a conclu des effets de l'acide nitrique sur l'albu- Partie* mine, et des produits qu'elle donne par la distillation à feu deTaiC£« nu, qu'elle est composée de carbone, d'hydrogène, d'azote et d'oxigène. Suivant les expériences de Gay-Lussac etThénard, ses parties constituantes sont , savoir :

Carbone 52,885

Oxigène 20,872

Hydrogène... 7,54o

Azote i5,7o5

Le plus petit nombre d'atomes se rapprochant de plus près des résultats qui précèdent, est ainsi qu'il suit :

atomes carbone...

atomes oxigène. . . .

atomes hydrogène .

d'albumine.

D'après cette détermination des proportions des parties constituantes de l'albumine , on voit qu'elle diffère de la gélatine, en ce qu'elle contient deux atomes de plus de carbone, et qu'elle a un atome de moins d'hydrogène.

IV. L'albumine coagulée ou non coagulée, est suscep- Espèce tible, comme toutes les autres substances animales, d'exister dans des états différens , et de former un assez grand nombre d'espèces distinctes ; mais elles n'ont pas été caractérisées d'une manière très-précise. Si , d'après certains chimistes, on regarde la partie caillée du lait comme de l'albumine, elle constitue une espèce évidemment différente de l'albumine des œufs et du sang. L'albumine coagulée forme une partie essentielle des os et des muscles. Le cerveau et le cristallin de l'œil en sont peut-être des espèces. Les cartilages, les ongles, les cornes, les poils, etc. , sont, ainsi que Hatchett l'a fait voir, presque entièrement composés d'albumine, et elle constitue la partie membraneuse de beaucoup de coquilles, d'épongés, etc.; enfin, elle est une des substances animales les plus répandues et les plus importantes.

V. La propriété qu'a l'albumine de se coaguler par la chaleur, en fait une substance très-utile pour la clarification

* Recherches physico-chimiques , II, 33a.

des liquides. On mêle le sérum du sang, le blanc d'œuf, ou toute substance liquide qui la contient, avec la liqueur à clarifier, et on chauffe le mélange ; l'albumine se coagule, et entraîne avec elle les particules flottantes qui rendaient le liquide opaque.

SECTION III

De la Fibrine.

Comme *• Lorsqu'on abandonne pendant quelque temps à elle -

tjie s'obtient, même une certaine quantité de sang nouvellement tiré d'un animal, il s'y forme peu-à-peu un caillot rouge et épais, qui se dépose. On sépare ce caillot , on le met dans un linge , et on le lave dans l'eau jusqu'à ce que ce liquide soit devenu incolore et insipide -, il reste alors une substance à laquelle on a donné le nom de fibrine. Les médecins la connaissaient depuis très-long-temps sous celui de partie fibreuse du sang ; mais ce n'est que plus récemment, qu'il en a été donné une description exacte.

On peut l'obtenir aussi de la chair musculaire des animaux. Hatchett a fait une suite d'expériences très -intéressantes sur la fibrine. Il prit une certaine quantité de maigre du bœuf, et après l'avoir coupée en petits morceaux , il la fit macérer dans l'eau pendant quinze jours , en ayant soin de renouveler chaque jour ce liquide, et de soumettre en mêmetemps le bœuf à la presse, afin d'en faire sortir l'eau. Comme la saison était froide , il ne se manifesta aucun indice de putréfaction. Il fit alors bouillir cinq heures par jour pendant trois semaines, dans environ G litres d'eau fraîche 7

ses morceaux ou lanières de chair musculaire, dont le poids

kii.

s'élevait après de i,5, en renouvelant régulièrement l'eau chaque jour. Ou soumit ensuite la partie fibreuse à la presse, et on la fit sécher au bain-marie. La fibrine, ainsi traitée 7 doit être considérée comme étant à-peu-près aussi pure qu'il est possible de l'obtenir *.

2. La fibrine est blanche , insipide, inodore et insoluble dans l'eau et dans l'alcool. Nouvellement extraite du sang,

* Ilatchelt, Phil. Trans. 1800.

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elle est molle et élastique, et ressemble beaucoup au gluten des végétaux. Sa couleur devient très-foncée par la dessication. Celle qu'on extrait de la chair musculaire par l'ébullition et par la macération, a un certain degré de transparence ; elle n'est pas ductile, mais cassante. Elle n'acquiert pas, à beaucoup près, une couleur aussi foncée que celle qu'on retire du sang.

