‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 119 sur 228 · MATIÈRE SUCRÉE · texte numérisé non relu

MATIÈRE SUCRÉE

ceux-ci ; suivant lui , les parties coustituantes du sucre de lait sont :

Oxigène 53,35g

Carbone 39,474

Hydrogène 7)'t>7

Ces résultats ne correspondent pas bien avec le nombre équivalent pour le sucre de lait déduit de l'analyse. Si nous supposons cette substance formée de 4 atomes d'oxigène , 5 atomes de carbone et 4 atomes d'hydrogène, sa composition serait comme suit :

4 atomes oxigène = 4 48,4

5 atomes carbone = 3, 75.... 45, 4

4 atomes hydrogène = o,5o. ... 6,2

Nombres qui ne peuvent absolument se concilier avec ceux des analyses dont nous venons de présenter les résultats. Ce sujet exige donc un nouvel examen a.

2. Le miel est préparé par les abeilles, et appartient plutôt u^i peut-être à la classe des matières végétales qu'à celle des matières animales. Il est d'une couleur blanche ou jaunâtre , d'une consisîance molle et grenue, et d'une odeur saccharine et aromatique. A la distillation, il fournit un flegme acide et une huile ; son charbon est léger et spongieux comme celui des mucilages des plantes. Traité par l'acide nitrique, il donne de l'acide oxalique, précisément comme on l'obtient du sucre. Il est très-soluble dans l'eau, avec laquelle il forme un sirop. Le miel passe comme le sucre à la fermentation vineuse. M. Cavezzali a annoncé que le miel était composé de sucre , de mucilage et d'un acide. On peut séparer le sucre en faisant fondre le miel , et en y ajoutant du carbonate de chaux en poudre jusqu'à ce que toute effervescence cesse , en ayant soin d'écumer la dissolution pendant qu'elle est chaude. Le liquide ainsi traité dépose peu-à-peu par refoidissement, lors-

1 Armais of Philosophy, V, 166.

* Si l'on désire des détails plus circonstanciés sur le sucre de lait , on peut consulter l'Abbandlung de t.ichtenslein , publié séparément en 1 7-2 , ainsi que la dissertation île Rouelle , insérée dans le 3p. e tome du Journ. de Méd. Morveau en a donné un abrégé dans le i.er vol. de l'Encyclopédie méthodique, publié en anglais par M. Johnson, dans sou Histoire de la Chimie animale, 1 , 128.

qu'on l'abandonne à lui-même dans un vaisseau de verre, des cristaux de sucre1. Ces cristaux, autant que j'ai pu le reconnaître, sont entièrement analogues à ceux du sucre de raisins. Il y a, suivant Proust, deux espèces de miel; l'un toujours liquide, l'autre solide et non déliquescent. 11 assure qu'on peut les séparer au moyen de l'alcool.2. , „ . 3. L'urine des personnes qui éprouvent la maladie condiabétique, nue par les médecins sous le nom de diabète^ lournit a l'évaporation une quantité assez considérable de matière qui a des propriétés analogues à celles du sucre. Willis paraît être celui qui observa le premier ce sucre. Les médecins qui l'examinèrent depuis firent des observations plus étendues sur sa nature. Mais c'est à Cfuikshanks que nous devons la suite d'expériences la plus intéressante sur cette substance. Il obtint de l'urine diabétique, environ les o,o83 de son poids d'un extrait sucré semblable au miel. Traité par l'acide nitrique, cet extrait donnait la même proportion d'acide oxalique qu'en aurait fourni une égale quantité de sucre ordinaire, toutefois en tenant compte des substances salines présentes. Il ne se formait point d'acide saccho-lactique ; d'où. il suit, que cette substance n'est pas analogue au sucre de lait, et qu'elle se rapproche de plus près, par ses propriétés, du sucre ordinaire ; elle cristallise à-peu près de la même manière que le sucre de raisins. J'ai vu de ce sucre , préparé par le docteur Wollaston, en petits grains avant presque exactement l'apparence du sucre ordinaire. Nicolas assure que , traité par la chaux, il se décompose3. S'il eu est ainsi , il diffère essentiellement du sucre ordinaire qui, ainsi que Cruikshanks l'a prouvé le premier, peut s'unir à la chaux sans se décomposer.

SECTION X

De la Cantharidine.

