‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 120 sur 228 · HUILES · texte numérisé non relu

HUILES

i. Graisse. On trouve cette substance en grande quantité Gr»i«a. dans différentes parties des animaux. Lorsqu'elle est pure, elle a les propriétés des huiles fixes. Sa consistance varie depuis celle du suif qui est cassant, jusqu'à celle de la graisse de porc ouaxonge, qui est molle et demi fluide. Pour obtenir la graisse pure, ou la coupe en petits morceaux, on la lave bien dans l'eau , et l'on en sépare les parties membraneuses et les vaisseaux. On la fait fondre alors dans un vase de peu de profondeur avec de l'eau, et on la tient à l'état de fusion jusqu'à ce que l'eau soit complètement évaporée. Ainsi purifiée , la graisse est blanche et presqu'insipide.

Les diverses espèces de graisse se liquéfient à des tempe- pr0priét«t. ratures différentes. Le lard fond à 36° centig. , mais la graisse qu'on extrait de la viande, exige, suivant Nicholson, une chaleur de 52» centig. Lorsqu'on la chauffe jusqu'à 204° centig., elle commence à répandre une fumée blanche, qui devient plus abondante et plus désagréable à mesure que la chaleur augmente ; elle prend en même-temps une couleur noirâtre, ce qui est dû sans doute à ce qu'elle est en partie décomposée, et à ce qu'il se développe du charbon. Sialorsonla laisse refroidir, elle devient plus cassante et plus solide qu'auparavant. Aladistillationdansunecornue, le sain doux. ouaxonge, fournit d'abord une certaine quantité d'eau, puis une huile blanche, qui se solidifie dans le récipient en petits globules arrondis-, et il reste dans la cornue une masse noire. Pendant toute l'opération . il passe en abondance du gaz hydrogène carboné et du gaz acide carbonique , qui ont une odeur extrêmement fétide. Lorsqu'on délute l'appareil , il se répand une odeur si forte et si désagréable qu'il est impossible de la supporter. On supposait autrefois que cette odeur était due à de l'acide sébacique formé pendant la dis-» tillation -, mais Thénard a prouvé que c'est une erreur. On doit donc l'attribuera de l'huile empyreumatique; l'odeur ne disparaît pas tout de suite. Pendant la distillation, il se dégage de l'acide acétique, ainsi qu'un peu d'acide sébacique, qu'on trouve en dissolution dans le récipient, mêlés avec l'huile.

Ces produits démontrent quelle est la nature particulière Nature. de la graisse ; et en même-temps son analogie avec l'huile fixe est si frappante, qu'on ne peut se dispenser de la regarder comme appartenant au même genre de corps. Ses principes constituans sont indubitablement l'oxigène, l'hydrogène

et le carbone, mais dans des proportions encore inconnues, Gn a supposé aussi qu'elle contient un acide. Cette opinioa dérivait de celle des anciens chimistes, qui considéraient tousles corps huileux solides comme devant leur solidité à un acide. Les expériences de Crell semblèrent prouver la vérité de cette opinion •,. mais Thénard a démontré depuis que ces expériences étaient erronées , et qu'il fallait attribuer les résultats obtenus , à l'impureté des substances employées. L'acide sébacique se développe par l'action de la chaleur sur la graisse.

La graisse est insoluble dans l'eau, dans l'alcool et dans l'éther. Les acides forts la dissolvent et la décomposent peuà-peu. Elle se combine avec les alcalis, et cette combinaison forme un savon.

Lorsqu'on verse un peu d'acide nitrique sur de la graisse, et qu'on l'expose ainsi à une douce chaleur, l'acide abandonne son oxigène et convertit la graisse en un onguent jaune, que Fourcroy regarde comme un oxide de graisse, qu'on assure avoir été employé avec un grand succès en France dans les affections vénériennes externes. Il se forme une portion d'acide saccholactique par l'action de l'acide nitrique. La graisse dissout un peu de soufre et de phosphore, le phosphore est promptement converti en acide phosphoreux. Dans les préparations pharmaceutiques mercurielles , qui se font en triturant le mercure avec la graisse, ce métal est, selon Vogel, à l'état métallique *.

Il faut attribuer la rancidité de la graisse à la même cause qui produit la rancidité des huiles fixes.

2. Huile de poisson. On extrait ce liquide de la baleine, et de poisson, d'autres espèces de poissons. C'est un objet de commerce trèsimportant; on s'en sert pour l'éclairage, ainsi que pour d'autres usages. Elle est épaisse d'abord; mais lorsqu'on l'abandonne à elle-même, il se dépose une matière blanche mueilagineuse, et l'huile devient transparente. Elle est alors d'une couleur brune rougeàtre , et d'une odeur désagréable. Si on l'agite avec un peu d'acide sulfurique, et qu'on y mêle de l'eau r l'huile, par le repos, vient nager à la surface, et sa couleur est plus claire qu'auparavant; feau continue d'être laiteuse, et l'on voit une matière cascuse flotter entre l'huile et l'eau..

