II. Corps liquides
Hydrochlorate et laolate de soude. 1,80 Albumine et matière colorante du
sang- 2,20
Phosphate de soude 0,90
Extrait o, 1 5
Albumine tenant en dissolution du
phosphate de chaux 0,08
Eau et perte 77, 1 7
Différentes 7'^a chair musculaire de diters animaux diffère beaucoup espèces par son aspect et par ses propriétés , au-moins comme objet
fit ; muscles, r, .. r . 1 1 . r t vrr' Û"
o aliment ; mais nous connaissons peu leurs uirlerences cnimiques. Les observations de T.houvenel, quoiqu'uniquement dirigées vers cet objet, n'en sont pas moins imparfaites. Sui-
■ Nicliolson's Journ. XIII, i\o.
3 Mém. d'Arcneil, I, 33.3.
.' Djnr kemien , II , \^\.
peau. 5a3
vant lui, la chair du bœuf contient la plus grande quantité de matière insoluble , et laisse à la dessication le plus grand résidu; la chair du veau est plus aqueuse et plus muqueuse: celles des tortues de terre et d'eau fournissent plus de matière à l'eau que la chair du hœuf ; mais Thouvenel attribue cette différence à des corps étrangers, tels que les liganieus, etc. , mêlés avec la chair de la tortue : les escargots abandonnent à l'eau une certaine quantité de matière intermédiaire entre celles que donnent le bœuf et le veau : les muscles de grenouilles y d écrevisses et de vipères, se rapportent à cet égard à ceux des escargots; mais les chairs de poissons d'eau douce , malgré leur mollesse , fournissent une proportion considérablement moindre*.
8. Lorsqu'on fait bouillir la viaude , il est évident que la gélatine, l'extractif, et une portion des sels se séparent, tandis que l'albumine coagulée et la fibrine restent à l'état solide. Ainsi , la saveur et la qualité nutritive des potages proviennent de la matière extractive et de la gélatine. Au contraire, lorsqu'on fait rôtir la viande, toutes ces substances y restent , et l'action du feu relevant encore l'odeur et la saveur de l'extractif , la viande acquiert un goût supérieur. Fourcroy peuse que la partie rissolée de la viande rôtie est entièrement composée de cette matière extractive.
SECTION IV
De la Peau.
La peau est cette enveloppe forte, épaisse, qui recouvre toute la surface extérieure des animaux. Elle est principalement composée de deux parties , savoir : au dehors , d'une couche mince , blanche et élastique], qu'on appelle épiderme ou cuticule : et d'une couche beaucoup plus épaisse, formée d'une grande quantité de fibres entrelacées et disposées en différens sens. Cette couche s'appelle le derme ou vraie peau. L 'épiderme est cette partie de la peau qui s'élève en cloches dans différentes circonstances.
i. L'épiderme se sépare facilement du derme par la Epider
* fiouillon-Lagrançe a publie quelques expériences sur les gésiers ou les estomacs musculaires clc la volaille. Kicholscn's Journ. XIII,
macération dans l'eau chaude. Il a un grand degré d'élasticité.
Propriétés. ^ est entièrement insoluble dans l'eau et dans l'alcool. Les alcalis fixes purs le dissolvent complètement, ainsi que [a chaux ; mais cette dernière substance agit plus lentement '. Les acides sulfurique et hydrochlorique ne le dissolvent pas ; au -moins leur action ne se manifeste sensiblement qu'au bout d'un temps très-long : mais l'acide nitrique le prive promptement de son élasticité, et le fait tomber en pièces a. On sait que l'acide nitrique donne presque immédiatement une teinte jaune à l'épiderme du corps vivant-, mais cet effet n'a pas lieu , du-moins aussi promptement , lorsqu'on plonge entièrement la cuticule morte dans l'acide nitrique3. Si l'on donne, au moyen de l'acide nitrique, une teinte jaune à la cuticule ou épiderme, et qu'ensuite on y applique de l'ammoniaque , on sait que cette substance fait , à l'instant même , passer cette teinte à l'orangé foncé. Or, comme llatchett a conslaté que ce changement se produisait aussi dans les mêmes circonstances sur l'albumine coagulée , et comme l'épiderme ressemble à cette substance dans toutes les propriétés ci-dessus indiquées , on ne peut guère douter qu'elle soit autre chose qu'une modification particulière de l'albumine coagulée.
Derme, 2. Le derme est une membrane dense épaisse, composée
'Xn^iue.^'de fibres entrelacées ayant la contexture d'un feutre. Lorsqu'on le fait macérer pendant quelques heures dans l'eau, en l'y agitant et le pressant afin d'accélérer l'effet, le sang, et toutes les matières étrangères , avec lesquelles il était mêlé , s'en séparent , et le tissu reste sans avoir été altéré. Par levaporation de l'eau de lavage , on obtient une petite quantité de gélatine. L'eau froide n'a plus alors aucune action sur le derme. Celte substance fournit à la distillation les mêmes produits que la fibrine. Les alcalis concentrés la dissolvent et la convertissent en huile et en ammoniaque. Les acides faibles la ramollissent, la rendent transparente, et finissent par la dissoudre. L'acide nitrique convertit le derme en acide oxalique et en graisse, et il se dégage en mêuie-
• Suivant Chaptal ; mais Davy ne put obtenir de dissolution. 1 Cruiksbanks , on insensible Pcrspiration , p. 32. 3 Ibid.
