‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 116 sur 228 · Il ne se dissout ni dans l'alcool ni dans l'éther · texte numérisé non relu

Il ne se dissout ni dans l'alcool ni dans l'éther

4' Lorsqu'on le chauffe, il ne se coagule pas ; et lorsqu'on en concentre la dissolution par l'évaporation , elle ne se prend pas en gelée.

5. Le perchlorure de mercure , et l'infusion de noix de galle ne le précipitent pas *.

6. Si l'on verse du sous-acétate de plomb dans des dissolutions qui contiennent du mucus , il se produit un précipité blanc abondant. L'acétate produit un effet beaucoup moius marqué *.

7. Le nitrate d'argent précipite aussi les dissolutions contenant le mucus.

8. Le mucus, exposé à la chaleur, prend l'apparencf de la corne-, et à la distillation , il fournit les produits ordinaires des substances animales. Suivant Fourcro}r et Vauquelin, la corne , les ongles , les poils , les plumes , l'épidémie et les durillons et écailles qui se forment sur la peau , consistent principalement en mucus.

Beaucoup des substances, désignées sous le nom de mucus, ont la propriété d'absorber l'oxigène , et de devenir ainsi insolubles dans l'eau. Elles ressemblent , sous ce rapport, à l'extractif végétal.

Les substances mucilagineuses seront indiquées dans le chapitre suivant. Dans l'état actuel de nos connaissances , leur description ici ne serait qu'une répétition des propriétés dont il vient d'être fait mention.

SECTION VI

De l'Osmazome *.

Rouelle fît le premier mention de cette substance , à H^ïr*. laquelle Thénard donna le nom d'osmazome. Il peut paraître douteux, si l'osmazome est autre chose que la fibrine légèrement altérée par son ébullition dans l'eau et sa dissolution dans ce liquide; mais, comme c'est une substance qui

1 Bostock, Nicholson's Journ. XI, iS\.

» Ibid,

3 Mot dérivé, je présume, de i?ï» , odeur, et ?•/*«<, bouillon.

se présente souvent dans l'analyse des matières animales, et que son identité avec la fibrine , quoique probable , n'est pas prouvée , je pense qu'il convient mieux, au-moins pour le présent , de lui donner une place particulière.

Prép*râtîon. Ou peut obtenir l'osmazome en procédant ainsi qu'il suit. Après avoir divisé de la chair de bœuf en petits fragmens , et l'avoir laissée pendant une ou deux heures en contact avec deux ou trois fois son poids d'eau froide , en ayant soin de la malaxer de temps en temps, on décante cette première eau, que l'on remplace par une seconde , et même par une troisième. Ces quantités d'eau auront dissous les sels , l'albumine et l'osmazome. On les réunit toutes pour les évaporer dans un vaisseau de porcelaine , jusqu'à ce que l'albumine se soit coagulée en totalité et séparée. On filtre alors la liqueur, qu'on réduit de nouveau à une petite quantité , et qui est alors d'une couleur foncée. On la chauffe ensuite trèsdoucement jusqu'à consistance de sirop. Dans cet état , elle consiste dans de l'osmazome, mêlée avec les sels de la chair. En faisant digérer cet extrait dans l'alcool, ce liquide se charge de l'osmazome et laisse les sels. En évaporant la dissolution alcoolique, on obtient l'osmazome presque pure*.

propriétés. L'osmazome, qu'on s'est procurée ainsi, est d'un jaune brunâtre, ayant l'odeur et la saveur du bouillon.

Elle se dissout dans l'eau et dans l'alcool. La dissolution aqueuse ne se réduit point en gelée ; mais, par l'évaporation , elle laisse l'osmazome à l'état d'une matière brune.

La dissolution aqueuse d'osmazome est précipitée par Linfusion de noix de galle , par le nitrate de mercure , et par l'acétate et le nitrate de plomb.

Lorsqu'elle est exposée à la chaleur, l'osmazome se fond et se boursouffle. Elle est décomposée, et donne du sous-carbonate d'ammoniaque, en laissant un charbon volumineux qui contient du carbonate de soude, ce qui prouve qu'elle n'était pas à l'état de pureté parfaite.

* Thénard, Traite de Chim. III , 686.

PICROMEL. 471

SECTION VII

Du Picromel.

