‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 139 sur 228 · MOELLE · texte numérisé non relu

MOELLE

devient d'un vert grisâtre , et demi-transparente lorsqu'elle est sèche. 11 se précipite une plus grande quantité de cette matière par l'évaporation du liquide. Lorsque cette évaporation est poussée à siccité , on obtient une substance d'une saveur aromatique acerbe semblable à celle de la moelle de viande rôtie. Ces deux substances consistent principalement dans de l'extractif , de la gélatine , et dans une substance particulière qui se rapproche par ses propriétés de la nature de l'albumine.

3. Si, après avoir ainsi purifié la moelle, on la fait fondre dans l'eau , et qu'on la passe alors à travers un linge , il y reste une certaine quantité de vaisseaux sanguins et de peaux, qui s élèvent à environ o,oi du tout.

4- La moelle, dépouillée de toutes ses impuretés , est blan- prow che avec une nuance de bleu ; elle est insipide, ou plutôt d'une b moëJ saveur douceâtre. Elle se ramollit par la chaleur de la main , et fond à celle de 45 degrés centigrades*. Par un refroidissement lent , elle cristallise sous la forme de sphères , comme l'huile d'olive ; elle brûle avec flamme ainsi que le suif. A la distillation , elle donne d'abord une huile jaunâtre fluide transparente, accompagnée de gaz acide carbonique , d'eau , et d'hydrogène carboné. Il passe ensuite une huile solide blanche , avec dégagement moins abondant de corps gazeux , et qui ne prend pas une couleur foncée , comme cela a lieu lorsqu'on distille du suif. Cette circonstance avait déjà été observée par Neumann. La quantité de cette huile solide, d'une odeur désagréable, s'élève aux o,3 de la moelle distillée; elle rougit les couleurs bleues végétales , et bouillie dans 1 eau , elle donne une portion d'acide sébacique, que Berzelius considère comme acide benzoïque.

L'huile empyreumatique se combine aisément avec les alcalis et leurs carbonates. Avec ces derniers elle forme un savon d'un blanc de neige , insoluble dans l'eau , quoiqu'augmentant eu volume lorsqu'il est mis en contact avec ce liquide. Cette huile se combine aussi avec les terres , et forme avec elles des savons également insolubles dans l'eau.

L'eau qui passe à la distillation de la moelle est incolore ;

* Berzelius dit à 4^° > r-t 1«i correspond à n3°de Farenbeit . , s'il entend parler du thermomètre de Celsius, comme cela est probable. Si c'est le tln-rmometre de Rr'autuur, alors le point de fusion de la moelle sera à i33° de Farenheit.

«ïes acides

elle a une odeur fétide et aigre , et une saveur empyreumatique. Elle contient un peu d'acide acétique , d'huile empyreumatique , et probablement d'acide benzoïque ; mais elle ne donne aucunes traces d'ammoniaque.

Les produits gazeux s'élèvent aux o, ro de la moelle distillée. Ils ne contiennent ni soufre ni phosphore, et consistent dans de l'acide carbonique et un gaz hydrogène carboné, qui brûle avec une flamme blanche, et semble tenir de l'huile en dissolution.

La matière charbonneuse dans la cornue s'élève aux o,o5 delà moelle distillée. Elle est d'un brun foncé, pesante et brillante. Ce charbon, difficile à incinérer, laisse une cendre consistant en phosphate et carbonate de chaux, et un peu de soude. Action 5» L'acide sulfurique concentré dissont la moelle à froid.

La dissolution a l'apparence d'un sirop brun-, etlorsque l'acide est étendu d'eau, la moelle se sépare sans avoir éprouvé d'altération. Par l'application de la chaleur, l'acide décompose la moelle , et forme un charbon résineux.

En faisant digérer de l'acide nitrique étendu sur la moelle à une douce chaleur, cette substance devient jaune, prend plus de consistance , et acquiert l'odeur de vieux os. L'acide nitrique concentré dissout la moelle sans le secours de la chaleur, et elle n'est pas précipitée de cette- dissolution par une addition d'eau.

6. La moelle se combine avec les alcalis et forme du savon. L'alcool bouillant et l'éther dissolvent une petite portion de moelle, qui se précipite à mesure que la dissolution refroidit. Berzelins trouva que la moelle de l'os de la cuisse du bœuf était composée des substances qui suivent, savoir :

Moelle pure °i9&

Peaux et vaisseaux sanguins. ..... o,oi

Albumine

Gélatine

Extractif. ^.. o,o5

Matière particulière. . .

Eau

l.OO

Il paraît , d'après les détails qui précèdent , que la moelle pure est une espèce d'huile fixe , qui a des propriétés particulières, et se rapproche un peu dans sa nature du beurre. Mais clic varie considérablement dans son apparence , dans

roi l et plumes. 537

différentes parties du corps, ce qui est du principalement, selon toute probabilité , à un mélange de sang en plus ou moins grande proportion.

SECTION VIII

Du Poil et des Plumes.

Ces substances , qui couvrent diverses parties dans les animaux , sont évidemment destinées par la nature à les garantir du froid. Leur mollesse , leur flexibilité et la lenteur avec laquelle elles conduisent la chaleur les rendent trèspropres à produire cet effet.

i. Le poil se distingue ordinairement en plusieurs espèces ,. ...

i ° t 1 r " 1 1 • 1 ^ ariete*.

selon sa grosseur et son aspect. Le plus tort et le plus rojde de tous est connu sous le nom de soie de cochon : le poil de cet animal sur le dos est de cette sorte. Lorsque le poil est très-fin , très-doux et flexible , on l'appelle laine , et le plus fin de tous porte le nom de duvet. Mais toutes ces variétés se ressemblent beaucoup dans leur composition.

