‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 133 sur 228 · OS, COQUILLES ET CROUTES · texte numérisé non relu

OS, COQUILLES ET CROUTES

Les substances suivantes , analysées par Merat-Guillot , appartiennent par leur composition à cette classe, quoiqu'il soit difficile de dire quelles étaient les espèces de zoophites qu'il examina. Par corail rouge il entendait probablement le gorgonia nobilis , quoiqu'on sache , d'après l'analyse de Hatchett , que cette substance contient aussi du phosphate.

Corail blanc. Corail rouge. Coraline articulée.

Carbonate de chaux. 5o 53,5 4g

Matière animale. ... 5o 46,5 5 1

100 100,0 ioo

3. Lorsqu'on met le madrepora polymorpha dans de 3. rj« l'acide nitrique affaibli , sa forme ne change point; il reste me™^.™"l;eAs une substance membraneuse dure , blanche et opaque , rem- et de phosphate plie dune gelée transparente. La dissolution acide donne , par l'ammoniaque, un léger précipité de phosphate de chaux. Le carbonate d'ammoniaque y forme un précipité abondant de carbonate de chaux. Il est d>nc composé d'une substance animale en partie à 1 état de gelée , et en parte à celui de membrane , durci par du carbonate de chaux , et par un peu de phosphate de chaux.

Le /lustra foliacea , traité de la même manière, laissa une membrane réticulaire fine , ayaut les propriétés de l'albumine coagulée. La dissolution contenait un p<ju de phosphate de chaux , et donna beaucoup de carbonate >!e chaux , lorsqu on la traita par les carbonates alcalins. Le enralina opuntia , ainsi traité , fournit les mêmes constituais , avec cette différence, qu'on ne pouvait découvrir de phosphate de chaux dans la coraline fr.iîche; mais la dissolution de coraline brûlée en donnait des traces. L'iris ochracea présente les mêmes phénomènes , et il est formé des mêmes parties constituantes. Lorsqu'on le dissout dans l'acide nitrique affaibli , sa matière colorante se dépose en une belb- poudre rouge , insoluble et inaltérable dans l'acide nitrique et dans l'acide hvdrochlorique; tandis que ces acides détruisent la matière colorante du tubipora mnsica. Les branche-» de cet iris sont séparées par une suite de nœuds, qui sont des corps cartilagineux unis ensemble par une couche membraneuse. Il se trouve en dedans de cette couche une cavité co-

* Merai-Guillot, Ann. de Chiw. XXXIV, 71.

5l4 PARTIES DES ANIMAUX»

nique remplie de matière terreuse ou coraline ; de sorte que pendant qu'elles sont fraîches , les branches de l'iris sont susceptibles de beaucoup de mouvement , car les nœudsservent d'articulations.

Lorsqu'on plonge dans l'acide nitrique affaibli le gorgonia nobilis , ou corail rouge , sa matière colorante est détruite; il y a effervescence , et la partie calcaire se dissout. Il reste une membrane extérieure tubulée de couleur jaune , qui renferme une substance gélatineuse transparente. La dissolution ne fournit que du carbonate de chaux ; mais si l'on chauffe le gorgonia nobilis à une chaleur rouge , et qu'on le dissolve ensuite , la dissolution donne aussi un peu de phosphate de chaux. Le corail rouge est composé de deux parties : d'une tige intérieure , qui est formée de matière gélatineuse et de carbonate de chaux ; et d'une enveloppe extérieure , ou écorce , consistant dans une membrane durcie par des sels calcaires. Ces deux parties sont colorées l'une et l'autre par une substance qui n'est pas connue.

Le gorgonia ceratophita Consiste également dans une lige et une écorce. La tige est formée de cartilage durci principalement par du phosphate de chaux , et contenant un peu de carbonate de chaux; mais l'écorce consiste dans une membrane durcie presqu'entièrement par du carbonate de chaux. Le gorgonia Jlabellum est presque exactement semblable. L'écorce du gorgonia suberosa donna de la gélatine par l'eau bouillante : mis en macération dans des acides , il laissa une membrane molle jaunâtre, et l'acide avait absorbé un peu de phosphate de chaux et une grande quantité de carbonate de cette base. La tige contenait à peine aucun sel terreux. En la faisant brûler , elle laissa un peu de phosphate de chaux. Traitée par l'eau , elle donna un peu de gélatine ; mais elle consistait principalement dans une substance de la nature de la corne , analogue à l'albumine coagulée. Le gorgonia setosa , et le gorgonia pectinata produisirent les mêmes phénomènes.

v Principale. 4- Le gorgonia antiphates a , comme les autres espèces .le m"mL'rane. de gorgonia , une tige de la nature de la corne ; mais il est dépourvu d'écorce. Il donne de la gélatine, à l'aide de l'eau bouillante. Par la macération dans i'acide nitrique il se rai mollit, et présente des couches concentriques de membranes minces brunes et opaques , d'uu aspect ligneux. H ne con-

COR.NES, ONGLES ET ÉCAILLE?. 5l5

tient point de sel terreux. Il forme avec la potasse un savon animal , et il a presque les propriétés de la corne.