Je donne ce nom à la substance qui, dans les cantharides (me/oe -vesicatorius), occasionne des vésicules sur la peau lorsqu'elle y est appliquée. Robiquet obtint en 1810 * cette

« Ann. deChitn. XXXIX, no. * Journ. .le Fliys. L1X , 428. » Ann. de Chim. XLIX , 64. « Anu. de Chiui. LXXVI, 3oa.

CANTHARIDINE, COCHEIULINE. 4°' l

substance à l'état isolé , et il en examina les propriétés. On l'obtient ainsi qu'il suit :

On fait bouillir des cantbarides dans de l'eau, jusqu'à ce Préparation, que ce liquide ne se charge plus d'aucun principe. On concentre la liqueur par 1 evaporation , et lorsqu'elle est réduite à la consistance d'extrait, on la soumet dans cet état à l'action répétée de 1 alcool bouillant, jusqu'à ce que ce liquide cesse de se colorer. Cette dissolution alcoolique étant évaporée à siccité par une douce chaleur, le résidu sec est mis dans une

f)hiole avec de l'éther sullurique, et on agite pendant trèsong-temps le mélange. L'éther semble d'abord n'avoir aucune action ; mais au bout de quelques heures il prend une teinte jaune. Après l'avoir décanté, ou l'abandonne à 1 evaporation spontanée à l'air. Il se dépose de petites plaques cristallines, mêlées avec une matière jaune. On enlève cette matière jaune par un lavage à l'alcool froid, qui n'attaque pas sensiblement les lames cristallines. Ces lames recueillies et séchées entre des feuilles de papier Joseph , sont la cantharidine à l'état de très-grande pureté.

La cantharidine, ainsi obtenue, est en petites lames, avant Propriéié». une apparence micacée éclatante. Elle est insoluble dans l'eau et dans l'alcool froid; l'alcool bouillant la dissout, mais elle se précipite sous forme cristalline, de cette dissolution, à mesure qu'elle refroidit. L'éther la dissout, mais très-faiblement. Elle est aisément soluble dans les huiles , et lorsqu'elle est appliquée sur la peau, elle agit avec une grande énergie comme vésicatoire; sa dissolution dans les huiles est également efficace *.

SECTION XL

De la Cocheniline.

La cochenille est un petit insecte qui vit sur plusieurs espèces de cactus , et qu'on multiplie au Mexique, ainsi que dans quelques autres pays , pour les employer à la teinture des étoffes. C'est par la cochenille qu'on donne à la laine la couleur écarlate, la plus belle de toutes les couleurs. C'est à la matière colorante rouge de l'insecte, que le docteur John

* Ami. de Cbim. LXXVI, 3o8.

iv. ai

a donné le nom de cocheniline. Après avoir examiné cette matière colorante, il l'établit comme étant un principe animal particulier.

Suivant lui, les parties constituantes de l'insecte cochenille sont, savoir:

Cocheniline 5o,o

Gelée 1 o,5

Cire grasse. io,o

Mucus gélatineux i4,o

Matière éclatante 1 4,o

Phosphate alcalin "\

Hydrochlorate alcalin. ... I

Phosphate de chaux >... ir5

Phosphate de fer I

Phosphate d'ammoniaque. )

Propriétés. La cocheniline est d'un beau rouge carmin. Cette couleur est permanente à l'air sec -, mais elle se convertit en une matière glutineuse, lorsqu'elle est gardée dans un lieu humide. Elle est soluble dans l'eau , dans l'alcool et dans l'éther. Lorsqu'on évapore à l'air sa dissolution dans l'eau, elle subit la même altération que celle qu'éprouve l'extractif dans des circonstances semblables. Elle se dissout dans les alcalis caustiques, et aussi dans les acides. Elle n'est pas précipitée par l'infusion de noix de galle. La force d'affinité de la cocheniline pour l'alumine, l'oxide d etain et quelques autres oxides, est bien connue.

SECTION XII

Des Huiles.

Les substances oléagineuses trouvées dans les animaux appartiennent toutes à la classe des huiles fixes. Elles diffèrent beaucoup entre elles dans leur consistance, puisqu'on les obtient dans tous les états intermédiaires, depuis le spermaceti, qui est parfaitement solide, jusqu'à l'huile de poisson , qui est complètement liquide. Les plus importantes de ces huiles sont celles qui suivent :

* Jqhn's Tabellcn der Thier reichs, p. 127.

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