Huilé

* Ami. de Chim. LVIII, ■&£

'HUILEE. 4&5

On a employé cette méthode pour purifier l'huile , afin de la rendre plus propre à brûler dans les lampes. On s'est servi, à cet effet , de plusieurs autres moyens , dont les plus importans sont ceux recommandés par M. Dossie*.

3. Huile de spermaceti. C'est l'huile qui se sépare du blanc Huile de baleine pendant sa purification. Elle est beaucoup plus pure que l'huile de poisson, et par conséquent elle est plus propre à la combustion daDS les lampes.

4- Le beurre a tous les caractères d'une huile fixe; mais Eeurre. comme on ne le trouve tout formé dans aucune substance animale, la description de ses propriétés appartient au chapitre suivant.

5. Marsraff obtint Vhuile de fourmis en faisant macérer Huile

dn 1 r- • f t -il 1 T • i • >> de fourmis.

ans leau la formica rufa^ et en distillant le liquide jusqu a

moitié. On aperçut L'huile qui nageait à la surface de l'eau dans le récipient. Elle est liquide, et se dissout Complètement dans l'alcool. Sa saveur n'est pas chaude, mais elle a une odeur particulière. Elle paraît tenir le milieu, par ses propriétés, entre les huiles fixes et les huiles volatiles 2.

6. Huile animale de Dippel. Quoiane tous les corps huî- Huile auimsic

1 'il i-i « 1 de Dippel

leux trouves dans les substances animales appartiennent a la classe des huiles fixes , il existe cependant une huile volatile particulière qui manifeste son apparence et se forme, sans doute , pendant la distillation de dilférens corps animaux. Quoique cette huile ait maintenant perdu celle espèce de célébrité dont elle jouissait parmi les anciens chimistes, cependaut comme elle a des propriétés qui lui sont particulières, un court exposé de la nature de cette substance, ne sera pas déplacé. On l'appelle ordinairement huile animale de Dippel, du nom de celui quil'obtintle premier. On la retire communément des parties gélatineuse et albumineuse des animaux; et ce sont, dit-on , les cornes qui conviennent le mieux pour se procurer cette huile. On mêle le produit de la première distillation avec de l'eau , et on distille ensuite le tout à une douce température. L'huile qui s'obtient ainsi d'abord est l'huile animale de Dippel.

Cette huile est sans couleur et transparente; son odeur est

1 Pbil. Mag. XV. 10^5 et Transactions of ttie Society for tbe cb- •■ouragements of the arts, vol. XX.

? Mar^raff. Opusc. I, 291.

forte et un peu aromatique ; elle est presque aussi légère et aussi volatile que 1 ether : l'eau en dissout une portion, et la dissolution verdit le sirop de violette, ce qu'on suppose être dû à un peu d'ammoniaque qu'elle contient. Tous les acides la dissolvent , et forment avec elle une espèce de savon imparfait. L'acide nitreux l'enflamme. Elle forme un savon avec les alcalis, et s'unit à l'alcool, l'éther et aux huiles. Exposée à Pair, elle brunit, et perd sa transparence. On s'en servait autrefois comme d'un spécifique dans les fièvres ".

SECTION XIII

Des Résines animales

On trouve dans différens corps animaux des substances qui ressemblent aux résines, et qu'on peut, par cette raison , appeler résines animales. Leurs propriétés diffèrent, sous certains rapports , de celles des résines végétales ; mais elles n'ont pas été toutes examinées avec précision. Les plus remarquables de ces substances sont les suivantes.

Ambre gris. i. Ambre gris. On trouve cette substance flottant sur la surface de la mer, près des côtes de l'Inde, de l'Afrique, et du Brésil. Elle est ordinairement en petits morceaux, mais quelquefois aussi en masses, du poids de 25 à 5o kilogr. Il a été émis des opinions très-différentes sur l'origine de l'ambre gris. Les uns soutenaient que c'était le suc concret d'un arbre 3 ; d'autres pensaient que c'était un bitume ; mais on considère aujourd'hui , comme assez bien établi, que c'est une concrétion qui se forme dansTestomac ou dans les intestins du physeter macrocephalus , ou baleine spermaceti 3.

Propriétés. L'ambre gris pur est léger et mou , il surnage l'eau. Sa » pesanteur spécifique varie, selon Brisson, de 0,78 à 0,92. Bouillon-Lagrange, qui en a publié dernièrement une analyse, a trouvé cette pesanteur spécifique de 0,846 à o,844 4- Sa couleur est le gris cendré , rayé de jaune brunâtre et de blanc. Son odeur est agréable, et le devient encore davantage avec le temps. Il est insipide.

* Expcriments of Model anrl Derme.

» Nouvel Abroge des Phil. Trans. XI, 8f). ^ Phil. Trans. XXXIII , XXXVIII el XC.

« Ar.n. deChim. XL Vil, 73.

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