Les tiges des gorgonia umbraculum et verr//cosat ressemblent à celles du gorgonia auti pliâtes-, si ce n'est qu'elles sont l'une et l'autre pourvues d'une écorce composée de membrane et de carbonate de chaux.

Les antiphates ulex et myriophyla ressemblent presque entièrement à la tige cornée du gorgonia antiphates.

Hstchett Ht des recherches chimiques sur plusieurs espèces d'épongés ; mais il les trouva , par l'analyse , toutes semblables dans leur composition. Ou peut donner comme exemples, les spongia cancellata , o eu la ta , infundibulifarmis , palmata et officinalis. Elles consistent dans de la gélatine , q. «'elles cèdent peu-à-peu à l'eau , et dans une substance mince membraneuse cassante, qui a les propriétés de l'albumine coagulée. De là les effets qu'y produisent les acides et les alcalis.

Les afcj'onium Jicus , asbestinum et arbnreum ressemblent beaucoup par leurs parties const. tuantes à l'écorce du gorgonia suberosa. Elles fournissent à l'eau un peu de gélatine. Elles se ramollissent dans l'acide nitrique, et paraissent membraneuses. L'acide se charge du carbonate de chaux, et aussi d'un peu de phosphate, au-moins , lorsqu'on porte préalabl nient la substance à une chaleur rouge.

Tel est, en abrégé, l'exposé de la savante analyse des zoophites par ILtchett.

SECTION II

Des Cornes , Ongles , et Ecailles.

J'ai traité , dans la dernière section , de celles des parties dures des animaux, qui sont inflexibles, incapables d'être ramollies p^r la chaleur, et qui contiennent une grande proportiou de sels calcaires. Mtis il est une autre série de parties dures qui sont très-élastiques , qui se ramollissent par la chaleur, et qui ne contiennent qu'une très petite portion de matière calcaire. On comprend ces substances sous les noms bien connus de cornes , d'ongles et à'écaill^s. On devrait, à la rigueur, y joindre la quatrième classe des zoophites, mais, dans l'état actuel de nos connaissances, j'ai pensé

5l6 PARTIES DES ANIMAUX.

qu'il valait mieux rassembler en un seul point tout ce qu'on savait sur ces derniers corps.

C'est par Hatchett que nous avons appris tout ce que nous savons sur les substances dont nous allons nous occuper. Les chimistes qui l'ont précédé avaient , à-la- vérité , fait sur elles un grand nombre d'expériences; mais ces essais n'étaient pas de nature à répandre beaucoup de lumière sur la composition de ces corps.

Comes. i . Les cornes sont ces substances bien connues attachées au front des bœufs, des moutons, et de plusieurs autres animaux. Elles ne sont pas très-dures, puisqu'on peut les couper au couteau, et les râper avec la lime; mais elles ne sont pas susceptibles d'être pilées dans un mortier. Lorsqu'elles sont en lames minces, elles ont un certain degré de transparence, et on les a quelquefois substituées au verre dans les fenêtres. Lorsqu'on les chauffe suffisamment , elles deviennent trèsmolles et très-flexibles , de sorte qu'on peut altérer considérablement leur forme. Ainsi, l'on peut parvenir par degrés à les mouler et à les travailler de diverses manières. On assure que , portées à une haute température dans le digesteur de Papin , elles se convertissent en une matière qui a toutes les propriétés de la gélatine.

Composes Les cornes ne contiennent qu'une très-petite quantité de -le membraue. matïère terreuse. Hatchett brûla 5oo parties de corne de bœuf , le résidu ne fut que de i,5 parties , dont le phosphate de chaux ne formait pas les o,5o. Il en fut de même de 78 parties de corne de chamois, qui ne laissèrent que o,5 parties de résidu , dans lesquels le phosphate de chaux n'était pas pOur les o,5o *. Les cornes sont principalement composées d'une substance membraneuse qui a les propriétés de l'albumine coagulée; il est probable aussi qu'il s'y trouve un peu de gélatine. On peut se rendre ainsi raison des produits qu'on obtient lorsqu'on soumet ces substances à la distillation.