rEAr. 5î5
temps du gaz azote et de l'acide hydrocyanique1. Le derme, lorsqu'il est chauffé, se contracte; il se gonfle ensuite en exhalant une odeur fétide, et il laisse un charbon dense difficile à incinérer. Par la décomposition spontanée dans l'eau ou dans une terre humide, il se convertit en une matière adipeuse et en ammoniaque , qui forment une espèce de savon3. Abandonné pendant long-temps dans L'eau , il se ramollit , et se putréfie en se convertissant en une espèce de gelée. Si on le tient pendant long-temps en ébullitioa dans l'eau , il devient gélatineux et se dissout complètement; il forme alors une liqueur visqueuse, qui se convertit par une évaporation convenable, en colle-forte. C'est par cette raison, qu'on emploie communément la peau des animaux dans la fabrication de cette espèce de eoîle.
11 paraît résulter de ces faits , que le derme est une modi- Une espère
r> • i*i j '1 • ,.| u , • , de gelaune.
ncation particulière de gelaline, susceptible de résister a l'action de l'eau, en partie en raison de son tissu compacte, et en partie par la viscosité de la gélatine dont il est formé ; car les peaux qui se dissolvent le plus facilement dans l'eau bouillante , sont celles qui fournissent la plus mauvaise colle forte. Hatchett a observé , que la viscosité de la gélatine obtenue des peaux est presqn'en raison inverse de leur flexibilité , les peaux les plus souples fournissant toujours la colle forte la plus faible; mais on en obtient tiès-promptement cette colle par l'eau chaude. La peau de l'anguille est très-flexible , et donne très-facilement une grande proportion de gélatine. Celle du requin en fournit aisément aussi en abondance ; et la même observation s'applique aux peaux de lièvre , de lapin, de veau et de bœuf. La difficulté d'obtenir la colle-forte , et sa bonne qualité augmentent toujours en proportion de la roideur de la peau. Celle du rhinocéros , qui est extrêmement forte et roide, surpasse toutes les autres par la difficulté qu'il y a à la dissoudre , et par la supériorité de sa colle forte. Lorsqu'on fait bouillir les peaux , elles se gonflent peu-à-peu et prennent l'aspect de la corne; alors elles se dissolvent lentement.
3. C'est avec la peau ou derme des animaux qu'on fait le dur. cuir; et sa bonne qualité, ou au-moins sa force, dépend, en
1 Fourcroy.
» Ibid.
5iî6 > PARTIES DES ANIMAUX.
quelque sorte, delà roideur des peaux. Celles qui se dissolvent aisément dans l'eau , telles que les peaux de veau marin , fournissent un cuir plus faible que celles qui y sont difficilement solubles. L'opératiou par laquelle on convertit les peaux des animaux en cuir constitue l'art du tannage. 11 semble avoir été connu et pratiqué dans les siècles les plus reculés ; mais on en ignorait entièrement la nature avant la découverte An principe tannant, par Seguin. Ce chimiste s'assura que le cuir est une combinaison de tannin et de peau , que c'est au tannin que le cuir doit son insolubilité et la propriété qu'il a de résister à la putréfaction. Le sujet a excité l'attention de Davy : par l'examen qu'il en a fait avec son habileté ordinaire, beaucoup de faits importans ont été ajoutés à ceux qu'on connaissait déjà.
Vréparation Pour tanner les peaux , on commence par en enlever le .le» psaux. p0]-]^ e(. ja cut]cu[e> pour cela on les fa|t macérer dans l'eau
jusqu'à ce qu'elles commencent à se putréiier , ou bien on les tient dans un mélange d'eau et de chaux. Il paraît que la chaux se combine avec la cuticule, qu'elle la rend cassante et facile à détacher de la peau. Elle produit le même effet sur le poil et sur la matière qui se trouve à sa naissance ou racine*. Lorsqu'on a prolongé la macération des peaux pendant assez long-temps^, on les retire de la liqueur, on en enlève , en les raclant, le poil, la cuticule, etc. , ensuite on les lave dans l'eau.
Après avoir subi ces opérations préalables , les peaux sont soumises à des traitemeus différens , selon l'espèce de cuir qu'on veut faire.
On introduit les peaux grandes et épaisses dans une forte infusion d'écorce. Elles y deviennent , en terme de l'art , colorées. On les met ensuite dans de l'eau légèrement imprégnée d'acide sulfurique , ou de l'acide qui se dégage pendant la fermentation de l'orge et du seigle. Elles acquièrent encore plus de dureté , elles augmentent en densité , et sont devenues propres à la confection du cuir de semelles. Davy pense qu'il se forme , par ce procédé , une combinaison triple de la peau , du tamiin et de X acide *.
On tient, pendant quelques jours , les peaux légères des vaches , celles des veaux , ainsi que toutes les petites peaux ,
■ Davy, Journ. of the royal Instit. II , 3o. 1 tbid. p. Si.