Le poil parait être une sorte de tube recouvert d'une cuti- • , ■ cule. ba surface n est pas lisse, mais elle est recouverte d ecailles , ou consiste en cônes disposés en forme de faîtières ; c'est ce qui le rend rude au toucher, et ayant tant de tendance à se mêler de lui-même, propriété qui a donné naissance aux procédés de feutrage et de foulage. Le poil pousse toujours par ses racines , en augmentant continuellement de longueur, et paraît être d'abord mou ou à-peu-près gélatineux. Il résulte des expériences faites sur le poil par Achard et Hatchett , qu'il contient de la gélatine à laquelle il doit sa souplesse et sa raideur. On peut séparer cette substance en faisant bouillir le poil dans l'eau. Ainsi traité , il devient beaucoup plus cassant qu'auparavant; et, en effet, si l'opération se prolonge pendant assez long-temps , le poil s'émiette sous les doigts. La portion insoluble dans i'eau a les propriétés de l'albumine coagulée.

Hatchett a conclu de ses expériences , que le cheveu qui perd sa frisure par un temps humide , et qui est le plus doux et le plus flexible , est celui qui cède le plus facilement sa gélatine ; tandis que le cheveu fort et élastique l'abandonne avec la plus grande difficulté , et dans la plus petite propor-

53cS PARTIT, S DES ANIMAUX.

tion. Cette conclusion de Hatchett s'est trouvée confirmée par un marchand de cheveux très-expérimenté, de Londres , qui lui assura qu'on nuisait beaucoup plus à la première espèce de cheveu , en la faisant bouillir , qu'à la seconde. Anai se. Vauquelin a publié une suite d'expériences très-intéressantes sur l'analyse du cheveu de différentes couleurs. Quoique le cheveu soit insoluble dans l'eau bouillante , il obtint une dissolution en élevant la température du liquide dans un digesteur de Papin , mais avec ménagement. Si la chaleur ainsi produite était trop forte , le cheveu était décomposé ; il se formait de l'ammoniaque, de l'acide carbonique, et une huile empyreumatique. Il se dégage dans l'un et l'autre cas de l'acide hydrosulfurique , et la quantité en augmente avec la chaleur. Lorsqu'on dissout ainsi le cheveu dans de l'eau chauffée à une température supérieure à celle delébullition, la dissolution contient une espèce d'huile bitumineuse , qui se dépose très - lentement. Cette huile était noire lorsque le cheveu dissous était noir, mais elle était d'un rouge jaunâtre lorsque le cheveu employé était rouge.

Lorsqu'on filtre la dissolution pour en séparer l'huile , le liquide qui passe est presque sans couleur. L'infusion de noix de galle et le chlore y produisent des précipités abondans. L'argent y noircit , et l'acétate de plomb est précipité en brun. Les acides la troublent, mais le précipité est redissous par une addition de ces liquides en excès. Cette dissolution , quelque concentrée qu'elle soit par l'évaporation , ne se prend pas eu gelée.

L'eau contenant seulement o,o4 de potasse caustique dissout le cheveu , et il se dégage en même-temps de lhydrosul fa te d'ammoniaque. Si le cheveu est noir, il laisse un résidu noir formé d'une huile de couleur foncée, épaisse, avec du soufre et du fer, si le cheveu est rouge, il reste une huile jaune avec du soufre , et un atome ou deux de fer. Lorsqu'on verse des acides dans cette dissolution , ils en précipitent une matière blanche, soluble dans un excès de ces liquides.

Lns acides sulfurique et hydrochlorique deviennent d'abord rouges lorsqu'on les verse sur le cheveu , et ils le dissolvent ensuite par degrés. L'acide nitrique rend le cheveu jaune et le dissout, taudis qu'il se sépare une huile, qui est rouge ou noire selon la couleur du cheveu dissous. La dis-

POIL ET PLUMES. 53f)

solution fournit , lorsqu'elle est convenablement évaporée, beaucoup d'acide oxalique, et l'eau mère incristailisablc contient en outre du principe amer, du fer et de l'acide sulfurique. Le chlore blanchit d'abord le cheveu , et le réduit ensuite en une substance de la consistance de la térébenthine, soluble en partie dans l'alcool.

Lorsqu'on fait digérer de l'alcool sur le cheveu noir , ce MaiWra liquide en extrait deux espèces d'huiles. La première, qui «îoiant». est blanche , se dépose eu petites lames éclatantes à mesure que la liqueur refroidit ; on obtient la seconde par lévaporation de l'alcool. Elle est d'un vert grisâtre , et finit par devenir concrète. L'alcoolT sépare également deux sortes d'huiles du cheveu rouge; la première est blanche comme celle produite par le cheveu noir, et l'autre est rouge comme du sang. Le cheveu rouge, dépouillé de cette huile, devient d'un brun marron. Ainsi la couleur rouge du cheveu est évidemment due à l'huile rouge.

En réduisant en cendres le cheveu , il fournit du fer et du manganèse, du phosphate, du sulfate et du carbonate de chaux , de l'hydrochlorate de soude , et une très-grande quantité de silice. Les cendres du cheveu rouge contiennent moins de fer et de manganèse ; celle du cheveu blanc encore moins •, mais on y trouve de la magnésie , qui n'existe pas dans les autres variétés de cheveux. Le poids des cendres du cheveu n'excède pas les o,oi5 de celui du cheveu.

On voit , d'après ces expériences de Vauquelin , que le cheveu noir est composé de neuf substances différentes , savoir :

i. D'une matière animale, qui constitue la plus grande

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