Il faut pourtant faire exception , parmi les cornes, de celles du cerf et du daim. Les expériences de Schéele, de Rouelle, et de Hatchett, nous ont fait connaître que ces substances ont exactement les propriétés de l'os, et sont composéesdes mêmes principes , seulement la proportion du cartilage y est plus grande. Elles sont alors intermédiaires entre l'os et la corne.

* Phil. Trans. 1799, p. 33s.

CORNES, ONGLES ET ÉCAILLES. 5lJ

La même remarque s'applique à une corne fossiile trouvée en France, et analysée dernièrement par Braconnot -, il la trouva composée de

Sable siliceux 4,o

Gélatine 4,6

Bitume 4,4

Oxide de fer o,5

Alumine 0,7

Phosphate de magnésie 1,0

Eau 11,0

Carbonate de chaux 4,5

Phosphate de chaux 69, 5

2. Les Ongles, qui couvrent les extrémités des doigts, sont Oogiw. attachés à l'épiderme , et s'enlèvent avec lui. Hatchett s'est assuré que les ongles sont principalement composés d'une substance membraneuse, qui a les propriétés de l'albumine coagulée. Ils paraissent contenir aussi un peu de phosphate de cbaux. L'eau les ramollit, et ne les dissout pas : mais ils se dissolvent facilement dans les acides et dans les alcalis concentrés , et s'y décomposent. II parait aussi que les ongles ont beaucoup de rapport avec la corne dans leur nature et dans leur C3in position. On doit considérer comme ongles, les serres, les griffes, et aussi les sabots des animaux inférieurs, qui ne di fèrent en rien de la corne.

La substance qu'on appelle écaille de tortue diffère beau- ECa;i:e coup des coquilles dans sa composition , et se rapproche bien de lorluedavaitage de la nature de X ongle ; c'est par cette raison que je l'ai placée ici. Lorsqu'on a fait macérer pendant long-temps cetteécaille dans de l'acide nitrique , elle se ramollit, et paraît fornée de membranes superposées , qui jouissent des propriéés de l'albumine coagulée. 5oo parties d'écaillé de tortue domèrent, après la combustion, 3 parties de matière terreuse, conistant dans des phosphates de chaux et de soude , avec un jeu de fer3.

i. Les écailles des animaux sont de deux espèces ; quel- Ecailles, qus-unes, comme celles des serpens et autres animaux aqphibies, ont une ressemblance très-marquée avec la corne;

■ Gehlcn's Joiirn. Secnd Séries , 111, 49. 1 Hatchett, Pbil. Trans. 1-99, p. 33a.

5l8 PARTIES DES ANIMAUX.

tandis que celles des poissons ressemblent beaucoup plus a la nacre de perle- La composition de ces deux espèces d'écailr ... les est très-différente.

de poisson, Lewenhoeck avait remarqué que les écailles de poisson

composée de , . , „p, ■ . ■ , r

membrane a étaient tonnées de dilrerentes lames membraneuses. Lorsqu on les tient plongées pendant quatre a cinq heures dans l'acide nitrique, elles deviennent transparentes, et parfaitement membraneuses. En saturant l'acide avec de l'ammoniaque, il se produit un précipité abondant, de phosphate de chaux \ D'où il suit, que ces écailles sont composées de couches alternatives de membrane et de phosphate de chaux. C'est à cette contexture qu'elles doivent leur éclat. Haichett reconnut une composition semblable dans les protubérances pointues de la peau du requin -, mais la peau elle-même ne

. „ lui donna point de phosphate de chaux.

Les écailles cornées des serpens ne sont composées que d'une membrane de la nature de la corne , et sont dépourvues de phosphate de chaux. Lorsqu'on les fait bouillir , elles ne donnent que de légères traces de gélatine. Les croûtes analogues à la corne qui couvrent certains insectes et autres animaux paraissent être, d'après les expériences de Hstchett, à -peu-près de la même nature et composées des mêmes principes.

Ainsi ces substances semblent avoir beaucoup de ressemblance entre elles , comme étant composées d'une membrane que Hatchett regarde comme de l'albumine coagulée Vauquelin assure, cependant , qu'elles se dissolvent dans l'eau , lorsque la température dans un digesteur est suffisanment élevée au-dessus du degré de l'ébuliition; et par cette nison , il les regarde plutôt comme une espèce de mucus £ l'état concret que comme une albumine coagulée*.

SECTION III

JDcs Muscles des Animaux.

Après avoir examiné les parties dures des animaux, il nous reste à considérer la composition des parties mohs ,

» Hatchett, Pliil. Trans. 170/) , '.Y.\t. » INicliolson's Jouin. XV, 147.

MUSCLES. Oig

parmi lesquelles les muscles occupent naturellement le premier rang , à raison de leur importance.