Thénard a nommé ainsi la substance particulière qui caractérise la bile*. On peut obtenir cette substance à l'état de pureté, par le procédé qui suit. On mêle de la bile fraiche Préparation. avec de l'acide sulfurique, étendu de trois ou quatre fois son poids d'eau; il se produit un précipité jaune , qu'ij faut laisser se déposer etqu on sépare ensuite. On continue alors d'ajouter de nouvelles quantités d'acide , pétulant tout aussi longtemps qu'il donne lieu à précipité. On chauffe doucement le mélange pendant quelques heures, après quoi, on décante la portion fluide; il reste une matière verte, que les chimistes ont été dans l'usage de désigner par la dénomination de résine de bile. Ou édulcore complètement celte .matière avec de l'eau ; elle est alors un composé de picromel et d'acide sulfurique. On la fait digérer avec du carbouate de barite et de l'eau. L'acide se combine avec la barite, tandis que le picromel, en se dissolvant dans l'eau, forme une dissolution qui ressemble exactement par sou apparence à la bile. Ou bien, on peut dissoudre la matière verte dans l'alcool, et mettre la liqueur en digestion avec du carbonate de potasse , ou du carbonate de cbaux , jusqu'à ce qu'elle ne rougisse plus le tournesol. On filtre alors cette liqueur et on la fait évaporer à siccité : la substance ainsi obtenue est le picromel.

Le picromel lorsqu'il est pur, ressemble complétemeutà de Propriéiéi la bile épaissie; il est de couleur verte, ou jaune verdàtre; sa saveur est excessivement amère, puis elle devient sucrée.

Il est soluble dans l'eau et dans i'alcool en toutes proportions. L'éther ne le dissont pas, mais il le convertit en une substance adipocireuse , d'une odeur excessivement désagréable.

Ainsi que l'albumine du sang, le picromel s'unit avec les acides, et forme avec eux des composés solubles, lorsqu'ils sont neutres , et ne se dissolvant qu'en très-petite proportion , lorsqu'ils contiennent un excès d'acide. C'est

* Le nom île picromel est dérivé, je présume , de T»fK . amer , et pi ki , miel. C'est un nom très-malheureusement trouvé. Choline , de *•*«> bile, conviendrait beaucoup mieux.

ce dernier composé de picromel et d'un acide minéral, queles chimistes ont, jusqu'à présent, considéré par erreur comme étant la résine de bile.

Le picromel se combine également avec beaucoup d'oxides métalliques , à l'état d'une masse pulvérulente.

Il n'est pas précipité par l'infusion de noix de galle ; mais le nitrate de mercure, le sous-acétale de plomb, et les sels de fer, versés dans sa dissolution aqueuse, y produisent des précipités.

Au feu, le picromel ne donne point d'ammoniaque-, d'où il semblerait résulter qu'il ne contient point d'azote. Cette différence dans sa composition suffit pour le faire distinguer de l'albumine, et de la fibrine, avec lesquelles il a beaucoup de propriétés analogues '.

SECTION VIII

De l'Urée. » , . Pour obtenir l'urée, on évapore à une douce chaleur une

Préparation. . • » v • 1 -1 i • i • 1

certaine quantité cl urine humaine , rendue six ou huit heures après le repas, jusqu'à ce qu'elle soit réduite en consistance de sirop épais. Dans cet état, elle se solidifie par le refroidissement en une masse cristalline. Sur cette masse , on verse à différentes reprises quatre fois son poids d'alcool , et l'on chauffe doucement ; elle se dissout en grande partie, et il ne reste qu'un certain nombre de substances salines. On introduit la dissolution alcoolique dans une cornue, et l'on distille au bain de sable, en continuant le distillation jusqu'à ébullilion bien établie, et lepaississement sirupeux de la liqueur. Tout l'alcool est alors séparé , et ce qui reste dans la cornue cristallise par refroidissement. Ces cristaux consistent dans la substance connue sous le nom d'urée*. ttëcouterte. C'est à Rouelle jeune que nous devons la découverte de cette substance; il en publia la description en 1773 sous le nom <£ extrait savonneux d'urine. Il indiqua plusieurs de ses propriétés. Mais on n'en connaissait encore que très-peu la nature, lorsque Fourcroy et Vauquelin publièrent, en 170,9,

* Bcrzelins, Annals of Philosopliv, U, .^77.

* Fourcroy et Vaufjuelin . , Ann. iJe Cliim. XXXII , 83.

URÉE. 4y3

leurs expériences sur cette substance. Ces chimistes célèbres Jui donnèrent le nom d'urée, qui a été généralement adopté.

L'urée, ainsi obtenue, est sous forme de lames cristallines propr;éié qui se croisent eu différens sens. Sa couleur est d'un blanc jaunâtre ; mais lorsqu'elle est parfaitement pure , elle est blanche, demi-transparente, et cristallisée en prismes tétraèdres ou hexaèdres.