La fibrine n'éprouve aucun changement par son exposition à l'air ; et quoique recouverte d'eau, elle ne s'altère pas promptement. Hatcbett garda, pendant tout le mois d'avril, une certaine quantité de fibrine de bœuf humectée d'eau ; elle avait acquis une odeur de moisi, mais nullement putride, et les fibres ne furent pas non plus réduites en une masse pulpeuse. Elle ne devint même pas putride, après avoir été gardée pendant deux mois sous l'eau, et ne fut pas convertie dans la matière adipeuse qui s'obtient parla macération d'un muscle frais x.

3. La fibrine est insoluble dans l'eau froide. Dans l'eau Arlion bouillante , elle se roule sur elle-même, et après que l'ébul- de l'"alition a continué pendant quelques heures, leau devient laiteuse ; mais il ne se développe aucun gaz. En versant dans

cette eau de l'infusion de noix de galle, il se produit un précipité en flocons blancs, qui n'adhèrent point ensemble par la chaleur, ainsi que cela a lieu pour ceux que fournit la gélatine ; le liquide évaporé ne se coagule pas. Il laisse un résidu blanc, sec et dur, ayant un goût agréable, semblable à celui du bouillon frais. La fibrine perd, par une longue ébullition dans l'eau, sa propriété de se ramollir, et de se dissoudre dans l'acide acétique2.

4. Dans l'alcool, d'une pesanteur spécifique de 0,81, la De faicooi. fibrine subit une espèce de décomposition, et forme une substance adipocireuse, soluble dans l'alcool, et qui en est précipitée par une addition d'eau. Celte substance a souvent

une odeur forte et désagréable. La dissolution alcoolique étant évaporée, laisse un résidu gras, qui n'existait pas auparavant dans la fibrine. Après avoir été chauffée dans l'alcool, la fibrine continue d'être soluble dans l'acide acétique 3.

« Hatchett, Pliil. Trans. t8oo.

a Rer/.elius. Annals of Philosophy, II, ao.

' Ibid.

Des acides

5. L'éther agit sur la fibrine de la même manière que l'alcool. La matière adipocireuse, que produit son action, est beaucoup plus abondante, et son odeur est plus forte et plus désagréable1.

6. Dans l'acide acétique concentré, la fibrine devient aussitôt molle et transparente; et, à l'aide de la chaleur, elle est convertie en une gelée tremblante. En ajoutant de l'eau et en chauffant, cette gelée est complètement dissoute, avec émission d'une petite quantité d'azote. La dissolution est incolore, avec un goût fade et légèrement acide. Pendant son évaporation, une merabraue transparente paraît à la surface, et après un certain degré de concentration, la substance gélatineuse est de nouveau reproduite. Lorsqu'elle a été complètement desséchée , elle forme une masse transparente qui rougit le papier de tournesol , mais qui ne peut se dissoudre dans l'eau sans une nouvelle addition d'acide acétique. Lorsqu'on ajoute du ferrocyanate de potasse, un alcali, ou des acides , sulfurique, nitrique et hydrochlorique à cette dissolution, il s'y forme une précipité blanc. Le précipité acide est un composé de fibrine et de l'acide employé. Si on le lave, une certaine portion d'acide, tenant de la fibrine en dissolution , est emportée par l'eau, et ce qui reste est soluble dans ce liquide. Cette dissolution contient un composé neutre d'acide et de fibrine. Une addition d'acide la précipite de nouveau1.

y. Dans l'acide hydrochlorique faible, la fibrine se resserrent donne une petite quantité de gaz azote ; mais il s'eu dissout à peine aucune portion, même en faisant bouillir l'acide. La liqueur acide ne précipite ni avec l'ammoniaque, ni avec le ferrocyanate de potasse. La fibrine ainsi traitée, est dure et racornie. En la lavant à plusieurs reprises avec de l'eau, elle est à-la-fin convertie en une masse gélatineuse, qui est complètement soluble dans l'eau tiède. La dissolution rougit le papier de tournesol , et donne un précipité avec les acides et avec les alcalis. La fibrine se combine donc avec l'acide hydrochlorique en deux proportions. Avec l'une elle produit une combinaison soluble dans l'eau, et avec l'autre, il en résulte un composé avec excès d'acide, qui ne se dissout pas, mais qui peut être rendu soluble par l'action d'eau pure*.

1 Rerzclius , Annals of Philosopliy, II, 20. * Ilid.

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