Les parties musculaires des animaux sont connues dans le langage ordinaire, sous le nom de chair. Elles constituent en très-grande partie l'aliment de l'homme.

La chair musculaire est formée d'un grand nombre de fibres ou de fils, ordinairement de couleur rougeàtre ou blanchâtre; mas son apparence est trop bien connue pour qu'il soit nécessaire d'en donner aucune description. Elle n'a Histoire. pas été sormise jusqu'ici à une analyse chimique exacte. Thouvene'a publié , à-la-vérité , un mémoire très-intéressant sur ce srjet : et c'est à lui qu'on doit presque tous les faits crunus relativement à la composition delà chair musculaire. jTourcroy et Vauquelin ont fait aussi quelques expériences intéressâmes sur ce sujet ; Hatchett ne l'a pas négligé dans ses dissertatbns importantes sur les substances animales ; et Berzeliu' a examiné le tissu musculaire aussi bien que toute autre partie du corps animal.

Il es1 à peine possible de séparer le muscle de tous les autres orps avec lesquels il est mêlé. Souvent une certaine quantit de graisse y adhère fortement ; le sang le pénètre en tota'té , et chaque fibre est enveloppée d'une matière membmeuse mince particulière , que les anatomistes distinguent >ar le nom de substance cellulaire. Ainsi, par l'analyse c muscle , on ne doit pas s'attendre à connaître exactemei la composition des fibres musculaires pures , mais seuleent celle d'une fibre musculaire imparfaitement isolée d'auts substances.

1 Lorsqu'on coupe un muscle en petits morceaux, et qu'on

11 L* 1 n 1 1 ■• -t " 1-1 Action

le la: bien dans leau, le sang et les autres liquides qu il de l'eau froide contJt s'en séparent , et même une partie de la substance muslaire est dissoute. Par cette opération , le muscle se conrtit en une substance blanche fibreuse, qui conserve la for: première du corps. L'eau acquiert la couleur qui ré-^e d'un mélange d'eau avec du sang. En chauffant, elle se>agule; on voit nager à la surface des flocons bruns , existant dans de l'albumine combinée avec la matière colore du sang; il se précipite aussi de la fibrine. Si l'évapojon est continuée , il se forme un nouveau précipité d'alnme , et le tout finit par prendre la forme d'uue gelée. En îporant à siccité , et en traitant ensuite par l'alcool , la

De l'eau

chaude.

Parlie

insoluble.

suivant Berzelius , dans de Vacidt

gélatine ainsi formée reste non dissoute , et avec elle un pen de phosphate de soude et de phosphate d'ammoniaque. Mais lalcool se charge d'une matière extractive particulière, observée pour la p emière fois par Thouvenel. On peut obtenir cette matière en évaporant l'alcool à siccité. Elle est d'un brun rougeâlre , ayant une saveur forte et acre, et une odeur aronialique. Cette matière est soluble dans l'eau et dans l'alcool ; et lorsque sa dissolution aqueuse est\rèsconcentrée, elle acquiert une saveur acide et amère.Elle seboursouffle et se fond sur les charbons ardens, en répandant en<nême-temps une odeur acide et pénétrante. Elle attire l'humidité de l'air, et forme une efflorescence saline. Dans une atoosphère chaude , elle devient aigre et se putréfie. Lorsqu'on la distille, elle fournit un acide , combiné en partie avec ce l'anmoniaque. Elle consiste lactique et du lactate de soude.

2. En faisant bouillir pendant assez long-temps dms l'eau, le muscle ainsi traité avec de l'eau froide , il s'en sépare une nouvelle quantité des mêmes substances. Il se rassemble à la surface, sous forme d écume, de l'albumine accoipagnée de graisse fondue. La liqueur, suffisamment cocentrée par l'évaporation, se prend en gelée. Lorsqu'après l'avoir évaporée à siccité , on traite le résidu par l'alcool, I reste de la gélatine et des sels phosphoriques , tandis quda matière extractive de Thouvenel se dissout , et peut êe obtenue par évaporation à siccité. C'est par ce procédiqu'on se la procure en quantité suffisante pour en faire l'exnen ; car l'eau froide n'en enlève au muscle qu'une trèsetite portion.

3. Le muscle, ainsi traité par Veau, reste à l'état debres grises, insolubles clans l'eau, et qui , par la dessicatior deviennent cassantes. Cette substance a toutes les propres de \a. fibrine.

4- D'après ces faits, reconnus par Thouvenel et par ur. croy*, il paraît que les muscles sont principalement <oposés de fibrine, et que c'est à cette substance qu'ils doht leur contexture fibreuse. Ils contiennent aussi :

Fourcroy,

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