CERVEAU ET NERFS
il s'en sépare de nouveau spontanément en très - peu de temps.
Lorsque sur ce résidu desséché , on fait bouillir à plusieurs d« iv reprises de l'alcool jusqu'à ce que le liquide cesse d'agir, il s'en dissout environ les 0,626. A mesure que cet alcool refroidit , il se dépose une substaoce blanche jaunâtre , composée de lames brillantes. Cette substance, comprimée entre les doigts, prend l'apparence d'une pâte ductile: à la température de l'eau bouillante elle se ramollit, et si l'on augmente la chaleur, elle noircit en exhalant des vapeurs empyreumatiques et ammoniacales , et laisse une matière charbonneuse". Lorsqu'on évapore l'alcool , il se dépose une matière noire jaunâtre, qui rougit le papier de tournesol , et qui se tient far cilement en suspension dans l'eau1.
La potasse pure concentrée dissout le cerveau, en déga- De!a !asi( géant une grande quantité d'ammoniaque.
Le résultat d'une analyse du cerveau , faite avec soin par Vauqueiiu, lui donna pour la composition de cette substance, savoir :
Eau 80,00
Matière grasse, blanche 4,53 coutotev
Matière grasse , rougeâtre. . 0,70
Albumine 7,00
Osmazome 1,12
Phosphore 1 ,5o
Acides, sels et soufre 5,i5
On voit , par les expériences de Yauquelin , que la moelle allongée et les nerfs sont composés des mêmes substances que le cerveau.
L'analyse du cerveau , par Vauquelin , quoique plus complète et plus satisfaisante qu'aucune de celles faites avant lui, ne répand cependant aucun jour sur la question de savoir de quelle manière les principes conslituans sont combinés , ou sur ce qui donne au cerveau son apparence très -particulière.
' Ann. de Chim. XVI, 3i3.
a lbid. p. 3 17.
SECTION VII
De la Moelle.
La partie creuse des os longs, dans les animaux vivans, est remplie d'une espèce particulière de matière crasse, à laquelle on a donné le nom de moelle. Dans certains os , cette matière est mêlée avec une assez grande proportion de sang, ce qui lui doone une couleur rouge; dans d'autres os, comme ceux de la cuisse, elle est plus pure et de couleur jaune. Différentes expériences faites sur cette matière , par les anciens chimistes , la firent considérer comme étant analogue aux matières grasses animales ' , et firent connaître quelques-uns de ses caractères particuliers. Berzelius a examiné cette substance en détail , et publié le résultat de ses expériences2. La moelle, sur laquelle il fit ses essais, avait été retirée de la cuisse d'un bœuf.
Anion *■ Lorsqu'on met la moelle en digestion dans de l'eau
de î-eau iroiJe. froide, elle devient plus légèrement colorée , tandis que l'eau acquiert la couleur qu'elle aurait reçue du sang si elle avait digéré sur cette substance. En faisant bouillir cette eau, elle se trouble et précipite une matière d'un brun foncé. Cette matière consiste dans un mélange d'albumine coagulée avec des phosphates de chaux et de fer; et soumise à l'action de l'alcool ou de l'eau, il se dissout une petite portion d'un sel coloré en jaune. Cette matière séparée de la moelle par l'eau, provient évidemment du sang qui y était mêlé. La quantité que Berzelius en obtint ainsi de la moelle s'élevait à 0,01 du tout. La portion dissoute par l'eau et par l'alcool consistait , en partie, dans de la gélatine et de l'hydrochlorate de soude , et en partie, dans la matière extractive particulière obtenue par Thouvenel de la chair musculaire d'animaux , et décrite dans la troisième section de ce chapitre. La proportion de ces substances était des o,oo33 du tout.
De 2. En faisant bouillir la moelle dans de l'eau chaude, cette
substance fond , et nage à la surface du liquide , l'eau est d'abord trouble et laiteuse ; mais , par le repos , elle devient transparente. En la filtrant , on en sépare une substance qui
* TNoununn's Chcinistry, p. 56o .
3 Gdilea's Joura, Second Séries , II,