Elle a une odeur fétide, analogue à celle de l'ail ou de l'arsenic -, sa saveur est forte et acre , ressemblant à celle des sels ammoniacaux-, elle est très-visqueuse et difficile à couper; elle a l'aspect du miel épaissi1. Exposée à l'air, elle en attire trèspromptement l'humidité, et se convertit en un liquide brun épais. Elle est extrêmement soluble dans leau , et pendant sa dissolution il se produit un très-grand degré de froid *. L'alcool la dissout aisément, mais en moindre proportion que i'eau. La dissolution alcoolique chaude fournit beaucoup plus facilement des cristaux par refroidissement que la dissolution aqueuse.

Lorsqu'on verse de l'acide nitrique dans la dissolution Crias'ec'se concentrée de l'urée dans l'eau , il s'y dépose un très-grand l'acide nitrique nombre de cristaux brillans nacrés, qui sont composés durée et d'acide nitrique. Aucun autre acide ne produit cet effet singulier. La dissolution concentrée de l'urée dans l'eau est brune, mais elle jaunit lorsqu'on fétend de beaucoup d'eau. L'infusion de noix de galle lui donne une couleur brune jaunâtre , mais ainsi que l'infusion de tannin , elle n'y produit aucun précipité 3.

Lorsqu'on chauffe l'urée , elle se fond très-promptement, , ,Ac?°?

U ^ en t j S> r- -J- ,' de la chaleur.

se boursounJe et s évapore avec une odeur d une letidite insupportable. A la distillation , il passe d'abord de l'acide benzoique , puis du carbonate d'ammoniaque en cristaux , du gaz hydrogène carboné, quelques traces d'acide hydrocyanique et d'huile-, et il reste un résidu considérable, composé de charbon , d'hydrochlorate d'ammoniaque et d'hvdrochlorate de soude. La distillation est accompagnée dune odeur d'ail extrêmement repoussante. 288 parties d'urée fournissent à la distillation , 200 parties de carbonate d'am-

' Fourcroy et Yauquelin, Ann. Je Chim. XXXII, 87. Suivant Proust, l'urée obtenue parles procédés ci-dessus men lionnes , est saturée d'ammoniaque. Journ. de Phjs. LVI , n3.

; Ann. de Ciiim. , ibi d. , p. 88. ? Ibid

moniaque , 10 parties de gaz hydrogène carboné , 7 parties de charbon , et 68 parties d'acide benzoïque , d'hydrochlorate de soude , et d'hydrochlorate d'ammoniaque. Fourcroy et Vauquelin considèrent ces trois derniers principes comme des substances étrangères, séparées de l'urine par l'alcool en même-temps que l'urée. D'où il résulte que 100 parties d'urée distillées, produisent

92,027 Carbonate d'ammoniaque.

4,6o8 Gaz hydrogène carboné.

3,223 Charbon.

Or 200 parties de carbonate d'ammoniaque sont composées , selon Fourcroy et Vauquelin , de 86 parties d'ammoniaque, de 90 parties de gaz acide carbonique et de 24 parties d'eau-, d'où il suit que 100 parties d'urée sont formées de

3g, 5 Oxigène.

32,5 Azote.

1^,7 Carbone.

i3,3 Hydrogène.

Mais on ne peut guère douter que l'eau trouvée dans le carbonate d'ammoniaque , n'existât déjà toute formée dans l'urée avant la distillation '.

Lorsqu'on tient au degré del'ébullilion !a dissolution aqueuse d'urée, et qu'on y ajoute de l'eau à mesure qu'elle s'évapore, l'urée se décompose peu-à-peu, il se dégage une très-grande quantité de carbonate d'ammoniaque , il s'y forme en mêmetemps de l'acide acétique et un précipité charbonneux *. Putréfaction. Lorsqu'on abandonne pendant quelque temps à elle-même la dissolution aqueuse d'urée, elle se décompose peu-à-peu. Il se rassemble une écume à la surface; il se dégage des bulles d'air qui ont une odeur forte et désagréable, dans laquelle on distingue celles de l'ammoniaque et de l'acide acétique.

» Fourcroy et Vauquelin , Ann. de Chira. XXXII, 88. Il serait inutile de chercher à calculer la composition de l'urée, d'après celte analyse, parce que plusieurs des données d'après lesquelles les résultats ont été établis, étant évidemment inexactes, les proportions qui en ont été déduites doivent l'être également.

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